‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 45 sur 62 · PREMIÈRE FAMILLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE FAMILLE

ARAÏNES.

Les Araïnés, à une seule exception près, ont le bec large, à arête fortement convexe et arrondie jusqu'à la pointe, qui est prolongée et aiguë, à bords mandibulaires un peu renflés et comme roulés sur eux-mêmes intérieurement, et échancrés à leur tranche; la base du bec recouverte d'une peau membraneuse et plissée qui l'enveloppe en dessus comme en dessous, et qui n'est qu'une expansion de celle qui occupe les joues et le tour des yeux, laquelle, en ces deux régions, est généralement nue ou recouverte de quelques plumes rares; les tarses plus courts que le doigt externe antérieur; la queue très-longue, et composée de plumes étroites et étagées.

Les espèces de cette famille surpassent en taille et en beauté les autres Psittacidés; leur plumage est varié des couleurs les plus vives et les plus brillantes.

Cuvier, Lacépède et Vieillot ont séparé des Perroquets les Araïnés, dont les deux derniers firent même un genre distinct.

Ce genre, depuis, a été élevé au rang de famille par M. G. R. Gray, qui la compose des trois genres suivants, généralement adoptés.

1° Ara (Ara), Brisson;

2° Psittacara (Commis). Kuhl,

5° Énicognathe (Enicognaihus), G. R. Gray.

1" GENRE. — ARA. ARA (Brisson.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec garni d'une membrane à la base des deux mandibules, tris-robuste, comprimé à son articulation, convexe dessus et dessous, incliné dès l'origine; mandibule supérieure h bords très-angu-

Fiï- 225. — Ara Rauna.

leur, crochue; l'inférieure plus courte, retroussée, obtuse, avec un cran transversal sur le vaut, dans lequel entre la pointe de la partie supérieure.

Narines articulaires, ouvertes, situées dans la membrane et cachées par les plumes du front.

Ailes pointues, les deuxième et troisième rémiges les plus longues.

Tarses robustes, plus courts que le doigt externe antérieur, écaillés; les deux doigts internes plus courts que les externes; ongles crochus.

Queue a rcclrices étroites, très-longues et trcs-étagécs.

Tour des yeux et joues nus, parsemés seulement de quelques plumes rares, étroites et comme ciliées; celte nudité absolue des joues leur donne même un aspect étrange, sévère et presque sauvage.

Ce genre renferme seize espères, toutes de l'Amérique du Sud.

Nous figurons Y Ara Rauna.

Le nom de Ara ou Aruraca leur a été donné par les Guaranis (indigènes du Paraguay et du lirèsil) du cri aigre, fort incommode et désagréable, que ces Oiseaux semblent articuler.

Les Aras habitent les bois, dont ils fréquentent plus volontiers les lisières. « Ils aiment, ditMaudnyt (I), les terrains humides; ils se nourrissent principalement des fruits du palmier latanier; volent ordinairement par paires; jettent leur cri lorsqu'ils sont surpris et effrayés, et le font entendre

Fig. 220. — Ara Rauna.

aussi en volant. Ils se perchent sur les branches les plus élevées; s'éloignent à environ une lieue pendant le jour pour chercher leur nourriture, et reviennent le soir pour passer la nuit au même endroit où ils ont choisi leur retraite Ils font leur nid dans des trous de vieux arbres qui tombent de vétusté, et le garnissent de plumes. La femelle fait deux pontes par an, chacune de deux œufs; ie mâle et la femelle les couvent alternativement. »

D'Azara (2) complète ces détails de moeurs par les suivants : « Je n'en ai jamais vu que six à huit ensemble. Ils ne vont jamais à terre. Noséda en rencontra un, et il le prit, parce qu'il ne put s'en-

(1) D'Azara, Voyage dans t'Am mer , 1809.

(2) Encyclopédie mt'thod , Ornithologie, p. 296.

lever; en effet, ses ailes, excessivement longues, et ses jambes, très-courtes, durent l'en empêcher : c'est pour cela que, pour prendre leur volée, les Aras s'élancent de dessus les arbres, et qu'ils ne sautent point comme la plupart des Oiseaux. Ils ne s'abattent pas dans les plantations d'orangers, de goyaviers, etc., et ils ne se nourrissent que de fruits de palmiers et des autres arbres des forêts dans lesquelles ils font leur demeure habituelle. Leur vol est horizontal, médiocrement élevé.

