‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 29 sur 62 · MILAN ROYAL. MILVUS REGALIS. (Brisson · texte numérisé non relu

MILAN ROYAL. MILVUS REGALIS. (Brisson

La queue très-fourchue; toutes les parties supérieures d'un brun roux; les plumes bordées d'une couleur plus claire; parties inférieures d'un roux de rouille, varié de bandes longitudinales brunes; les plumes de la têle et du cou longues e! effilées, blanchâtres, rayées, longitudinalement, de brun, la queue roussâtre, portant des bandes brunes peu distinctes; à la mandibule supérieure du bec, an feston peu marqué.

La femelle est d'un brun plus foncé en dessus, avec l'extrémité des plumes plus claire; souvent toutes les plumes bordées de blanchâtre; la tête et le cou ont plus de blanc.

Les jeunes de l'année ont les plumes de la tête moins allongées et plus arrondies, sans raies longitudinales; ces plumes sont d'un roux clair, terminées de blanc; les parties supérieures ont plus de roux que chez les adultes; le centre des plumes du dos et des ailes est noirâtre, et leur bord est d'un jaune roussâtre; sur le bas du cou, sont de grandes taches blanches. (Temminck.)

Le Milan royal se trouve en France et dans plusieurs parties de l'Europe; il se nourrit de petits

Mammifères, de Reptiles, d'Insectes, de jeunes Oiseaux et de Poissons morts, qu'il prend à la surface de l'eau.

Fig. 132. — Milan royal.

5me GENRE. - COUHYEH. EL ANUS. (Savigny.)

Le premier nom esl celui donné par les Arabes à l'espèce type ; le second vient du grec eX'.voç, Milan

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Dec court, à base élargie, comprimé jusqu'à la pointe, à arête vive, à bords mandibulaires garnis d'un feston très-prononcé et presque aigu.

Narines ovalaires; cire étroite.

Ailes allongées, pointues, atteignant et dépassant même l'extrémité de la queue, h deuxième rémige la plus longue.

Queue longue, légèrement échancrée.

Tarses plus courts que le doigt médian, à moitié emplumés, et, du reste, entièrement réticulés, de même que les doigts, qui sont allongés, épais; l'externe beaucoup plus court que l'interne; les ongles robustes et recourbés; celui du pouce le plus fort.

Fig. 133. — Couhyeh axillaire.

Fig. 134. — Couhyeh axillaire

Ce genre se compose de cinq espèces cosmopolites, dont une seule se montre en Europe : c'est le Couhyeh blac ou mélanoplère (Falco [Elanus] mclanopterus, Daudin), que nous avons fait figurer, et dont la taille est de (P,32 à 0m,35.

On ne sait, des mœurs de ces Oiseaux, que ce que Le Vaillant en a observé. Voici comme il s'exprime à cet égard :

« Le Blac est toujours perché sur le sommet des arbres ou des plus hauts buissons, d'où on peut l'apercevoir de très-loin par son ventre blanc, très-brillant au soleil. Son cri est des plus perçants, et il se plaît même à le répéter souvent, et plus particulièrement lorsqu'il vole, ce qui le décèle et avertit de sa présence. Je n'ai jamais vu le Blac faire de mal aux petits Oiseaux, quoique souventil poursuive les Pies-Grièches, seulement pour les éloigner du lieu de sa chasse, qui se réduit à celle des Insectes, des Sauterelles et des Mantes surtout, dont il fait un grand dégât. Il est hardi et courageux. Je l'ai vu s'acharner à poursuivre les Corbeaux, les Milans, et obliger ces Oiseaux, beaucoup plus forts que lui, à quitter les lieux qu'il s'est choisi, et où on le voit continuellement. 11 est très-farouche et singulièrement difficile à approcher.

« Ces Oiseaux, continue notre voyageur, nichent dans l'enfourchure des arbres: le nid, assez spacieux, est très-évasé; de la mousse et des plumes en garnissent l'intérieur. La ponte est de quatre ou cinq œufs blancs. »

Il y a ici une erreur que nous sommes à même de rectifier. Nous avons reçu du cap de Bonne- Espérance, par Edouard Verreaux, deux œufs de cette espèce, dont la forme et la couleur sont exactement celles de l'œuf de la Crécerelle, et n'en diffèrent que par la dimension : le grand diamètre étant de 0m,042, et le petit de 0m,05i.

M. d'Orbigny, de son côté, donne les détails suivants sur le Couhyeh à queue blanche (Milvus [ Elanus] leucurus, Vieillot) :

« Cette espèce parait, dit-il, habiter indistinctement tous les lieux où se présente à elle, de loin en loin, de quoi percher; aussi la trouve-t-on, tantôt à la lisière des plaines des Pampas, au bord des rivières, tantôt sur les collines buissonneuses du Chili. Partout nous l'avons vue voler longtemps avant de se reposer, et planer en tournoyant pour saisir, à l'occasion, de petits Mammifères et de petits Oiseaux, dont elle parait faire sa nourriture.

SEfiLET.

Fig. 155 — Couliyeh blac.

COUHYEH BLAC ou ELANION. ELANUS MELANOPTERUS.

Sommet de la tête, nuque, dos, scapulaires et croupion d'un beau gris cendré, plus clair à la tête que sur le dos; front, joues, toutes les parties inférieures et couvertures intérieures des ailes

Faucon Gei'Cul. Falco htandicus.

d'un blanc parfait; un petit cercle noirâtre autour de l'orbite, accompagné d'une tache noire en

avant des jeux; ailes d'un cendré foncé, qui prend une teinte noirâtre vers le bout des rémiges, mais les barbes de toutes les pennes d'un blanc pur; queue légèrement échancrée, les deux pennes du milieu cendrées, les autres blanclies. à bout terminal cendré el à barbes intérieures d'un blanc sale; toutes les petites couvertures des ailes et une partie des grandes d'un noir parfait, mais le poignet et le bord de l'aile d'un blanc pur.

Bec et ongles noirs; iris et pieds de couleur orange.

