‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 49 sur 62 · GENRE. - PERROQUET. PSITTACUS. (Linné · texte numérisé non relu

GENRE. - PERROQUET. PSITTACUS. (Linné

Bec large, légèrement comprimé, à arête arquée et arrondie, sans rainure ou saillie, à bords festonnés, à mandibule inférieure creusée dans son milieu, à pointe aiguë. Narines médianes, arrondies.

Ailes beaucoup plus courtes que la queue, à deuxième et troisième rémiges plus longues. Queue courte et carrée.

Tarses courts, réticulés; ongles crochus.

Ce genre renferme trente-huit espèces, de l'Afrique et de l'Amérique méridionales, auxquelles on a pris l'habitude, à défaut d'autres observations, d'appliquer ce que dit Le Vaillant des mœurs d'une des espèces qu'il a le mieux étudiées, et à laquelle on a, en conséquence, donné son nom, le Perroquet de Le Vaillant {Psiitacus le YaUlanùi), Latham.

Fig. 277. — Perroquet cendré.

Fig. 278. — Perroquet cendré.

Cet Oiseau est la seule espèce de Perroquets, proprement dits, que Le Vaillant ait trouvée dans les forêts de la côte de l'est du cap de Bonne-Espérance, à une quarantaine de lieues environ de ce cap, et de là jusque chez les Cafres.

« 11 vit, selon ce naturaliste voyageur, en grandes bandes, et émigré, du nord au sud et du sud au nord, deux fois l'année, de façon à se rapprocher de la ligne dans le temps des moussons pluvieuses, et à passer la belle saison, c'est-à-dire celle des chaleurs, dans les forêts des environs du Cap. Il vit en état de monogamie, fait son nid dans un trou d'arbre ou un creux de rocher, et le compose de feuilles sèches, de mousse et de poussière de bois vermoulu; pond quatre œufs blancs, presque ronds, de la grosseur de ceux de nos Pigeons domestiques, et qui sont alternativement couvés par le mâle et la femelle. Ces Oiseaux mangent à des heures réglées, et ont grand soin de se laver chaque jour deux fois. Tous les matins, ceux d'un même canton s'assemblent sur un ou deux arbres morts, et font entendre leurs cris au moment du lever du soleil, et, pendant la chaleur du jour, ils se tiennent dans l'épaisseur des forêts, perchés tranquillement sur les branches des arbres, et en gardant le plus profond silence. »

« Ces Oiseaux, dit aussi Vieillot, à propos du Perroquet à tête blanche (Psiitacus leiicoceplialus), Linné, naturellement très-criards, ne font jamais autant de bruit que lorsqu'ils sont réunis en bandes, surtout vers le soir; ils annoncent leur présence sur les arbres quand ils se rendent d'une forêt dans une autre, non-seulement par plusieurs cris aigus, mais encore par les débris des jeunes rameaux, qu'ils se plaisent à tailler. Aussi défiants que méchants, on les approche difficilement; ils ne peuvent s'accoutumer à l'esclavage; mais, pris dans le nid, ils s'apprivoisent facilement, et deviennent très-familiers. Us ont une grande aptitude à rendre, d'un ton doux et agréable, les accents de h voix articulée. »

Une des espèces de ce genre que l'on élève le plus communément est le Perroquet cendré ou Jaco (Psittacus erythacus), Linné. « On en fait cas, dit Mauduyt, pour sa docilité en général, pour son aptitude, et même son penchant à apprendre à parler, et la facilité qu'il a de contrefaire certains gestes; car non-seulement il répète et retient en peu de temps les mots qu'on a prononcés plusieurs fois devant lui sans dessein d'en charger sa mémoire, mais c'est, dans certaines circonstances, un témoin et un babillard indiscret : en général, il se plaît à écouler, il parait attentif, et il s'exerce à répéter ce qu'il a entendu; il n'a pas moins de facilité à contrefaire le cri des animaux, surtout le Chien et le Chat, qu'à imiter le son de la voix humaine, soit pour chanter, soit pour siffler, soit pour des éclats de rire, soit pour des accents plaintifs; il se plait au tapage, aux sons bruyants; il imite très-bien ceux du tambour. On peut aussi, "sans beaucoup de peine, le former à certains mouvements pantomimes et à des gestes analogues au sens et au ton des paroles qu'on lui a apprises;

son talent se prête à l'imitation de tout ce qu'on exige. Il n'est personne qui ne confirmât, par quelques traits particuliers, ce que nous venons d'avancer sur les facultés de ce Perroquet en général,