« Le fait suivant prouve combien ces Oiseaux ont d'affection l'un pour l'autre. Au mois d'avril 1788, Manuel l'alomares alla chasser à une lieue de distance de la ville qu'il habitait; il tua un Ara, qu'il attacha sur la croupe de sou cheval. Un autre Oiseau de la même espèce suivit Palomares jusqu'à sa maison, située au centre de la capitale du Paraguay, et, arrivé dans la cour, il se jeta sur l'Oiseau mort. On le vit le lendemain et plusieurs jours de suite sur le mur; enfin les domestiques le trouvèrent à terre à côté de son compagnon; il se laissa prendre, et il resta dans la maison.

« Les Aras, continue Mauduyt, n'ont de sauvage que l'apparence, et leur extérieur les fait plus craindre qu'ils ne sont dangereux, en effet; ils ont, au contraire, en général, des habitudes assez douces; ils s'apprivoisent aisément; ils sont même susceptibles de connaissance et d'attachement; ils usent de la liberté qu'on leur accorde, regagnent d'eux-mêmes les lieux auxquels ils sont accoutumés, reçoivent avec plaisir les caresses qu'on leur fait, et en rendent, surtout lorsqu'ils sont habitues, aux personnes qui les approchent. Ils n'apprennent guère à parler, et ne répètent jamais que quelques mots, qu'ils articulent mal. Leur cri, trop fort, déchirant, qu'ils font entendre fort souvent, porte à les éloigner, malgré leur beauté et leur aptitude à la domesticité. Ils ne sont bien placés que dans les lieux vastes, à l'entrée des vestibules, où on les voit en passant; ils font souvent un bel effet à l'entrée des parcs et des jardins, dont ils ornent les grilles ou les avenues. Ils passent pour vivre longtemps; ils craignent le froid rigoureux de l'hiver, et ils ont besoin d'être tenus dans des lieux fermés et échauffés, même pendant le jour. »

MARACANA. MAHACANA. (Azara.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre, comprime sur les côtés, très-large cl déprime a la base de la mandibule supérieure, (pu est légèrement carénée, et à arête arquée jusqu'à la pointe, qui est crochue et aiguë, sans membrane à la mandibule inférieure

Fig. 227. — Maracana noble.

Narines percées à la base du bec, le plus ordinairement cachées dans les plumes du front, parlais à découvert et arrondies.

Ailes assez aiguës, les trois premières rémiges généralement les plus longues.

Queue allongée et graduée, et plus large que dans le genre précédent.

Tarses comme ceux de ce même genre.

Tour des yeux nu, sur un espace plus ou moins restreint.

Ce genre renferme quarante espèces, toutes de l'Amérique.

Les Maracanas sont plus petits, plus communs et plus sociables que les Aras, ont les ailes plus longues à proportion, et la queue plus courte, quoique de la même forme, ainsi que le remarque Azara, qui, le premier, a distrait judicieusement les diverses espèces de ce groupe par lui observées de celui des Aras, et dont nous conservons, par cette raison, le nom générique de Maracana, qui doit avoir la priorité sur celui de Conurus, fondé plus récemment par Kuhl 1820.

Fi". 228.— Maracana de Wagler

Les Maracanas, d'après d'Azara, volent, en général, par bandes très-nombreuses, en faisant entendre fréquemment leurs cris aigus et perçants. Ce sont, du reste, des Oiseaux sédentaires qui font leur demeure habituelle dans les bois plus ou moins humides ou marécageux. Ils se nourrissent de graines, surtout de mais et de fruits. Ils causent, en général, d'assez grands ravages dans les plantations ; ils s'y rassemblent en troupes considérables; et, tandis qu'ils sont à terre, occupés à manger et à boire, l'un d'eux reste en sentinelle pour veiller à leur sûreté et les avertir du danger. Ils marchent plus volontiers que les Aras, et s'aident souvent de leur bec en marchant.