Les jeunes ont toutes les parties supérieures d'un brun cendré, terne, à bordure des plumes plus ou moins roussàtre; les ailes couleur ardoise et toutes les pennes et couvertures terminées de blanc; les petites couvertures noirâtres et terminées de blanc roussàtre; les parties inférieures d'un blanc terne ou grisâtre, et chaque plume marquée longitudinalement par de larges mècbes brunes; ces mèches prennent la forme de stries plus ou moins larges, suivant l'âge des individus; toutes les pennes de la queue d'un cendré foncé, mais leurs barbes intérieures toujours blanchâtres; les pennes latérales d'un cendré très-foncé vers le bout, dont la pointe terminale est d'un blanc pur. (Temsiincr.)

L'Elanion blac est très-rare en Europe, où peut-être il n'est que de passage, il est commun en Afrique et se nourrit particulièrement d'Insectes.

6°>e GENRE. — NAUCLER. NAUCLEMJS. (Vigors.)

NauxXmpc;, qui gouverne; par rapport à la queue des Oiseaux de ee genre dont ils se servent, en guise de gouvernail,

d'une manière remarquable

CARACTERES GENERIQUES.

Bec court, faible, clerc à la base, comprime latéralement, h bords mandibulaires sinueux.

Narines ovales, garnies de poils ou soies à la base; cire plus développée que dans le genre précédent.

Ailes très-longues el pointues; les deuxième et troisième rémiges les plus allongées.

Queue excessivement longue, profondément fourchue, et taillée comme celle des Hirondelles.

Tarses courts, emplumés au-dessous de l'articulation, réticulés dans le reste de leur étendue.

Doigts recouverts d'écaillés dans toute leur longueur; ongles faibles, celui du pouce le plus fort de tous, étant du double de longueur.

Fig. 136. — Naucler à queue fourchue.

Fig. 137. — Naucler à queue fourchue.

Ce genre ne compte que deux espèces : une d'Afrique, l'autre d'Amérique ; cette dernière se montrant accidentellement en Europe. C'est le Naucler à queue fourchue (Falco [ Nauclcrus ] furcalus, Linné) que nous figurons et dont la taille est de 0m,55 à 0m,57 : son vol seul a im,17 10 13

M. d'Orbigny donne de cet Oiseau les détails de mœurs suivants, que l'on peut considérer comme communs aux deux espèces du genre :

« Nous n'avons jamais vu cette espèce que près des eaux. Dans la province de Chiquitos (république de Dolivial, elle était quelquefois par troupes, d'autres fois par paires, voyageant d'un lac à l'autre; restant près de l'un d'eux quelques jours; puis l'abandonnant pour en aller visiter un autre. Pendant tout le temps qu'elle ne donne pas aux amours, elle voyage ainsi, occupée des heures entières à tournoyer au-dessus des eaux, tantôt près de la surface, tantôt très- haut dans les airs; car elle ne commence à monter que quand on l'inquiète. Son genre de vie nous porte à croire qu'elle rase aussi la surface des fleuves, ah'n d'y saisir les Poissons morts qui y surnagent Nous croyons, toutefois, que les Insectes sont la base de sa nourriture habituelle, surtout les Orthoptères, qui abondent au bord des eaux. Vers le mois de décembre, les couples abandonnent les pays de plaines et se rapprochent des forêts, afin de s'occuper de leur nichée; nous les avons rencontrés, en cette saison, au milieu des forêts qui séparent les provinces de Chiquitos et de Muxos, dans le pays des Guarayos, vivant autour des lacs de ces lieux ou sur les bords des rivières. Les Indiens Guarayos nous ont assuré qu'ils y nichent au sommet des plus hauts arbres. »

Fig. 138.

Nducler cte la Caroline.

NAUCLKR t)t: LA CAROLINE. NAUCLEItUS FURCATUS. (Vigors]

Le Naucler ou Milan de la Caroline, nommé aussi, par Catesby, Épervier à queue d'Hirondelle, a la queue profondément fourchue, et cette disposition est due à ce que les reclrices latérales sont beaucoup plus longues que les moyennes, qui sont graduellement et successivement étagées. La tète, le cou, la poitrine et le ventre sont d'un blanc de neige : le manteau, les ailes et la queue sont d'un noir fustié, à reflets noirs et bleus. La cire est bleue et l'iris rouge.

Cet Oiseau ne fréquente la Caroline que pendant l'été; il vole à la manière des Hirondelles pour attraper en l'air les Insectes dont il se nourrit. Il dévore aussi les Lézards et les Serpents, d'où lui est resté dans quelques districts le nom d'Épervier à Serpent. Il est très-répandu dans la Louisiane, aux Florides, dans la Géorgie et dans la Guyane, mais jamais il ne va dans le nord des États-Unis.

Cet Oiseau, dit d'Azara, qui le désigne sous le nom de Vétapa, arrive au Paraguay au printemps, en troupes dédis à vingt individus. Son vol est circulaire, et il s'élève assez pour se tenir le plus ordinairement hors de la portée du fusil, bien qu'il s'abaisse fréquemment vers la terre. S'il voit approcher quelqu'un, son naturel farouche le fait remonter à une grande hauteur. (Llssois.)

Il se nourrit particulièrement de petits Reptiles et de Sauterelles.

7"" GENIIE. - GAMPSONYX. GAMPSONYX. (Vigors.)

ra;/.iyc:, recourbé; c.vjE, ongle

CARACTÈRES GÉNÉISHJUËS.

Dec Irès-court, élevé a la base, comprime sur les côtés, brusquement incliné vers la pointe.

Narines basâtes oratoires, percées dans une cire très-étroite, et en partie cachées dans les plumes sétiformes du front.

Ailes longues et pointues, h deuxième et troisième rémiges tes plus grandes, arrivant aux deux tiers de la queue.

Queue longue et légèrement arrondie.

Tarses plus courts que le doigt médian, robustes, légèrement emplumés au-dessous de l'articulalion, et réticulés dans le reste de leur étendue; doigts longs, épais; les latéraux presque égaux; le pouce aussi long que ceux-ci; ongles longs et aigus, celui du pouce de la longueur de celui du doigt médian.

Fig 159. — Gampsonyx île Swainson.

Ce genre n'est établi que sur une seule espèce, démembrée par Vigors du genre Couhyeh, dans lequel on la comprenait depuis Cuvier. C'est le Gampsonyx de Swainson {Gampsonyx Swainsonii, Vigors).

