‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 51 sur 62 · e GENRE. - LICMÉTIS. LICMETIS. (Wagler · texte numérisé non relu

e GENRE. - LICMÉTIS. LICMETIS. (Wagler

CARACTERES GÉNÉRIQUES

Bec très -allongé, à arête 1res -peu courbée, mais ayant une déclivité des pins prononcées depuis sa base jusqu'à la pointe, qui fait la moitié de sa longueur, comprimé latéralement à sa

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Fig 295. — Licmétis tenuio>stri>

Fig. 290 — Licmétis temiirostris.

naissance; à bords mandibulaires largement èchancrés, la mandibule inférieure simplement concave dans toute son étendue.

Narines percées dans la cire et recouvertes par tes petites plumes frontales qui garnissent celle-ci.

Ailes allongées, les deuxième, troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue courte et ample.

Tarses courts et réticulés; doigts longs, recouverts d'écaillés irrégulières; ongles longs, forts et arqués.

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Fïg. 297 et 298. — Licmétis nasicus. ( Mâle et femelle.)

Ce genre ne renferme que deux espèces, du sud de l'Australie.

Ces Oiseaux fréquentent les bois situés sur le bord des rivières et des endroits marécageux; ils s'y nourrissent de plantes bulbeuses et surtout de larves d'Insectes, qu'ils saisissent en enlevant l'écorce des vieux arbres, à l'aide de la pointe allongée de leur bec, dont ils se servent comme de pesée pour faire sauter le morceau d'écorec qui les sépare de l'Insecte qu'ils convoitent Mais cette industrie, ne se bornant pas aux seuls arbres vieux, il en résulte qu'ils deviennent de dangereux destructeurs pour les bois

imt GENRE. — CAL/YPTORHYNQUE. CALYPTORYNCHUS. (Vigors et Horsfield.

Ka/.uiiTw, je cache; fU")Xo;, bec.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec deux fois plus haut que large, robuste, comprimé, à arête si convexe et si recourbée, que, vue de profil, elle décrit un tiers de cercle, dont ta corde serait perpendiculaire; du reste crochu à la pointe, qui emboîte, dans sa voussure, la courbe de la mandibule inférieure, laquelle est élargie et très-obtuse, et s'adapte à une échancrure de l'extrémité de cette dernière- Narines invisibles, entièrement cachées dans les petites plumes de la base du bec. Ailes médiocres, à deuxième, troisième et quatrième rémiges les plus longues

Queue assez lonquc, ample, s' élargissant a son extrémité, qui est presque égale ou arrondie Tarses très-courts, robustes et réticulés; doigts allongés; ongles longs, forts et crochus.

Fig. 299. — Calyplorhynquî noir. Calyptorhynchus funerevs.

Ce genre renferme dix espèces, de l'Australie et de la Nouvelle-Guinée. Ce sont des Oiseaux trèssauvages, très-défiants, volant en troupes dans les bois à' Eucalyptus , surtout dans les environs de Palamatta, en Australie. Ils se nourrissent généralement de larves d'Insectes, qu'ils prennent sous l'écorce des vieux arbres, presque à la manière des Licmètes. Leur tête est souvent ornée d'une huppe occipitale plus ou moins longue.

LESSS1RB.

Fig. 300 etoOl. — Calyptorhynchus marrorhynchus ( Mâle et l'emellr. )

SIXIEME FAMILLE. — STRIGOPINES.

Los Slrigopinés sont remarquables par la décomposition que subissent les plumes de la face et de la base du bec, lesquelles sont rigides, sétacées. et a barbules décomposées, dégénérant parfois en de véritables poils.

Ils ont. du reste, le bec généralement allongé et sillonné longitudinalement; les narines percées dans la cire, et à découvert; les ailes plus ou moins aiguës ou arrondies; la queue courte; les tarses relativement allongés.

Cette famille, établie tout récemment par M. Ch. Bonaparte, doit sa création à la découverte, faite en 1845, d'une espèce si extraordinaire par ses habitudes et ses caractères, le Strigops, qu'on s'est trouvé forcé d'en faire le type d'un genre. C'est M. G. R. Gray qui l'a créé en décrivant, le premier, l'individu unique alors connu, et l'a placé dans sa famille des Cacatuinés.

