Aiple à tête blanche (jeune
de quarante. Chaque planche doit être placée en
Planrhi
;. l'ages.
Balbuzard 58
Pygargue de Washington 59
Aigle impérial 60
Aigle royal t>l
Aigle pysargue 62
Faucon gerfaut 9'
Faucon rayé 101
Faucon à queue fourchue il»
Chouette effraie 129
Grand Duc de Virginie 141
Calocéphale à casque, et Platycerque couleur
de feu 149
ïrichoglosse versicolore, et Platycerque de
Brown '53
Fupliême splendide, et Aprosmicte à ailes
rouges 101
Trichoglosse porphyre, et Trichoglosse à collier rouge 185
Lathame discolore, et Coryphile Dryas. . . 189
Chouette harfang 131
Effraie flambé (jeune) Introduction
Balaniceps roi Titre.
Kllraiu flambé jeune
Les Oiseaux constituent la deuxième classe des animaux vertébrés. Ils sont caractérisés par des organes spéciaux (plumes) couvrant le corps, et favorisant la locomotion dans les airs; par une disposition particulière des membres supérieurs conformés pour le vol ; par des poumons sans lobes, une respiration et une circulation doubles ; enfin, par un mode de reproduction ovipare.
L'histoire des Oiseaux , ou Ornithologie (opvi;, opviOo;, oiseau ; Xo-joç, discours), comprend l'étude de l'organisation de. ces animaux, leur classification, la connaissance de leurs mœurs ou habitudes, celle de leurs fonc- ■ tions, et surtout celle des avantages que nous pouvons obtenir de leur présence dans les diverses parties du globe, soit comme aliment, soit comme vêtement, soit, enfin, comme moyen employé par la nature pour limiter le nombre des animaux nuisibles ou pour nettoyer le sol des cadavres et des ordures qui l'encombreraient.
Placés près des Mammifères par l'ensemble et le degré de perfection de leurs organes, les Oiseaux, ditLesson, naissent, comme ceux-ci, dans un œuf; mais, chez les Mammifères, l'œuf n'a que des enveloppes nielles, qui se déchirent dans le sein de la mère, tandis, que chez les Oiseaux, cet œuf est protégé par un test calcaire qui exige, pour le
Fip 1. — Martin pùcliuur.
Alccdo hispida.
développement des germes fécondés, une élévation de température pendant l'incubation. Débiles, faibles et souvent nus en naissant, les petits ont besoin d'être abrités par des corps moelleux et chauds, bien que dans quelques familles (Gallinacés, Palmipèdes) les petits puissent, à leur sortie de l'œuf, vivre dirigés par leur mère, et sans autre abri que son aile protectrice. Les organes se façonnent bientôt aux fonctions qu'ils sont appelés à remplir; à une nourriture d'abord préparée par les père et mère, succèdent des aliments qu'ils triturent eux-mêmes; la livrée du jeune âge, qui n'est, le plus souvent, qu'un duvet, fait place à des plumes; en peu de temps, les ailes ont pris leur
Fis
Effraie jeune.
développement, et les petits se bâtent de prendre leur volée. L'âge adulte, toujours précoce, arrive, et, depuis longtemps déjà, les iiensde parenté sont rompus. Les jeunes ne tardent pas à devenir chefs de familles, et continuent à de nouvelles générations les soins qu'ils Ont reçus de leurs parents, qu'ils ne connaissent plus. (Lesson.)
