DEUXIÈME SOUS -ORDRE. - ZYGODACTYLES GRIMPEURS
Los Zygodactyles grimpeurs ne sont pas tous exactement grimpeurs dans le sens rigoureux du mol, car, sur sept tribus dont se compose ce sous-ordre, une seule, celle des Picidés ou Pics, possède presque exclusivement la faculté de courir verticalement le long des arbres, ce qui autoriserait peut-être la formation d'un troisième, sous-ordre qui comprendrait tout le reste des Zvgodaclyles, à l'exception des Pics, sous le nom de Perchéurs. Mais aussi, toutes ont besoin de la conformation binaire de leurs pieds, comme disait Aldrovande, pour entrer dans les trous profonds des arbres, où nichent presque tous ces Oiseaux, et pour en sortir. C'est donc déjà un caractère de mœurs, conforme à celui de leur organisation, suffisant pour motiver la réunion en un seul groupe des Oiseaux que nous nommons Zygodactyles grimpeurs; réunion sur la classification et la composition de laquelle sont loin d'avoir été d'accord les méthodistes modernes.
G. Cuvier faisait des Grimpeurs son troisième ordre, qu'il composait des genres suivants :
1° .lacamar (Galbula), Brisson; 2" Pic (Picus), Linné; 5° Torcol (Yunx). Linné; 4° Coucou (Cuculus), Linné; 5° Malcoha (Phœnicophœus), Vieillot; 6° Scythrops (Scyilirops), Lath.; 7° Couroucou (Trogon), Linné; 8° Toucan (Ramphaslos), Linné; 9" Ani (Crolopliaga), Linné; 10" Perroquet (Psiltacus), Linné; 11° Musophage (Musophaga), Isert; 12° Touraco {Conjtliaix), Illiger.
M. Temminck, en faisant son cinquième ordre sous le nom de Zygodactyles, le composait de dixneuf genres, prenant à l'inverse la classification de Cuvier, c'est-à-dire commençant par les Touracos, et terminant par les Jacamars.
Récemment, sans se préoccuper des idées philosophiques de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui n'admet pas que le groupe des Grimpeurs puisse constituer un ordre distinct dans la classe des Oiseaux, M. G. R. Gray en avait distrait trois tribus : celle des Trogonidés (Couroucous), des Bucconidês, qui, pour lui, étaient les Tamatias, et des Galbulidés (Jacamars), qu'il plaçait toutes trois dans ses Fissirostres, en tête des Passereaux. Mais il renvoyait à la fin de ceux-ci ses Grimpeurs, dont il constituait, malgré ce démembrement, un ordre distinct qu'il réduisait à quatre familles :
1" Bamphastidés (Toucans); 2° Psittacidés; 5° Picidés (Pics et Barbus); 4° Cuculidés (Coucous).
Agissant au contraire sous l'influence des principes émis par le savant membre de l'Institut, M. Ch. Bonaparte, ainsi qu'on l'a vu, isolant des Zygodactyles les Psittacidés, qu'il a placés en tête de la classe des Oiseaux, a groupé, mais sans en faire un ordre distinct, et au milieu des Passereaux :
\" Ramphastidès;
2° Cuculidés;
OISEAUX. k207
5° Picidés;
4° Bucconidés (qui, pour lui, sont restés, et avec raison, les Barbus);
5° Capitonidés (ïamatias);
C° Leptosomidés (genre de Coucou élevé par lui au rang de famille);
7° Trogonidés;
8° Galbuli.lés,
y établissant ainsi, dans son système, buit divisions ou sous-familles.
Enfin M. Eyton,.dans une savante note sur l'ostéologie des Grimpeurs, se basant sur des obser valions exclusivement anatomiques, divise l'ordre des Grimpeurs eu cinq groupes principaux dans le rang que voici :
1° Psittacidés; 2° Cuculidés; 5° Rhampbastidés; 4° Picidés;
5° Turacidés (genre Touraco, dont il fait une tribu ou famille). (Contributions of ornithology bij S. W. Jardin part. 5, 1850.)
Quant à nous, n'ayant pour but que de simplifier la science, puisque ce n'est pas pour les savants, autrement dit pour ceux qui savent, que nous écrivons, niais pour ceux qui aspirent à avoir une idée de l'ornithologie, et à en posséder les éléments nous préférons présenter intact à nos lecteurs l'ordre entier des Zygodaclyles dans toute sa simplicité, tel que l'ont compris G. Cuvier, Vieillot et M. Temminck, et tel que nous le comprenons, en nous basant sur la conformation organique du pied. Sans doute que de cette manière nous nous privons de grandes facilités de classification, mais nous croyons notre marche plus conforme à la nature, à la méthode et à la raison.
Nos Zygodaclyles grimpeurs se composeront donc des tribus suivantes :
1° Picidés, 2° Cuculidés; 5° Ramphastidés;
4° Bucconidés:
5° Capitonidés; 6° Galbulidés;
7° Trogonidés.
Il serait difficile, en raison du grand nombre et de la variété d'éléments dont se compose ce sousordre, d'en assigner les caraclères zoologiques constitutifs, dont l'indication se fera au fur et à mesure que nous nous occuperons de chacune des Iribus qu'il renferme.
PREMIERE TRIBU. — PICIDES.
