‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 85 sur 129 · CHAT A VENTRE TACHÉ. FELIS CELIDOGASTER. Temminck · texte numérisé non relu

CHAT A VENTRE TACHÉ. FELIS CELIDOGASTER. Temminck

Caracrènes spéciriques. — Pelage doux, lisse, court, d’un gris de souris, marqué de taches pleines, d’un brun fauve; taches du dos oblongues, et les autres rondes; cinq ou six bandes brunes, demi-cireulaires, sur la poitrine; ventre blanc, marqué de taches brunes; deux bandes brunes sur la face interne des pieds de devant, et quatre sur les pieds de derrière; queue brune, tachée de brun foncé: oreilles médiocres, noires à l'extrémité; moustaches noires, terminées de blanc. À peu près de la taille du Renard; la queue un peu plus courte que la moitié de la longueur totale.

Ses mœurs sont inconnues.

Il se trouve au Chili et au Pérou.

Ce n'est pas le même animal que le Chat à ventre tacheté de Geoffroy Saint-Hilaire, que l'on à quelquefois confondu avec lui.

Nous pourrions encore indiquer quelques autres espèces de Chats qui ont été signalées dans divers ouvrages, soit sous des noms scientifiques, soit seulement sous de simples dénominations vulgaires; mais nous croyons qu'elles ne sont pas assez bien connues pour que nous en parlions ici. L'histoire du genre Chat, comme le comprenaient les anciens naturalistes, sera, du reste, complète par ce que nous allôns dire du groupe générique des Lynx, où nous donnerons en terminant un tableau des espèces, peut-être en trop petit nombre, admises par M. Temminck dans sa Monographie des Felis.

Nous avons indiqué un assez grand nombre d’ossements fossiles qui se rapportent au genre des Chats : les uns ayant appartenu à des espèces encore existantes aujourd'hui, et les autres à des espèces qu'on peut placer à côté d'espèces que nous décrivions. Nous en aurions peut-être quelques autres à signaler encore; mais les uns, tels que les Felis smilodon, cultridens, megantereon, trouveront plus-naturellement leur place auprès des Lynæ; et les autres ne sont fondés que sur des débris

CARNASSIERS. 207 trop peu caractérisés pour que nous devions nous en occuper : toutefois, nous nous arrêterons quel-

ques instants sur les deux espèces suivantes :

1° Felis quadridentata, De Blainville, propre au célèbre dépôt tertiaire de Sansans, et consistant en une portion de crâne, qui semble indiquer, dans sa partie vertébrale, une certaine ressemblance avec une petite Panthère, dans sa partie faciale avec le Lynx, et par le système dentaire avec le Guépard;

2° Felis sub-Himalayana, Falconner et Cuntley, particulier aux monts Sivalicks, et qui offre un assez grand rapport avec le f'elis viverrin«.

3% GENRE. — LYNX. LYNCUS. Gray, 1895.

AVE, Lynx.

Annals of philosophieal, t, XXVI.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Système dentaire : incisives, +; canines, {=}; molaires, 5%: en totalité vingt-huit dents, c’està-dire que la petite fausse molaire antérieure, cette petite dent placée contre et derrière la canine de la mâchoire supérieure chez les vrais Chats, n'existe pas dans presque toutes les espèces.

Taille moyenne.

Oreilles larges et longues, souvent terminées par un pinceau de poils plus on moins épais et plus ou moins longs.

Jambes élevées, et faisant paraitre l'animal plus haut que le Chat ordinaire.

Queue quelquefois de moyenne longueur, mais le plus habituellement très-courte.

Fourrure généralement plus lonque que dans le genre précédent.

Tels sont les caractères qui peuvent distinguer les Lynx des Felis; quelques-uns d’entre eux sont fixes, mais il faut cependant avouer qu'ils ne sont peut-être pas assez importants pour permettre de former deux genres particuliers, car les Lynx, comme les Chats, ont un air de famille commun, un faciès tout particulier, qui tend à les réunir, et ne permet guère de les séparer qu'artificiellement. Dans un genre aussi nombreux que celui des Felis, il était bon d'établir peut-être quelques subdivisions pour arriver plus facilement à la distinction des espèces, et c’est pour cela que nous avons dù adopter les trois genres Guépard, Chat et Lynx, qui, pour quelques naturalistes encore, ne forment que de simples subdivisions d’un même et grand genre naturel.

Les espèces du groupe des Lynx présentent quelques particularités ostéologiques que nous allons signaler d’après ce qu'en dit De Blainville.

Le crâne du Caracal, qui commence la division des Lynx, se distingue parce que la partie vertébrale de la tête est fortement arquée au chanfrein, le calmen étant interorbitaire, Il en résulte que le nez est très-déclive, et assez rapidement, ce qui concorde avec la grande briëéveté de la face, qui est, du reste, assez étroite et assez pincée entre les orbites. Les os du nez sont d'une forme particulière; les apophyses orbitaires médiocres; les ptérygoïdes assez courtes, et le bord palatin quelquefois un peu échancré au milieu; le trou sous-orbitaire est encore médiocre. Le reste du squelette a beaucoup de rapports avec celui des Lynx proprement dits, quoique le nombre des vertèbres caudales soit de vingt et une; mais on peut trouver, dans la forme des apophyses transverses des vertèbres lombaires, plus de ressemblance avec ce qu'elles sont dans le Guépard.