La charpente osseuse des Oiseaux ne diffère pas considérablement de celle des Mammifères, et les modifications qu'elle a reçues sont toutes dans les détails, et ont eu principalement pour but de l'accommoder à la locomotion dans l'air, dans l'eau ou sur le sol, et, par conséquent, de varier le jeu de ses leviers suivant les milieux sur lesquels ils doivent agir. Destinés à exercer la plus grande partie de leurs mouvements dans un fluide peu dense , leur système osseux devait unir à un moindre volume et à la solidité une pesanteur relative peu considérable pour exiger des muscles une moins grande somme d'énergie. On a même remarqué à ce sujet que l'air pénètre abondamment dans les poumons, le jabot, etc.; et Camper a dit le premier que leurs os étaient poreux, afin de donner passage à l'air, dont la masse se trouvait ainsi diminuer de beaucoup la pesanteur spécifique du corps de l'Oiseau, relativement à la quantité du fluide aérien qu'il doit déplacer.
Le squelette des Oiseaux est allongé et disposé en carène, de. manière que les bras semblent taire le contre-poids du corps entier, tant par leur développement que par les pennes dont leur extrémité
Fig 3 — Squelette du Paon
est recouverte. Les Oiseaux marcheurs seuls présentent des exceptions graves à cette tendance générale des formes du squelette; aussi se trouvent-ils, par leur organisation, former une sorte de chaînon naturel entre les Mammifères et les Oiseaux.
On remarque aussi que les os des Oiseaux ont une forme cylindrique assez constante, et que la couche mince de phosphate calcaire qui les enveloppe est d'une densité peu commune. La couleur de ces os est d'un blanc mat chez les oiseaux terrestres, et d'un blanc huileux chez les aquatiques.
Le nombre des vertèbres cervicales varie singulièrement chez les Oiseaux, le Moineau en a neuf (deux de plus que l'homme); la plupart des Oiseaux de proie et des Passereaux en présentent onze ou douze, et le Cygne vingt-trois; et la longueur du cou est généralement assez proportionnée à la hauteur des jambes.
Les vertèbres dorsales varient de sept à dix; elles sont réunies entre elles par de forts ligaments, et, le plus ordinairement, leurs facettes articulaires sont solidement soudées. La rectitude de cette portion de la colonne vertébrale, son impuissance absolue d'aider les mouvements, a pour but de résister à la violence de la force musculaire, qui devient nécessaire pour le vol. Aussi la seule exception que présentent les Oiseaux à cette loi à peu près générale de leur organisation s'offre-t-elle dans les Brévipennes, dont les ailes rudimentaires sont absolument impropres à la locomotion dans l'air, et chez lesquels, par suite de leur analogie générale avec les Mammifères, les vertèbres dorsales sont mobiles sur elles-mêmes.
Enfin, le nombre des vertèbres coccygiennes varie aussi singulièrement, suivant la nature du vol des Oiseaux, et, par conséquent, suivant l'ampleur de la queue, qu'elles doivent supporter. On en compte ordinairement de cinq à sept, sans y comprendre un petit os nommé caudal.
Les vraies côtes, au nombre de quatre à neuf, suivant les espèces, s'articulent, d'une part, aux vertèbres, et, de l'autre, au sternum. Recourbées en arc, et divisées vers le milieu par un cartilage, elles permettent la dilatation du thorax d'avant en arrière, et non de droite à gauche, ainsi que cela a lieu chez les Mammifères. Les fausses côtes sont simplement articulées aux vertèbres, et leur nombre est très-restreint.
La fourchette est un os particulier aux Oiseaux; il occupe la partie antérieure et supérieure du corps, et se compose de deux branches réunies à leur partie inférieure.
Fig. 4 — Fourchelto du Paon.
Le sternum, composé d'une seule pièce, recouvre toute la partie antérieure du thorax et le haut de l'abdomen. Sa forme générale est celle d'un quadrilatère allongé, convexe en dehors, concave on dedans. Sur la face antérieure et convexe s'élève une lame plus ou moins saillante nommée bréchet, lame qui manque complètement au sternum de l'Autruche et du Casoar; ce qui est d'autant
moins surprenant que la dimension de ce bréchet correspond assez généralement à la puissance du vol des Oiseaux.