Les Picidés ont le bec généralement droit, en forme de coin, carré à sa base, qui est garnie, en dessus, de poils dirigés en avant, et couchés ou collés à plat, cannelé dans sa longueur, aplati et taillé verticalement à sa pointe comme un ciseau, ou plus ou moins incliné, et, dans ce cas, à peine cannelé, et terminé en pointe aigué, d'une substance compacte, dense et très-solide; la tête fort grosse; les muscles du cou épais et très-forts; la langue longue, effilée, arrondie, semblable à un ver de terre, armée d'une pointe dure, osseuse; les tarses très-courts, fortement musclés, ou entièrement nus, ou à demi emplumés; les doigts longs, épais et nerveux, divisés, deux en avant, deux en arrière, rarement deux en avant et un seul en arrière; dans le premier cas, l'externe postérieur généralement le plus allongé et le plus robuste, armés de gros ongles arqués, pointus, comprimés et fort solides; la queue composée de dix pennes fléchies en dedans, élagée du centre sur les côtés, à
barbes courtes, grossières et peu flexibles, à tiges grosses, un peu aplaties, dures et roides. (Une seule petite famille de. cette tribu (les Torcols) a les pennes de la queue mousses et flexibles, comme chez tous les autres Oiseaux.)
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Fig. 310. — Pic épeiclittte. Picus minor. (M;ile et femelle.)
Le mécanisme de la langue de ces Oiseaux a été un sujet d'admiration pour tous les naturalistes. Borelli et Âldrovande ont décrit la forme et le jeu de cet organe: Olaiis Jacobœus, dans les Ailes de Copenhague, et Mery, dans les Mémoires île l'Académie îles Sciences île l'avis, en ont donné la curieuse anatomie. La langue des Pics, proprement dits, n'est que cette pointe osseuse qui ne paraît en faire que l'extrémité : ce que l'on prend pour la langue est l'os hyoïde lui-même engagé dans un fourreau membraneux, et prolongé en arrière en deux longs rameaux d'abord osseux, puis cartilagineux, lesquels, après avoir embrassé la trachée-artère, fléchissent, se courbent sur la tële, se couchent dans une rainure tracée sur le crâne, et vont s'implanter dans le front à la racine du bec. Ce sont ces deux rameaux ou filets élastiques, garnis d'un appareil de ligaments et de muscles extenseurs et rétracleurs, qui fournissent à l'allongement et au jeu de celte espèce de langue. Tout le faisceau de cet appareil est enveloppé, comme dans une gaine, d'une membrane, qui est le prolongement de celle dont la mandibule, inférieure du bec est tapissée, de manière qu'elle s'étend et se défile comme un ver lorsque l'os hyoïde s'élance, et qu'elle se ride et se replisse en anneaux quand cet os se retire. La pointe osseuse, qui lient seule la place de la véritable langue, est implantée immédiatement sur l'extrémité de cet os hyoïde, et recouverte d'un cornet ècailleux, hérissé de petits crochets tournes en arrière; et, afin qu'il ne manque rien à celle espèce, d'aiguillon pour retenir comme pour percer la proie, il est naturellement enduit d'une glu que distillent, dans le fond du bec, deux canaux excréteurs venant d'une double glande. (Buffon.)
C'est donc avec raison que l'on peut dire, comme if. Cerbes, que la langue, chez les Picidés, parait être (conformée ainsi que nous venons de le. voir; moins un organe de goût que de toucher.
Presque tous les Oiseaux de cette tribu habitent les bois, et ont la faculté de grimper, ou, pour mieux dire, de marcher, et même de courir verticalement le long du tronc des arbres, sur lesquels, ou sous l'écorce desquels, la plupart cherchent leur nourriture; ceux-là ont les pennes de la queue roides et résistantes; d'autres trouvent leur nourriture à terre, et, quoique avec des doigts conformés de même ne jouissent pas de cette faculté de grimper, et perchent simplement comme les autres Oiseaux. Ils vivent indistinctement de larves, d'Insectes ou de baies et de fruits, et nichent généralement dans des trous d'arbres.
Cette tribu, de récente création, est due à M. G. R. Gray, qui, en 1841 d'abord, sauf quelques modifications, puis en 1845, en indiquait ainsi la composition en sept sous-familles :
1° Capitoninés (les vrais Barbus);
2° Pieumninés;
5° Picinés; 1
4° Gécininés; I . n.
r • . > vrais Pies.
5° Melanerpines; [
6" Colaptinés; )
7° Yungines (Toreols).
M Ch. Bonaparte réduit ces sept sous-familles à quatre, en en élaguant les Capitoninés, et en réduisant les vrais Pics à deux coupes :
1" Yungines (Toreols);
2° Colaptinés; | . n.
„0 ... .. i vrais Pics.
o Pleines; |
4" Pieumninés.
Pour nous, ne faisant des vrais Pics qu'une seule famille, notre tribu des Picidés se trouve composée ainsi :
1° Picinés; 2" Pieumninés; j° Yungines.
PREMIÈRE FAMILLE. — PICINÉS ou PICS.
Les Picinés ont le bec le plus ordinairement droit, conique et sillonné longitudinalement sur le coté, mais souvent aussi légèrement courbe ou infléchi et lisse, et sans sillons bien apparents.
Les yeux de ces Oiseaux, dit d'Azara, sont entourés d'un espace dénué de plumes (ce qui n'est pas toujours fort apparent). Us ont les épaules étroites et le cou gros et court; leur vol est rapide et sinueux; leurs mouvements sont prompts, et leur instinct, ainsi que leur physionomie, sont farouches.