Fig. 279 — Perroquet de Ruppell.

tant elles sont reconnues et vantées, même souvent exagérées Le Jaco est, comme les autres Perroquets, et peut-être tous les animaux que l'homme s'associe, susceptible de certains attachements et de sentiments d'aversion. »

3me GENRE. - CHRYSOTIS. CHRYSOTIS. (Swainson.)

Xpusc;, or ; eu;, oitc;, oreille.

Bec robuste, épais, renflé sur les côtés, h arête presque triangulaire, formant comme une dépression étroite qui accompagne la courbure du bec, à bords si fortement festonnés qu'ils présentent une espèce d'échancrure qui existe aussi en avant de la mandibule inférieure.

Fig. 280 — Clirysotis de Dufresne.

Fig. 281. Chrysolis de Dulresr.e.

Narines arrondies, très-ouvertes, percées dans la cire, el à rebord plus ou moins saillant. Ailes s' étendant ou jusqu'au milieu ou jusqu'au tiers seulement de la queue, à troisième rémige la plus longue.

Queue variable, large et arrondie.

Tarses tris-courts, robustes et réticulés, de même que les doigts; ongles longs et crochus.

Dix-sept espèces, toutes des régions tropicales de l'Amérique, entrent dans ce genre.

Ce sont des Oiseaux qui causent généralement de grands dégâts dans les plantations; ils nichent dans des trous d'arbres. Ils sont de ceux qui s'élèvent aisément, et apprennent à parler. On les comprend, dans le commerce, sous le nom d'Amazones.

Nous devons faire observer que, comme ces Oiseaux sont les Perroquets les plus communs, et en même temps ceux qui parlent le mieux, les sauvages se sont amusés à les nourrir et à faire des expériences pour varier leur plumage : ils se servent, pour cette opération, du sang d'une petite Grenouille (1) dont l'espèce est bien différente de celle de nos Grenouilles d'Europe; elle est de moitié plus petite et d'un beau bleu d'azur, avec des bandes longitudinales de couleur d'or; c'est la plus jolie Grenouille du monde : elle se tient rarement dans les marécages, mais toujours dans les forêts éloignées des habitations. Les sauvages commencent par prendre un de ces jeunes Perroquets au nid, et lui arrachent quelques-unes des plumes scapulaires, et quelques autres plumes du dos;

Fig. 282. — Chrysolis Auguste.

ensuite ils frottent du sang de cette Grenouille le Perroquet à demi plumé : les plumes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu'elles étaient, deviennent d'un beau jaune ou d'un beau rouge; c'est ce qu'on appelle, en France, Perroquets tapir es. C'est un usage ancien chez les

(1) Serait-ce la même espèce de Grenouv'lle rapportée par Goudot il» la Nouvelle-Grenade, et dont, suivant lui, les naturels de ces contrées se serviraient pour l'empoisonnement de leurs flèilies, après lui avoir fait subir une certaine préparation au feu?

fiy I - Lathame discolore, d'après Gould,

I if", '1 — Coryphile Dryas

sauvages, car Marcgrave en parle. Ceux de la Guyanç, comme ceux de l'Amazone, pratiquent cet art de tapirer le plumage des Perroquets. Au reste, l'opération d'arracher les plumes fait beaucoup de mal à ces Oiseaux, et même ils en meurent si souvent, que ces Perroquets tapirés sont fort rares, quoique les sauvages les vendent beaucoup plus cher que les autres. (Buffon, d'après des notes de Sonnini.)