En examinant le sternum d'un Oiseau, on peut apprécier avec assez de justesse son aptitude au vol. En général, plus le sternum est osseux et développé, plus l'animal auquel il appartient a de fortes ailes; plus il est membraneux, et plus il annonce un vol court. Les Oiseaux de proie, les Oiseaux mouches, les Martinets, les Pétrels, etc., d'une part; de l'autre, les Gallinacés, les Poules d'eau, les Tinamous, nous offrent les deux extrêmes à cet égard. (Lesson.)
Fig. 6 — Sternum de Faisan.
Fig. 7. — Sternum d'EngouleTent.
Fig 8. — Sternum d'Aigle à tête blanche.
Les plumes qui couvrent le corps des Oiseaux sont de nature cornée, et formées d'une tige et de barbes, ayant elles-mêmes des rangées de barbules. La forme des plumes varie suivant les diverses parties du corps : on nomme rémiges les pennes longues et roides qui garnissent les membres supérieurs et les rendent propres au vol; on les distingue en primaires et secondaires, suivant la disposition qu'elles affectent, soit sur le bord de la main, soit sur le bord de l' avant-bras, tandis que le nom de rectrices est affecté aux pennes implantées à l'extrémité du croupion, et qui servent en quelque sorte de gouvernail pour diriger le vol des Oiseaux.
Les pennes caudales sont toujours en nombre fixe à la queue, et elles se trouvent rangées sur une ligne qui décrit une courbe transversale à l'extrémité du corps. La paire moyenne ou coccygienne acquiert souvent des développements très-remarquables. Lorsque les pennes sont égales, on dit la queue cariée; si les externes sont plus courtes que les moyennes, on la dit arrondie; échancrée ou fourchue dans le cas diamétralement opposé et suivant le degré de ce raccourcissement. Enfin, on la dit étacjée, quand les rectrices externes sont notablement raccourcies. Les plumes axillaïrcs occupent le bord postérieur du bras ou de l'aile. Les couvertures alaires abritent les grandes pennes qui bordent la main et l'avant-bras à leur origine. Les couvertures de la queue sont les plumes qui, implantées sur le croupion, s'avancent sur les rectrices; enfin, on désigne par divers termes les plumes de certaines parties du corps; c'est ainsi qu'on en reconnaît de cervicales, de scapulaires, de dorsales, de subalaires, etc. Les plumes allongées de la tète forment des aigrettes, des oreilles; celles du bas du cou, des fanons; celles des flancs, des parures, etc.
Le développement de certaines plumes, leur coloration même, dépendent de l'âge et du sexe de l'Oiseau, et, fréquemment, les parures de luxe apparaissent, chez les mâles, à l'époque des amours. L'ensemble des plumes constitue ce que les ornithologistes nomment la livrée ou la robe; et, chez un grand nombre d'Oiseaux, on remarque que les femelles ont des livrées sans agrément, lorsque celles des mâles brillent du plus vif éclat. Les jeunes, dans les premiers mois de leur naissance, ressemblent communément à leurs mères, et ce n'est qu'en devenant adultes que le plumage du jeuue âge fait place à la robe de noces.
Audebert s'est beaucoup occupé de rechercher les causes de la coloration si remarquable du plumage. Il a essayé de démontrer, par des principes mathématiques, qu'elle était due à l'organisation des plumes elles-mêmes, et à la manière dont les rayons lumineux étaient diversement réfléchis en les frappant. Cette coloration paraît due, dit-on, aux éléments contenus dans le sang, en même temps que la texture des plumes joue un grand rôle par la manière dont la lumière en traverse les innombrables facettes pour être décomposée par ellea comme par un prisme. Toutes les plumes écailleuses qu'on remarque sur la tête et la gorge des Épimaques, des Paradisiers, des Oiseaux mouches, etc., se ressemblent par le principe uniforme qui a présidé à leur formation. Toutes sont composées de barbules cylindriques, roides, bordées de barbules régulières qui en supportent ellesmêmes des rangées plus petites, et toutes ces barbules sont creusées, à leur partie centrale, d'un sillon profond, de manière que, quand la lumière glisse dans le sens vertical, il en résulte que les rayons lumineux, en les traversant, sont absorbés, et font naître la sensation du noir. Il n'en est plus de même lorsque la lumière est renvoyée par ces mêmes facettes, qui font chacune l'office d'un réflecteur. C'est alors que naît, par l'arrangement moléculaire des barbules, l'aspect de l'émeraude, du rubis, etc., chatoyant très-diversement sous les incidences des rayons qui les frappent.