Ils nichent, suivant les espèces, les uns dans des trous d'arbres, les autres dans des trous qu'ils pratiquent à de vieux murs en terre ou à la partie antérieure des fours à brique.

Voici ce que dit de cette espèce, le Maracana moine, d'Azara, qui lui conserve le nom de Jeune- Veuve, qu'on lui donne au Paraguay, à cause de la coiffe dont son front et son cou sont enveloppés:

« C'est presque le seul Maracana qui fasse sa ponte en état de domesticité; il n'est point délicat. Je n'ai point vu d'Oiseau aussi coquet : dès qu'une Jeune-Veuve arrive dans quelque maison, si elle n'y rencontre pas un compagnon de son espèce, elle en cherche un autre, et elle s'efforce de le rendre amoureux. Pour y parvenir, elle met en œuvre toutes sortes de caresses et d'agaceries; elle le baise, le gratte, le provoque sans cesse par ses cris, ses soupirs et ses mouvements, jusqu'à ce qu'au

bout de quinze jours l'Oiseau prenne le flux de sang et périsse. La Jeune- Veuve ne parait point attristée d'une mort dont elle est la cause, car elle ne condescend jamais aux désirs violents de celui qu'elle a enflammé d'amour. Mais si le mule et la femelle de cette espèce sont nourris ensemble, leurs amours ne sont pas aussi inutiles, ils s'apparient, et, quelquefois, la femelle dépose des œufs qu'elle ne couve point.

« Ces Oiseaux se réunissent en troupes assez nombreuses au Paraguay, et jusqu'aux pampas de Buénos-Ayres. Ils ne font pas leurs nids dans des trous, mais ils les construisent sur les arbres, avec une grande quantité de rameaux épineux. C'est un globe hérissé de piquants, de trois pieds et demi de diamètre extérieur; son entrée est sur le côté, et l'intérieur est garni d'herbes vertes.

« Toute la bande niche sur des arbres rapprochés les uns des autres, et quelquefois sur le même arbre, de manière que les nids se touchent. On assure même qu'un seul nid sert à la ponte de plusieurs familles. »

5""> GENRE. — ÉNICOGNATHE. EN1COGNATHUS. (G. R. Gray.)

Evixc:, simple ; fv»8oç, mâchoire.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec très-allongé, mince cl comprimé sur les côtés, à bords mandibulaires supérieurs ondulés, à arête légèrement inclinée, et non recourbée, jusqu'à la pointe, qui est très-aiguë, et du double de longueur de la mandibule inférieure, dont les bords sont échancrés.

Narines basâtes et cachées dans les plumes du front.

Fig. 229. — Ënicognathe à bec mince.

Fig. 250. — Ënicognathe à bec mince.

Ailes allongées et pointues, les deuxième et troisième rémiges les plus grandes. Queue longue et graduée, h rectriecs rigides à leur pointe.

Tarses plus courts que le doigt externe antérieur, réticulés, a doigts recouverts de squamelles dans toute leur étendue, à ongles allongés, médiocrement arqués et aigus.

Une seule espèce, particulière au Chili, constitue ce genre : c'est l'Enicognathe à bec mince ou de Byron [Psittacus kptorlujnclius, King), que nous figurons.

Ce qui distinguera toujours cette espèce, c'est la faible courbure et le développement excessif de sa mandibule supérieure, caractères qui l'avaient fait justement appeler génériquement Leplorliynque, c'est-à-dire, à bec effilé.

Une autre particularité non moins remarquable, c'est que, dans ses migrations, elle représente et l'ait descendre la tribu des Psittacidés jusqu'au détroit de Magellan, vers le 52e ou 55° degré de lati-

mde australe, puisque l'espèce y a été rencontrée par le commodore Byron, qui l'en a rapportée lors de son voyage de circumnavigation exécuté dans les années 1764, 1765, et 1766; et que c'est à ce navigateur que les Anglais avaient originairement dédié ce Psittacien. Or, l'on sait que Buffon avait positivement nié la possibilité de l'existence des Oiseaux de cette tribu sous cette latitude.

Fig 231 — Énicognatlie de Byron.