Ils se tiennent dans les bois, et, quoiqu'ils puissent se percher comme les autres Oiseaux, ils ne le sont cependant pas pour l'ordinaire; ils se cramponnent aux troncs des arbres et les parcourent de bas en haut, et jamais de haut en bas, en tenant toujours le corps verticalement et rarement en travers. Pour cet exercice, la nature leur a donné des jambes et des pieds courts et robustes, des doigts vigoureux, des ongles très-crochus, forts, pointus et plus épais que larges; deux doigts en devant, joints par une phalange commune, et deux autres derrière; le croupion gros et ninsculeux; les pennes de la queue concaves, avec leurs tiges comme usées à l'extrémité, très-fortes et élastiques, et leurs barbes décomposées aussi roides que du crin (dans les grosses espèces), et formant au bout de chaque penne la ligure d'un fer de lance; de sorte que les Charpentiers (comme les appellent les habitants des colonies espagnoles en Amérique) s'accrochent aux arbres avec leurs pieds et s'appuient avec leur queue. (D'Azara. Voij. au Paraguay.)
Le sternum, dans les Picinés, est assez grand et assez élargi en arrière; le bréchet, peu saillant, triangulaire, a son bord inférieur presque droit, et l'antérieur fuyant en arrière, sans trace d'excavation ; l'angle qui réunit les deux bords est comme tronqué. L'apophyse médiane antérieure est la continuation de la crête; elle s'élargit et se bifurque, à peu près comme dans les véritables Passereaux. Les apophyses latérales sont fort longues et recourbées en avant; leur bord sert à l'articnla- 20 27
lion de trois des côtes sternales, qui ne sont qu'au nombre de six. Le bord postérieur présente deux échancrures profondes, dont l'inférieure est essentiellement plus grande que la supérieure; les deux apophyses latérales sont dilatées en fer de hache à leur extrémité. Les clavicules sont également fort longues, droites et assez faibles. L'os furculaire grêle a une double courbure assez prononcée, et ne touche pas au sternum. (De Bl un ville.)
Les Pics sont, de tous les Oiseaux de l'ordre auquel ils appartiennent, ceux qui jouissent au plus haut degré de la faculté de grimper. Ils peuvent parcourir en tous sens un tronc d'arbre, avec la même facilité. Quelquefois on les voit se dirigeant du haut en bas, tantôt horizontalement, et plus souvent de bas en haut; mais ils ne grimpent pas, comme nous avons vu que le font les Perroquets, en posant un pied après l'autre; c'est par de petits sauts brusques et saccadés qu'ils avancent. Leur queue leur sert à cet effet : elle est, avons-nous dit, formée de pennes résistantes et légèrement recourbées; or, dans l'action de grimper, ces pennes s'appliquent par leur extrémité contre le tronc de l'arbre que l'Oiseau parcourt, s'y arc-boutent et paraissent destinées à soutenir en partie le poids du corps dans les mouvements d'ascension. (Z. Gerbes.)
Elle a encore un autre usage que l'on n'a pas assez remarqué: c'est de tenir lieu de contre-poids au mouvement de la tète de l'Oiseau lorsqu'il la relève brusquement pour frapper l'arbre oul'écorce de l'arbre contre lequel il est posé, mouvement auquel ne sauraient seuls résister ses ongles, si crochus et si vigoureux qu'ils soient. Aussi ceux d'entre eux qui cherchent leur nourriture à terre, ou qui ne se nourrissent que de baies ou de fruits, ont-ils les pennes de leur queue et beaucoup moins roides et beaucoup moins usées
mm
Fi;:. 512 et 515. — Pic Mar. ficus médius. (Mâle et femelle.)
On a quelquefois attribué la courbure qu'offre la queue et l'espèce d'usure qui a lieu à l'extrémité des pennes qui la composent au frottement continuel qu'elle exerce sur les troncs d'arbres; mais il n'en est rien : les rectrices, en naissant, offrent la disposition qu'elles conserveront durant toute la vie de l'individu; leur extrémité, terminée en pointe, est garnie de barbules qui diminuent insensiblement, et la courbure dont nous avons parlé s'y manifeste déjà. Si lOiseau, pris à un âge fort peu avancé et seulement quelques jours après son éclosion, ne nous rendait témoins de ce fait et ne venait en preuve contre cette opinion, qui veut que l'état de la queue de l'Oiseau adulte soit le résultat du frottement qu'elle exerce continuellement, le simple raisonnement suffirait pour faire re-
OISEAUX. su
jeter cette opinion. En effet, s'il était vrai que le frottement fût pour quelque chose dans la disposition des rectrices, il s'ensuivrait que tous les ans l'usure et la courbure de ces mêmes rectriccs devrait être beaucoup plus sensible quelques jours avant qu'après la mue. Or. il n'en est rien; la plume qui tombe diffère si peu de celle qui la remplace, qu'il serait bien difficile de distinguer l'une de l'autre, si ce n'était l'intensité de couleur qui se remarque sur celle de remplacement. — (Z. Gerbes.)
Ces Oiseaux ont le vol court et rapide, les mouvements brusques, l'aspect farouche, la voix rauque, aiguë et perçante. Ils s'attachent, à l'aide de leurs pieds, au tronc des arbres, ils y montent ou ils en descendent, ainsi que le long des principales branches, en s'appuyant sur leur queue, et en frappant, de distance en distance, avec, leur bec, des coups redoublés et si forts, que souvent on les entend de loin au milieu du silence qui règne dans les forêts; car elles sont le séjour des Pics, qui, à très-peu d'exceptions près, ne fréquentent ni les plaines, ni les taillis, et qui ne peuvent trouver à vivre que parmi les hautes futaies.
