‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 12 sur 42 · VINGT-SEPTIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIÈME FAMILLE

SCARABÉIENS. SCARABEII. Blanchard, 1845.

Antennes courtes, insérées dans une profonde cavité sous les bords de la tête, en avant et auprès

s yeux, composées de sept à onze articles : le premier grand, les derniers mobiles et formant une

assue transversale, presque constamment lamellée; pattes plus où moins fouisseuses, surtout les antérieures : tarses de cinq articles, presque toujours très-distincts; corps de forme variable.

Les Scarabéiens, qui correspondent à la grande division des Lamellicornes, de Latreille, ou aux Pétalocères de quelques auteurs, sauf toutefois les deux grands genres Lucanus et Passalus, qui en été séparés à juste raison, d'après la disposition de leurs antennes, rappelant celle d’un peigne et qui constituent le groupe primaire des Pectinicornes ou Lucaniens, les Scarabéiens, forment l’une des familles les plus naturelles de l'ordregntier des Coléoptéres, et répondent surtout au genre linnéen des Scarabæus, si nombreux en espèces, et dont on a dû faire une si grande quantité de genres particuliers. Cependant, quoique des plus naturelles, comme nous l'avons dit, la famille que nous allons étudier ne peut être caractérisée d’une manière générale que par le peu de mots que nous avons indiqués, et surtout par les antennes dont habituellement les trois derniers articles forment une massue feuilletée, tandis que les autres constituent le stipe ou funicule, et par la structure de leurs pattes de devant, toujours fouisseuses; le type idéal du groupe primeire est varié à l'infini, et, comme le fait remarquer M. Th. Lacordaire, des caractères qui, partout ailleurs, suf-

firaient pour isoler en familles distinctes les espèces qui les offrent perdent ici cette valeur, et ne doivent plus être employées que pour l'établissement de tribus et même de divisions encore plus secondaires.

Ces Insectes peuvent souvent attendre une taille très-considérable; c’est parmi eux que l'on trouve les géants de l’ordre des Coléoptères : la grande majorité des autres espèces sont relativement de taille moyenne, et peu d’entre eux sont petits. Leur corps est presque toujours court, souvent ramassé, et son épaisseur varie plus que ses autres dimensions. La tête est habituellement petite ou médiocre, engagée dans le corselet : l'épistome ou le chaperon est souvent séparé du front par une suture où même une carène; cette tête est carrée, parabolique ou semi-cireulaire, et déborde faiblement dans toutes les directions les parties de la bouche (Cetonia, Rutela, Melolontha, ete.), ou bien elle est coupée obliquement de chaque côté, ce qui permet de voir d’en haut les mandibules (Geotrupes, Dynastes, etc.); ou bien encore elle est fortement dilatée en avant et sur les côtés, formant une pointe qui cache entièrement les organes buccaux (Copris, ete.). Yeux latéraux, généralement gros, saillants : oblongs et peu saillants, et dégagés du corselet dans les Macrodactylus. Antennes somposées normalement de neuf ou dix articles : massue ordinairement formée de trois articles, mais pouvant en comprendre sept : tous lamelleux, et, au repos, se rapprochant de telle sorte, que les bords latéraux de tous soient visibles. Les organes buccaux éprouvent de nombreuses modifications suivant le régime de ces Insectes, qui vivent tantôt de substances animalisées qu'ils trouvent dans les matières exerémentitielles des animaux, tantôt de substances végétales : telles que les parties ligneuses des arbres, les feuilles, la séve extravasée des végétaux, le pollen des fleurs, ete. La languette est coriace ou membraneuse et reste distincte du menton, ou bien elle est coriace et soudée avec lui. Mâchoires à corps corné, très-robuste, à lobe interne représenté par un crochet simple, pouvant même manquer, à lobe interne non mobile. Palpes : labiaux ordinairement trèscourts, filiformes, de trois articles : maxillaires, également filiformes, composés de quatre articles. Les mandibules, extrêmement variables suivant les groupes, ne dépassent presque jamais le chaperon; tantôt elles semblent invisibles, mais la dissection montre qu’elles sont composées de deux lames, très-minces, accolées au plafond de la cavité buccale et peu mobiles (Copris, Aphodius, ete.); tantôt elles présentent trois lames, dont une membraneuse, interne, arrondie, la seconde externe; cornée, lancéolée, et une troisième, plus petite, cornée et pouvant manquer (Cetonia, etc.); tantôt elles sont entièrement cornées, assez épaisses en dehors, et offrant à la base du bord interne une dent saillante (Melolontha, Hoplia, ete.); tantôt, enfin, quoique assez considérables, elles ont leur bord interne sans lame membraneuse, et la dent molaire très-développée (Geotrupes, Rutela, Dynastes). Le labre est corné ou membraneux, visible ou non. Le corselet, dans son développement, est en rapport soit avec les habitudes plus ou moins fouisseuses des espèces, soit avec les saillies, avec les cornes, ete., dont il est armé. L’écusson, extrêmement développé chez les Rutela, est généralement assez grand dans la plupart des espèces, cordiforme ou triangulaire; cependant il peut être très-petit ou même manquer chez les Coprophages. Les élytres, de consistance très-dure, ou, au contraire, assez molle, n’embrassent habituellement pas l'abdomen, et souvent même elles ne recouvrent pas ses côtés (Ateuchus, Cetonia, ete.) : elles laissent souvent le pygidium à découvert en arrière; très-rarement elles peuvent manquer dans quelques femelles, comme chez les Pachypus. Les ailes proprement dites existent dans l'immense quantité des cas: toutefois on ne les retrouve plus chez certains Rhixotrogus. L'abdomen est considérablement variable, sous le rapport de sa grandeur, depuis les Dynastes, où il est développé au summum, jusqu'au Lethrus, où il ne forme plus qu'une faible partie du corps: en dessus, il présente huit segments, et, en dessous, ordinaire=. ment six; habituellement membraneux; son avant-dernier segment, comme le pygidium, est toujours corné. Il y a sept paires de stigmates abdominaux, mais la première paire peut disparaître, “en quelque sorte, parce qu'elle est enfoncée dans la fissure qui sépare le métathorax du premier segment; les six autres paires sont variables par leur forme, leur grandeur et leur position. Les pattes sont toujours fouisseuses et à un degré plus prononcé dans les femelles que dans les mâles. Les hanches antérieures sont constamment contiguës, transversales et enfouies dans les cavités cotyloïdes, ou plus ou moins coniques, très-saillantes hors des cavités cotyloïdes; les intermédiaires. généralement transversales, peuvent devenir tout à fait longitudinales ou même obliques; les posterieures forment ordinairement des lames plus ou moins larges. Les jambes antérieures, assez larges,

dentées extérieurement, n'ont qu'un seul éperon; les quatre postérieures, souvent biéperonnées, varient beaucoup dans leur forme. Les tarses, à peu près dans tous les cas pentamérés, peuvent manquer aux pattes antérieures dans deux groupes génériques; les crochets tarsiens sont ordinairement simples et égaux. Le prosternum est souvent invisible; le mésosternum est, dans la plupart des cas, incliné en arrière; le métathorax est assez simple.

Les différences de sexes sont souvent très-marquées à l'extérieur chez les Scarabéiens, et presque tous les organes peuvent en présenter. Les plus apparents consistent en saillies, cornes, etc., sur la tête ou le corselet, et souvent sur ces deux parties à la fois, chez les mâles, tandis que les femelles n'ont ces saillies, cornes, etc., que beaucoup moins prononcées ou même non apparentes : et ces caractères, exagérés, en quelque sorte, chez les uns, sont à peine sensibles chez d’autres : c’est principalement chez les anciens Scarabæus, chez les Copris, ete., qu’on les observe; dans les autres groupes, les différences sexuelles portent habituellement sur le chaperon, sur la massue des antennes, sur les pattes, sur la force des mandibules, ete.; enfin, dans certains cas, les deux sexes sont tout à fait constitués de la même manière.

L’anatomie de ces Insectes a été faite par plusieurs auteurs; en France, nous devons citer l'Anatomie du Hanneton commun, de M. Straus-Durekeim, quelques observations de M. Léon Dufour et de M. Marcel de Serre, etc. Le tube alimentaire est généralement allongé, contourné sur lui-même. Le ventricule chylifique est hérissé de papilles ou espèces de nourses destinées au séjour du liquide alimentaire. Les vaisseaux biliaires ressemblent assez à ceux des Carabiques par leur nombre et par leur mode d'implantation; mais ils sont plus longs et plus déliés. Les yeux paraissent offrir des caractères particuliers, qui rapprochent leur organisation de celle des yeux des Tenebrio et autres Coléoptères lucifuges. Le système nerveux offre des particularités remarquables qui ont été signalées par MM. Newport et E. Blanchard : la chaîne ventrale n’est représentée que par une grosse masse ganglionnaire située dans le thorax, sans aucune trace de ganglions abdominaux, tandis que dans les Lucaniens, si voisins des Scarabéiens, ces ganglions existent en même temps que ceux du thorax et en sont très-distincts. Des trachées vésiculeuses, annexées aux troncs principaux des trachées tubuleuses, se trouvent en immense quantité, et semblent expliquer comment il se fait que ces Insectes, malgré leur forme massive, peuvent prendre si facilement leur vol. On a également remarqué quelques différences entre l’anatomie de la larve et celle de l’Insecte parfait; c'est ainsi que les trachées des larves sont élastiques, tandis que celles de l’Insecte parfait sont tubulaires; que les ganglions nerveux sont plus rapprochés et plus nombreux dans l'Insecte parvenu à sa dernière transformation que dans le jeune âge, que les deux premiers ganglions portent un grand nombre de filets disposés en rayons, ete.