En dessus, vert bronzé; en dessous, gris verdâtre, surtout au ventre; région anale d'un rouge sanguin; rectrices rouge brique avec la pointe verte; un bandeau rouge écarlate, occupant la base du bec, s'étend d'un oeil à l'autre; bec blanchâtre; pieds grisâtres.

Longueur totale : 16 pouces.

DEUXIÈME FAMILLE. - PÉZOPORINÉS.

Les Pézoporinés ont le bec médiocrement arqué, court, à pointe retombante et aiguë, à bords dentelés ou festonnés, la tranche de la mandibule supérieure dessinant presque toujours une courbe inverse de celle de l'arête du bec, ne s'arrêtant qu'à la naissance de la pointe, dont la courbure est au contraire et naturellement parallèle à celle-ci; les narines lunulées, percées dans une cire plus ou moins poilue, mais formant toujours relief ou bourrelet à la base du bec; les tarses plutôt longs et élevés que courts; les ongles plus ou moins arqués; la queue large, allongée et plus ou moins graduée.

M. G. R. Gray a composé cette famille de neuf genres, que nous réduisons à huit par la réunion des septième et huitième en un seul, sous le nom de Euphema, Wagler. Ce sont :

1" Nymphique (Nymphicus), Wagler; 2° Coracopsis (Coracopsis), Wagler; 5" Platycerque (Platycercus), Vigors; 4° Prioniture (Prioniturus), Wagler; 5° Pézopore (Pezoporiis), llliger;

Euphème

C° Palœornis (Palwornis), Vigors; I 7» Melopsitte (Mclopsiitacus), Gould; j 8" Euphème [Euphema), Wagler;

9" Trichoglosse (Tricoglossus), Vigors et Horsfield.

M. Charles Bonaparte, en y ajoutant quatre ou cinq autres genres enlevés aux Loriinés, en a fait trois sous-familles sous les noms de Pézoporinés, Platycercinés et Trichoglossinés.

Fig. 232 et 253. — Platycerque de Bauer (Mâle et femelle.)

Les Pézoporinés sont en général des Oiseaux à formes effilées et gracieuses. Dans la plupart des espèces de cette famille, la langue est terminée par un faisceau, en couronne, de sortes de poils ou filaments cartilagineux que l'on est d'accord pour considérer, dans les Oiseaux qui en présentent de pareils (car ils ne sont pas les seuls), comme des papilles, à cause de la grosseur des nerfs qui y aboutissent.

Du reste, ce sont des Psittacidés plus terrestres et Marcheurs que véritablement Préhenseurs ou Grimpeurs.

1er GENRE - NYMPHIQUE. NYMPHICLS. (Wagler

N'ju.œt«;, époux ou jeune marié.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec médiocre, comprime sur les côtés, à mandibule supérieure légèrement convexe et crochue h In pointe, qui est munie, sur le côté, d'une échancrure profonde, h mandibule inférieure épaisse et courte, mais profondément entaillée sur les côtés et en avant.

Narines basâtes, percées dans une cire formant bourrelet au sommet du bec, et arrondies.

Ailes longues, dépassant le milieu de la queue, à deuxième rémige la plus grande.

Queue allongée, mince, formée de douze rectrices pointues, roides. dont les deux médianes sont plus longues que les latérales.

Tarses courts, grêles, réticulés, à doigts longs et minces, à ongles peu robustes.

La tête est surmontée d'une huppe formée par l'allongement des plumes occipitales, qui sont grêles et effilées à leur sommet; un espace dénudé circonscrit les yeux.

Fig. 254. — Nymphique de la Nouvelle-Hollande.

Ce genre est fondé sur une seule espèce particulière à l'Australie, le Nymphique de la Nouvelle- Hollande (Psittacus Novce Hollandiœ, Gmelin), 0m,50 de longueur.

M. Gould rapporte que les individus de cette espèce sont en si grand nombre, qu'il en a vu quelquefois la terre couverte, lorsqu'ils y cherchent leur nourriture; qu'ils se réunissent souvent par centaines sur les arbres qui avoisinent les eaux, et qu'ils paraissent parfaitement organisés pour la marche.