Ce genre de vie des Pics, appelés aussi Charpentiers dans les colonies espagnoles, si naturel et en même temps si bien adapté â leur organisation, a paru aux yeux du vulgaire entouré de difficultés pour ainsi dire exceptionnelles; et le merveilleux, dont on aime tant à parer les choses les plus simples, a fini, à ce sujet, par exercer un certain empire sur les naturalistes les plus éminents qui ont eu à parler des mœurs des Pics.
Fig 514 et 515. — Cliloropic cendré. Cliloropicos canut. [Mâle cl femelle.)
De tous les Oiseaux, dit Buffon, répété en cela par beaucoup d'autres ornithologistes, que la nature force à vivre de la grande ou de la petite citasse, il n'en est aucun dont elle ait rendu la vie plus laborieuse, plus dure que celle du Pic : elle l'a condamné au travail, et pour ainsi dire à la galère perpétuelle, tandis que les autres ont pour moyens la course, le vol, l'embuscade, l'attaque . exercices libres, où le courage et l'adresse prévalent. Le Pic, assujetti à une tâche pénible, ne peut trouver sa nourriture qu'en perçant les écorces et la fibre dure des arbres qui la recèlent; occupé sans relâche à ce travail de nécessité, il ne connaît ni délassement, ni repos; souvent même il dort et passe la nuit dans l'attitude contrainte de la besogne du jour; il ne partage pas les doux ébats des autres habitants de l'air; il n'entre point dans leurs concerts, et n'a que des cris sauvages, dont l'accent plaintif, en troublant le silence des bois, semble exprimer ses efforts et sa peine.
Lorsque les Pics, dit à son tour Mauduyt, reproduit en grande partie par d'Azara, ont frappé dans une partie d'un arbre, ils se portent précipitamment à la partie opposée, pour y saisir les vers, que le bruit et l'ébranlement ont mis en mouvement, qui se présentent à l'entrée des troncs dans lesquels ils vivent, et qui cherchent dans cette circonstance à en sortir; mais cette manière de chasser ne
fournit qu'en partie à la subsistance des Pics, et peut-être à celle des plus petites espèces; les larves des grands Insectes, retirées plus profondément à l'intérieur des arbres, sont moins sensibles à l'ébranlement que causent les coups dont leur retraite est frappée; elles ne sortent pas aisément; les Pics, qui apparemment savent reconnaître les points qui les recèlent, et qui peut-être en jugent par la trace que le Ver né à la surface de l'écorce a formée pour pénétrera l'intérieur (1), se décident à atteindre jusqu'à lui, en rompant les enveloppes qui le couvrent; c'est alors que ces Oiseaux, à force de coups redoublés, entament la substance du bois, la brisent, la réduisent en fragments, et percent jusqu'à la retraite du Ver, qu'ils ont découvert sous les fibres qui le cachaient; ils dardent dans le trou qu'ils ont creusé leur langue acérée; ils en percent le Ver, le retirent et en font leur proie.
Celte manière de vivre exige, comme on vient de le voir, une activité sans relâche et des travaux rudes et continuels. Aussi les Pics ne cessent-ils de passer d'un arbre à un autre; ils sondent, pour ainsi dire, on ils interrogent, si l'on veut, le tronc et les principales branches de chaque arbre auquel ils se sont accrochés, et, leur examen fait, ils volent à un arbre peu éloigné, en poussant leur cri rauque, qu'ils ne manquent jamais de faire entendre dans celte occasion.
Il est bien évident que tout le passage de Buffon, de même que la dernière partie de celui de Mauduyt, sont empreints de la plus grande exagération, que l'imagination, toujours si vive et si élégante du premier de ces auteurs, peut seule excuser. Rien de plus simple, au contraire, que la manière dont le Pic pourvoit à sa subsistance. Toutes les larves d'Insectes lui sont bonnes, mais surtout et principalement celles déposées ou sous l'écorce des arbres ou dans leur épaisseur. Ajoutons-y les Insectes de ces larves. Or, pas ne lui est besoin de ces efforts et de cette peine de galérien. Pour les larves existant dans l'épaisseur des arbres, l'instinct et la vue perçante du Pic lui font aisément découvrir, dans sa locomotion verticale, l'orifice du trou qui la renferme; il n'a qu'à y allonger cette langue, dont nous avons vu l'admirable mécanisme, pour y darder ou piquer la proie qu'il convoite; les crochets latéraux dont est hérissée l'extrémité cornée de cet organe ont pour objet de retenir cette proie, une fois percée, comme le crochet terminal du hameçon retient le Poisson, lorsque la pointe a traversé la mâchoire de celui-ci. Si l'Oiseau juge la larve trop enfoncée pour l'extensibilité ou la longueur de sa langue, il a recours alors à ce manège, jusqu'à présent si mal interprété, de donner un coup de son bec à un des côtés de l'arbre, et de recourir de suite à l'autre côté et d'y regarder : le coup qu'il donne ainsi, c'est après la tentative infructueuse dont nous venons de parler, à l'opposé de l'orifice du trou de la larve, qui, en ressentant l'ébranlement, se porte naturellement et remonte aussitôt du côté par lequel elle est entrée et par lequel seul elle peut sortir Insecte parfait; c'est aussi là que l'Oiseau vient la guetter et la saisir au passage; et cj n'est pas seulement la larve qu'il fait sortir de la sorte, mais le plus souvent l'Insecte: procédé du reste bien connu des entomologistes ou collecteurs d'Insectes, qui l'emploient fréquemment dans leurs chasses. Mais jamais, au grand jamais, les Pics ne se donnent la peine de passer un tiers ou un quart de jour à creuser un arbre à coups de bec, pour y chercher. . . quoi ? un misérable et unique Insecte! Ils mourraient à la peine et d'efforts et de faim. Quant aux larves ou aux Insectes logés sous l'écorce, la souplesse de la langue du Pic, et les crochets dont nous venons de parler, faisant dans ce cas l'office de petits râteaux, lui suffisent et au delà pour les atteindre et les prendre.