Les métamorphoses des Scarabéiens ont été décrites dans un grand nombre d'espèces de la famille par plusieurs observateurs, et ce sont peut-être celles de tous les Coléoptères que l’on connait le mieux. En passant en revue les diverses tribus de la famille que nous étudions, nous indiquerons les caractères principaux des larves typiques de chacune d’entre elles; mais nous devons néanmoins dire actuellement quelques mots sur ces larves considérées d’une manière générale. Divers entomologistes s’en sont occupés sous ce point de vue : tels sont surtout MM. de Haan (Nouv. Ann. du Muséum, t. IV); Burmeister (Handb. der Entomologie, t. HN); Mulsant (Col. de France : Lamellicornes); Ed. Perris (Ann. de la Soc. ent. de France, troisième série, t. Il, 185%); Th. Lacordaire (Genera des Col., t. IV, 1856), et surtout Candèze et Chapuis, dans leur excellent travail sur les larves des Coléoptères (Mém. de la Soc. de Liége, 1. VIH). Ges larves, tout en différant assez notablement entre elles, suivant les groupes, et même suivant les espèces, présentent des caractères communs tellementtranchés, qu'on ne peut les confondre avec celles d'aucune autre famille de Coléoptères.

.Le corps des larves est plus où moins charnu, cylindrique, mais recourbé postérieurement en arc qui ne peut s'étendre que dans le jeune âge, de telle sorte qu'arrivées à un certain développement, et pendant tout le reste de leur vie, elles sont forcées de rester constamment couchées sur le flanc. La tête est presque ronde; son front est dirigé antérieurement, séparé de l’épistome par une suture bien marquée; sa bouche, qui est placée inférieurement, est composée : d’un menton transversal, charnu, sans languette, portant des palpes de deux articles, dont les supports, également charnus, sont soudés ensemble; de deux mâchoires coudées, bilobées à leur terminaison, et ayant des palpes quadriarticulés; de deux mandibules arquées, robustes, munies intérieurement à la base d'une dent

molaire, et dont l'extrémité est lisse, taillée en biseau ou plus ou moins dentée; et d'un labre assez développé, revouvrant en partie les organes que nous avons nommés. Les antennes, insérées sur les côtés de la tête, sont courtes et formées de cinq articles, dont le premier même est regardé comme le support par la plupart des auteurs. Les yeux manquent tout à fait; excepté dans la larve du Trichius fasciatus, qui, d'après M. Ed. Perris, aurait un œil lisse, sphérique, roussâtre, un peu en arrière de chaque antenne. Les trois segments qui constituent le corselet sont habituellement un peu plus courts que ceux de l'abdomen. Les pattes, portées par le corselet, sont assez longues, composées ordinairement de cinq parties, dont la première, ou la hanche, est remarquable par son développement, et dont la dernière, correspondant au tarse, peut assez souvent manquer, ce qui n'entraine pas l'absence de crochets, car, dans ce cas, ceux-ci, qui disparaissent cependant dans beaucoup d'espèces, s’attachent à la partie qui les précède. Il y a neuf segments abdominaux, mais le dernier, beaucoup plus volumineux qué les autres, et auquel sa forme a fait donner le nom de sac, est divisé, excepté dans les Cetonia et genres voisins, en deux parties par un sillon transversal ordinairement bien marqué. Cependant nous devons dire que la plupart des entomologistes considérant la partie postérieure du sac comme un véritable segment, assignent par conséquent quatorze anneaux à la totalité du corps de ces larves; mais il nous semble, avec Erichson et M. Th. Lacordaire, qu’il est préférable de comparer ce soi-disant segment abdominal supplémentaire au prolongement anal qui existe ordinairement Gans les larves des Coléoptères, et qui n’est qu’un développement excessif du dernier anneau abdominal. L’anus s'ouvre à son extrémité sous la forme d'une fente transversale ou triangulaire, tandis que cette fente est longitudinale chez les larves des Lucaniens; ce que l’on remarque, au reste, également dans la Serica brunnea, parmi les Scarabéiens. Les segments du corps, depuis le corselet jusqu’au septième anneau abdominal y compris, présentent, dans presque toutes les espèces, et en dessus, trois bourrelets transversaux, dont l'antérieur et le postérieur, plus grands que le médian, se réunissent à leur extrémité, et se renflent en un tubereule plus ou moins saillant. Les stigmates sont au nombre de neuf paires, situées : la première sur Je corselet, et les huit autres sur les huit premiers segments abdominaux, au sommet des tubereules ou bourrelets; ils sont latéraux et disposés en forme de fer à cheval. Les téguments de ces larves sont minces, transparents, et offrent habituellement, en dessus et à l'extrémité du sac, des soies spiniformes ou des aspérités plus ou moins prononcées, diversement distribuées, dirigées en arrière, entremêlées de poils plus ou moins nombreux, et qui aident à la progression. Une plaque cornée, de forme rhomboïdale, se voit, en outre, dans presque toutes les larves, en dessus et de chaque côté du corselet. Ces larves sont d’un blanc jaunâtre ou d’un gris-ardoise sur tout le corps; mais, par transparence, on aperçoit le contenu noirâtre du canal intestinal, surtout dans le sac; la tête est presque constamment brune ou fauve; la peau est généralement marquée de rides plus ou moins nombreuses. Les unes, chez lesquelles les métamorphoses s’accomplissent rapidement, vivent dans les matières exerémentitielles des Mammifères herbivores (Copris, Aphodius, Ateuchus, ete.) ; les autres, dont le développement, très-lent, est variable suivant la grosseur des espèces : d'un an dans les petites et de trois dans les grandes, passent leur existence dans le sein de la terre, entre les racines des végétaux (Melolontha, Cetonia, ete.), ou dans le détritus des vieux troncs d'arbres (Dynastes, Scarabæus, etc.). On sait que la larve d'une espèce de cette famille, celle du Hanneton, connue sous le nom de Ver blanc, vit trois à quatre ans sous terre, et qu’elle est très-nuisible à l'agriculture en rongeant les racines des pläntes.

On à cherché à donner plusieurs classifications naturelles des larves des Scarabéiens; mais, comme le fait remarquer M. Th. Lacordaire, ces essais paraissent prématurés, attendu qu'il n’y est guère tenu compte que des espèces européennes. En effet, parmi les nombreuses espèces étrangères, si l'on en excepte les larves des Deltochilum, groupe voisin du genre Copris, et celles de quelques Dynastes, il n'y a pas une seule larve dont on possède une description complète et suffisamment exacte. En outre, on ignore complétement l'histoire des métamorphoses des Rutela, et de tous les groupes qui doivent être placés auprès de ce genre naturel. Dès lors les conelusions auxquelles on peut arriver avec des matériaux aussi imparfaits ne peuvent pas être satisfaisantes et définitives. Nous engageons nos lecteurs à consulter à ce sujet les travaux de MM. de Haan et Mulsant.

Les nymphes sont généralement renfermées dans une coque construite soit par la larve, soit par la femelle au moment de la ponte des œufs; mais cette règle offre quelques exceptions : c'est ainsi

que diversesnymphes de Mélolonthides restent constamment nues. Ces coques, plus lisses en dedans qu'en dehors, sont formées des substances mêmes dont ces larves se nourrissent, avec un mélange de terre dans les espèces qui vivent dans l'intérieur du sol. Les nymphes, qui sont fortes et massives, et qui rappellent déjà l’Insecte tel qu’il sera à son état parfait, ont ordinairement à l’extrémité de l'abdomen deux saillies cornées, parallèles ou divergentes; les fourreaux de leurs ailes inférieures débordent ceux des élytres. L'état de nymphe, comme cela se remarque dans la plupart des Coléoptères, ne dure que très-peu de temps, et, après leur éelosion, les Insectes parfaits restent un temps plus ou moins long, souvent même considérable, sans paraître dehors, attendant que leurs téguments soient suffisamment raffermis, ou que la température extérieure leur permette de commencer leur vie aérienne. C’est ainsi que, dans nos climats, et pour ne citer qu’une seule espêce, le Melolontha vulgaris, qui n’apparaît naturellement que vers le mois de mai, se trouve à l'état parfait dans la terre dès la fin de l’année précédente, ainsi qu'on peut le constater en fouillant le sol, et que, parfois, quand la température a été élevée pendant quelque temps, on peut en voir quelques-uns vers le mois de février se trainant sur la terre et hors de leurs retraites souterraines.

Fig. 51. — Mélamorphoses du Helolontha vulgaris. (Larve ol coque de la Nymphe.}

D'après les détails dans lesquels nous avons cru devoir entrer sur les métamorphoses des Scarabéiens, on voit que les larves différent notablement de celles de la plupart des autres familles de l'ordre des Coléoptères; toutefois, comme l’a montré M. de Haan, elles ont quelques rapports avec celles des Anobiens, que nous avons étudiées dans le volume précédent; mais ceslarves se distinguent facilement de celles des Anobiens, qui sont dépourvues d'antennes et dans lesquelles l'ouverture anale est en forme de point.

