‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 50 sur 62 · CINQUIÈME FAMILLE. — CACATU1NÉS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME FAMILLE. — CACATU1NÉS

Les Cacatuinés ont le bec généralement large, plus ou moins épais ou comprimé, à arête trèiarquée ou busquée jusqu'à la pointe, qui est crochue et aiguë; les ailes assez longues et pointues, la queue variable, le plus souvent courte et carrée; les tarses courts, robustes et recouverts d'écailles. La tète fréquemment ornée d'une huppe de plumes plus ou moins larges ou eflilées, érectile.

C'est M. G. Fi. Gray qui le premier a réuni les éléments de cette famille, qu'il a composée ainsi :

1° Dasyptile (Dasijptilus) , Wagler;

2° Strigops (Strigops), G. R. Cray;

5° Nestor (Nestor), Wagler;

4° Calyptorhynque (Calyptorhynchus), Vigors et Horsfield;

Zoologie ds l'Astrolabe, loine II, p. 254.

5° Licmète (Licmctis), Wagler;

6" Kakatoès (Cacalua), Brisson;

7° Microglosse (Microglossum), Geoffroy Saint-Ililaire

M. Ch. Bonaparte, distrayant de cette famille les trois derniers genres, dont il a formé les Strigopinés, ainsi qu'on va le voir, l'a composée, sous le titre de sous-famille, de huit genres, qui sont:

1" Nasiterne (Nasiterna), Wagler;

2° Mascarin (Masearinus), Lesson,

3° Coracopse (Coracopsis), Wagler;

4° Microglosse;

5° Calyptorliynque,

6° Callocéphale (Caltocephalus), Lesson;

7U Kakatoès (Plyctolophus), Vieillot;

8° Licmète.

Adoptant cette division, nous réduisons les Cacatuinés aux quatre genres suivants:

1° Microglosse; 2° Kakatoès; 5° Licmète; 4° Calyptorliynque.

\" GENRE. - MICROGLOSSE. MIÇROGLOSSUM (Geoffroy Saint-Ililaire.)

Mixpc;, petit; "j/.wjua, langue

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec ayant de hauteur le triple de sa largeur, très-long, très-comprimé , fortement arqué, h bords mandibulaires garnis d'une dent très-large, terminé en pointe aiguë et très-acérée, dépassant de près de la moitié de sa hauteur la mandibule inférieure : celle-ci large, carénée, creusée sur son bord latéral, et s' avançant en biseau sur le bord terminal.

Fig. 289 — Microglosse alemmum.

Narines percées dans la cire et cachées par les plumes courtes de lu base du bec, dont celte cire est recouverte.

Ailes allongées.

Queue assez longue, élargie et carrée.

Tarses très-courts et réticulés, doigts écaillés.

Fig. 290. — Mici'oçlosse noir à trompe.

La tète est surmontée d'une huppe de plumes effilées. Les joues et le tour des yeux sont nus jusqu'aux oreilles, ce qui a fait rapprocher ce genre des Aras par plusieurs naturalistes.

Ce genre se distingue particulièrement de tous les Psittacidés par la conformation de sa langue, qui n'a aucune anologie dans toute la classe des Oiseaux.

Le Vaillant (1), le premier, attira l'attention sur la conformation de cet organe, chez le Microglosse, qu'il fit connaître sous le nom d'Ara à trompe, car c'est avec une trompe d'Éléphant que, dans sa manière de voir, il trouvait le plus de rapports dans la forme de la langue de cet Oiseau, et l'utilité qu'il lui semblait en tirer.

J'ai remarqué, dit-il, que les Aras à trompe prennent leur nourriture d'une manière qui leur est particulière, et par un mécanisme tout à fait singulier .. La nature a placé sur le palais de l'Oiseau une petite saillie qui sert à détacher du bout de la trompe ce qui s'y trouve engagé.

Lorsque l'Oiseau veut donc prendre sa nourriture, il commence par la réduire en petits morceaux, en la décomposant ou en la brisant, suivant sa nature, par le moyen de ses mandibules. Allongeant ensuite la trompe, il la promène et en appuie le bout à plusieurs reprises sur les aliments qu'il a préparés. Dès qu'une parcelle s'est engagée dans le petit vide que l'on remarque à l'extrémité de cet organe, il retire aussitôt sa trompe dans le bec, en la raccourcissant le plus possible; puis, la repoussant au dehors, il a soin de la faire glisser contre le palais, dont la saillie détache sans peine la parcelle de nourriture, et la fait tomber directement dans le gosier...

J'ai observé aussi quelquefois que le morceau qui s'était engagé au bout de la trompe, se détachant tout seul, avant qu'il ne fût détaché par le contact de la petite saillie du palais, tombait dans le bec, ce qui obligeait l'Oiseau de baisser soudain la tête et de la secouer, pour le faire retomber par terre et le reprendre ensuite à sa manière accoutumée.

G. Cuvier, examinant l'ensemble des caractères particuliers à ces Oiseaux, entrevit bientôt après la possibilité d'en faire un nouveau genre.