La destruction des arbres tant reprochée aux pics est donc quelque peu exagérée. Le mal que ces Oiseaux font aux arbres est encore dans une certaine limite; c'est lorsque vient la saison de l'accouplement et qu'ils s'occupent de leur nid. A ce moment, ils se serventvéritablement de leurbec pour pratiquer ou agrandir des trous, non pas, comme on l'a prétendu, ceux qu'ils ont déjà commencés en cherchant des Insectes, mais ceux qu'une branche morte détachée du tronc, ou un chancre survenu à l'arbre, y ont ébauchés, à l'aide de l'infiltration des eaux ou des progrès de la pourriture Sans doute qu'il y a là un vrai travail, mais qui ne ressemble à rien de ce qu'on a avancé à cet égard, et dont, on le voit, il y a beaucoup à rabattre.
Tous les Oiseaux de celte tribu vivent de larves et d'Insectes. Mais il en est qui joignent à ces aliments des baies et des fruits tendres. Quelques-uns, dit Vieillot, se tiennent en familles à l'ai-
(I) Ou mieux encore (comme l'observe Vieillot dan" ses Oiseaux de l'Amer, septenlr.), par la linesse de leur ouïe, qui leur permet d'entendre le bruit que l'ait la larve.
cière-saison, d'autres isolément ou par paires, et plusieurs en troupes, a la même époque, et toujours a une certaine distance les uns des autres. Il en est qui ne grimpent point, qui ne font que s'accrocher au tronc de l'arbre, et qu'on voit presque toujours perchés.
Ils niellent, ainsi que nous l'avons déjà dit, tous, sans exception, dans des trous d'arbres assez profonds; et leurs œufs sont déposés sur les débris du bois, plus ou moins réduits en poussière.
Kig. 510 et ô 17. — Pic à tète rouge. Picus erylhrocephalus. ( Mâle et femelle )
Cette famille, de même que la tribu des Psittacidés, des plus naturelles par les caractères physiologiques des Oiseaux qui la composent, l'est également par ses caractères ovologïques, si constamment uniformes chez tous, que les caractères généraux que nous allons indiquer de leurs œufs nous dispenseront d'une description détaillée à chacune des espèces dont nous pourrons avoir à nous occuper.
Forme ovec; l'un des bouts parfois plus ou moins aigu ; coquille d'un grain si fin et si lustré que ies pores en sont invisibles à l'œil nu, d'un blanc pur, et, par son reflet, offrant l'aspect brillant de la porcelaine; couleur, celle du grain de la coquille, blanche et sans aucune tache.
Linné, de même que Brisson, Gmelin, Latham, llliger. Vieillot, Latreille, Wagler, Temminck et Lesson, ne faisait des Pics qu'un seul genre, sous le rrom de Picus.
Lacepède. imité par Cuvier, les divisa en Pic (Picus), ceux ayant deux doigts devant et deux doigts derrière; et Picoïde (Pkoïdcs), ceux n'ayant que trois doigts au lieu de quatre, dont un derrière.
Swainson, le premier (1837), fil des Pics une famille, qu'il divisa en vingt genres réunis en cinq groupes :
1° Pic (Pictis), Linné;
'2° Hémicerque (Ikmiccrcus), Swainson;
5° Dendrobate (Dendrobates), Swainson;
4° Aptcrne (Aplcrnus), Swainson;
5° Dendrocope (Dendrocopus), Swainson;
6° Penilrome (Dendromus), Swainson;
7° Ghlorbnerpe [Chloronerpes), Swainson;
8° Dryotome (Dryotomus), Swainson ;
9° C.lirysoptile [Clirijsoplilus", Swainson; \0° Brachylophe (Brachylophus), Swainson; 11° Hémilophe [Hemllophus), Swainson; d2° Malacolophe (Malâcolopfms), Swainson; 15" Mciglypte iMeiglyples) , Swainson; 14° Chrysonote [Chrysonotus], Swainson; 15° Géocolapte (Geocolaptes), Burch; 16° Colapte (Colapics), Burch:
17° Centure (Centurus), Burch; 18° Leuconerpe (Lcuconerpes^, Burch; 19" Mélanerpe (Melauerpes), Burch; 20° Tripsure (Tripsurus), Burch.
M. G R. Gray, adoptant, sinon les mêmes noms, du moins le même nombre de genres, en a fait quatre sous-familles :
Première sous-famille. — Pleines. Composée de sept genres :
Picoïde (Pïcoïdes), Lacépède;
Pic;
Campépbile (Campephihis), G. R. Gray ;
Dryocopc (Dryocopus), Boié;
Chrysocolapte (Chrysocolaples), Blyth;
Dendrobate;
Hémicerque.
Deuxième sous-famille. — Gécirmés. Composée de sept genres :
Gécine (Gecinus), Boié;
Campéthère (Campcthera), G. R. Gray;
Hémilopbe ;
Céléus (Cclms), Boié;
Chrysoptile ;
Brachypterne (Braclnjplcrnus), Strickland;
Tiga [Tiga), Kaup.
