‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 18 sur 62 · AIGLE ROYAL. AQV1LA CURYSAETOS · texte numérisé non relu

AIGLE ROYAL. AQV1LA CURYSAETOS

L'Aigle royal a le sommet de la tête et la nuque garnis de plumes acuminées, d'un roux vif et doré; toutes les autres parties du corps sont d'un brun obscur plus ou moins noirâtre, suivant l'âge ; la partie intérieure des cuisses et les plumes du tarse sont d'un brun clair; jamais on ne voit de plumes blanches aux scapulaires; la queue, plus longue que les ailes et très-arrondie, est d'un gris foncé; elle est assez régulièrement rayée de brun noirâtre, et terminée, jusqu'à la pointe, par une large bande de cette couleur; le bec est de couleur de corne, l'iris brun, la cire et les pieds jaunes. Cet Oiseau a environ un mètre de longueur.

Fig. 71. — Aigle royal.

Les jeunes, d'un ou deux ans, se distinguent facilement des vieux; tout leur plumage est d'un brun ferrugineux ou roussâtre assez clair et uniforme sur toutes les parties du corps; les couvertures du dessous de la queue sont blanchâtres; la partie intérieure des cuisses et les plumes du tarse sont d un blanc pur, ainsi que la queue, depuis la base jusqu'aux trois quarts de sa longueur, et brune dans le reste de son étendue; les barbes intérieures des rémiges et des pennes caudales sont d'un blanc pur; cette même couleur occupe aussi la plus grande partie de toutes les plumes du

Aiçle 5 lôte blanclie. t'alco hucocephalas,

Vi^l,. à i.'ir blanche, je Falco hucocephalu*

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corps depuis leur luise. A mesure que le jeune Oiseau prend de l'âge, les couleurs du plumage deviennent plus foncées; le blanc de la queue occupe moins d'espace, et les bandes transversales commencent à se former. Ce n'est qu'a la troisième année que cet Oiseau prend la livrée de l'adulte. On cite quelques variétés blondes ou albines. (Tkmminck.)

L'Aigle royal adulte, ou grand Aigle, est le Falco chrysaetos de Linné, et, jeune, c'est l'Aigle commun de Buffon.

On trouve cet Aigle, dit Duniont, dans tout l'ancien continent. Il vit, solitaire, dans les contrées monlueuses de la France et de l'Europe, telles que les Pyrénées, les montagnes de Silésie et d'Irlande, en Tar tarie, dans les diverses parties de l'Asie, dans la Russie occidentale, au Kamtschatka, en Sibérie. On le rencontre aussi en Barbarie, dans les chaînes de l'Atlas, et nous verrons qu'il se trouve aussi dans l'Àmérùue du Nord.

Par la hardiesse de son regard, par la fierté de son maintien, par la force de ses membres et par l'élévation de son vol, cet Oiseau parut tellement redoutable aux anciens poètes, qu'ils le consacrèrent à Jupiter, et en tirent, en quelque sorte, le second maître de la foudre. On l'appela l'Oiseau céleste, et les augures le considérèrent comme le messager des dieux. Sous les rapports physiques et moraux, on a aussi comparé avec raison cet Oiseau au Lion. Plein du sentiment de sa force, il dédaigne les petits animaux, et méprise leurs insultes; il ne veut d'autre bien que celui qu'il a conquis, d'autre proie que celle qu'il prend lui-même. D'une extrême tempérance, il ne mange presque jamais sa proie en entier; il en abandonne les débris aux autres animaux, et, quelque affamé qu'il soit, il ne se jette jamais sur les cadavres. Retiré, comme le Lion, dans un désert, il en bannit tous les Oiseaux; et, lorsque deux paires de la même espèce se fixent dans une forêt, elles se tiennent assez loin l'une de l'autre pour trouver, sans se nuire, une ample subsistance dans l'espace qu'elles se sont départi. La couleur du vêtement, la forme des ongles, le cri effrayant, la férocité du caractère, l'attitude droit-e et imposante, sont encore autant de qualités qui le rapprochent du premier des Mammifères.

On n'a point employé le grand Aigle en fauconnerie; ses caprices et ses moments de colère, ajoutés à son indocilité, auraient exposé sans doute à trop de dangers. Il ne chasse qu'à vue, et, quoiqu'il s'élève dans les airs plus que tous les autres Oiseaux, il paraît avoir de la peine à quitter la terre, surtout lorsqu'il est chargé, parce que ses jambes ont peu de souplesse. Il emporte néanmoins une Oie, une Grue, un Lièvre, uu Agneau même. On prétend avoir trouvé en Ecosse des débris d'enfants dans un nid d'Aigle; cependant, lorsque cet Oiseau attaque une proie un peu lourde, comme un petit Veau ou un Faon, c'est pour se rassasier sur place, et il n'en emporte que des lambeaux dans son aire.

On dit que lorsqu'un habitant des montagnes du Nord a fait la découverte d'un nid dans lequel il y a des Aiglons, il se procure pendant longtemps une ample provision de gibier en grimpant au nid pendant l'absence des père et mère. On cite même un pa.uvre habitant du comté de Kerry, qui pourvut abondamment à la subsistance de sa famille pendant un été entier, en prenant dans le nid d'un grand Aigle la nourriture qu'y portaient les père et mère, et que, pour faire durer leurs soins et leurs secours au delà du terme ordinaire, il s'était contenté de retarder le départ volontaire des Aiglons en leur coupant les ailes. (Dumo.nt.)

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