Cet Oiseau habite les régions tropicales de l'Amérique du Sud, et l'on ne connaît rien de ses mœurs.

8mi GENRE. - ICT1ME. ICTINIA. (Vieillot I/.tiv, Milan.

CAIUCTëHES GENERIQUES.

Bée court, élargi a la base, comprimé sur les côtés, feston de la mandibule supérieure dilaté el •taillant presque eu formede dent; la mandibule inférieure droite obtuse cl échancréehson extrémité

dOO

Narines latérales lunulées.

Ailes (ris-longues, à troisième rémige lapins grande, et dépassant de beaucoup la queue.

Queue ordinaire, un peu fourchue.

Tarses de la longueur du doigt médian, épais, à moitié cmplumés, scutcllés dans le reste de leur surface, réticulés en dessous; doigts courts et épais, couverts d'écaillés dans toute leur longueur; les latéraux égaux, le pouce assez long; ongles courts, comprimés et aigus.

jj

Fig, 140. — Iclinie plombée.

Fig. 141 — Ictinie plombée.

Ce genre renferme deux espèces de l'Amérique. Nous citerons l'Ictinie plombée (Falco [Iclinia] plumbeus, Gmelin). Taille : 0m,52.

Ces Oiseaux vivent, dit-on, d'Insectes, de Serpents et de Lézards.

Le peu que l'on connaît de leurs habitudes résulte du passage suivant de M. d'Orbigny, relatif à l'espèce dont nous parlons :

« Nous l'avons, dit ce voyageur, assez fréquemment rencontrée dans la province de Chiquitos, toujours observée à la lisière des bois, près des marais, sur les collines, ou même au bord des rivières qui traversent les immenses forêts étendues entre cette province et celle de Moxos. On trouve en elle un véritable instinct de société, comme chez les Rostrhames, qui consiste dans la réunion d'un grand nombre d'individus voyageant de concert, se posant sur le même arbre, restant unis des mois entiers, ne se divisant par couples que dans la saison des amours ; et encore ces couples restent-ils dans le voisinage, prêts à se rejoindre dès que les jeunes sont assez grands pour accompagner leurs parents. C'est du moins ainsi que nous avons toujours vu se comporter celte espèce : chaque fois que nous en apercevions un individu, nous le suivions des yeux, et nous le voyions se réunir, non loin de la, à beaucoup d'autres, perchés et immobiles sur la partie la plus élevée d'un grand arbre mort; souvent ils étaient associés au moins au nombre de trente; alors la plupart s'envolaient en tournoyant à une grande hauteur; ou, séparément, parcouraient tous les environs d'une manière peu ordinaire aux Oiseaux de proie, et analogue au vol de certains Pigeons; puis revenaient se poser de nouveau sur le même arbre, que quelques autres abandonnaient à leur tour, où ils reparaissaient quelque temps après. Us ont, quelquefois, tellement l'habitude d'un arbre, qu'il nous est arrivé d'en tirer à plusieurs reprises, dans la même journée, sur le même, avant de voir la troupe renoncer à cet asile. Us sont, d'ailleurs, si peu sauvages, que, dans le jardin de la mission de San- Xavier, nos coups de fusil réitérés ne les empêchaient pas de s'y poser cinq ou six fois, ne l'abandonnant que le lendemain.

« Nous ne les avons jamais vus à terre : leur vol, parfois élevé, a, dans son tournoiement, quelque chose d'analogue a celui des Milans; ils semblent chasser aux Insectes, sans paraître se plaire à poursuivre les Oiseaux. Us arrivent, sans doute, dans la province de Chiquitos à l'approche de la saison des amours; nous les y avons aperçus, par troupes, de septembre à décembre; en janvier, ils étaient au milieu des forêts qui séparent les provinces de Chiquitos et de Moxos, sur le bord des rivières, divisés par couples, occupés de leur nichée, placée, à ce que nous assurent les Indiens Guarayos, au sommet des plus hauts arbres des rives de. Rio de San-Miguel, ou à la lisière extérieure de ces forêts. »

Kaueon rayé. Falco sparveriti

SIXIÈME FAMILLE. - - ACCIPITRINES.

Les Accipilrinés ont le bee court, recourbé dès la base jusqu'à la pointe, qui est crochue, a bords mandibulaires festonnés, comprimés sur les côtés; les narines rondes ou ovalaires; les ailes généralement longues, mais toujours plus courtes que la queue; celle-ci ample, plus ou moins carrée ou arrondie; les tarses généralement longs, grêles, élevés, légèrement emplumés au-dessous de l'articulation, les doigts minces et allongés; les ongles larges, longs, très-recourbés et aigus.

Des Milvines aux Aecipitrinés, tels que nous les présentons, la transition est amenée de la manière la plus naturelle, au moyen du genre milvinien Gampsonyx, dont l'unique espèce offre le faciès et l'ensemble des vrais Accipilrinés, tant par sa couleur que par sa conformation générale.

Cette famille se compose de tous les Oiseaux de proie diurnes qui, au bee court et subitement incliné, joignent les jambes grêles et élevées, et qui sont le plus souvent barrés aux parties inférieures.

Lesson faisait de cette famille une tribu sons le nom d'Autours, et il la divisait en quatre soustribus :

Éperviers (Nisus) Cuvier;

Lperviers à joues nues (Gymnogen;;s) genre qui appartient aux Polyborinés,

auxquels nous l'avons réuni sous le nom de Polyboroides; Autours (Aslur) Lacèpède; Maeaguas (Herpetotheres), que nous avons joints aux Aquilinés.

Plus tard, en 1857 (I) et en 1859 (2), il éleva ce nombre à neuf, en en faisant autant de genres:

1" Macagua (Herpetotheres);

2" Autour (Aslur) ;

5° Asturine (Asturina), formé par Vieillot aux dépens des vrais Autours;

4° Épervier (Aceipiler);

5° Brachyptère ( Bracliypterus) ;

G° Diodon (Zfarpa</us), appartenant aux Falconinés;

7° Lophote (Loplwies > que nous avons rangé parmi les Milvines sous le nom

de Baza; 8° Avicide(jlwicirfa); 9° Gampsonyx, tous deux aussi de la même famille.