Mais les Oiseaux le plus richement dotés par la nature ne se présentent point constamment avec leur parure de fête. Jeunes, leur livrée est, le plus souvent, sombre et sans élégance. A la deuxième année de leur vie, quelques parties de leur livrée apparaissent çà et là, et contrastent singulièrement avec la grande simplicité de leur premier âge. Vers la troisième année, à cette simplicité succèdent de brillantes couleurs; c'est l'époque des amours, de la coquetterie, du désir de plaire. Les mâles volent aux conquêtes, se choisissent des épouses, et se consacrent, pendant un temps, aux soins que réclame leur famille. D'ordinaire, les femelles n'ont que les atours les plus modestes, lorsque leurs époux étalent tout le luxe d'un riche et élégant plumage. La coloration des plumes est d'autant plus éclatante et plus vive, que l'espèce habite les contrées les plus chaudes. On ne peut même citer qu'un très-petit nombre d'Oiseaux des régions polaires ou tempérées qui aient quelques parties brillantes. Il n'en est pas de même sous la zone torride, où les plumages ternes forment les cas rares.
On ;i remarqué que les Oiseaux sont d'autant plus chaudement vêtus, qu'ils habitent des climats plus froids, et que ceux des régions chaudes ont des plumes à barbes molles et lâches. On en peut dire autant du duvet, suite de feutre destiné à intercepter la chaleur du corps et à ne pas la laisser se dégager. Les Oiseaux des glaces polaires en sont abondamment fournis, de même que les jeunes de la plupart des espèces. Quelques Palmipèdes nageurs ont des plumes tenant de la nature des poils, et une huile qui s'échappe de la peau paraît avoir pour but de les lubrifier, de manière à les rendre imperméables pendant leur séjour dans l'eau. Certaines plumes, enfin, sont arrondies, et imitent des poils, de manière à ce qu'implantées sur les narines elles y simulent des soie*, ou que, garnissant le pourtour des paupières, elles jouent le rôle de cils. (Lesson.)
Il y a des animaux mammifères organisés pour vivre et se soutenir d .us l'air et voler (les Chauves- Souris); d'autres habitent les eaux de la mer (Cétacés). Quelques Oiseaux présentent aussi une sorte d'organisation mixte, car il en est plusieurs qui ne peuvent voler (Autruches, Casoars, Aptéryx), et d'autres qui, peu propres a vivre sur le sol, sont organisés presque exclusivement pour la natation (Manchots, Gorfous). Certains enfin, puissants et robustes, semblent planer sans cesse dans les airs et n'avoir que de courts instants de repos sur la terre (Albatros, Pétrels, Phaétons). Entre ces limites extrêmes existe un grand nombre de nuances qui viennent remplir l'intervalle.
Ainsi, l'Océan a ses Oiseaux comme la terre. Forcés d'en parcourir sans cesse les solitudes pour y trouver leur subsistance, ils furent doués d'une puissance de vol extraordinaire, afin de pouvoir, en quelques heures, franchir des espaces immenses et se porter où l'instinct les appelle; et l'on a remarqué depuis longtemps déjà que, dans les longues traversées, alors que le navigateur n'a pour récréer sa vue que le spectacle majestueux, mais toujours monotone, d'une mer et d'un horizon sans bornes, et celui des êtres qui peuplent l'air et l'eau des solitudes de l'Océan, on a remarqué, dis-je, que les Oiseaux marins paraissent plus rarement dans les temps calmes, et qu'ils s'approchent plus difficilement des navires; tandis qu'il semble que l'agitation des vagues leur convient davantage et que, dans les grandes perturbations de. l'atmosphère, ils éprouvent un plaisir instinctif particulier à lutter contre les tempêtes, et à se jouer des flots en courroux. (Lesson.)