Les Scarabéiens vivent en général peu de temps sous leur dernière forme d'Insecte parfait; comme dans la plupart des Insectes, dès que la reproduction des sexes a eu lieu, acte pour lequel ils semblent avoir été créés, la mort ne tarde pas à venir: le mâle périt presque de suite, et la femelle peu de temps après avoir pondu ses œufs. Toutefois, quand on retarde le rapprochement des sexes, la durée de la vie peut être assez longue; c’est ainsi que nous avons conservé vivantes, pendant six à sept mois, quoique piquées par une épingle, des Cétoines dorées. Quelques espèces résistent fortement aux moyens employés pour les tuer, et nous croyons que la poudre de Pyrèthre serait sans action pour enlever la vie instantanément aux espèces coprophages, qui, comme les Ateuchus, résistent à une immersion prolongée dans un vase rempli d'eau. La plupart des Scarabéiens se répandent sur les végétaux, et rongent le bois et les feuilles; et, quoique leurs mandibules, cachées sous le bord de la tête, ne soient pas très-fortes, on comprend, en voyant les dégâts produits par nos Hannetons dans le feuillage printanier de nos arbres, que les grandes espèces des pays chauds doivent faire un grand mal à la végétation, non-seulement aux feuilles, mais même aux jeunes branches; quelquesuns, à mâchoires membraneuses, se tiennent uniquement sur les fleurs, et se contentent d’en recueillir les parties sucrées, à l’aide de leurs mâchoires et de leur lévre inférieure garnie de poils; divers d'entre eux se nourrissent de végétaux décomposés, tels que le fumier, le tan, ete.; d'autres se trouvent presque toujours dans les exeréments des animaux, dans les bouses des Ruminants en particulier, où ils se rendent pour déposer leurs œufs et pour prendre leur nourriture; tels-sont les Géotrupes, les Bousiers et beaucoup d’autres: enfin il en est un très-petit nombre, comme les Hexo-

dons, à corps aplati, rappelant celui des Cossyphus, qui se rencontrent dans le sable au bord de la mer. Leur enveloppe extérieure est quelquefois brillante, et ne le cède en rien, sous le rapport des couleurs, aux plus beaux Insectes des autres familles de Coléoptères. Leur taille, nous l'avons dit, est souvent grande, le plus habituellement moyenne, et exceptionnellement petite. Dans un grand nombre d'espèces, la tête et le corselet, mais le plus souvent encore ce dernier, se prolongent en sorte de cornes quelquefois très-longues, et offrent des saillies de toute espèce, qui sont ordinairement l’attribut du mâle; d’autres ont le corps hérissé de poils, et parfois ces poils sont remplacés par des écailles brillantes et un peu analogues en apparence à celles des Lépidoptères. Presque tous les Scarabéiens volent avec une facilité plus ou moins grande; mais, si les uns le font avec beaucoup de rapidité, les autres ont un vol assez lourd. Une particularité curieuse, qui a donné lieu à des observations intéressantes d'Erichson et de M. Reiche, doit être notée au sujet du vol de quelquesuns de ces Insectes : c’est qu'il peut avoir lieu, alors même que les élytres restent fermées, ce qui est produit par plusieurs causes, et surtout par leur mode d'articulation avec le mésothorax. Pour que cela puisse se produire, les élytres doivent être sans épipleures ou n’en avoir que de trèsétroites, et l’Insecte doit les soulever un peu, afin que les ailes inférieures se déploient et s’étalent horizontalement : c’est ce qu’on observe chez les Afeuchus et les Cetonia.

Quand le moment de la ponte est arrivé, les femelles, douées d’un instinct admirable, vont déposer leurs œufs dans les conditions nécessaires à leur conservation et à leur développement. Les unes perforent le bois vermoulu ou divers produits décomposés des végétaux pour y placer leurs œufs; d'autres s’enfoncent dans le sol, d'où elles ne sortiront plus, et les mettent à quelque profondeur dans la terre, auprès des racines qui devront nourrir les jeunes larves qui en sortiront; quelques-unes les réunissent en paquet en les agglutinant au moyen de matières stercoraires, en font de petites boules qu’elles arrondissent en les roulant sur le sol au moyen de leurs pattes, et qu'elles vont placer en sûreté dans des lieux qui leur semblent inaccessibles; enfin, pour les espèces dont les transformations doivent être très-promptes, elles se bornent à les placer à découvert, soit sur les feuilles, soit dans les matières excrémentitielles, suivant le genre de vie de leurs larves. Mais l'on est loin de connaître tout ce qui concerne ce point de l’histoire des mœurs des Scarabéiens, et là encore, comme dans beaucoup d’autres sujets relatifs aux habitudes de ces Insectes, on a encore de belles observations à recueillir : observations au moins aussi importantes et sans nul doute plus intéressantes que celles spéciales à la classification de ces êtres.

Fig. 52. — Heplomera metallica. Fig. 55. — Dischisto cincta. Fig. 54. — Euthora chlorodera.

La plupart des espèces de Scarabéiens sont crépusculaires : elles restent cachées pendant la journée, et ce n’est guère que le soir ou le matin qu'on les voit voler; d’autres, en plus petit nombre, comme les Cétoines, les Rutèles, les Copris, etc., sont diurnes, et recherchent même l'ardeur du soleil. D'après M.Th Lacordaire, on en connaît plus de six mille espèces dans les collections, et l'on y a admis eñviron sept cents genres, en y comprenant toutefois les doubles emplois. Les Scarabéiens sont répandus sur toute la surface du globe, ce qui fait qu'on ne peut rien dire de général sous le point de vue géographique : on sait seulement que les espèces sont surtout abondantes dans

Fig. 1. — Bricoptis variolosa. Fig. 2. — Eullipechis flavipes.

Fig. 3. — Chromoptilia diversipes.

l'Amérique du Sud et dans les Indes orientales; que dans les pays chauds se trouvent les espèces les plus grandes et les plus belles; que l'Europe en renferme néanmoins une assez grande quantité, et que cette partie du monde à des représentants de toutes les tribus dans lesquelles sont partagées lés familles.

Ces Insectes sont très-recherchés par les collectionneurs; c’est parmi eux que se trouvent ces Bousiers et ces Géotrupes, ces Oryctes et autres coprophages si remarquables par leurs habitudes, sinon par leur système de coloration généralement noir, et principalement l’Ateuchus ou Scarabée sacré, qui recevait autrefois un culte dans l’ancienne Égypte; c’est parmi eux que serencontrent les Scarabæus, de Linné, curieux par leur grosseur et leur force, et par les ornements dont les mâles sont surtout parés; c’est parmi eux encore que l’on range ces Cétoines si belles, si brillantes et presque autant aimées que les Buprestes; enfin, c'est aussi dans cette famille que vient se placer le Hanneton, si populairement connu en France par la célèbre complainte que tous les enfants ont chantée. Le Hanneton, mais presque exclusivement à l'état de larve, n’est pas le seul Scarabéien qui nuise à l’agriculture en Europe en dévorant les racines des végétaux; beaucoup d'autres espèces, qui en sont plus ou moïns voisines, sont dans le même cas; mais, comme elles sont beaucoup plus petites que lui, et beaucoup moins abondantes individuellement, elles font aussi beaucoup moins de mal. Dans les pays chauds, d'autres Scarabéiens détruisent aussi la végétation. Quelques procédés ont été indiqués pour remédier au mal que nous venons de signaler; mais, nous devons le dire, ce sont plutôt des palliatifs que des remèdes définitifs. Chez nous, lorsque les hivers n’ont pas été rigoureux pendant trois ans de suite, temps nécessaire au développement de chaque larve, les Hannetons se présentent en nombre énorme, et alors, non-seulement ils ont pu faire du mal à leurs premiers états, mais encore à leur état parfait; ils dévorent entièrement les feuilles des arbres sur lesquels ils vivent spécialement. L'autorité fait alors rechercher les Insectes, et donne une prime suivant le nombre de décalitres qui lui en est livré; mais quelle immense quantité peut s’en échapper! et, dès lors, quel bien peut-il en résulter? L'industrie a cherché, mais seulement dans quelques cas exceptionnels, à tirer parti des dépouilles de ces Insectes, soit pour en tirer une espèce d'huile, soit pour en former une sorte d'engrais. Dans l'harmonie de la nature, certains Scarabéiens, fouisseurs par excellence, sont destinés à un but utile : celui de faire disparaître en partie au moins les matières excrémentitielles des animaux. Enfin, dans ces derniers temps, comme nous aurons occasion de le répéter bientôt, une espèce de cette famille, notre Cetonia aurata, a été préconisée comme un bon remède contre la rage, et des expériences surtout faites en Russie, semblent montrer son action bienfaisante sous ce rapport: on a même été plus loin, et on assure, mais cela nous paraît encore problématique, que la poudre de ce même Insecte serait un bon remède contre l’épilepsie. E

Fig. 55. — Aplopsis lineoligera. Fig. 56. — Gonospidius spatulipennis. Fig. 57. — Euphania geminata

Aux détails que nous avons donnés sur les mœurs des Scarabéiens nous pouvons encore ajouter que divers d’entre eux font entendre, dans certaines circonstances, un son particulier en frottant leur abdomen contre le bord des élytres. Plusteurs ont le vol bruyant et d'une sonorité en général

d'autant plus forte, que la partie inférieure de leurs élytres est plus concave; c'est surtout le soir (5 7

qu'on peut entendre ce faible bruit. Avant de prendre leur vol, ils ont plus particulièrement besoin que la plupart des autres Insectes de faire une provision abondante d'air, soit pour donner à leur corps, en général massif, plus de légèreté, soit pour acquérir l'énergie nécessaire au soutien de leurs efforts; aux pelites espèces il suffit, après avoir déployé leurs ailes, d’un instant d’hésitation à se mettre en mouvement, pour recevoir tout le volume d'oxygène qui leur est utile; pour les plus grosses, une préparation plus longue est indispensable : les unes se bornent cependant à ineliner l'abdomen en soulevant les élytres pour faciliter l’intromission de l’air : les autres, à deux ou trois reprises, comme moyen plus actif, entr'ouvrent et rabaissent brusquement leurs élytres frémissantes, et, dès que leurs trachées sont suffisamment gonflées, elles s’élancent dans l'air qui doit les transporter au loin.