Troisième sons-famille. — Mélanerpinés. Composée de quatre genres :
Centure ; Chloronerpe ; Mélanerpe; Leuconerpe.
Quatrième sous-famille. — Colapt'més. Composée de deux genres :
Colapte; Mciglypte.
Un habile et consciencieux ornithologiste, M. Alfred Malherbe, qui s'occupe en ce moment de publier une Monographie complète, avec planches, des Picidés, a eu la lumineuse idée de profiter de sou travail pour mettre à exécution un système de terminaison générique qui nous semble des plus heureux et des plus féconds en améliorations pour cette partie de la science. Nous reproduisons textuellement celte portion de l'ouvrage de M. Malherbe comme un exemple de ce que l'on aurait pu faire depuis longtemps, et de ce qu'on doit attendre de cette application du langage étymologique ou typique, si l'on peut s'exprimer ainsi, à la classification, car c'est un des éléments les plus propres à la diffusion de la science. Ce qui le prouve, c'est qu'à peine émise ainsi par M. Malherbe (4849), cette idée vient d'être appliquée avec bonheur, par M. Ch. Bonaparte, à la création de nouveaux genres dans plusieurs de ses sous-familles, telles que les Bucconinés, les Piprinés (Manakins), etc., etc.
Pour éviter, dit M. Malherbe, la confusion qu'occasionne la création des genres nouveaux, peutêtre trop nombreux en ornithologie, j'ai cru utile d'adopter une terminaison qui a le grand avantage de rappeler le genre Linnéen, dont ces genres sont un démembrement; ainsi, tous mes genres de Picinés à quatre doigts sont indiques par les terminaisons picos ou picus, et ceux à trois doigts par la terminaison picoïdes.
Je crois que c'eût été faciliter singulièrement l'élude de l'ornithologie en général que de ne créer, pour désigner les nouveaux genres, qui sont la division d'un genre Linnéen, que des mots composés rappelant, autant que possible, le genre ancien ou primitif. On eût pu alors, sans inconvénient grave, transformer un genre en une famille composée de nombreux genres, ainsi que l'ont fait récemment beaucoup d'ornithologistes distingués. Faute de ce correctif, il est à craindre que, dans quelques années, la nomenclature ne devienne un chaos, par excès d'ordre, la plupart des genres ne se composant plus que d'une ou deux espèces, et qu'il n'y ait presque autant de noms de genres que de noms d'espèces.
M. Malherbe, sans nous donner la clef de son système de classification ornithologique, en ce qui concerne la tribu entière des Picidés, fait des Pics proprement dits une sous-famille (ce qui en laisse supposer au moins deux pour la tribu) sous le nom de Picinés, qu'il divise en dix-huit genres :
1° Mégapic [Megapicos);
2° Dryopic (Drijopicos);
3° Pic;
4° Picoïde;
5° Micropic (Micropicos);
6° Celéopic (C.elcopicos);
7° I'haiopic (Phaiopicos);
8° Dendropic (Dendropicos);
9° Mésopic (Mesopicos) ; 10° Indopic (Indopicus); 1 1° Brahmapic [Brahmapicus); 12° Chloropicoïde [Chloropicoïdes); 13° Chloropic [Chloropicos); 14° Chrysopic (Chrysopicos) ; 15° Colombpic (Colomb pkns); 16° Mélanopie (Melanopic s ; 17° Zébrapic (Zebrapicus); 18" Géopic [Gcopuos).
Enfin, M. Ch. Bonaparte en fait deux sous-familles sous les noms de Colaptinés et de Picinés, comprenant vingt et un genres :
1° Meiglypte; 5° Mélanerpe;
2° Géocolapte; 6" Chloronerpe;
3° Colapte; 8° Centure;
4° Leuconer,:e; 7° Tiga;
9° Brachypterrie; 10' Chrysocolapte; 11" Chrysoptile;
12° Dendrobate;
15° Gécine;
1 i° Chrysophlegme (Chrysophlegma),
Goulcl;
15° Vénilie [Venilia], Ch. Bonaparte;
16 ' Héraicerque;
17u Céléus;
18° Hémilophe;
19° Dryocop'e;
20» Pic;
21" Apterne.
C'est la division générique de M. Malherbe que nous adoptons, tout en regrettant que ce monographe, se préoccupant trop exclusivement de la forme du bec, ait peut-être trop négligé les affinités de mœurs, si importantes en général, et particulièrement dans cette tribu.
1er GENRE. — MÉGAP1G. MEGAPICOS. (Malherbe.)
JVU-ya;, grand; Jtwc;, Tic.
CARACTERES GENERIQUES.
Bec fort, allongé, ■parfaitement conique et droit; la base étant plus large que haute; les sillons latéraux bien marqués et plus rapprochés des bords que du sommet de la mandibule supérieure.
Narines basâtes latérales, cachées par des plumes roides et rebroussées.
Ailes longues et surobtuses, les rémiges les plus longues étant la quatrième, la cinquième; la sixième et la troisième, ou quelquefois la quatrième, la cinquième, la troisième et la sixième, la quatrième étant toujours la plus longue.
Mi'gapic de Malherbe.
Queue longue, étagée, et h baguettes roides et aiguës.
Tarses courts cl sculcllés. Quatre doigts inégaux; le doigt postérieur externe bien plus long que le doigt antérieur externe. Ongles longs et très-recourbés.