Fig. 235 et 236. — Nymphique de la Nouvelle-Hollande (Mâle el femelle.)

<2"'e GENRE. — CORACOPSE. CORACOPSIS. (Wagler.)

Kspoti;. Corbeau; c+t;, visage, l'ace.

Dec gros, bombe, élevé, très-convexe jusqu'à la pointe, qui est recourbée et aiguë, à arête prononcée seulement à su naissance, trés-dilatée sur les côtés, à bords mandibnlaires supérieurs entiers et dessinant une courbe parfaite jusqu'à l'extrémité de lu pointe, à mandibule inférieure écliancrée latéralement, arrondie' au bout.

Fig. 257. — Coracopse noir.

l'in. 258. — Coracopse noir.

Fig. 239. — Caracopsis personmla.

Narines basâtes, latérales, arrondies, percées à découvert dans la c'ire et sur le haut du bec.

Ailes longues, à deuxième rémige dépassant les autres.

Queue allongée, légèrement arrondie.

Tarses de la longueur du doigt externe antérieur, finement écussonnés, à doigts proportionnés se terminant par trois ou quatre grandes squamelles près des ongles, qui sont robustes, courts, crochus et aigus.

Ce genre se compose de deux espèces, de l'intérieur de Madagascar et du sud de l'Afrique,

ome GENRE. — PLATYCERQUE PLATYCERCUS (Vigors.

llï.xru;, large; ks?kc;, queue.

CAHAUTEUES GENEltKjUES.

Bec médiocre, assez robuste, à bonis sinueux et largement dentés, à arête arrondie, et convexe jusqu'à lu pointe qui est légèrement obtuse, à mandibule inférieure échancréesur les côtés et à son extrémité, élargie et carence en dessous.

Narines basâtes, latérales arrondies, percées dans la cire cl plus ou moins apparentes ou cachées par les plumes du (roui.

<^*~ -- Fig. '240. — Plalyceijue Adélaïde.

Fig. 241. — Platycerque Adélaïde.

Ailes généralement pointues, mais amples et concaves, à deuxième et troisième rémiges les plus longues.

Queue longue, étagée, arrondie à son extrémité, composée de rectrices larges, et s' ouvrant en éventail.

Tarses généralement plus courts que le doigt externe antérieur, scutellés, assez grêles, à doigts médiocres, mamelonnés en dessous et recouverts de squamelles dans toute leur étendue, à ongles médiocres, comprimés, recourbés et aigus.

Ce genre renferme trente-cinq espèces très-riches en couleurs, de l'Australie, de la Nouvelle Zélande ci de la Nouvelle Guinée, se distinguant des autres Psittacidés par la mollesse de leur plumage Irèssouple.

Les Platycerques, comme presque tous les Psittacidés, émigrent de cantons en cantons, selon les nécessités de leur subsistance. Ils descendent fréquemment à terre, pour y chercher leur nourriture, qui consiste en semences d'herbacées, en graines, baies et fruits )

Nous figurons le Platycerque à dos bleu [Psitiacus tlorsniis), Quoy et Gaimard, d'environ 0m,43

de longueur, ei le Platycerque cornu {Psitiacus cor nv tus), Ginelin, de flm.33.

Fig. 242. — Platycerque cornu.

imr GENRE. -■ PMOMTURE. PRIOMTURUS. (Wagler.)

ripioviT-^;, en forme de scie ; supa, queue.

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec arrondi, h arête comprimée, ii mandibule supérieure plus longue que l'inférieure; celle-ci tronquée cl échaucrée sur les côtés.

Narines basâtes, arrondies cl tabulaires.

Fip 243. — Prionilure à rnquelte.

Fig 244 — Prionilure à raquette.

Ailes aiguës, arrivant au tiers de la longueur de la queue, à première et deuxième rémiges les plut lt»iqnes.

Queue, carrée, les deux rectrices médianes dépassant les latérales dit double de la longueur de

celles-ci, dénuées de burbules dans tout cet excédant de longueur, au ras de leur tige, ou ne s'g

montrant qu'à l'état rud'nnenlaire et formant véritablement scie, et offrant, par leur réunion à l'extrémité de ces rectrices, comme une petite palette.