On connaît des Insectes de cette famille qui ne se trouvent plus qu'à l’état fossile; ce que nous devons noter, d'après M. Marcel de Serre, c’est que certains de ces derniers, qui se rapportent à des genres voisins de celui des Melolontha, sont les seuls parmi les Coléoptères qui appartiennent aux formations géologiques de la première période, et spécialement aux terrains siluriens et cambriens.

Plusieurs de ces Insectes sont du domaine de l’archéologie; ce sont surtout des Copris, des Ateuchus et des Sisyphes, qui, par leurs travaux admirables, avaient attiré l'attention des anciens Egyptiens, et qui figurent sur leurs monuments et sur leurs médailles.

Aristote et les écrivains grecs, en parlant de quelques-uns de ces animaux, les indiquent sous le nom commun de Kav/æpoc. Les Romains, Pline principalement, leur appliquent la dénomination de Scarabæus, qu'ils donnaient aussi à quelques autres Coléoptères : dénomination qui a été presque toujours conservée par les peuples modernes.

Le nombre des auteurs qui se sont occupés des Scarabéiens ou Lamellicornes est excessivement nombreux; aussi nous est-il impossible de traiter en détail leur histoire zoologique et renvoyonsnous à l’exposé qu’en donnent MM. Burmeister et Mulsant: le premier pour tous les auteurs, et le second plus spécialement pour ceux qui ont étudié les espèces françaises ou européennes. Linné comprenait toutes les espèces connues de son temps dans le seul genre Scarabæus; mais les naturalistes qui vinrent ensuite, comme Geoffroy, Scopoli, de Géer, Olivier, Fabricius, Latreille, Iliger, M. C. Duméril, etc., créèrent quelques groupes génériques et fondèrent des divisions supérieures, telles que celles des Coprophages, Arénicoles, Xylophiles, Phyllophages, Anthobies, Mélithophiles et Priocères ou Lucanides : ces derniers formant notre famille des Lucaniens. Beaucoup de naturalistes récents, tels que MM. Fischer, Stéphens, Aug. Brullé, Kirby, Germar, Paykuhl, Curtis et beaucoup d’autres, augmentèrent le nombre des genres. Puis plusieurs firent connaître ces Coléoptères dans des faunes locales, parmi lesquels nous nous bornerons à citer les Lamellicornes dans l'Histoire naturelle des Coléoptères de France de M. Mulsant, publiée en 1842. Quelques travaux monographiques parurent également : telle est la monographie des Mélitophiles ou plutôt des Cétoines de MM. Gory et Percheron, illustrée de nombreuses figures, et plusieurs ouvrages de même nature sur divers groupes de la même famille. Divers auteurs ont traité de quelques Scarabéiens, sous le rapport des dommages qu'ils nous causent : nous signalerons surtout le Cours d'agriculture de l’abbe Rozier, les Mémoires de Lefébure et de Gouffier, l’Insectologie des forêts de Bechstein, les Considé-

‘rations de M. Pfeil sur les dégâts que les Insectes causent aux boïs, l’article Hanneton de la Bibliothèque technologico-économique de Krünitz, l'Histoire du Ver blanc par Vibert, celle du Hanneton, considéré soit à l’état de larve, soit à celui d’Insecte parfait, par M. Plienieger, le travail de M. Ratzeburg sur les Insectes des forêts, et celui de Boyer de Fonscolombe sur les Insectes nuisibles. Enfin, nous devons, en terminant cette esquisse, indiquer les auteurs généraux qui se sont occupés de cette famille, dans laquelle ils sont parvenus à créer de six cents à sept cents genres. Les deux premiers auteurs, Latreille (Genera Crustaceorum et Insectorum, Règne animal, Familles naturelles) et Mac Leay (Horæ entomologicæ), prirent pour point de départ de leurs classifications, à limitation des entomologistes de leur époque, le régime des espèces; mais ce régime, qui est assez spécial dans les espèces européennes, varie dans la même espèce ou dans les espèces d’un même groupe, parmi les espèces exotiques, aussi ne peut-il réellement pas servir dans une méthode véritablement naturelle. Depuis cette époque, trois ouvrages, où il est tenu @mpte des espèces et des genres exotiques aussi bien que de ceux de nos pays, ont été publiés : leurs auteurs sont MM. Burmeister (Handbuch der

Entomologie, tomes IE, IV et V), qui a créé beaucoup de genres mdispensables, mais aussi beaucoup de genres fondés sur des caractères secondaires, et qui, comme l'ont montré MM. Th. Lacordaire (Genera des Coléoptères, t. M), et Reiche (Ann. Soc. entom.), a souvent commis quelques erreurs; Érichson (Naturg. der Insecten Deutschlands, t. I), qui, dans une faune locale, donne en note les genres exotiques, parmi lesquels un grand nombre de nouveaux, caractérisés trop brièvement et souvent fondés sur des espèces inédites; et É. Blanchard (Catalogue des Coléoptères du Muséum d'histoire naturelle de Paris), qui, dans les deux seules livraisons jusqu'ici parues de cet ouvrage, ne traite que des Cétonides, Anthobies, Mélolonthides et d’une partie des Rutélides. Nous devons encore citer le Catalogue des Coléoptères de Dejean, dans lequel un grand nombre de groupes sont fondés, mais ne sont malheureusement pas caratérisés, et les Lamellicornes du Genera des Coléoptères (t. IE, 1856) de M. Th. Lacordaire, dans lequel le savant auteur, adoptant la classification d'Erichson, basée sur la double situation des stigmates abdominaux, subdivise les Insectes qui nous occupent en deux légions particulières : 4° LAMELLICORNES LAPAROSTIGTIQUES, chez qui les stigmates sont tous situés sur la membrane connective des arceaux ventraux et dorsaux de l'abdomen (subdivisés en sept tribus : Coprides, Aphodiides, Orphnides, Hybosorides, Géotrupides, Trrrides et Glaphyrides), et 2 LamericorNes PLEUROSTICTIQUES, qui n'ont qu'une partie de ces organes placés sur la membrane connective, les autres l’étant sur les arceaux ventraux; partagés en quatre tribus : Mélolonthides, Rutélides, Dynastides et Cétonides.

Pour nous, dans cette Encyclopédie, tout en nous servant des principaux travaux que nous venons de citer, nous suivrons principalement la classification que M. É. Blanchard a exposée dans le premier volume de son Histoire naturelle des Insectes de Didot (1846) et en partie dans son Catalogue du Muséum, et nous partagerons les Scarabéiens en huit tribus, celles des Céronines, GLvrmi- RIDES, MÉLOLONTHIDES, RUTÉLIDES, ScaraBéines, Géorrupies, Eucairines, Coprines, subdivisés en groupes et genres nombreux : quant aux divisions des Passazines et des Lucanines, c'est en exposant les caractères de la famille des Lucaniens que nous en parlerons. L'atlas des trois volumes consacrés aux Coléoptères, ainsi que nos figures intercalées dans le texte, présenteront les types principaux de cette famille, types dessinés, pour la plupart et pour la première fois, d'après la riche collection du Muséum, et suppléeront aux détails peu nombreux qu'il nous est possible de donner dans un trop petit espace.

1° tribu, Céroxmes : fête penchée, de grandeur médiocre; languette cornée, soudée au menton: mandibules cornées ou membraneuses; labre caché par le chaperon; antennes de dix articles, sur lesquels la massue en compte trois; corselet trapéxoïdal; élytres laissant le pygidium à découvert; pattes courtes; hanches de devant cylindrico-coniques, saillantes, à crochets des tarses égaux, simples; les trois dernières paires de stigmates abdominaux divergeant fortement en dehors; pas d'organes de stridulation.

Ces Insectes, des plus remarquables parmi les Scarabéiens par leur grand nombre et par la riche livrée de la plupart des espèces, sont en général courts, et leur corps, à téguments solides, est parallèle ou graduellement rétréci en arrière en même temps qu'il est plus ou moins déprimé en dessus.

Les métamorphoses d’un assez grand nombre d'espèces de cette tribu, telles que celles des Cetonia aurata, speciosissima, marmorata, ænea et fastuosa, des Osmoderma eremita et scaber, du Gnorimus nobilis, du Trichius fasciatus et du Valgus hemipterus, ont été plus ou moins complétement décrites par Olivier, Rœsel, Herbst, de Géer, Latreille, Erichson, MM. Frisch, Ramdobr, Ratzeburg, Broselman, Drumpelman, Froriep, Westwood, de Haan, L. Dufour, Burmeister et E. Blanchard; mais, comme on le voit, les types européens ont pu seuls être étudiés, et l’un d'eux seulement, celui de la Cetonia aurata, Va été complétement. Chez ces larves, le corps est aminci en avant, épaissi en arrière et se terminant par une extrémité arrondie; chaque arceau dorsal est divisé en trois bourrelets étroits, munis chacun de spinules roides; le sac est recouvert en dessus de poils courts entremêlés de poils mous, plus longs; l'anus est fendu transversalement; en dessous se trouve, tout à fait au devant de la lèvre de l'anus, un petit espace entouré de spinules dirigées en arrière; le cadre des stigmates est très-petit. Les antennes sont composées de quatre articles : le premier plus long que le suivant, le deuxième et le troisième courts, le quatrième est ovale allongé,

semblant partagé en deux par un étranglement. La lèvre supérieure offre en avant deux mamelons; l’une des mandibules est armée à son extrémité de trois ou quatre dents, et l’autre seulement de deux ou trois : toutes deux sont munies à leur base d’une surface molaire à bords bien marqués et déchiquetés, striés transversalement sur leur face externe. Les pattes ont cinq pièces distinctes : leurs hanches sont cylindriques, plus grosses que le reste de l'organe, et l’article unguéal est mince, styloïde, sans ongle. Chez ces larves, le dernier segment abdominal n’est pas divisé en deux par un sillon cireulaire; la tête est moins large que le corps; les segments sont moins profondément sillonnés en travers, et le corps est plus velu sur toute sa surface que dans les larves des tribus voisines. Comme les larves des Mélolonthides, ces larves mettent environ trois ans à se développer et, avant de se transformer en nymphes, forment une sorte de cocon; les nymphes ne présentent rien de bien particulier, et, sous leur enveloppe extérieure, on peut apercevoir l'Insecte tel qu'il sera à son dernier état. Les larves vivent dans le boisen décomposition, dans les racines des arbres, et, chez nous au moins, dans les fourmilières. C’est ainsi que M. Weaver a été à même d'observer que les larves de la Cetonia ænea vivaient aux dépens des Fourmis, dont elles dévorent de grandes quantités; qu'il a pu en élever de la sorte plusieurs pendant quelques mois, et qu'il a vu plusieurs individus parfaits s'enfoncer dans les fourmilières.