M. Ch. Bonaparte a sorti ce genre de cette famille, et, groupant autour de ce type deux ou trois des genres qui paraissaient s'en rapprocher le plus, il en a composé la famille dont nous nous occupons, qu'il constitue en quatre genres :

I" Dasyptile (Dasgptilus) , Wagler; 2° Nestor (Nestor), Wagler; 5° Pézopore {Pezoporus), llliger; 4° Strigops (Strigops), G. R. Gray.

Nous conservons cette famille (en en renversant l'ordre), moins le genre Pézopore, qui, selon nous, n'en a aucun des caractères essentiels, n'offrant qu'un seul rapport d'aspect, de coloration et de conformation d'ongles avec le Strigops, et dont l'affinité avec celui-ci ne paraît pas dès lors suffisamment justifiée.

I" GENRE. — DASYPTILE DASYPTILUS. (Wagler.)

Aamj;, poilu ; imXov, plume.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec plus lonq que liant, crochu, peu épais, comprime sur les côtés, à mandibule supérieure surmontée, et formant un angle rentrant avec le bord de la cire, beaucoup plus longue que l'inférieure,

Fig. 50i. — Dasyptile de Pesquet.

très-crochue, terminée en pointe recourbée, aiguë, à bords munis d'un feston; mandibule inférieure courte, convexe, carénée en dessous, mince à l'extrémité, qui est échancrée, et porte une forte dentelure de chaque côté.

Narines ovalaires, marginales , nues.

Ailes allongées, robustes, obtuses, la quatrième rémige la plus longue.

Queue moyenne, large et arrondie.

Tarses courts, gros, réticulés; ongles robustes.

Fig. 503 — Dasyptile de Tesquot.

Base de l'ouverture mandibulaire garnie d'une peau nue; la tête et le haut du cou en partie dénudés, recouverts d'une peau revêtue de poils simples et rigides autour des yeux ou sur les joues; plumes de l'occiput et du cou roides, étroites, couchées; plumage généralement rigide, sec, à barbes très-finement barbelées. (Lesson, Centurie zoologiquc.)

Ce genre, formant, au moyen de ces divers caractères, le passage naturel des Cacatuinés aux Strigopinés par le genre Microglosse, n'est fondé que sur une seule espèce de la Nouvelle-Galles du Sud, et que Lesson a, le premier, fait connaître, en 1831, sous le nom de Psittrichas de Pesquet (Psitlriclias [Dasyptitus] Pcsquelii), dont nous donnons la figure : il a 0m,58 de longueur.

2m° GENRE. - NESTOR. NESTOR. (Wagler.)

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Dec très-grand, très arqué, la mandibule supérieure du double plus longue que l'inférieure, à arête disposée en courbe allongée, mince, et sillonnée sur tes côtés, très-comprimée; la mandibule inférieure allongée, mince, oblique, non arquée, et taillée en biseau à son extrémité.

Narines médianes, arrondies.

Ailes longues, subobtuses, les troisième et quatrième rémiges les plus grandes.

Queue médiocre, égale.

Tarses plus courts que les deux doigts externes, réticules; doigts écaillés et débordés par les léguments plantaires; ongles*peu courbés et assez courts.

Fiï. 504. — Nestor d'Australie

La b:ise du bec est garnie de plumes effilées, décomposées en forme de poils, ou plus ou moins acuminées, s'étendant jusqu'aux oreilles. Elles affectent, d'une manière plus restreinte, la même disposition que l'on va voir dans le genre suivant; et c'est un point de contact entre ces deux genres qui n'a pas échappé a la sagacité du docteur Pucheran, et qui a probablement déterminé le classement de ce genre, par M. Ch. Bonaparte, dans les Stiïgopinés.

Ce genre ne renferme que deux espèces appartenant à la Nouvelle-Zélande.

C'est une espèce que les naturels apprivoisent aisément, et qui apprend facilement à parler. Les Nestors se nourrissent de noix et de graines capsulaires; n'ont point les allures des autres Psittacidés, et sautent en marchant.

Fig. 303 cl TiUO — Nestor à leng bec. Kestor produelus. ( Mù!c cl fcniulle

5me GENRE. — STRYGOPS. STRYGOPS. (G. R. Gray.)

ït;i-[H, cliouetle; on]/, visage.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec qros, infléchi dès sa base, qui est (/amie de poils allongés ou ■plumes décomposées en dépassant la pointe, tout à fait convexe, arrondi, et sans arête, et h pointe fort peu crochue on presque obtuse; la mandibule supérieure, qui est festonnée à sa tranche, dépassant cependant de beaucoup l'inférieure, qui est h arûle aiguë, très-vive et largement cannelée ou sillonnée longiludinalemenl des deux côtés.