Les naturels des contrées septentrionales du Paraguay apportent quelquefois des Perroquets, entre autres le Perroquet à tète jaune (Clirysotis ochrocephalus), entièrement jaune, à l'exceptien du bleu de la tete et du rouge qui caractérisent l'espèce. Ils disent qu'ils achètent ces Oiseaux d'autres indigènes qui sont plus au nord, et qui, après avoir arraché les plumes aux endroits qu'ils veulent, frottent la chair avec la couleur rouge de VUracu (le Rocou, Bina orellana), ce qui fait pousser les plumes jaunes. Mais, ce qu'il y a de certain, c'est qu'on ignore le procédé qu'emploient les Indiens, et que ces Perroquets, dont le plumage est dénaturé, sont silencieux, tristes, et si délicats, qu'ils exigent beaucoup de soins pour les conserver. On les reconnaît en ce que toutes les plumes ne sont pas jaunes, et qu'elles sont mêlées avec d'autres qui ont conservé leur couleur naturelle; quelques-uns ont aussi, d'un côté ou de l'autre, des plumes tortillées. (d'Azara, Voyage dans l'Amérique méridionale.)

Tapiré, dit Sonnini dans une note sur d'Azara, est un mot de la langue des Galibis, naturels de la Guyane; il signifie rouge, et quelquefois jaune.

Le fait de ce changement artificiel de plumage, que l'on peut considérer à présent comme constant, quel que soit l'agent employé, a été longuement contesté par Le Vaillant et par quelques autres ornithologistes, sans argument ni preuve bien solides.

4me GENRE. - PSITTACIJLE. PSITTACULA. (Brisson.)

CARACTERES GENERIQUES.

Bec large, à mandibule supérieure déprimée, à arête peu vive, à bords festonnés Narines basâtes, arrondies, presque percées dans les plumes frontales.

Ailes atteignant généralement la longueur de la queue, à première et deuxième rémiges les plus longues.

Queue toujours notablement brève, régulièrement carrée ou terminée en pointe aiguë. luises courts, réticulés; ongles crochus.

Fig. 283 — Psittacule pullana

Fig. 284 - Psittacule pullaria.

Ce genre renferme v.pgt-s.x espèces, de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique méridionales et de

Oeean.e; toutes de petite taille; vivant par couple ou par bandes, ne quiUant pas les arbres où

elles se reunissent toujours. Elles vivent de fruits et de graines, qu'elles ramassent souvent à terre

a.ment à se suspendre aux branches. « Ces petits Perroquets, dit M. Gerbes (I) pour la plupart

(1] Dictionnaire pittoresque il' Histoire naturelle

appelés, indistinctement, inséparables, semblent motiver cette dénomination en ce sens que le maie

Fig. 285. — l'sillacule double œil.

et la femelle demeurent non -seulement constamment unis, mais constamment aussi rapprochés l'un de l'autre. »

Ils nichent dans des trous d'arbres ou dans des nids abandonnés par d'autres Oiseaux.

5me GENRE. — NAS1TERNE. NASITERNA. (Wagler.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Dec gros, court, à mandibule supérieure profondément échancrêe, à arête prononcée, arrondie, cl terminée par une pointe aiguë; l'inférieure également échancrêe, a pointe relevée verticalement cl s'emboîtanl assez en arrière de la mandibule supérieure, rubanée et carénée en devant.

Narines basides cl arrondies.

Fig. 286. — Nasiterne pygmëe.

Fii,'. 287. — Nasiterne pygmée.

Ailes aiguës, arrivant presque a l'extrémité de la queue, lu première rémige la plus longue.

Queue courte, large, irès-léghement arrondie, tenant de celle des Grimpereaux, selon la comparaison de Quoq et Gaimard, par la force de ses pennes, leur courbure et leur extrémité usée, sans barbutes, et pointue ou épineuse.

Tarses ordinaires; doigts grêles et allongés, le postérieur externe surtout, qui dépasse de beaucoup les autres, et qui est pourvu d'un ongle très-fort

Ce genre est établi sur une espèce unique, que nous figurons, la Nasiterne pygmée (Psittacula [Aasitcriia] pygmœa, Quoy et Gaimard), de 0m,07 1/2.

Fig. 288. — Nasiterne pygmée.

n Cette Perruche, disent ces voyageurs (1), la plus petite de toutes les espèces connues, provient du havre de Dorey, à la Nouvelle-Guinée. Le mâle et la femelle furent tués, par hasard, par u'i de nos chasseurs, qui tirait sur un autre Oiseau; ils tombèrent en même temps. »

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