Les Cétonides, nommés souvent aussi Mélithophiles, sont habituellement de très-beaux Coléoptères de taille grande ou moyenne, et ornés de couleurs très-vives et souvent métalliques. Presque toutes les espèces vivent sur les fleurs, dont elles dévorent le pollen, qu’elles peuvent recueillir à l’aide des pinceaux de poils dont sont garnies leurs mâchoires; quelques espèces, dans lesquelles les mâchoires sont armées de griffes ou de dents, peuvent attaquer des matières plus solides, comme les étamines et les pétales des fleurs, et même lés feuilles des végétaux. Un petit nombre d’espèces exotiques ont des mœurs bien différentes : elles vivent dans l’intérieur du sol ou sous les bouses desséchées, et on ne les trouve qu’enduites d’une croûte de terre desséchée. Dans la plupart des espèces, le vol n'est pas normal, car les élytres restent appliquées au corps pendant qu’il s'exerce.

L'une des plus belles et en même temps l’une des plus communes espèces de cette famille, la Cetonia auratu, est regardée, en Russie, comme un remède très-efficace contre l'hydrophobie. M. Guérin Méneville, depuis 1851, et presque chaque année, a, dans la Revue et Magasin de zoologie, donné de nombreuses remarques à ce sujet, et fait connaître des observations de plusieurs naturalistes russes; d’où il semble résulter que les faits avancés à ce sujet sont bien constants et méritent réellement de fixer l’attention des expérimentateurs. C’est ainsi qu’un habitant du gouvernement de Saratow, dans la Russie méridionale, a publié qu’il emploie depuis plus de trente ans un remède très-simple et. très-efficace pour guérir la rage, et il assure même que, pendant ce long espace de temps, aucun des sujets traités par lui n’est mort, et que le remède qu'il recommande peut être employé avec succès à tous les degrés de la maladie. Voici le procédé employé. Au printemps, on fait chercher au fond des fourmilières de la Formica rufa certaines larves blanches : on les conserve avec soin dans un pot, avec la terre dans laquelle on les a prises, jusqu'à leur transformation en Insectes parfaits, ce qui a lieu au mois de mai. Cet Insecte, qui n’est autre que la Cetonia aurata, est tué immédiatement par la chaleur, puis desséché, et les individus sont mis dans des bocaux que l’on ferme hermétiquement, afin de conserver l'odeur forte qui leur est propre, surtout au printemps, car c'est à ce principe qu'on attribue les effets du remède. Quand un cas de rage se présente, on réduit en poudre un certain nombre de Gétoines, on étend cette poudre sur du pain couvert d’une couche de beurre, et on le fait manger de suite au malade. Toutes les parties de l'Insecte, sans exception, doivent composer cette poudre, qui, par cela même, ne peut pas être très-fine, puisqu'elle se compose de fragments d'ailes, d’élytres, de pattes et d’autres parties du corps. Pendant le traitement, il faut que le malade boive le moins possible, et, s’il en éprouve impérieusement le besoin, il doit boire un peu d’eau. Il peut manger. Ordinairement, le seul effet de ce remède est de donner un sommeil plus ou moins long; il faut abandonner le malade à ce sommeil, qu’on a vu se prolonger jusqu’à trente-six heures : après quoi, le plus souvent, il est complétement rétabli. Pour le traitement des morsures, on recommande uniquement les moyens ordinaires. La dose que doit avaler le malade dépend du développement de la maladie et de l’âge de l’individu. On donne, à un sujet adulte, immédiatement après la morsure, de deux à trois Cétoines, en deux ou trois doses, dans la première journée; à un enfant, de une à deux; à un individu chez lequel la maladie s’est

déjà fortement développée, de quatre à cinq. Il en est de même pour les animaux, et le nombre des Insectes à avaler est en rapport avec leur propre grosseur. Si le remède était donné à un individu sain, il n’en résulterait pour lui aucun danger. Dans le cas où quelques symptômes de la maladie se présenteraient de nouveau quelques jours après l'emploi du remède, on pourrait recommencer; mais la première dose suffit habituellement. M. Motschoulsky a expérimenté ce remède avec une poudre formée avec des Cetonia aurata recueillies sur des fleurs, et il lui a parfaitement réussi pour empécher l’hydrophobie de se développer chez deux enfants mordus par un chien enragé. M. le docteur Mandilény rapporte que dans les gouvernements de Tchernigof et de Saratof les paysans ont une confiance complète dans ce remède. Enfin M. Bogdanow rapporte que dans les gouvernements de Voronëje et de Koursk, il connait plusieurs amateurs de chasse qui ont l'habitude de donner de temps en temps à leurs chiens, comme préservatif contre la rage, une moitié de Cétoine mise en poudre et mêlée avec du pain ou même avec un peu de vin, et que l'on pense généralement que . c’est un moyen très-efficace et trés-utile pour empêcher le développement de l'hydrophobie. Nous ne pousserons pas plus loin ces citations, dont nous aurions pu facilement augmenter le nombre, car, sans vouloir, sans preuve directe, soutenir l'efficacité de la Cétoine dorée contre la rage, nous croyons avoir montré qu'il y a là quelque chose à faire, et qu'il ne faut pas, avant d’avoir tenté des expériences directes, rejeter, comme on l’a fait, un remède peut-être efficace contre une terrible maladie que la science, jusqu'ici, n’a pu parvenir à guérir. Nous savons que les expériences sont difficiles à faire, et que, si on opère sur des sujets mordus par des animaux enragés, on peut rejeter l'efficacité du remède, lors même que la rage ne se développerait pas chez eux, car on n’ignore pas que l'hydrophobie n’est pas toujours produite chez ces individus par le fait seul de la morsure. Mais ne pourrait-on pas expérimenter sur des personnes ou sur des animaux chez lesquels la rage serait bien constatée, et dès lors arriver‘à connaître la véritable valeur du fait annoncé? Enfin doiton nier à priori qu’il puisse y avoir dans la Cétoine un principe particulier qui puisse être opposé à l'hydrophobie? N'a-t-on pas constaté bien manifestement que la Cantharis vesicatoria et les autres vésicants possèdent un principe spécial, et utilisé depuis un temps immémorial en médecine? Pourquoi, d’après cela, un principe d’une autre nature ne se trouverait-il pas dans la Cetonia aurata, et probablement aussi dans les espèces du même groupe naturel? Disons enfin, en terminant cette digression, qu’une opinion populaire aussi enracinée dans la Russie méridionale que celle que nous venons de citer ne doit pas être repoussée avec dédain, car ce ne serait pas la première fois qu'un remède indiqué par ce qu’on est convenu d'appeler l'ignorance ou l’empirisme a été plus tard transformé en un remède préconisé par la science elle-même et doctement expliqué.

Fig. 58. — Blæsia atra Fig. 59. — Eucræa histrionica. Fig. 60. — /Jeterosoma collata.

La tribu des Cétonides est très-nombreuse en espèces, car elle en renferme plus de huit cents: une seule tribu des Scarabéiens, celle des Mélolonthides, est seule plus considérable. Le nombre des genres est aussi actuellement très-grand. Géographiquement, on trouve de ces Insectes partout et sous toutes les latitudes. L'Europe rivalise presque avec l'Amérique pour le nombre des genres, mais lui cède de beaucoup pour celui des espèces. L'Amérique, de même que les pays chauds, renferme de très-belles espèces; mais les Indes orientales, d’autres parties de l'Asie, et l'Afrique presque entièrement, possèdent les formes les plus remarquables, les plus variées et les espèces les plus

prillantes. Enfin l'Océanie, si elle est moins riche en Cétonides, peut le disputer pour la beauté des espèces avec les régions les plus favorisées sous ce rapport.