Une huppe généralement longue. Le menton couvert de plumes serrées ets'avançantsous la mandibule inférieure, sur une étendue du quart au tiers de la longueur totale du bec. depuis la commissure Après le menton, des touffes de plumes roides et rebroussées recouvrent une partie des gongs ou de la mandibule inférieure.
Plumage généralement noir ou noirâtre sur la lotalilé ou la majeure partie des régions supérieures. Les mâles n'ont pas de bande ou moustache rouge près la mandibule inférieure, et se distinguent, soit en ayant toui le dessus et les côtés de la tête rouges, soit en ayant seulement la huppe occipitale rouge, lorsque les femelles ont toute la tète et une longue huppe noires.
Ce genre comprend les Géants des Picidés; toutes les espèces sont d'une forte taille et habitent l'Amérique et les îles de la Sonde.
On en compte onze espèces. Nous citerons le Mégapic de Magellan {Pkus [Meg.] Magellanicus, King), et le Mégapic de Malherbe (Campephilus [Meg.] Malherbii, G. R. Gray), dont nous donnons la description.
MÉGAPIC DE MALHERBE
Tête, l'ace, joues, huppe et occiput d'un beau rouge ponceau; les plumes de ces parties d'un aspect soyeux et brillant: le milieu de la joue occupé par une tache horizontale de forme ovalaire, divisé dans le sens de sa longueur, la moitié supérieure noire, celle inférieure blanche; tout le dessous du menton, gorge, cou, dos, queue et ailes, d'un noir intense, à l'exception de l'extrémité des grandes rémiges portant nue tache apicale d'un fauve clair; du dessous des oreilles et à l'endroit même où finit le ronge de la tète, partent deux lignes blanches coupant en deux la partie latérale du cou, occupant le dessus des épaules et venant presque se réunir au milieu du dos vers la naissance des ;ii!es; tout le dessous du corps, à partir du cou, d'un fauve clair zone, régulièrement et de la manière la plus agréable à l'œil, de raies ou bandes noires; bec, pieds et ongles d'un brun noirâtre; les poils ou plumes décomposés, recouvrant la base de chacune des deux mandibules, jaunes.
Ce Pic, à part la couleur du bec, a de grands rapports avec le Mégapic à bec blanc.
2"" GENRE. -- DRYOPIC. DRYOPICOS. (Malherbe.)
A;v:, Ofuo:, arbre; irtxo;, pic.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
lire plus on moins droit, lu buse plus large qu'élevée; aillons latéraux toujours plus pris du sommet nue des bords de la mandibule supérieure .
Kig. 319. — I ii ..pic noir.
Narines basâtes et latérales recouvertes par an bouquet de plumes roicles et rebroussées.
Ailes longues et surobtuses; les quatre plus longues rémiges sont la troisième, ta quatrième, la cinquième cl la sixième, ces rémiges étant ordinairement pour leur longueur dans l'ordre cinq, quatre et six, trois, et quelquefois dans l'ordre quatre, trois, cinq, six.
Fig. 5'20. — DriopiC noir.
Queue longue, étagée, et composée de baguettes roides.
Tarses courts et scutellés. Quatre doigts inégaux; le doigt antérieur externe bien plus long que le doigt postérieur externe. Ongles assez forts, recourbés cl aigus.
Fig. 521. — Driopic à ventre Liane.
Huppe occipitale variant de longueur et manquant chez quelques espèces. Menton garni de plumes serrées et s'avançant sous la mandibule inférieure à près de moitié de la longueur totale du bec, depuis la commissure.
Plumage généralement noir ou brun foncé sur les parties supérieures. Les mâles, à l'exception de l'espèce européenne, ont une bande rouge auprès de la mandibule inférieure. (Malherbe.)
Ce genre se divise en deux sections, dont nous donnons le caractère différentiel.
Toutes les espèces de ce groupe, d'une taille assez forte, sont de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. On en compte douze espèces.
Nous figurons l'espèce européenne, le Pic noir (Picus marlius, Linné), de 0m,45 à 0m,4G de longueur, et nous donnons la description du Dryopic à ventre fauve des Célèbes.
I DRYOPIC NOIR. DHYOPICOS MARTIUS (Linné, Malherbe.)
Mâle adulte. — Entièrement d'un noir profond, avec le dessus de la tête d'un beau rouge, et l'abdomen nuancé de roussâtre dans les très-vieux sujets; bec noir en dessus et à la pointe, avec le reste blanc bleuâtre; iris blanc jaunâtre, pieds noirs.
Femelle adulte. — Semblable au mâle, mais avec une lâche rouge seulement à l'occipul.
Fig. 522 et 523- — Driopic noir. Driopicos martius (Mâle d femelle.)
Varie accidentellement; on a vu des sujets plus ou moins tapirés de blanc, et d'autres avec le dessus de la tête d'un rouge orangé. — Habite l'Europe et la France. (Degland.)
Œufs blanc lustré; grand diamètre, 0°\3; petit diamètre, 0m,2.
2. DRYOPIC A VENTRE FAUVE. DItYOPICOS FUI.VUS. (Quoy, Gaimard et Malherbe.)
Le front, les cotés du bec et le contour de l'œil sont d'un rouge cramoisi. La tète et le cou en dessus, sur un fond d'un joli brun ardoisé, sont couverts de très-petits points blancs qui occupent l'extrémité de chaque plume. Le dos et les ailes sont d'un beau brun un peu clair. La gorge et le devant du cou sont fauves, avec des points blancs comme ceux de la tète. La poitrine et le ventre sont d'un fauve uniforme. Le dessus et le dessous de la queue sont d'un brun jaunâtre sale; celle-ci pointue, avec les pennes moyennes très-fortes et disposées en gouttière; les pieds sont très-forts, de couleur noire, ainsi que le bec.