Fip. liô. — Prioniture à raquette

Doux espères, des Philippines et de la Nouvelle-Calédonie, composent ce genre. Nous figurons l'une d'elles, le Prioniture à palette (Psiltacus platurus), Vieillot, de 0m,24 de longueur; la queue, y compris les deux rectrices médianes, en a douze.

5mf GENRE. - PÉZOPORE. PEZOPORUS. (Illiger.) ru^oTCcpc;, marcheur.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec médiocre, peu élevé, convexe, h bords mandibulaires légèrement ondulés, ii pointe entière, la mandibule supérieure, pur la convexité de sa courbure, ne recouvrant pas entièrement l'inférieure, et laissant un léger intervalle entre elle et la concavité latérale de celle-ci.

Narines tubitlaires percées dans une espèce de saillie que forme la cire et arrondies.

Ailes inimitiés, les deuxième et troisième rémiges les plus longues.

Queue allongée, élagée. a rectrices pointues.

Tarses longs, très-grêles, de la longueur du doigt externe antérieur, qui est le plus long des quatre, minces et réticulés; doigts finement et régulièrement écaillés dans toute leur étendue; ongles irès-longs, fort peu courbés, presque droits et très-aigus

Ce genre ne repose que sur une espèce unique de formosus), Lalliam, de 0m,35, que nous figurons.

'Australie, le Pézopore ingambe {Psiltacus

Le Pézopore se lient rarement ailleurs qu'à terre, et spécialement clans les lieux humides et recouverts d'herbes hautes ou épaisses. « Ses pieds et ses doigts, dit Vieillot, ne paraissent point destinés au même usage que ceux des autres Perroquets, aussi ne l'a-t-on jamais vu perché; il reste

Fig. 246. — Pézopore ingambe.

Fig. 247. — Pézopore ingambe.

constamment à terre. Si on le fait lever, ce n'est point sur les arbres qu'il se réfugie, mais toujours dans les herbes. » C'est ce que rapportait, il y a trente ans, Labillardière, de cet Oiseau singulier qu'il avait observé et tué dans son voyage à la Nouvelle-Hollande. M. Gould, qui aurait pu mieux étudier ses mœurs, ne nous en apprend pas davantage, sinon que le Pézopore court avec la vitesse

D ■ M.rr

Fig. 248. — Pézopore ingambe.

des autres Gallinacés. La similitude même de son allure avec celle de ces derniers Oiseaux, tels que les Perdrix ou les Cailles, est telle, à ce que nous affirme J. Verreaux, que les Chiens tombent en arrél sur les Pézopores comme sur un vrai gibier.

(\™ GENRE. - PALÉORNIS. PALjEORNIS. (Vigors.)

Ilxî.aïc;. ancien ; &jvir, Oiseau.

Ce genre ayant pour type l'un des Psittacidés le plus anciennement connus, la Periuclie d'Alexandre.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec large, très-araué, ù pointe aiguë el crochue ù bonis comprimés, ù mandibule inférieure moitié plus courte que lu supérieure.

Narines basales arrondies.

Ailes médiocres, à deuxième rémige la plus longue.

Queue longue el graduée; les deux reclrices médianes dépassant de beaucoup les latérales, et s allongeant considérablement en forme de lanières étroites.

Tarses très-courts, robustes, réticulés, à doigts médiocres, à ongles comprimés et arqués.

Fis 249. — Palœornis malaccenBts,

Ce genre se compose de quinze espèces, de l'Inde, de l'Océanie et de l'Australie; ce sont les Sagittifères de Le Vaillant, ou les Perruches à queue en flèche des auteurs anglais.

Ces Oiseaux fréquentent habituellement les jungles, les terres cultivées et les jardins, où ils commettent les plus grands dégâts Ils ne procèdent jamais à leurs dévastations sans se réunir en

Fi». 250 — Pnlseornis à liste bleue.

Iroupes nombreuses, et sans disposer aux alentours des sentinelles chargées de faire retentir un bruyant cri d'alarme, auquel les pillards répondent en fuyant. Ils volent avec rapidité. Nous figurons le Paléornis à tête bleue (Psittaeus e^anocephalus), Gmelin.