En histoire naturelle, et particulièrement en zoologie, il est d'usage de procéder, dans l'ordre de classification des espèces, du plus parfait à ce qui l'est moins. Peut-être cette marche est-elle illogique, car il est positif qu'elle est l'inverse de celle suivie par la nature dans l'œuvre admirable de la création. Peut-être même est-elle irrationnelle, car elle est contraire au mode pratiqué dans l'enseignement, ou, pour mieux dire, aux règles qui ont présidé à l'organisation de notre intelligence, laquelle ne conçoit bien qu'autant qu'elle procède du simple au composé.
Il y aurait donc plus d'un motif suffisant pour nous autoriser à retourner le mode suivi jusqu'à ce jour dans l'initiation de nos lecteurs aux mystères de cette branche de la science, si nous ne savions que ce qui, sous l'influence d'un nom faisant autorité, serait au moins admis à la discussion, prendrait, venant de notre obscure initiative, la couleur d'une innovation de pur caprice et de fantaisie.
Quoi qu'il en soit, et nous en tenant aux systèmes généralement suivis par ceux de nos illustres maîtres et devanciers sous l'invocation et le patronage desquels a été placé cet ouvrage, nous commencerons la série ornithologique, ou l'exposé de l'histoire naturelle des Oiseaux, par celles des familles de ces Vertébrés les mieux organisées, en finissant par celles qui le sont moins.
Mais, ici encore, une objection se présente. Que peut-on entendre par les mieux organises des Oiseaux? Sont-ce ceux dont les sens et les organes seront en général le plus développés? ou ceux dont l'aptitude au vol, caractère distinctif de cette classe zoologique, sera le mieux constatée? Nous pensons que ni Lune ni l'autre de ces deux propositions ne saurait être posée ou résolue d'une manière absolue dans l'intérêt même de la propagation de la science.
Ainsi, sous le rapport du perfectionnement de l'ensemble des sens, nul doute que la tribu des Psitlaciens ou Perroquets ne soit la plus remarquable. Mais, quoique par ce côté elle puisse, jusqu'à un certain point, servir de lien ou de rapprochement entre les Mammifères et les Oiseaux, par un autre coté elle descend considérablement du degré qu'elle doit occuper dans l'échelle de ces derniers, car l'organe le plus caractéristique, le vol, est, chez cette tribu, sinon le moins développé, peut-être le moins remarquable.
Fig. 9. — Accipitre. Nauclcre à queue fourchue
Fig 1U. — Accipitre. Grand duc
Fig. Il — Passereau, Pie grièche grise. Fig. 12. — Grimpeur. Perruche à collier. Fig. IT». — Grimpeur. Pic velu
F ig. 44. — Paxxereju. Chardonneret. Fiï. 15 — Passereau llunuili'll
e COHUIIIIMC
Fil:. 16. — Passereau Oiseau mouche.
Fir. 18. — Colombe. Tourterelle
Fi" !"• — Gallinacè. Hocco.
Fi". 19. — Gallinacè. Dindon.
Fig. 22. — Echassier.
Fis. 21. — struikion. Autruche.