Habite l'île Célèbes. (Qcov et Gaymard, Voyage tic l'Astrolabe. Zoologie, tom. 11.)
HISTOIRE Nvi'iimau;.
PIC. PICUS. (Linné.
CARACTERES GENERIQUES.
Bec droit, au-dessus, de moyenne longueur, la base aussi large qu'élevée, les cùlés échancrés cl arrondis au dessous de la mandibule inférieure, sillons latéraux bien plus rapprochés des bords que du sommet de la mandibule supérieure.
Narines basâtes latérales, cachées par un bouquet de plumes effilées et roides.
Ailes plutôt courtes, mais toujours surobtuses : les rémiges les plus longues étant la troisième, la quatrième et la cinquième, tantôt dans l'ordre quatre, cinq, trois, tantôt dans l'ordre trois, quatre et cinq.
Queue assez longue et arrondie.
Tarses plus courts que le doigt antérieur externe; quatre doigts inégaux; le doigt postérieur externe toujours plus long cl généralement beaucoup plus long que l'antérieur externe; ongles assezforts.
Kig. 524 — l'icépeiche.
Fig. 325 — Picipeiche.
Généralement pas de huppe, mais dans quelques espèces les plumes de l'occiput un peu plus allongées et recouvrant en partie la nuque. Menton garni de plumes touffues et s'avançant sous la mandibule sur une étendue du quart, quelquefois du tiers de la longueur totale du bec, depuis la commissure.
Plumage des parties supérieures généralement noir, taché ou rayé de blanc. Les mules n'ont pas de bandes ou de moustache rouge près la mandibule inférieure.
Ce genre, très-nombreux et formant deux sections, se compose d'espèces à taille moyenne et de petites espèces, au nombre de cinquante et une, cosmopolites, dont quatre seulement communes à l'Europe, et que nous citerons; ce sont : le Pic épeiche [Picus major, Linné); le Pic leuconote (Picus leuconolus, Meyer et Wolf); le Pic mar (Picus médius. Linné); et le Pic épeichette [Picus minori Linné)
i TIC ÉPEICHE. l'ICVS MAJOP. ! Linné.
Mâle. — Dessus du corps d'un noir lustré, avec une plaque rouge cramoisi à l'occiput; dessous du corps d'un gris roussâtre jusqu'au ventre : cette partie et les sous-caudales rouges; plumes du capistrum noires; front blanc roussâtre; région parotique, côtés de la tête et du cou, d'un blanc, plus ou moins pur; une bande noire, qui prend son origine à la base du bec, passe au-dessous des joues, se divise ensuite pour se rendre au dos et sur les côtés de la poitrine, en laissant un espace
blanc entre s;i division; scapulaires d'un blanc pur; rémiges tachetées de celte couleur; rectrices latérales tachettes, t'ii lunules transversales, de noir, sur un fond blanc; les autres èhtiùrc-
Fig. 5'2I3 et 5-27. — Pic êpeiclie. /'icus major. (Maie ot femelle
ment noires; bec et pieds d'un brun plombé; paupières nues., de la couleur du bec; iris brun rougeâlre.
La femelle ne diffère du mâle que par l'absence de rouge à la nuque
Se trouve dans toute l'Europe
Taille : 0",2i environ. (Degland.)
Œufs : grand diamètre, de 0m,022 à 0"\025; petit diamètre, 0m,018
l'IC LEUGONOTE. fICVS LEUCOXOTUS (Jleycr et Wolf )
Mâle. — Dessus de la tète et nuque rouges; dos, croupion, front, joues et devant du cou, blancs; poitrine, abdomen, également blancs au milieu, roses, et flammés de noir sur les côtés; régions anale et sous-caudale d'un rouge cramoisi; moustaches noires, passant, en s' élargissant, sur les oreilles, pour aller d'une part au dos, et de l'autre sur les côtés de la poitrine; couvertures des ailes et rémiges noires, avec des bandes blanches sur les premières, et de petites taches de même
couleur sur les secondes; rectrices latérales tachées de noir sur tond blanc; les autres noires: bec brun bleuâtre; pieds brun cendré; iris orange.
Fig. 328 et 529. — Pic leuconote. Picus leuconolus. ( Mâle et femelle.)
Femelle. — Pas de rouge à la tête; les taches longitudinales noires des parties inférieures plus foncées et plus nombreuses.
Habite l'Europe; rare en France
Taille : 0m,2,8 environ. (Deglahd.*
3 PIC MAR. PICUS MEDIUS. (Linné.)
Mâle. — Dessus du corps d'un noir lustré, avec les scapulaires blanches; les rémiges tachetées de cette couleur; le front cendré, roussàtre; le vertéx et l'occiput d'un beau rouge; dessous du corps d'un blanc roussàtre, avec les joues d'un cendré brunâtre; les côtés du cou et de la poitrine bordés d'une bande noire; les flancs roses, et rayés longitudinalement de brun noirâtre; l'abdomen et les sous-caudales rouge cramoisi; rectrices médianes noires; les latérales bordées et tachetées plus ou moins de blanc sale; bec d'un brun de plomb; iris brun
Habite l'Europe et la France.
Taille : 0"\22. (Deglahd.)
Œufs : grand diamètre, 0"',022 àOm,023, petit diamètre, 0m,019.