7""- GENRE. — EUPHÈME ou EUPIIÉMIE. EUPHEMA. (Wagler.

Eutpr,u.o;, qui parle bien ou agréablement

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec petit, court, mince, à dicte courbe, mais presque sur un plan perpendiculaire et nullement horizontal, à pointe aiguë et dentelée, à mandibule inférieure arrondie.

Narines basâtes arrondies, percées dans une cire épaisse et bilobée, formant comme deux tubercules en relief.

Fi™. 251. — Euphème Edwards

Fig. 252 — Ku dième Edwards

Ailes aiguës, les trois premières rémiges les plus longues.

Queue composée de tectrices inégales, étaqées, étroites, roides, pointues et affectant une disposition cunéiforme.

Tarses grêles, courts, réticulés, à doigts médiocres, minces, écaillés dans toute leur longueur, à ongles très-courts, recourbés et assez aigus, celui du doigt interne le plus long.

Kig, 253 — Kuplièm ■ ondulée.

Fig. 254 — Euphème ondulée.

Ce genre renferme huit espèces de l'Australie. — Ces Oiseaux fréquentent les lieux marécageux, sont plus souvent à terre que perchés, et dans un mouvement continuel : leur chant consiste en un petit gazouillement ressemblant, par sa douceur et ses inflexions, à une véritable conversation qu'ils échangent sans cesse entre eux.

Nous figurons rEuphème Edwards [Psitlacus pulcltellus), Shaw, de 0m,20 de longueur; l'Eupbème ondulée i/'. undulatus), Shaw, et l'Euphème pétrophile (Euphema pelrophila), Gould.

Ce genre est remarquable par le peu de développement de la mandibule inférieure et le peu de saillie de la supérieure, dont la brièveté et la déclivité sont telles, que c'est à peine si l'on aperçoit l'apparence, d'un bec, la presque totalité de l'appareil extérieur de cet organe étant presque entièrement cachée par les plumes des joues et de l'ouverture mandibulaire.

L'Euphème Edwards a les parties supérieures du corps vertes; le front, la face et les ailes bleu

d'azur; les épaulettes rouge pourpré ; les parties inférieures jaunes; la queue verte en dessus, noire en dessous; les deux reclrices externes jaunes; le bec noir

Fig. 255 et 256 — Euphcme Pétrophile [ Mâle et femelle.)

Le jeune est en dessous d'un jaune verdâtre, légèrement orangé au ventre, et sans rouge aux épaulettes.

UEuphème ondulée, type du genre Mélopsittacus, est un des plus beaux Oiseaux du génie.

8me GENRE. - TRÏCHOGLOSSE. TRICHOGLOSSUS. (Vigors et Ilorslield.)

QfiE. soie ; "jXaiooa, longue.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec médiocre et mince, à arête arquée jusqu'à la pointe, qui est allongée cl crochue, très comprimé sur les côtés, à bords marginaux ondulés, mais lisses; la mandibule inférieure très-rentrée en deçà de la pointe de la mandibule supérieure.

Narines basâtes, ovalaires, percées dans une cire très étroite, sur le dos du bec même, et presque engagées dans les plumes du front.

Fig. 257. — Trichoglosse multicolore

Fiï. 258. — Trichoslossc multicolore.

Ailes médiocres, les trois premières rémiges les plus longues.

(Jueuc assez longue et étagée, chacune des reclrices terminée en pointe

Tarses très-courts, robustes, réticulés et à moitié cnipluniés, h doigts longs, écaillés dans tonte leur étendue, à ongles courts, épais, très-recourbés et très-aigus.

Ce genre renferme douze espèces, toutes appartenant à l'Océanie et à l'Australie. Nous figurons le Trichoglosse de Swainson.

Kig. 259 et 260. — Trichoglosse de Swainson. (Màle.et Icmclle.)

Ces petites espèces, riches en couleurs, vivent en société au milieu des forêts d'Eucalgptus, dont la Heur et le fruit font leur principale nourriture: on les voit voler par bandes d'une centaine d'individus.

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