Narines ovalaires, basâtes, creusées dans la cire, et découvertes; quelques poils s' étendant jusqu'à leurs bords supérieurs.

Ailes arrondies, ne dépassant pas les couvertures caudales, siii'obtuses, les quatrième et cinquième rémiges les plus longues.

Queue médiocre, très-peu élagée, convexe, faisant le tiers de la longueur de l'Oiseau, représentant véritablement une queue de Pic. c'csl-a-dirc a baguettes dures cl flexibles, h barbules upicales également flexibles et résistantes.

Tarses gros et courts, mais non pas, comme l'a dit le docteur Puclieran (du moins dans trois individus que nous avons examinés), allongés, par rapport aux caractères de ces parties chez les Psitlacidcs, car ils sont de près d'un tiers moins longs que les doigts externes, recouverts d'écailles arrondies; le pouce moitié de la longueur du doigt externe postérieur; les ongles longs, forts, faiblement recourbés et assez- acérés.

Fig. 507, — Slrigops abroptylc.

Les plumes ciliées cl les poils allongés garnissant la face, le lorum et la base du bec, dessinent, dans l'espèce typique, un véritable disque facial s'arrêtant au sommet de l'œil, comme dans le genre l'hodile des Strigidés, sauf que ce disque est spécial à chaque coté de la face, par suite de la position latérale des yeux, et est d'une forme convexe et non concave quant à son centre de rayonnement.

Ce genre, ainsi que nous l'avons dit, ne repose que sur une seule espèce, dont cinq à six individus e\istent à peine en Europe, provenant de la Nouvelle-Zélande et des îles adjacentes, entre autres de l'île St< ward.

Si, par certaines formes particulières de se3 organes, dit le docteur Pucberan (1), cette espèce s'isole de presque tous les Psittacidés, les caractères de ]>iilose, qui lui sont inhérents, ne sont guère moins dignes d'attention. Son plumage est très-abondant, touffu, assez uniforme, comme c'est la coutume chez les espèces nocturnes. Mis à coté de certaines espèces de Strigidés, on retrouve, dans les unes comme dans les autres, de grandes analogies dans la disposition générale des taches et des raies; mais le fond de la coloration est resté celui du Perroquet, de la Perruche ingambe (Pezoporus formosus, Vigors et Horsiicld) particulièrement.

Ce qui l'éloigné, au contraire, des Psittacidés, c'est la présence des plumes écailleuses de la face. Il se rapproche de nouveau, par ce caractère, des espèces nocturnes, et ce rapprochement est complété encore par la présence des longues soies qui couvrent les narines et dépassent le bec.

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Fig. 508. — Strigops abroptyle

Lorsque Jules Verreaux, qui a rapporté au Muséum d'histoire naturelle de Paris Punique individu qui y figure aujourd'hui, le reçut à la Nouvelle-Zélande, il l'assimila aussitôt aux espèces de Rapaces nocturnes dont M. Iluméril a composé le genre Surnie.

(1) Revue zoologique, décembre I8i7, |> 5H5.

Les mœurs du Strigops ;\ plumage soyeux sont malheureusement encore fort peu connues; mais, quelque imparfaites qu'elles soient, les notions que nous possédons à ce sujet suffisent pour donner une giantle vraisemblance aux déductions physiologiques que suggère l'examen des formes extérieures de cette espèce. (Puciif.iian.)

L'individu qui l'a capturé, nous apprend .Iules Yerreanx dans ses notes si précieuses, m'a assuré que cette espèce vit dans des terriers creusés au pied des arbres, et que ces terriers ont une profondeur de quatre à cinq pieds. Le Strigops se nourrit de racines de diverses plantes. Il ne sort de. son trou que pendant la nuit, et, au lieu de choisir le séjour des arbres, il a des habitudes terrestres, mais dans les forets humides et profondes, qui l'abritent de l'éclat du jour. Au dire des naturels, quoique d'une nature peu farouche, puisqu'il ne s'envole jamais à leur approche, il ne se trouve cependant qu'isolé. Il grimpe parfois parmi des lianes épaisses, et c'est de là qu'il fait entendre un gémissement lugubre qui amène souvent son compagnon, que l'on n'entend pas venir, tant son vol est léger. D'après d'autres observations des indigènes, le son de sa voix change lorsque l'obscurité est plus grande: devenue alors plus sonore, elle ressemble à celui de l'espèce de Chouette originaire de ces contrées. Le nid est composé de fougères, et placé dans le fond du terrier. La chair de cet Oiseau exhale une forte odeur désagréable, comme celle de la Fourmi.