Fig. 25 — Echassier. Héron pourpré
Fi?. 24. — Palmipède. Cygne
Si, d'aulre part, on réfléchit que la disposition des doigts de ces Oiseaux et une grande partie de leurs habitudes, de même que leur mode de nidilîcation, les confondent essentiellement avec les Grimpeurs, on verra que ce serait outrer étrangement le principe du perfectionnement des sens, comme système de classification méthodique, que vouloir placer en tête et comme type de la classe des Oiseaux la tribu des Perroquets. Une classe, en effet, ne peut être exactement représentée que par son type le plus complet. Or, les Perroquets, préhenseurs et tout à la fois grimpeurs, ne sauraient rationnellement figurer en tête des Marcheurs ou Insessores (car c'est forcément à cette division que les rattachent ceux qui les isolent des Grimpeurs proprement dits).
Il faut remarquer ensuite que la conséquence forcée, pour ceux des ornithologistes qui inclinent à commencer la série des Oiseaux par les Perroquets, serait de les faire suivre immédiatement, non pas des Vautours, mais bien des Aigles. Ceux-ci seuls, en effet, ont conservé quelques-uns des caractères et facultés des Perroquets: ils ont le bec organisé de même, quant à la forme extérieure, et, comme eux, ils sont préhenseurs, en ce sens qu'ils saisissent à terre leur proie avec leurs serres. la portent et la maintiennent avec leur patte à la hauteur du bec, et la déchiquettent dans cette position.
A cet égard et sous tous ces rapports, il n'y a, selon nous, quant à présent, que l'ordre des Accipitres ou Oiseaux de proie, qui réunisse vraiment, et d'une manière satisfaisante, toutes les conditions requises pour être placé au premier rang dans la classe des Oiseaux.
C'est donc par cet ordre que nous commencerons, contrairement aux précédents déjà fournis par Lacépède d'abord, Illiger et de Blainville, et tout récemment par l'infatigable savant M. Charles Bonaparte.
On a longtemps partagé les Oiseaux, et cela depuis près de deux cents ans, en cinq grandes coupes:
1° Aeeipitres ou Rapaees; 2° Passereaux; 5" Gallinacés ; 4° Éehassiers; 5° Palmipèdes.
Cuvier admit six ordres :
1" Aeeipitres ou Oiseaux de proie;
2° Passereaux ;
5° Grimpeurs;
4° Gallinacés;
5° Eehassiers;
6° Palmipèdes.
En 1 830, Lesson proposa une classification nouvelle, et forma dans la classe des Oiseaux deux divisions :
lre division. — Oiseaux anomaux.
Brévipennes et Nullipennes.
Autruche, Casoar, Aptéryx.
2me division. — Oiseaux normaux.
\° Aeeipitres; 2" Passereaux; 5° Gallinacés:
4° Eehassiers; 5" Palmipèdes.
Cependant, arrivé à une époque où l'on croit nécessaire de multiplier les genres ornithologiques dans une classe qui se compose d'un si grand nombre d'espèces, on a senti cette autre néces-
OISEAUX. il
site loul aussi démontrée d'augmenter le nombre des ordres, seule manière dégrouper et de relier par intervalles cette infinie subdivision, qui, sans ce secours mnémonique, eût conduit la science ornithologique à une entière confusion.
Dès I8i0, en effet, l'un des plus habiles ornithologistes anglais, M. G. R. Gray, proposa de porter le nombre des ordres parmi les Oiseaux à huit et de les disposer ainsi :
1° Accipitres;
2° Grimpeui -,
5° Passereaux
4° Colombes;
5" Gallinacés;
6° Struthions (Anomaux de Lesson);
7" Gralles ou Échassiers ; '
8" Ansères ou Palmipèdes.
Ce même nombre d'ordres vient tout récemment d'être conservé par M. Charles P>onaparte, dans le tableau de son Système d'ornithologie, publié à La Haye; seulement il élève la tribu des Perroquets, qu'il sépare des Grimpeurs, au rang d'ordre, en en faisant le point de départ et la tête de toute la classe des Oiseaux, laissant les vrais Grimpeurs confondus avec les Passereaux proprement dits.
Ce changement ne nous paraît pas heureux; aussi est-ce la division de M. G. R. Gray que nous nous proposons de suivre dans le cours de ce travail.