Dans le Lynx d'Europe, type du genre que nous étudions, le crâne offre une courbure plus uniforme dans toute l'étendue du chanfrein, depuis locciput jusqu’à l'extrémité des os du nez : ceux-ci, plus larges et plus triangulaires, sont aussi moins étranglés dans le milieu. Les orbites sont aussi proportionnellement plus grands, plus complets dans leur cadre que dans les Chats ordinaires, et cela à cause d'une plus grande saillie des apophyses orbitaires. Le bord palatin est assez constamment

échancré dans son milieu. Du reste, sauf un peu plus de grandeur, les autres os caractéristiques ont la plus grande ressemblance avec ceux des Fels.

Les différences que l'on peut remarquer dans le Lynx du Canada (Felis rufa) sont les suivantes : un peu moins d'arqüre du chanfrein, ce qui donne à la tête un aspect plus allongé et un peu plus étroit, étroitesse qui est plus marquée entre les orbites et dans le reste de la face, dont le nez est en effet plus pincé; l'orbite, plus petit, est peut-être aussi un peu plus complet dans son cadre; les apophyses ptérygoïides sont plus courtes; le bord palatin est droit, et même avec un indice de pointe médiane; le bord du trou sous-orbitaire se déverse un peu davantage sur ce trou, qui est assez petit. Ce qui distingue, au premier coup d'œil, le squelette de cette espèce, c’est, outre la brièveté et la gracilité de la queue, qui n'est composée que de quinze vertèbres décroissant fort rapidement, la grande élévation et la gracilité de ses membres, et, par conséquent, des os longs qui les constituent, ce qu'on supposerait difficilement en voyant l'animal couvert de sa peau. Dans les vertèbres caractéristiques, on doit faire observer que la lame inférieure de la sixième cervicale est assez étroite, plus que dans le Serval, et de même forme; la onzième dorsale a une très-petite apophyse épineuse, et les apophyses transverses de la septième lombaire sont en lame de sabre assez large et excavée. L'humeeus est d'un tiers plus long que l'omoplate, un peu moins rectiligne à son bord postérieur que dans le Serval; le radius est à peine moins long que l'humérus, et très-comprimé, tout à fait plan à sa face postérieure; la main est assez bien comme dans le Serval, mais, toutefois. avec des os beaucoup moius grèles et des phalanges plus normales. Aux membres postérieurs, le fémur est d'un tiers au moins plus long que l'os innominé, qui, lui-même, est court. Le tibia égale presque le fémur en longueur, et le pied, de l'extrémité du calcanéum à celle des secondes phalanges médianes, est aussi long que le tibia. Du reste, ces os sont presque comme dans le Serval, sauf un peu plus de grosseur proportionnelle.

Si l'on compare le squelette du Lynx d'Europe à celui que nous venons de décrire, on trouve qu'il est non-seulement beaucoup plus grand, mais encore bien plus grêle dans toutes ses parties, ce qui se lit même dans les apophyses épineuses et transverses des vertèbres et surtout aux os longs des membres : la proportion différentielle augmentant assez régulièrement de lomoplate et de los innominé à l'humérus, où au fémur, au radius ou au tibia, etau métacarpien ou au métatarsien médian; et, comme le diamètre ne suit pas la même loi, les os des membres semblent encore plus longs ct plus grèles. Les côtes elles-mêmes sont d'une gracilité remarquable. L’hyoïde, d’après Daubenton, ressemble davantage à celui du Cougouar qu'à celui du Jaguar: mais les pièces intermédiaires des grandes cornes sont proportionnellement plus courtes : la pièce basilaire étant presque aussi lonque que celle-ci, à peu près comme dans le Caracal, dont l'hyoide ressemble beaucoup à celui du Lynx.

Une autre espèce de ce groupe, dont nous voulons parler sous le point de vue de l'ostéologie, est 1" Felis pajeros. La tête est presque triangulaire, c’est-à-dire large en arrière et très-atténuée en avant, et le crâne proprement dit assez renflé, à peine rétréei derrière les oreilles; l'espace mterorbitaire est très-large, avec des apophyses orbito-frontales très-courtes; la racine du nez est presque carénée, tant elle est pincée par suite de la grande étroitesse de ses os; le menton est excessivement court; l'ouverture nasale peu oblique et presque terminale; le bord palatin est à peine échancré, et les caisses sont extrêmement développées. Le reste du squelette, outre quelques particularités de proportion qui l'éloignent assez des véritables Lynx, lui ressemble beaucoup, seulement il a son humérus percé, non-seulement au condyle interne comme chez tous les Féliens, mais encore en dessus de la cavité olécranienne : ce qui n'avait pas encore été observé dans d’autres espèces de la même tribu ; enfin, le rudiment du premier métatarsien offre une proportion un peu plus grande, et même une forme plus phalangifère, quoiqu'il n’y ait pas encore de phalanges palliciales.

Un groupe d'animaux de ce genre, que l'on indique quelquefois sous la dénomination de Chats bottés ou sous celle de Cato-Lynæ, avec Pallas, présente aussi quelques particularités dans son ostéologie. Ce groupe renferme le Felis chaus, de la grandeur d’un petit Lynx; le Felis caligata, un peu moins grand, et le Felis maniculata, quelquefois plus petit que notre Chat d'Europe, et que nous avons cru devoir laisser dans le genre Chat proprement dit, et ranger auprès de notre Felis catus. Chez tous, la disposition du crâne est semblable, La tête est assez courbée au front, assez pincée au nez; les orbites sont grands, obliques ou ovales; les apophyses orbitaires sont assez rapprochées, et

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