Ces Oiseaux, dit-il, offrent de bons caractères pour être détachés des autres Perroquets: leur queue courte et carrée, leur huppe composée de plumes longues et étroites, les font ressembler aux Kakatoès. Us ont les joues nues comme les Aras; mais leur bec supérieur énorme, l'inférieur trèscourt, ne pouvant se fermer entièrement; leur langue cylindrique, terminée par un petit gland corné, fendu au bout et susceptible d'être fort prolongé hors de la bouche; leurs jambes nues un peu au-dessus du talon; enfin, leurs tarses cf arts et plats, sur lesquels ils s'appuient souvent en marchant, les distinguent de tous les Perroquets.

(1) Uistotre des Perroquets, tome I, p. 38

Enfin, le genre ne fut créé que pai"Geoffroy Saint-Hilaire (1) qui analyse de la manière suivante les diverses modifications de la langue chez ce singulier Psitlacidé, et son mode d'opération dans certains actes de la nianducation non indiqués par Le Vaillant.

La langue, dit ce savant, est très-petite pour un si gros bec, sa forme est cylindrique et allongée; sa couleur est rouge jusqu'à son'extrémité, où elle se termine par un bout noir nommé gland, et qui est creusé en cupule. Ce gland, tout petit qu'il est, représente la vraie langue de l'Oiseau, et la partie cylindrique et allongée qui la précède, et qui n'en est que le support, est une dépendance de l'appareil hyoïdien, non visible dans les autres Psittacidés.

Fig. 291 . — Microglosse noir à trompe.

Cette langue, ainsi réduite aux plus petites dimensions, ne perd rien de son eflicacité comme organe du goût. Les Oiseaux qui en sont pourvus émiettent tout ce qu'on leur donne et recueillent chaque parcelle sur le centre de cette langue, qui prend alors la forme d'un cuilleron, évidemment pour en goûter la saveur. Us brisent, comme les autres Perroquets, sans aucune difficulté, les noix, noisettes et toute espèce de noyaux, mais n'avalent les amandes qu'après les avoir grugées et avoir porté l'extrémité de leur langue sur chaque partie détachée, en la saisissant au moyen du creux qui termine cet organe, et dont les bords sont susceptibles de s'ouvrir et de se resserrer à volonté.

Ce genre ne renferme que deux espèces, des parties les plus chaudes et les plus reculées de la Malaisie, telles que la Nouvelle-Guinée et l'île de Waigion. On en ignore les mœurs et les habitudes

(1) Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle, tome VI, p. iy(i.

2"" GENRE. — KAKATOÈS. CACATUA (Brisson.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec fort, épais, Irès-recourbé, peu comprimé, un peu plus haut que large, à arête élargie, à bords sinueux, renflé à son milieu, terminé en pointe crochue, mais courte, à mandibule inférieure épaisse, carénée, un peu échancrée au bout.

Narines larges, arrondies, entièrement cachées par les plumes du front.

Ailes atteignant l'extrémité de. la queue, à deuxième, troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue courte, carrée, égale

Tarses courts, assez forts, réticulés; ongles longs, robustes et recourbés.

Fig. '292. — Kakatoès des Philippines.

Le tour de l'œil est nu; la tète surmontée d'une crête ou aigrette de plumes allongées, susceptibles de se dresser à la volonté de l'Oiseau.

Ce genre renferme treize espèces, toutes des Moluques et de l'Australie, qui habitent les forêts épaisses de ces contrées, situées au bord des rivières et des marécages. Ils se nourrissent de graines et semences de toutes sortes, et même de plantes ou racines bulbeuses.

Ces Oiseaux sont les destructeurs les plus ardents et les plus redoutables des rizières, dans les lieux qu'ils habitent. « On dirait, observe Mauduyt, qu'ils éprouvent un besoin de se servir de leur bec pour rompre et pour briser : ils dévastent les arbres, ils les dépouillent de feuilles et de fruits en pure perte et par une sorte de divertissement ou d'occupation, tandis qu'ils consomment peu pour leurs vrais besoins. » Ils s'abattent, nous a dit Jules Verreaux, si bon observateur, quelquefois au nombre de six cents à huit cents dans un seul champ. Alors une vingtaine d'entre eux se répand en vedettes ou sentinelles sur les arbres d'alentour; et, à la première apparence de danger, un cri simultané poussé par ceux-ci fait envoler toute la bande.

Ils nichent dans des trous d'arbres.

Les espèces de ce genre sont intelligentes, des plus éducables, et apprennent facilement à parler Plusieurs même, dans leurs moments de gaieté, se livrent à des gestes et à des contorsions qui sont de véritables singeries.

Le Kakatoès des Philippines, ou Kakatoès à bec couleur de chair, a le plumage d'un beau blanc si l'on en excepte la région anale et les couvertures inférieures de ta queue, qui sont rougeàtres; une

teinte rougefttre se remarque aussi vers la région des oreilles; sa huppe, jaune clair à sa base, blanche au bout, n'est pas comprimée, et peut se redresser à la volonté de l'Oiseau; la base des

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Fig. 293 et 294 — Kakatoès Eos. (Mâle et femelle.:

plumes scapulaires, le dessous de la queue et les barbes internes des pennes alaires sont d'un jaune de soufre , le bec est couleur de chair (Desmarest).

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