M. de Blainville, dans un savant Mémoire publié en mars 1821 (1), a cherché à faire servir l'emploi de la forme du sternum et de ses annexes pour l'établissement ou la confirmation des familles naturelles parmi les Oiseaux, et est arrivé par là aux résultats les plus utiles et les plus curieux pour aider au classement naturel de ces Vertébrés. Le passage suivant, que nous en extrayons, fera suffisamment connaître et l'idée qui l'a dirigé et le but qu'il a voulu atteindre.
Dieu pénétré, dit-il, de ce principe, comme la plupart des zoologistes modernes, que, dans la classification méthodique des animaux, ou dans leur séparation en différents groupes, d'après le plus grand nombre de leurs affinités, l'anatomie seule doit servir de base aux caractères extérieurs employés parla zoologie, dont ceux-ci ne doivent être, pour ainsi dire, que la traduction, j'ai cherché depuis longtemps, dans l'étude de l'organisation des Oiseaux, quel serait l'organe qui, influant davantage sur leur ensemble, et par conséquent sur leurs habitudes essentielles, pourrait servir à faire cesser un assez grand nombre de vacillations qui existent dans les différentes classifications que l'on a proposées jusqu'ici pour celle classe d'animaux. On sait, en effet, qu'autant il est aisé de séparer, par des caractères anatomiques et zoologiques, ce grand groupe d'animaux vertébrés de tous les autres, et cela d'une manière si tranchée, que c'est peut-être une des plus fortes objections et des plus spécieuses à faire aux personnes qui croient à une série presque non interrompue dans le règne animal, autant il est difficile de le subdiviser d'une manière précise en groupes secondaires ou ordres, et cela par le peu de prise que donnent ces animaux. Construits en effet sur un plan beaucoup plus uniforme que les Mammifères mêmes, les Oiseaux ne laissent pour ainsi dire à considérer que le bec et les pattes. Aussi est-ce sur la seule considération de ces organes que reposent entièrement les méthodes ornithologiques. Il était donc de quelque importance de trouver, dans l'intérieur de ces animaux, un moyen ou de vérifier les classifications établies, ou d'en établir une louvelle : c'est ce que je crois avoir trouvé dans le sternum et ses annexes, c,est-à-dire dans ce qu'on nomme vulgairement la clavicule, Vos furcutaire et les côtes.
Ajoutons que, suivi d'une manière absolue, ce système, qui renferme les indications les plus importantes et les vues les plus neuves, quant à certains groupes, porterait la plus grande confusion dans le classement méthodique en ornithologie, dont la puissance plus ou moins grande des organes du vol deviendrait dès lors la seule et unique base.
[l)/ourna( de Physique, de Chimie, d'Histoire ."ïalurtlle el des Arts, to'21 T. AGXII.
IIISTOIRIS NATURELLE
Cette forme des plumes, surtout de celles des ailes, a même été la base d'un travail remarquable de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, dans lequel ce savant zoologiste, que nous aimons toujours à citer, cherchant aussi à trouver quelques caractères nouveaux pouvant entrer comme éléments de classification ornithologique, a rapporté les diverses variations de la forme de l'aile à deux groupes principaux dont il a exprimé les conditions par les noms d'aile aiguë et d'aile obtuse, et qu'il a divisés de la manière suivante :
I" Aile sur-aiguë: la première penne égalant ou surpassant la seconde;
2° Aile aiguë: la seconde penne la plus longue de toutes;
o" Aile sub-aiguë: la troisième penne égalant la seconde, toutes deux les plus longues;
4° Aile sub-obtusc: la troisième penne égale ou supérieure à la quatrième;
5° Aile obtuse: la première penne très-courte, la quatrième la plus longue;
6° Aile sub-obtusc: la cinquième égale à la quatrième ou là surpassant.
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Kiir. 25. — Kutornis.