Vers la même époque, M. le baron de la Fresnaye (5) réduisait les Aecipitrinés, sous le titre de sous-famille, à leur plus simple expression, n'en formant que trois genres :

Herpétothère ( Herpetotheres) ; Autour (Aslur) ; Épervier (Aceipiler).

Il est bien certain qu'il eût mieux valu, à l'exception du premier de ces genres, que la science s'en tint aux deux derniers purement et simplement. Car, ainsi qu'on va le voir, tous les genres

(1) Suites à Buffon.

(2 Reout Zoolog , p, 1Ô2 Juin.

(3) Revue Zoolog , p. 196 Juillet.

admis depuis dans les Accipilrinés ne sont que des démembrements des genres Autours et Eperviers, fondés sur de légères différences dans la longueur des pattes, et dans l'aspect et la conformation de la cire du bec.

M. G. R. Gray, lui, admit six genres.

1° Autour. (Aslur);

2° Géranospize (Geranospiza), Kaup ;

5' Micrastur (Micrastur), le même que Brachyplerus de Lesson ;

4° Épervier (Accipiter);

5° Poliornis (Poliomis), Kaup;

6° Méliérax (Mellerax).

Mais M. Charles Bonaparte vient de l'élever à douze, en y comprenant, il est vrai, cinq genres que nous avons considérés comme appartenant aux Aquilinés; ce sont :

1° Spizaèle; 2° Harpye; 5° Urubitinga; A" Morpbnus; 5° Herpétothère,

auxquels il a joint les suivants :

6° Micrastur;

7° Géranospize;

8° Asturine;

9° Autour; 10" Épervier; 11° Micronise ( M icronisus), formé par H. G. R. Gray, quiy a renoncé depuis,

aux dépens de son genre Accipiter; 12° Méliérax.

Nous comprenons cette famille telle que l'a comprise le méthodiste anglais, c'est-à-dire que nous la divisons en six genres .

1" GENRE — AUTOUR. ASTUll (Lacépède.)

CARACTERES GENERIQUES.

Bec court, large cl élevé à la base, comprimé sur les côtés, très-arqué jusqu'à la pointe, qui est aiguë, à tranche profondément festonnée.

Narines basâtes, ovalaires.

Ailes longues, ne recouvrant que la moitié de la longueur de la queue, à troisième, quatrième et cmqtùeme rémiges les plus grandes.

Queue longue, élargie, arrondie ou légèrement échancréc.

Tarses de la longueur du doigt médian, scntellés en avant et en arrière: doigts allongés, vigoureux, le médian et l'interne unis à leur base par une légère membrane; le pouce et l'interne d'égale longueur, munis d'ongles longs, robustes cl fortement arqués et acérés.

Ce genre renferme treize espèces cosmopolites ou de tous pays, dont une seule est commune en Europe, l'Autour des Pigeons (Falco [Aslur] palumbarhis, Linné), que nous figurons, et qui est de la taille de 0m,51.

Les Autours se nourrissent de menus Oiseaux et Mammifères, de volailles de basse-cour et même d'Insectes. Ils fréquentent indifféremment les bois de plaines ou de montagnes, feux d'Amérique ne vivent qu'à la lisière des bois, n'y pénétrent jamais et ne volent qu'en rase campagne auprès des eaux. M. d'Orhigny tua, dans ses voyages, un Autour à gros bec (Astur magnirostris), pendant qu'il dévorait un Poisson mort.

Buffon, qui avait fait nourrir pendant longtemps chez lui un mâle et une femelle de l'espèce européenne, en décrit ainsi les habitudes:

« On a remarqué que, quoique le mâle fût beaucoup plus petit que la femelle, il était plus féroce et plus méchant. Ils sont tous deux assez difficiles à priver; ils se battaient souvent, mais plus des griffes que du bec, dont ils ne se servent guère que pour dépecer les Oiseaux ou autres petits animaux, ou pour blesser et mordre ceux qui les veulent saisir. Ils commencent par se défendre de la griffe, se renversent sur le dos en ouvrant le bec, et cherchent beaucoup plus à déchirer avec les serres qu'à mordre avec le bec. Jamais on ne s'est aperçu que ces Oiseaux, quoique seuls dans la même volière, aient pris de l'affection l'un pour l'autre; ils y ont cependant passé la saison entière de l'été, depuis le commencement de mai jusqu'à la fin de novembre, où la femelle, dans un accès de fureur, tua le mule dans le silence de la nuit, à neuf ou dix heures du soir, tandis que tous les autres Oiseaux étaient endormis. Leur naturel est si sanguinaire, que, quand on laisse un Autour en liberté avec plusieurs Faucons, il les égorge tous les uns après les autres; cependant il semble manger de préférence les Souris, les Mulots et les petits Oiseaux. Il se jette avidement sur la chair saignante, et refuse assez constamment la viande cuite; mais, en le faisant jeûner, on peut le forcer de s'en nourrir. Il plume les Oiseaux fort proprement, et ensuite les dépèce avant de les manger, au lieu qu'il avale les Souris tout entières. Ses excréments sont blanchâtres et humides : il rejette souvent par le vomissement les peaux roulées des Souris qu'il a avalées, »

L'espèce d'Europe fréquente de préférence les bois de montagnes et y niche sur les plus vieux et les plus élevés des hêtres et des chênes. Ses œufs, au nombre de quatre, sont de forme ovale presque parfaite, l'un des deux bouts à peine moins obtus que l'autre, à coquille d'un grain assez fin, d'un blanc légèrement bleuâtre dans son épaisseur, et extérieurement peu poreuse, mate et presque sans reflet; d'une couleur d'un blanc très-légèrement bleuâtre, le plus souvent uni et sans tache; assez fréquemment onde, d'une manière à peine sensible, de tons brun jaunâtre fort clairs; grand diamètre, 0m,059; petit diamètre, 0m,045.

Ceux de l'Autour de la Nouvelle-Hollande (Falco [Astur] Novœ Hollandiœ, Gmelin), exactement de même forme, sont d'un blanc très-légèrement bleuâtre, onde d'une manière assez sensible d'un ton brun rosacé, sous lequel disparait presque entièrement le ton bleuâtre de la coquille, et légèrement maculé de quelques points brun foncé et de petites taches grisâtres généralement assez rares, souvent plus nombreux et beaucoup plus larges au sommet de l'œuf; grand diamètre, 0ra,06i; petit diamètre, 0m,049.