Fabricius ne formait dans toute cette tribu que les deux genres Cetonia et Trichius, qui sont devenus aujourd'hui des divisions ou sous-tribus spéciales. Seriba, Knoch, de Lamarck, Wiedemann, Mac Leay, Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, y créèrent successivement quelques groupes génériques; mais MM. Gory et Percheron (Monographie des Cétoines et genres voisins, 1833), les premiers, s'occupèrent véritablement de la classification de ces Coléoptères, et, dans leur monographie, ils décrivirent et figurèérent beaucoup d'espèces nouvelles et portèrent à vingt-deux le nombre des genres. Depuis, cinq auteurs se sont occupés de la généralité de ces êtres : 1° Mac Leay (On the Cetonidæ of Smith-Africa, ete.), à l’occasion des espèces africaines, remania entièrement toute la tribu; 2° M. Burmeister (Handb. der Entomologie, t. HI) étudia tout le groupe, et porta le nombre des genres à cent quinze; 3° M. Schaum (Annalecta entomologica et Ann. Soc. ent. de Fr., 1844) présenta quelques critiques sur le travail de M. Burmeister et donna beaucoup de remarques nouvelles; 4 M. É. Blanchard (Cat. des Col. du Muséum) étudia de nouveau la matière, et restreignit le nombre des genres, tout en en créant de nouveaux; 5° M. Th. Lacordaire (Gen. des Coléoptères, t. IV) résuma les travaux de ses devanciers, et, avec sa sagacité ordinaire, limita considérablement le nombre des coupes génériques. À tous ces travaux nous pourrions joindre ceux d'un grand nombre de naturalistes qui ont fait connaître des espèces et des genres nouveaux : nous aurons o0ccasion de citer bientôt quelques-uns d’entre eux.

Nous admettrons, dans la tribu des Cétonides, deux divisions bien tranchées : les CÉTONIDES vrais et les TricuiTes.

4% division, Céronines vrais : épimères mésothoraciques interposés entre le corselet et les élytres visibles d'en haut; élytres situées latéralement près de la buse; presque toujours une saillie sternale; écusson grand, en triangle rectiligne allongé.— Gette division renferme les neuf dixièmes de Ja tribu, et principalement le genre Cetonia et tous les groupes qui en ont été démembrés. La classification, parmi Ces êtres, est des plus difficiles; M. Burmeister y admet quatre groupes principaux, qu'il subdivise ensuite en quinze groupes secondaires, puis en genres; M. Th. Lacordaire croit devoir n’y former que sept groupes, ceux des : Goliathides, Ischnostomides, Gymnétides, Macronotides, Schixorhinides, Cétonides vrais et Crémastochilides, que nous allons faire connaître en les disposant en un autre ordre.

4% groupe, Céroxires : mandibules normales; mäâchoires à lobe extérieur denté ou inerme; tête médiocre; chaperon souvent carré; corselet souvent échancré à la base, laissant l'écusson découvert en entier; saillie sternale plus ou moins forte, ordinairement dilatée en avant. — On comprend dans cette division un assez grand nombre de genres et d’espèces, dont beaucoup sont remarquables par leur coloration, et qui sont répandus dans une grande partie du globe, surtout en Afrique et aux Indes orientales.

Le genre typique est celui des CÉTOINES, Cetonia, créé par Fabricius (Systema entomologiæ) aux dépens des Scarabæus, de Linné, et qui, partagé en un grand nombre de coupes génériques, est devenu la tribu actuelle des Cétonides. Ce genre est caractérisé par son menton sinué ou entier, rarement échancré; par son chaperon plus ou moins large, carré, un peu rebordé sur les côlés; par son corselet trapéxoïdal, très-échancré à la base; par ses élytres parallèles où à peu près, munies de quelques côtes; par ses pattes robustes, à tarses postérieurs plus courts que les jambes; par sa saillie sternale courte, ete. Ainsi restreint, le groupe des Cetonia, dans lequel M. Burmeister a formé les genres Trichostetha, Æfiesca, Protætia, Pachnona et Rhabdotis, que M. Th. Lacordaire y réunit, renferme encore de cent à cent cinquante espèces, toutes propres à l’ancien continent, d’un faciès robuste, de couleurs très-variées, et dont la taille descend rarement au-dessous de la moyenne. Il est probable, comme l’a montré M. Schaum, que toutes les espèces fondées par les auteurs, et spécialement par MM. Gory et Percheron dans leur monographie, ne doivent pas être admises, et que plusieurs doivent être réunies en une seule et même espèce. Parmi les exotiques, prineipafement propres à l'Afrique, à Madagascar et aux Indes orientales, on en connait de très-belles; nos espèces européennes, sans être aussi brillantes, sont parfois parées d'assez jolies couleurs : nous

Fig. 1. — Adelium dilaticorne. Fig. 2. — Anacamptorhina ignipes.

Fig. 3. — Anochilia innotata.

Fig. 5. — Stenotarsa velutina.

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citerons surtout les C. aurata, Fabr. (l Emeraudine, de Geoffroy), qui recherche habituellement les fleurs de la famille des Rosacées, d'une couleur d'émeraude plus ou moins verdàtre, qui habite communément la France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et ses îles, la Morée, la Russie méridionale, l'Orient, etc., et dont on a voulu distinguer la C. lucidula, Fischer; fastuosa, Fabr. (æruginosa, Drury), du midi de la France et parfois de Fontainebleau; affinis, Andersch, de l'Europe méridionale; Elorentina, Herbst, du Piémont et de la Morée; ænea, GyIl., de Morée; angustata, Germ. (Hungarica, Latr.), de la Provence; marmorata, Fabr., de France; morio, espèce entièrement noirâtre, d’une partie de la France, d’Espagne et d'Algérie, ete.

Les autres genres sont ceux des: Diplognatha, Gory et Perch., auquel on peut joindre les genres Porphyronota et Eriulis, Burm.: ce dernier groupe établissant le passage au genre qui suit: de l'Afrique, et surtout de la Guinée; type, gagates, Fabr. — Anthracophora, Burm., qui diffère peu dés Diplognathes, mais provient des Indes orientales. — Charadronota, Burm., une seule espèce, Diplognatha quadrisignata, Gory et Perch., de ta Guinée. — Uloptera, Burm., qui ne comprend qu'une jolie espèce propre à Cayenne (U. planata). — Tethræa, Burm. (Aplasta, Schaum), groupe africain. — Oxythyrea, Mulsant, ou Leucoscelis, Burm., auquel on peut réunir les groupes des : Heterocnemis, Albers; Epicometis, Burm., ou Tropinota; on y groupe une cinquantaine d'espèces, assez petites pour des Cétonides, particulières à l'Afrique, aux régions occidentales de l’Asie et à l'Europe; parmi ces dernières nous citerons les : ©. stictica, Linné, noire, avec de petites taches blanches, commune partout; hirta, Fabr., de l'Europe moyenne; squalida, Linné, du périple de la Méditerranée, etc. — Chiloloba, Burm., une espèce du Bengale (acuta, Wied.).— Anatona, Burm., du continent indien. — Anoplochilus, Mac Leay, à espèces noires ou bronzées, avec des taches blanches ou fauves, de l'Afrique australe. — Odontorhina, Burm., du Cap. — Euryomia, Burm., Lacord., auquel on a réuni les groupes des : Glyciphum, Gametis, Euphoria, Erirhipis, Stephanura, Elaphims, Discopeltis, Stalagmosoma, Burm., er Proxomela, Schaum, qui ne se distinguent que peu les uns des autres; d'assez nombreuses espèces, de l'Afrique et de ses îles, de diverses parties de l’Amérique, ete. — Celidota, une espèce (Stephensii, Gory et Perch.), de Madagascar. — Cyriodera, Burm., une espèce également médécase. — Euchræa, Burm., qui est le véritable type des Cetonia, pour MM. Gory et Percheron, et qui renferme de belles espèces propres à Madagascar, telles que les E. aurora, Burm., et Desmarestii, Gory et Percheron.

2 groupe, Seuizormires : mandibules normales; mächoires à lobe interne grand, lamelliforme, pénicillé, inerme; menton bilobé; tête assez grande; chaperon carré, bilobé; corselet échancré à la base, laissant l’écusson à découvert; pattes gréles, longues; saillie sternale variable, souvent nulle. — Groupe assez riche en espèces surtout particulières à Madagascar et à l'Australie, et dont quelques-unes sont aussi africaines : ces espèces, voisines des Cétonites, s'en distinguent, outre les caractères que nous avons indiqués, par un faciès particulier et par une forme moins massive.

Le genre principal est celui des SCHIZORHINES, Schizorhina, Kirby (Trans. of the Linn. Soc., t. XII), principalement caractérisé par le dernier arceau ventral très-court, renfermant surtout des espèces australiennes, et partagé par M. Burmeister en Hemipharis, Eupœcila, Diaphonia et Schixorhina. — Les autres genres sont ceux des : Anacamptorhina, Blanchard, fondé sur une magnifique espèce (ignipes) de la Nouvelle-Guinée. — Amphistoros, Gory et Percheron, reconnaissable à son chaperon, dont les angles antérieurs sont prolongés en deux saillies qréles, aiguës, presque exelusivement propre à l'Afrique australe. — Pogonotarsus, Burm., voisin du précédent, et ne renfermant que la C. plumipes, de Madagascar. — Anochilia, Burm., genre propre à l’île de Madagascar, et auquel M. Th. Lacordaire joint les groupes des : Pygora, Pantolia, Dirhina et Bricoptis, Burm.; Tetraodorhina et Micropeltis, Blanch. — Coptomia, genre voisin du précédent et du même pays, de même que ceux qui vont suivre. — Parachilia, Burm. — Euchilia, Burm. — Epixanthis, Burm.— Liastraca, Burm.-—Stenotarsia, Burm.— Bombodes, Westwood.— Chromoptilia, Westw.

3° groupe, Macronomres : mandibules normales; mäâchoires, à lobe inerme, lamelliforme, pénicillé; menton bilobé; corselet ayant à la base un lobe tronqué ou triangulaire; saillie sternale plus ou moins forte. — Ces Insectes, assez peu abondants et tous exclusivement, à une exception près, propres-aux Indes orientales, forment un groupe de transition entre les Schizorhites et les Gym nétiles.

