‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 11 sur 62 · SARCORAMPHE PAPA SARCOBANPUUS papa. [Duméril · texte numérisé non relu

SARCORAMPHE PAPA SARCOBANPUUS papa. [Duméril

Ces Oiseaux s'élèvent dans l'air à une hauteur si considérable, qu'on les perd de vue, et, malgré une si grande élévation, ils découvrent aisément leur proie sur la terre. Ils vivent dans les savanes, dont la température est chaude et sèche, et leurs excursions ne s'étendent point au delà de cinq à six lieues de l'endroit où ils font leur résidence habituelle; ils déposent leurs œufs dans les crevasses des montagnes; et on les voit quelquefois se rassembler en grand nombre dans les endroits peu éloignés des villes, des villages ou des routes fréquentées. (Mackleav.)

Cet Oiseau habile une grande partie de l'Amérique méridionale, entre les deux tropiques, dont il dépasse un peu les limites, soit au nord, soit au sud. On le trouve communément à la Guyane, au Brésil, au Paraguay, au Mexique et au Pérou. Il se nourrit de reptiles, d'immondices et de charognes. En été, il mange les poissons morts, que les lacs desséchés par le soleil laissent à découvert. Sa chair exhale une odeur tellement fétide, que les sauvages n'ont jamais été tentés d'en manger.

On ne voit guère ces Oiseaux dans les Florides que lorsque les herbes des plaines ont été brûlées, ce qui arrive fort souvent, tantôt en un lieu, tantôt en un autre, soit par le tonnerre, soit par le fait des Indiens, qui y mettent le feu pour forcer le gibier à sortir de ses retraites. On voit alors ces Vautours arriver de fort loin, se rassembler de tous côtés, s'approcher par degrés des plaines en feu, et descendre sur la terre encore couverte de cendres chaudes. Ils ramassent les serpents grillés, les grenouilles, les lézards, et en remplissent leur jabot. Il est alors aisé de les tuer, car ils sont si occupés de leur repas, qu'ils bravent tout danger et ne s'épouvantent de rien. (Lesson, d'après Vieillot.)

Connu depuis longtemps sous le nom de Roi des Vautours, ou Vautour papa [Sarcoramphus papa), cet Oiseau est très-remarquable par l'éclat et la vivacité des couleurs que revêtent les caroncules et les replis membraneux qui garnissent la base de son bec, sa tête et son cou : ces peaux étant violàtres sur la face, d'un orangé vif sur la tête et derrière les yeux, rouge de feu et jaune doré à la gorge. Du reste, le bec, noir à la base, est rouge dans le surplus de sa longueur; l'œil à iris blanc est cerclé de rouge; la crête qui le surmonte, charnue et denticulée, est de couleur orangée; enfin le plumage, de couleur isabelle en dessus, est blanc de neige en dessous; les tarses et les pattes sont bleuâtres.

Cette espèce vit par paires, et ne se réunit en troupes qu'à l'aspect d'un animal mort ou d'une charogne, pour s'en partager les lambeaux. Ce Sarcoramphe parait, sinon redouté, au moins respecté des Cathartes. Ainsi, d'après M. A. d'Orbigny, lorsqu'une bande de Cathartes urubus est réunie autour du cadavre d'un animal dont ils se disputent entre eux la jouissance, un Sarcoramphe papa vient-il s'abattre auprès, de suite les Urubus se retirent à quelques pas.

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