AUTOl'R. ASTVR PALU1UBAMUS ITcmnrinck.

Cet Oiseau a les parties supérieures du corps d'un cendré bleuâtre; au-dessus des yeux, un large sourcil blanc; les parties inférieures portent, sur un fond blanc, des raies transversales et des bandes étroites longitudinales d'un brun foncé; queue cendrée, rayée de quatre ou cinq bandes d'un brun noirâtre; bec d'un noir bleuâtre; cire d'un vert jaunâtre; iris et pieds jaunes.

La femelle a le dessus du corps moins nuancé de bleuâtre, mais plus coloré de brun; elle a un plus grand nombre de petites bandes brunes sous la gorge.

Les jeunes de l'année diffèrent considérablement; la cire et les pieds sont d'un jaune livide, l'iris d'un gris blanchâtre; la tête, les côtés et le cou, roussâtres. avec des taches longitudinales d'un brun foncé; la nuque variée de larges taches de la même couleur; parties inférieures d'un roux blanchâtre, varié de longues taches lancéolées d'un brun foncé; queue d'un gris brun, avec quatre bandes très-larges d'un brun plus foncé, et toutes les pennes terminées de blanc. (Tf.siminck.)

L'Autour se nourrit de petits Mammifères et d'Oiseaux; il poursuit le Lièvre et l'Écureuil. On le rencontre, en France, dans les bois de sapins, et préférablement clans ceux des montagnes.

Fig. 142 et 143. — Autour ( Mâle et femelle.)

2me GENRE. — GÉRANOSPIZE. GERANOSPIZA (Kaup.)

refavo;, Grue; amÇa, Épervier. Épervier à jambes de Grue.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, moins élevé, incliné dès la base, comprimé latéralement et à bords mandibulaircs moins profondément festonnés.

Narines marginales, subovales.

Fig. 144. — Géranospize hémidactyle

Ailes longues, les quatrième et cinquième rémiges les plus grandes. Queue longue et arrondie.

Tarses du double de longueur du doigt médian, très-grêles, recouverts en devant et en arrière de larges sculelles; doigts très-courts et minées; ongles courts, aigus et peu arqués.

Fig. 145 — Géranospiie hémidactyle.

Ce genre ne repose que sur deux espèces de l'Amérique méridionale, qui fréquentent les lieux inondés sur les bords des grandes rivières, et se nourrissent principalement, dit-on, de Reptiles et de Poissons.

Voici ce que dit M. d'Orbigny de la principale de ces deux espèces, le Géranospize grêle (Falco [Geranospiza] graeilh, Tcmminck), dont la taille est de 0m,55à0m,57.

« Si nous en jugeons par nos propres observations, cette espèce choisirait seulement les endroits les plus marécageux et les plus retirés; car nous ne l'avons vue qu'au sein des marais ou à la lisière de ces immenses plaines de joncs inondées qui occupent le lit des rivières dont le cours est peu sensible, ou dans les grands Esteros qui caractérisent toutes les plaines du centre de l'Amérique méridionale. C'est toujours sur les palmiers ou sur les grands arbres de la lisière de ces lieux humides qu'elle perchait, d'abord le long des rives du Rio-Batel, et puis dans les marais de San-Jose de Chiquitos : elle était par couples, même au mois de juin, qui est un des mois d'hiver dans ce pays, ce qui ferait croire qu'elle reste accouplée toute l'année. Ordinairement elle vole peu, reste perchée en attendant sa proie, et, si elle prend son essor, ce n'est que pour se poser à peu de distance; son vol est aisé et assez rapide. Quant à sa nourriture, nous ne la connaissons pas au juste; mais l'habitude qu'elle a d'être toujours près des eaux nous donnerait lieu de penser qu'elle vit de Reptiles aquatiques ou même de Poissons.

5me GENRE. - MICRASTUR. MICRASTUB. (Cray.

URACHYPTÈT.E BRACHTPTEHUS. (Lesson.) Bj77 u:, court; ïrrepcv, aile.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec court, élevé h la base cl très-arqué jusqu'il la pointe, qui est aiguë, comprimé sur les côtés, à bords mandibulaires ondulés.

narines rondes cl largement ouvertes.

Ailes courtes et arrond es, à quatrième, cinquième et sixième rémiges les plus longues.

Queue longue cl arrondie.

Tarses un peu plus longs que le doigt médian, grêles, largement seutcllés en dessus; doigts longs el minces, les latéraux égaux, te pouce aussi long que le doigt interne, tous deux munis des ongles les plus forts et les plus crochus.

Cire presque entièrement recouverte de poils; lorums nus.

M. G. R. Gray, suivi en cela par M. Ch. Bonaparte, considérant comme synonyme de Bracltijptcrus, nom donné à ce genre par Lesson, celui de Brachypteryx donné par Vigors et Horsfield, en 1820, à un genre de Passereaux (Myiothère), a cru devoir y substituer le nom de Micrastur.

«JÈF^

Fig. 146. — Micrastur brachyptère.

Fig. 147. — Micrastur brachyptère.

Le genre Micrastur ne renferme que quatre espèces, toutes de l'Amérique méridionale, qui ont les mêmes mœurs et les mêmes habitudes que celles du genre précédent.

M. d'Orbigny, décrivant l'une de ces espèces, le Brachyptère à quatre lignes (Falco [Brachyplerus] concentrions, llliger), dit que ce Rapace « parait aimer la lisière des bois, où il chasse aux petits Oiseaux et aux petits Mammifères. »

4me GENRE. - ÉPERVIER. ACCIPITEB (Brisson.

CARACTERES GENERIQUES

Bec court, incliné depuis lu base jusqu'à la pointe, qui est plus crochue, comprime latéralement et a bords festonnés.

Fig. 148. — Épervier nisus.

Fig. 149. — Épervier nisus.

Narines médianes, elliptiques, en partie engagées dans les plumes séli formes du front.

Aihs médiocres, à quatrième et cinquième rémiges les plus longues, dépassant le croupion.