Le nom de pays, suivant M. Gray, gouverneur des possessions anglaises dans cette partie de la Polynésie, est Kakapa, ce qui veut dire Perroquet de unit. Depuis que les Chats ont été indroduits dans l'île, ajoute le même observateur, les individus de cette espèce ont disparu de plus en plus, de sorte que, dans certaines parties de l'île, cet Oiseau est regardé comme fabuleux, opinion que partagent beaucoup d'Européens.

Sans contester, en aucune manière, l'exactitude des analogies si savamment signalées entre le Strigops et les Strigidés, nous croyons que les déductions que l'on a cru pouvoir en tirer ont peutêtre élé par trop exagérées dans un sens.

On ne peut nier que l'idée de placer le Strigops eomme le trait d'union ou le lien de transition des Accipilres nocturnes aux Psittacidés ne soit née du premier jet, si l'on peut s'exprimer ainsi, à l'aspect de ce caractère de décomposition des plumes faciales si analogue chez lui à ce qui se voit chez les Strigidés; puis, à celte première impression, est venue se joindre la révélation de ce fait, rapporté par J. Yerreanx, d'après le dire des naturels du pays, que les habitudes de ce Psittacien seraient crépusculaires et même nocturnes.

Comme tous les animaux de transition, il est bien clair que le Strigops doit perdre ou gagner, quant à sa place dans la classe des Oiseaux et quant à la nature de ses caractères comme Psittacien, suivant que la valeur de ses caractères transitionnels le rapprocheront de la tribu supérieure ou de la tribu inférieure.

Or, le caractère de décomposition des plumes faciales, le seul qui présente de l'analogie avec la conformation de ces plumes chez les Strigidés, vient-il s'ajouter, chez lui, aux caractères constitutifs des Psittacidés, et sans leur porter atteinte? Aucunement; car presque tous ces caractères sont affaiblis, non au profit des Accipilres, mais au profit des vrais Grimpeurs, comme les Pics.

Il est une remarque bien importante dans l'organisation de cet Oiseau, qui nous parait avoir échappé à la sagacité d'observation et à la finesse de déduction de M. le docteur Pncheran; c'est celle relative à la conformation de la queue. Ainsi, le Strigops possède exactement, à nos yeux, une vraie queue de Pic, à baguettes dures et flexibles, à barbules apicales également flexibles ou élastiques, usées et résistantes, et d'une proportion relative à celle du corps, de même que chez les Picidés : c'est, en un mot, une queue de Grimpeur et non une queue de Psittacidé.

Considéré sous ce rapport, le Strigops nous semblerait pouvoir établir, plus naturellement et plus avantageusement, le passage des Psittacidés aux vrais Grimpeurs que celui des Rapaces nocturnes aux Psittacidés, ainsi que l'ont proposé et établi MM. Isid. Geoffroy Saint-llilaire et Pucheran dans le classement de la riche collection ornithologique du Muséum d'histoire naturelle.

En effet, à ce caractère prononcé d'un Grimpeur se joint l'affaiblissement d'un des caractères principaux du bec chez les Psittacidés, c'est à-dire de cette forme crochue de la pointe ou partie apicalc de cet organe, devenue, dans le Strigops, presque tout à fait obtuse, ou du moins manquant de son véritable crochet, à l'aide duquel ils arrivent à se suspendre aux branches pour grimper de l'une à l'autre au moyen de la préhension qu'exercent alternativement leurs pattes. Il est évident,

en l'examinant avec, attention, que le bec, ainsi constitue, ne peut être, au Strigops, d'aucune utilité pour son ascension ou sa progression sur les arbres, ou d'une utilité relativement bien bornée et quelque peu contestable.

Enfin, lu conformation des ailes, devenues obtuses et arrondies; celle des tarses, de moitié plus courts que les doigts antérieurs; celle du doigt externe postérieur, de moitié moins long que le doigt interne; celle des ongles, plus pleins, plus solides de contexture, quoique en apparence moins forts que chez les autres Psittaeidés, achèvent de nous former, à cet égard, une conviction qui nous mène à adopter celle idée pour le classement de la tribu qui nous occupe.

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BEVALET.

Fig. 309. — Colyplorliynquc Wy-la Calyptorhiiichua funereus.

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