Le groupe typique est celui des MACRONOTES, Macronota, Hoffmanns., comprenant des espèces assez petites, à système de coloration formant presque toujours un dessin très-élégant sur un fond assez rarement métallique (type, M. Diardi, Gory et Perch., de Bornéo), et dont M. Burmeister a distingué les Tæniodera.— Les autres genres sont les suivants : Chalcothea, Burm. — Clerota, Burm.; et peut-être Doryscelis, Dej.; ce dernier groupe, dont la position sériale n’est pas bien déterminée, est le seul de la division n'étant pas asiatique, car il ne comprend qu’une seule espèce (D calcarata, Klug), particulière à Madagascar.

Fig. 61. — Odonlarma pubescens. Fig. 62. — Thrichostheta fascicularis.

4° groupe, Gvunérires : mandibules normales; mâchoires à lobe inerme, lamelliforme, pénicillé; menton peu échancré ou bifide; corselet fortement lobé à la base : ce lobe triangulaire recouvrant presque en entier l’écusson; saillie sternale distincte, assex forte. — Ce groupe, assez nombreux, et reconnaissable au grand développement du lobe des mächoires et à son corselet, est répandu en Afrique, dans les Indes orientales et en Amérique; il n’a pas de représentant en Europe.

Le principal genre, et celui admis seulement jusque dans ces derniers temps, est celui des GYM- NETIS, Gymnetis, Mac Leay (Horæ entomologicæ) (Marmorina, Kirby), répandu dans une grande partie de l'Amérique, principalement dans les régions intertropicales, à espèces de taille moyenre, se trouvant sur les feuilles dans les bois, d’un faciès particulier, et ayant un système de coloration non métallique, très-varié quant aux nuances et aux dessins, mais en général avec un aspect velouté dû à une sorte d’efflorescence analogue, quoique plus terne, à celle qui revêt les fruits dans leur fraicheur (types, marmorea et undata, Oliv., du Brésil). — Les autres genres sont ceux des : Clinteria, Burm., qui représentent en Afrique et aux Indes orientales les Gymnetisaméricains, mais qui sont parés de teintes plus vives. — Agestrata, Eschs. (Tetragonus, Gory et Perch.), deux grandes et superbes espèces, les: Scarabæus orichalceus, Linné, répandu depuis la Chine jusque dans les iles de la Sonde, et variant en dessus du vert brillant au noir; et À. luxonica, Eschs., des îles Philippines. — Siethodesma, Hope, Blanch., quelques espèces, l’une de Sierra-Leone, et les autres d'Amérique. — Lomaptera, Gory et Perch., du continent et de l’archipel indiens. — Aülorhina, Burm., groupe exclusivement américain, et dont on a cru devoir distinguer, peut-être à tort, les genres Tiarocera et Cotinis.

groupe, Iscunosroutres : mandibules normales; mächoires à lobe externe inerme, lamelliforme, très-petit, pénicillé; menton entier ou faiblement échancré; corselet non lobé en arrière, excepté dans un genre; saillie sternale courte ou à peu près nulle. — Ces Cétonides, qui semblent épigés et qui, sauf les Ichnoscèles et les Blénies, qui sont américains, paraissent exclusivement propres à l'Afrique, sont en général de taille moyenne et d’un noir peu brillant, parfois varié de fauve.

Le genre typique, celui des ISCHNOSTOMES, Ischnostoma, Gory et Perch. (Mon. des Cétoines), remarquable, comme le genre suivant, par son chaperon difforme ou cornu chez les mâles et bilobé ou sinué chez les femelles, renferme des espèces de taille moyenne, noires, souvent tachetées de blane, et difficiles à se procurer (type, I. cuspidata, Fabr,, du cap de Bonne-Espérance). — Les autres genres sont les suivants : Heteroclita, Burm., deux espèces de l'Afrique australe. — Heterosoma, Schaum, une espèce de Madagascar, — Heterophona, Burm., quelques espèces malgaches.

— Callipechis, Burm., seulement la C. flavipes, de Madagascar. — Rhyxiplæa, Burm., ne renfermant que la C. corticina, Oliv., du Sénégal, qui semble se rapprocher des Cétonites. — Rhinocæta, Burm., des environs du cap de Bonne Espérance. — Xiphoscelis, Burm., deux espèces de l'Afrique australe. — Blæsia, Burm., groupe singulier, ne comprenant que le B. atra, de Montévidéo, d'un noir peu brillant, avec quelques poils roux sur les côtés de la poitrine, — Ischnoscelis, Burm., genre liant la division que nous étudions avec celle qui.suit, et ne renfermant qu'une rare espèce du Mexique, le Goliathus Hæpfneri, Gory et Perch.

6° groupe, Gouiarmnes : mandibules normales ; mâchoires à lobe externe denté ou pénicillé; menton très-échancré; tête souvent cornue chez les mâles; pattes plus où moins allongées, différentes suivant les sexes; corselet non lobé à la base; saillie sternale très-forte. — Ces Insectes, parmi lesquels on trouve les plus gigantesques espèces de la tribu des Cétonides, se distinguent par l'armature de leur tête et par l'allongement des pattes antérieures chez les mäles; mais, dans les dernières espèces, ces caractères finissent par disparaître presque entièrement, à l'exception du dernier, dont on voit encore des traces alors même qu'il ne reste plus de vestiges des autres : si quelques espèces ont des teintes assez obscures, la plupart.des autres sont parées d'une couleur verdàtre, plus ou moins claire, avec des reflets métalliques. Ils habitent l'Afrique et les Indes orientales, et comme le montre M. Th. Lacordaire, il est remarquable que, lorsque la tête des mâles est cornue, elle est armée de deux cornes dans les espèces indiennes, et n’en porte qu'une seule dans les espèces africaines.

Le type de cette division est le genre GOLIATH, Goliathus, fondé, il y a longtemps déjà, par de Lamarek, dans son Système des animaux sans vertèbres: les Goliaths sont des Coléoptères que l'on pourrait appeler gigantesques, car leur longueur peut atteindre 0*,05 à 0%,06; leurs couleurs, assez variables suivant les individus et les sexes, n'ont rien de métallique et sont dues à une sorte d’enduit d’une extrème ténuité, qui s'enlève assez facilement; longtemps d'une grande rareté dans les collections, les Goliaths sont aujourd’hui plus faciles à trouver; en effet, ils sont assez communs dans leur pays natal, la côte de Guinée, et vivent exclusivement de la séve de certains arbres; les espèces sont assez voisines les unes des autres pour que quelques entomologistes, tels que M. Melly, par exemple, aient pensé qu'elles n'en formaient qu'une seule, tandis que d’autres, comme M. Schaum, en admettent au moins trois : les G. giganteus, Lam.; Druryi, Westw., et cacicus, Gory et Percheron. — Les autres groupes, assez nombreux, admis par M. Th. Lacordaire dans la même division, sont les suivants : Hypselogenia, Burm., deux espèces (concava, Gory et Perch., et geotrupina, Bilb.), de l'Afrique australe. — Compsocephalus, White, une espèce (Horsfieldianus), d’'Abyssinie. — Mycteristes, Castelnau (Philistina, Mac Leay), auquel on peut réunir le genre Phædimus, Waterh, des Indes orientales. — Narycius, Dupont, fondé sur une rare et belle espèce des environs de Madras (opalus, Dup.; olivaceus, Westw.). — Cyphonocephalus, Westw., une espèce (smaragdulus), des Indes orientales, d'un vert métallique clair, avec les cornes de la tête et les tarses brunûtres. — Dicranocephalus, Hope, une espèce (Wallichüi), du Népaul et du nord de la Chine. -— Bothrorhina, Burm., quelques espèces de Madagascar. — Cerathorina, Westw., beau genre africain, renfermant des espèces de grande taille, parées de riches couleurs, et portant des cornes céphaliques assez fortes dans les mâles; on doit probablement y joindre les groupes des : Mecynorhina et Dicranorhina, Hope; Chelorhina, Taurhina, Cælorhina et Stephanorhina, Burm.; Eudicella, White; Megalorhina, Smicorhina, Amaurodes, Cheirolasia et Aphenorhina, Wesiw. — Astenorhina, Westw., une espèce (Turneri), de la côte de Guinée. — Rhomborhina, Hope, auquel M. Schaum réunit les Jumnos et Cosmiomorpha, Saunders, de l'Hindoustan, de la Chine et du Japon.— Tmesorhina, Westw., deux espèces américaines. — Chordodera, Burm., deux espèces de la côte de Guinée. — Heterorhina, Westw., genre comprenant beaucoup d'espèces de taille moyenne, remarquables par leur coloration, propres à l'Afrique et aux Indes orientales, et qui ont été réparties par quelques auteurs dans les groupes spéciaux des Coryphocera, Plæsiorhina, Gentodonta et Dymusia, Burm.; Dyceras, Gory et Perch.; Anomalocera, Westw., et Trigonophorus, Hope.

7° groupe, Crémasrocmures : mandibules à partie cornée externe élargie, arquée au bout, em - Lrassant la lame membraneuse interne; mâchovres à lobe externe denté où peu pénicillé; menton

convexe ou tuberculeux, muni intérieurement d'une plaque ou d'une cupule; corselet laisiunt l'écusce 8

son libre; saillie sternale faible ou même nulle. — Ces Coléoptères, assez abondamment répandus en Afrique, dans les Indes orientales et en Amérique, mais que l’on ne retrouve pas en Europe, sont ceux des Cétonides qui, par l’organisation, se rapprochent le plus des Mélolonthides; ils ont un faciès particulier et sont, en général, d'assez petite taille.