Queue longue, ample, plus ou moins arrondie ou carrée

Tarses de la longueur du doigt médian, minces, très-grêles, scutellés sur le devant; doigts également longs et minces; l'ongle du doigt interne et celui du pouce égaux et les plus forts Formes minces, scelles et élancées.

Vingt et une espèces cosmopolites, dont une seule d'Europe et commune en France, composent ce genre. Nous figurons cette dernière espèce, l'Épervier commun ou d'Europe (Falco [Accipiter] uisus, Linné), qui mesure 0m,55.

Les Éperviers proprement dits sont intrépides et courageux; leur nourriture consiste presque exclusivement en petits Mammifères et Oiseaux; ils attaquent jusqu'aux Perdrix et aux Pigeons. Le Vaillant cite le fait suivant de hardiesse, au sujet de la plus petite espèce du genre, l'Épervier minule (Falco [Accipiter] minulus, Daudin) :

« Le trait suivant, que je ne puis m'empêcher de rapporter, dit-il, prouvera ce que j'ai dit de la hardiesse de ce petit Oiseau de proie, dont la grandeur du mâle est à peu près celle de notre Merle commun. Un jour que j'étais occupé, comme de coutume, à écorcher devant ma tente les Oiseaux que j'avais tués, il passa au-dessus de ma tête un de ces Éperviers, qui, ayant remarqué sur ma tahle plusieurs Oiseaux, s'y abattit tout à coup, malgré ma présence, et m'en enleva un qui était déjà prépare; il l'emporta dans ses serres, et fut bien étonné, après l'avoir plumé sur un arbre à trente pas de nous, de n'y trouver, au lieu de chair, que de la mousse et du coton; cela ne l'empêcha pas, après avoir déchiré la peau en pièces, de manger le crâne tout entier, seule partie que je laisse dans mes Oiseaux préparés. Comme j'examinais avec plaisir cet Oiseau arracher de dépit tout ce qui emplissait la peau bourrée qu'il m'avait dérobée, je le vis revenir planer au-dessus de moi à différentes reprises, mais il ne s'abattit plus, quoique j'eusse laissé exprès quelques Oiseaux à sa portée. Je suis persuadé que si, à sa première tentative, il avait eu le bonheur de tomber sur un des Oiseaux non préparés, il aurait infailliblement réitéré cette chasse, si facile et si commode pour lui ; mais, ayant été attrapé, il ne daigna probablement pas recommencer une seconde fois. »

Les Oiseaux de ce genre nichent en général sur les arbres et pondent de cinq à six œufs.

Les œufs de l'espèce européenne varient de la forme ovale à la forme ovée, c'est-à-dire qu'ils ont souvent l'un de leurs deux bouts un peu moins obtus que l'autre. Leur coquille est d'un grain ordinaire assez serré, d'un blanc légèrement bleuâtre dans son épaisseur, et un peu poreuse, unie, mate et sans reflet.

Leur couleur, d'un blanc plus ou moins sale ou jaunâtre, onde et maculé de taches d'un brun olivâtre, irrégulières, mais plutôt arrondies qu'anguleuses, largement appliquées, et se perdant fréquemment, sur une partie de leurs contours, d'une manière insensible dans le fond blanc de la coquille; fréquemment d'un beau blanc très-finement bleuâtre, marqué de quelques taches fort rares, en forme de gouttes ou de points arrondis, d'un beau brun de bistre, quelquefois rougeâtre, réunis en une seule masse, tantôt au sommet, tantôt à la base de l'œuf; à ces taches viennent souvent s'en joindre d'autres d'un ton vaporeux gris-lilas ; d'autres fois, du même blanc plus ou moins bleuâtre, maculé de taches et marbrures concentrées et groupées en forme de zone vers le tiers de la longueur de l'œuf, de couleur de brun-rouge sang, mélangé de quelques autres taches violacées, plus rarement d'un blanc assez bleuâtre, nuancé et maculé de taches d'un brun Isabelle plus ou moins foncé, tantôt irrégulièrement répandues sur toute la surface de la coquille, tantôt seulement réduites en une seule masse à son sommet; plus rarement encore d'un ton léger uniformément isabelle, tiqueté de petits points de couleur de rouille, réunis, dans quelques parties de la coquille, en trois ou quatre masses irrégulièrement dessinées, de la même couleur.

Enfin, quelquefois presque entièrement d'un blanc bleuâtre pur, et à peine tiqueté ou marqué de quelques points ou veines d'un brun rougeâtre très-léger. C'est alors la livrée des œufs derniers pondus; ou bien du même blanc bleuâtre, maculé de quelques taches irrégulières d'un ton de terre de Sienne brûlée, et d'une dimension de beaucoup plus petite que les œufs ordinaires de cette espèce. C'est alors un œuf dégénéré et presque toujours privé d'un germe. Grand diamètre, 0m,057; petit diamètre 0m,051.

Ceux de l'Épervier-Autour de la Nouvelle-Hollande {Astur [Accipiler] approximans, Vigors et Horsfield) sont de même forme, d'un blanc bleuâtre clair-semé de petits points rares, en forme de piqûres, d'un brun plus ou moins rougeâtre. Grand diamètre, 0m,045; petit diamètre, 0m,05i.

EI'ERVIER. ACClPITUIt NISUS. (Brisson.)

L'Épervier a les parties supérieures d'un cendré bleuâtre; une tacbe blanche à la nuque; parties inférieures blanches, avec des raies longitudinales sous la gorge, et des raies transversales sur les autres parties inférieures; sur la queue, qui est d'un gris cendré, sont cinq bandes d'un cendré noirâtre; bec noirâtre; cire d'une jaune verdâtre; pieds et iris jaunes.

Fi;;. 150 ut 151. — Épeivier nisus. (Mâle et femelle '

La femelle adulte ressemble au mâle; elle a les sourcils blancs et la même couleur sur la nuque, quelques individus ont le plumage supérieur d'un gris brun, à bordures rousses, et quelques lâches blanches sur les épaules. On trouve même des variétés entièrement blanches. (Temmikck.)

Les jeunes de l'année ont les parties supérieures brunes, avec les bordures des plumes rousses; les parties inférieures roussâtres, avec des taches roux foncé, sous forme de fer de lance à la poitrine, à l'abdomen et aux jambes; les joues variées de brun et de rpussâtre; une raie sourcilière roux blanchâtre; queue terminée de cendré.

L'Epervier fait une chasse continuelle aux petits Oiseaux, aux petits Mammifères et aux Insectes. La faim le rend audacieux. Un mâle adulte, poursuivant un Moineau, entra avec lui dans une maison habitée, et fut pris au moment où il saisissait sa proie. On prend souvent cet Oiseau au fdet, au moment où il s'élance avec impétuosité sur les moquettes, que les oiseleurs font remuer. (Degi.and.)

5"c GENRE. — POLIORNIS. POLIORNIS. (Kaup.) [loÀic;, blanchâtre, pàlo ; opvi;, Oiseau.

CARACTÈRES GENERIQUES.

Bec court, élevé à la base, comprimé sur les côtés, a bords festonnés. Narines ovaUùres, marginales.

Fig. 152 — Poliornis teesa

Ailes longues, les troisième et quatrième rémiges les plus grandes. Queue longue, ample et arrondie.

Tarses presque de la longueur du doigt médian, réticulés, à doigts courts, ainsi que les ongles, qui sont tous de la même grandeur.

Fig 153. — Poliornis teesa.

Ge genre est, de tous ceux de cette famille, celui qui rappelle le plus les Buses par ses formes lourdes et ramassées : aussi M. Temminck rangeait-il les espèces de ce genre nouveau parmi les Buteoninés, ce que vient encore récemment de faire M. Gh. Bonaparte. C'est le même motif qui avait fait donner au groupe, par M. le major Hodgson, le nom de Buse-Autour (Bulastur).

11 renferme quatre espèces, toutes des Indes et de l'archipel indien

On en ignore les mœurs.

6mc GENRE. — MÉLIÉRAX. MELIERAX. (G. R. Gray.

MeXg;, chant (Il ; issa;, Faucon.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec élevé à la base, plus allongé et moins arqué que celui des genres -précédents, décrivant une ligne plutôt inclinée que courbe jusqu'à la pointe, qui est crochue, comprimée latéralement, à bords mandibuluires à peine festonnés.

Narines arrondies, largement couvertes, et en partie cachées dans les poils de la cire.

?>". 154 — Melierai chanteur

Ailes longues, les troisième, quatrième el cinquième rémiges les plus grandes.

Queue longue el ample.

Tarses du double plus longs que le doigt médian, couverts, sur le devant, de larges semelles; doigts proportionnellement courts; les latéraux égaux, le pouce aussi long que le doigt interne; tous armés d'ongles longs et crochus; ceux des derniers doigts les plus forts

Fis;. 155. — Méliérax chanteur.

Ce genre a été établi sur deux espèces particulières à l'Afrique; d'un grand courage, attaquant des animaux beaucoup plus forts, vivant dans les forêts situées le long des. torrents ou des rivières.

|1) Et non pas de u.'-)i, miel, comme l'indique M L Agassiz.

Lour nom spécifique, comme leur nom générique, leur vient de l'espèce de chant que reproduit leur voix, contrairement ;\ ce qui s'observe chez tous les Oiseaux de proie, dont le cri est généralement aigu et strident.

Le Vaillant, qui a découvert la première de ces deux espèces, à laquelle il a donné le nom de Faucon chanteur, s'exprime ainsi :

« C'est principalement dans le temps des amours qu'il chante, ainsi que la plupart des autres espèces d'Oiseaux chanteurs. Perché sur le sommet d'un arbre, auprès de sa femelle, qu'il ne quitte pas de toute Tannée, ou bien dans le voisinage du nid où elle couve, il chante des heures entières, el d'une manière particulière; comme notre Rossignol, on l'entend le matin au lever du soleil, le soir au déclin du jour, et quelquefois durant toute la nuit. C'est lorsqu'il chante d'une voix forte qu'on peut facilement l'approcher pour le tirer; mais il faut que le chasseur qui s'avance sur lui s'arrête, demeure immobile, et ne fasse aucun mouvement dans l'instant où l'Oiseau se tait pour reprendre haleine; parce que, dans ces intervalles, il part et s'éloigne au moindre bruit; mais, comme tous les Oiseaux chanteurs, il semble s'écouter avec une sorte de complaisance, et n'entend plus ce qui se passe autour de lui, toute sa sûreté étant alors confiée à ses yeux, qui sont très-clairvoyants. Assez généralement, cet Oiseau se perche sur un arbre isolé.

(' Le Faucon chanteur fait une guerre cruelle et sanglante aux Lièvres, aux Perdrix, aux Cailles, et généralement à tout le menu gibier; il prend aussi les Taupes, les Souris, les Rats. La rapine et le carnage sont des fonctions nécessitées, chez lui, par le besoin de satisfaire un appétit démesuré; j'en ai élevé un jeune que nous ne pouvions rassasier que difficilement.

« La femelle construit son nid dans l'enfourchure des arbres ou dans les gros buissons touffus; sa ponte est de quatre œufs entièrement blancs, et presque ronds. »

Un œuf de cette même espèce de Méliérax (Falco [Melierax] musicus, Daudin), que nous avons reçu du docteur A. Smith, qui se l'était procuré dans ses voyages au cap de Bonne-Espérance, au lieu d'être rond, comme l'indique Le Vaillant, est de même forme et de même grosseur que celui du Faucon gerfault, c'est-à-dire de forme ovée, presque ovale, d'un blanc bleuâtre, uniforme et sans taches.

Fig. 15G cl 157. — Aigle à tète blanche ( Mule el femelle/

SEPTIÈME FAMILLE. - CIRCINÉS ou BUSARDS.

Les Oiseaux de cette famille ont le bec court, mince, élevé à la base, comprimé sur les côtés, à bords mandibulaires légèrement ondulés; les narines ovalaires, longitudinales, percées parallèlement à l'arête du bec, cacbées par les longs poils qui recouvrent entièrement la cire et se dirigent en avant; les ailes longues, à quatrième et cinquième rémiges les plus grandes; la queue longue, ample et arrondie; les tarses longs, grêles, comprimés, scutellés en avant et réticulés en arrière, plus longs que le doigt médian; les doigts médiocres; les latéraux égaux entre eux; les ongles or dinaires et très-aigus.

Fig. 158. — Busant Saint-Martin.

Fi?. 159. — Busint Siinl-Martin.

Le caractère le plus distinctif de cette famille, surtout cbez plusieurs de ses espèces, est une sorte de collerette demi-circulaire de plumes s'étendant des deux côtés de la face, depuis le menton jusqu'aux oreilles, formée des plumes de ces parties : ce qui donne à ces espèces, quant à la tète, un faux air de parenté avec le sous-ordre des Accipitres nocturnes. Aussi forment-ils le passage le plus naturel des Oiseaux de proie diurnes à ces derniers, surtout lorsqu'ils sont précédés de la famille des Accipitrinés, dont ils ont les formes grêles et élancées, et les tarses longs et grêles.

Lesson, en 1859 comme en 1851, a compris les Busards dans les Butéoninés, qu il faisait suivre des Milvinés, par lesquels il terminait le sous-ordre des Accipitres diurnes.

M. G. R. Gray, qui les a placés, comme nous le faisons, à la suite des Éperviers, les compose de trois genres quelque peu hétéroclites :

1° Polyboroide, que nous avons placé dans les Polyborinés; 2° Serpentaire ou Messager, dont nous avons fait une tribu; 5° Busard .

Faucon ;ï <|in'uu fourchue Falco furt alun

oiseaux. nr.

M. Ch. Bonaparte en a également fait trois génies, mais à un autre point de vue :

1" Cranirex, établi par Gould sur une espèce qui nous parait être une véritable Buse,

'2° Busard;

3° Strigiceps, formé par M. Bonaparte des espèces dont la collerette discole est le plus prononcée

Pour nous, les Busards se réduisent à un seul genre, que nous ne voyons ni possibilité ni nécessite de diviser

Une espèce, découverte par Le Vaillant, et nommée par lui Grenouillard (Falco [Qrcus] ranivorus, Daudin), l'ait sa principale nourriture de Grenouilles.

« Les colons du Cap et les Hottentots, dit-il, voyant continuellement ce Busard planer sur les marais et se percher sur les buissons ou sur les arbres qui les avoisinent, d'où il fond sur les Grenouilles qu'il aperçoit, et qu'il dévore dans l'épaisseur des roseaux, lui ont donné le nom de Kikvors vanger (attrapeur de Grenouilles), d'où j'ai tiré celui de Grenouillard. Cet Oiseau ne se contente pas seulement de la chasse des Grenouilles, car il fait encore la guerre à tous les Oiseaux aquatiques, particulièrement quand ils sont jeunes.

« C'est en planant avec grâce et adresse, au-dessus des marais, que son œil, toujours attentif, guette sa proie, sur laquelle il fond impétueusement. S'il sort des roseaux à l'instant même qu'il s'y est abattu, c'est une preuve qu'il a manqué son coup; sinon il ne reparaît que quand il a mangé sa proie, qu'il dévore sur la place même où il l'a saisie. J'ai trouvé dans son estomac des débris de Poisson; ainsi, il pêche aussi bien qu'il chasse. C'est dans les marais, et parmi les roseaux, que le Grenouillard établit son nid, qu'il construit avec des tiges et des feuilles amoncelées de ces plantes aquatiques. J'ai trouvé plusieurs fois leurs couvées, où j'ai vu trois ou quatre œufs entièrement blancs. »

Les œufs des Busards sont en effet d'un blanc bleuâtre, sans taches dans le plus grand nombre des espèces.

Pourtant, le Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui a hérité de la collection ovologique de l'abbé Manesse, possède deux œufs faisant partie de la collection de cet observateur, et étiquetés par lui sous le nom de Busard sous-Buse, notre Busard Saint-Martin par conséquent, qui ont une coloration et des dimensions remarquables.

Ils sont d'une forme presque ovoïde, c'est-à-dire acuminée à leur petit bout; d'un blanc légèrement bleuâtre, grivelé d'un assez grand nombre de taches tantôt arrondies, tantôt en forme de petits traits irrégulièrement jetés, d'un brun de Sienne léger, plus rapprochés au gros bout : grand diamètre, de 0m,055 à 0m;0G0; petit diamètre, de 0m,045 à 0m,044.

Ceux du Buzard de marais sont d'un blanc légèrement bleuâtre, uni et sans taches; quelquefois ondes d'une nuance brun jaunâtre fort légère, avec quelques grivelures et des nuages de la même teinte à peine perceptibles; assez fréquemment marqués de quelques points et taches rares d'un brun de bistre clair, irrégulièrement réparties tantôt au sommet, tantôt â la base de l'œuf; dans ce cas, ils figurent souvent dans les cabinets des amateurs, et sont ramassés, par les dénicheurs, comme provenant du Busard harpaye, qu'ils distinguent spécialement du Busard de marais, comme l'ont fait plusieurs naturalistes, notamment Lesson : grand diamètre, de 0m,045 à 0m,050; petit diamètre, de 0m,057 à 0m,040.

Ceux du Busard Montagu et du Busard maure sont d'un blanc bleuâtre sans taches, parfois ondes d'une nuance jaunâtre fort légère, presque toujours accidentelle : le grand diamètre des premiers est de 0m,041; le petit, de 0m,0ô4 : le grand diamètre des seconds est de Ûal,045 à 0m,047; et le petit, de O,0">8

il 15

GENRE UNIQUE - RUSARD. CIRCUS. (Lacèpède.)

CARACTERES GENERIQUES.

Ceux de la famille.

Les Rusards, qui sont cosmopolites, vivent partout dans le voisinage des marais et des plaines, et presque toujours loin des bois : leur nourriture consiste en petits Mammifères et Oiseaux, parfois en Reptiles aquatiques et en Mollusques.

Quatre espèces sont communes en Europe et en France; ce sont : le Rusard harpaye ou de marais (Falco [Cireus] œruginosus, Linné), de 0m,50 à 0m,55; le Rusard Saint-Martin (Falco [Circus] cyanens, Linné), de 0m,45; le Rusard Montagu (Faleo [Circus] cineraceus, Montagu), de 0m,41 a 0m,45; et le Rusard pâle (Circus pallidus,, Sikes), de 0m,45.

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