Le genre le plus anciennement connu est celui des CRÉMASTOCHILES, Cremastochilus, Knoch (Neuw. Beitr.), que l'on écrit parfois Cremastocheilus, remarquable par sa tête courte, oblique où presque verticale, renflée sur le vertex, et surtout par son menton consistant en une très-courte tige portant une cupule plus où moins concave formant la cavité buccale : les espèces à corps assez épais, revêtues de téguments épais, d'un noir uniforme ou d’une couleur grisètre, vivent sur les arbres ou dans les fourmilières, et sont toutes propres aux États-Unis d'Amérique, à l'exception d'une seule, qui provient du Mexique. — Parmi les autres genres du même groupe, qui se rapprochent plus ou moins des Crémastochiles ou des Cétoines, nous citerons ceux qui suivent: Psilocnemis, Burm. (Leucosticta), des États-Unis. — Cyclidius, Mac Leay, deux espèces de la Guyane. issogenius, Schaum (Chtonobius, Burm.), de l'Afrique australe. — Trichoplus, Burm., genre dans fequel il n’y a que trois articles aux tarses, et qui ne renferme que le Crem. lœævis, Gory et Perch., des environs du cap de Bonne-Espérance. — Scaptobius, Schaum, quelques espèces ayant la même patrie que celles des génres précédent et suivant. — Genuchus, Kirby. — Cænochilus, Schaura, d'assez nombreuses espèces africaines et indiennes. — Pilinurqus, Burm., une espèce (C. hirtus, Gory et Perch.), du Sénégal. — Hoplastomus, Mac Leay, deux espèces de Sénégambie. — Spilophorus, Westw., Schaum, quelques espèces de l'Afrique australe et des Indes orientales. — Centrognathus, Guérin, une espèce (subrugosus), de l'ile Poulo-Pinang. — Ptychophorus, Schaum, d'Afrique. — Rhagopteryx, Burm., une espèce (Brahma, Gory et Perch.), de Java. — Macroma, Gory et Perch., une quinzaine d'espèces d'Afrique, des Indes orientales et de la Chine.

2° division, Triemmes. — Les dernières espèces de Gétonides qu’il nous reste à indiquer se rapportent au genre Trichius, de Fabricius, et constituent, pour quelques entomologistes modernes, une sous-tribu spéciale, ayant pour caractères principaux : épimères mésothoraciques sümplement ascendantes, invisibles d'en haut; écusson cordiforme, rarement en triangle rectiligne; élytres non soudées latéralement; presque jamais de saillie sternale.

Fig. 05. — Trichius fasciatus. Fig. 64. — Cremastochilus torulosus. Fig. 65. — Gnorumus nobilis

Les Trichides sont des Insectes de taille généralement moyenne, quoique quelques-uns d'entre eux soient assez petits. [ls sont peut-être moins remarquables que les Cétonides, sous le rapport de leur système de coloration; cependant on en connait de très-brillantes espèces. On les trouve sur les fleurs et sur les arbres, dans l'intérieur desquels leurs larves vivent habituellement. Comme nous l'avons dit, on a donné l'histoire des métamorphoses de tous les genres européens; les larves se rapprochent beaucoup de celles des Cetonia, dont elles ont toutes les habitudes, mais elles s'en distinguent essentiellement par leur tête plus grosse, dont le diamètre égale presque celui du corps. On trouve des Trichides dans toutes les parties du globe : ils sont surtout assez communs spécifi-

quement en Afrique; l'Europe en possède plusieurs, ainsi que l'Amérique, mais l'Australie, et surtout les Indes orientales, cette dernière si riche en Cétonides, n’en renferment pas beaucoup. On les rencontre habituellement exposés à l’ardeur du soleil, et, par conséquent, ils sont essentiellement diurnes. On y admet actuellement une quinzaine de genres.

Le type est le genre des TRICHIES, Trichius, Fabr. (Systema entomologiæ), qui se distingue surtout par son corps assez épais et très-court, et par la brièveté de l'arrière-tronc relativement au corselet et à la tête réunis, comprend de jolies espèces, de taille généralement moyenne, et pouvant être réparties en trois subdivisions particulières : 1° Trignopeltates, Burm., à jambes antérieures bidentées dans les mûles et tridentées dans les femelles, et à vestiture consistant en écailles sans mélange de poils : espèces américaines, ornées sur le corselet de lignes formant un triangle renversé : type, T. delta, Fabr.;.2 Trichius, Burm., à jambes antérieures bidentées dans les deux sexes, et à corps entièrement, sauf les élytres, couvert de poils plus où moins longs : espèces de l'Amérique du Nord et de l’ancien continent. Parmi ces dernières nous possédons plus ou moins communément en Europe les T. fasciatus, Linné; zonatus, Pallas; gallicus, Heer, ete.; 3° Dialithus, Parry, à chaperon allongé au lieu d'être transversal, et fortement-bidenté : une seule espèce, D, magnificus, dont on n’a décrit qu’un seul sexe, la femelle, et qui est propre au Mexique. — Les autres genres de Trichides sont les suivants : Calometopus, Blanch., une espèce (Senegalensis), un peu plus grande et plus allongée que nos Trichies d'Europe. — Valgus, Scriba (Acanthurus, Kirby), genre médiocrement nombreux, mais semblant cosmopolite, car on en connaît des espèces dans une grande partie de l’ancien continent, dans l'Amérique du Nord et en Australie: leurs élytres sont três-planes, et tous sont noirs, couverts d'écailles blanches ou jaunâtres, parfois fasciculées çà et là, et formant des bandes ou des taches irrégulières : une espèce (hemipterus, Linné) abondante dans toute l'Europe, offre, chez la femelle, à l'extrémité du corps, une tarière grêle et horizontale, dont elle se sert pour percer le bois mort dans lequel elle dépose ses œufs : une autre espèce, l'argillaceus, Hope, du Bengale, est le type d’un genre Oreoderus, fondé sur des particularités tarsiennes peu importantes — Gnorimus, Lepelletier et Serville (Aleucostictus, Curtis), espèces assez grandes, de forme large, mais peu épaisse, glabres en dessus et plus ou moins villeuses en dessous, à livrée consistant en taches blanches sur un fond uniforme noir ou d’un vert doré : les élytres seules étant parfois fauves; se trouvent sur les fleurs dans les régions méditerranéennes, et, en outre, dans l’intérieur de l'Europe et en Asie : une seule espèce étant propre à l'Amérique du Nord (maculosus, Knoch); le type, que l’on rencontre communément dans nos environs, est le G. nobilis, d'un vert métallique. — Stegopterus, Schaum, groupe qui, dans l'Afrique australe, représente les Gnorimes. — Eriopeltastes, Burm., une espèce de Natal. — Agenius, Lepell. et Serv. (Stripsipher, Gory et Perch.), auquel on peut joindre les genres Stringophorus et Clastocnemis, Burm., et qui comprend quelques espèces africaines, toutes des régions australes, à l'exception de l'A. latipennis, Blanch., du Sénégal.— Myoderma, Dej., Burm., une espèce (C. alutacea, Schonh.) de la côte de Guinée. — Platygenia, Mac Leay, un petit nombre d'espèces de la côte occidentale de l'Afrique. — Osmoderma, Lepelt. et Serv., Insectes assez grands, massifs, tous glabres ou d’un noir uniforme, parfois accompagné de reflets bronzés plus prononcés chez les mâles que chez les femelles: ces dernières plus rugueuses et plus ponctuées que les autres; ils sont lents dans leurs mouvements, se tiennent immobiles sur les troncs des arbres, et s’écartent peu de ceux dans le bois vermoulu desquels ils ont subi leur métamorphose; ils exhalent une odeur prononcée de cuir de Russie, et se nourrissent de la séve qui découle des vieux arbres; les femelles diffèrent notablement des mäles : aussi a-t-on, à tort, fait des espèces nominales avec elles; ils habitent l’Europe et l'Amérique du Nord, et l'on en connait trois espèces bien authentiques, dont la principale est l'Osmoderma eremita, Linné, grande espèce brunâtre, particulière au midi de la France, et que l’on a prise trois ou quatre fois dans la forêt de Fontainebleau. — Inca, Lepell. et Serv., groupe semblant, parmi les Trichides, remplacer les Goliathides de la division des Cétonides, et formé d’espèces de grande taille, à système de coloration varié, mais consistant habituellement en gouttelettes, taches ou bandes irrégulières formées par une sorte d'enduit très-fin, sur un fond vert bronzé passant au rougeñtre; ces Insectes, malgré leur forme massive, volent assez bien pendant l’ardeur du jour et se trouvent sur les fleurs, tandis que le matin on les rencontre accrochés aux feuilles des arbres: on en indique une dizaine d'espôces (type, I. chlathratus, Oliv.), toutes de l'Amérique méridionale, à l'exception d'une, qui provient de

la côte de Guinée. — Cælocratus, Burm., groupe peut-être plus rapproché des Trichius que des Inca, et qui a pour type et espèce unique l'I. rufipennis, Gory et Perch., de l'intérieur du Brésil.

2e tribu, GLapnyripes : mandibules cornées; lèvre inférietre bifide, ayant ses deux divisions habituellement saillantes au delà de l'extrémité du menton; élytres entr'ouvertes à leur extrémité.

Ainsi que nous venons de la caractériser, cette tribu comprend, sauf les Ischrostomites que nous avons laissés parmi les Cétonides, les espèces qu'y place M. É. Blanchard, et qui peuvent être subdivisées en deux groupes, les Glaphyrites où Amphicomites et les Pachyenémites. Ces Insectes ont entre eux d'assez grands rapports naturels, et tendent à lier les Cétonides aux Mélolonthides; cependant, ainsi que Île fait très-bien observer M. Th. Lacordaire, dans une classification comme la sienne, ayant pour base la position des stigmates abdominaux, les deux divisions qui constituent les Glaphyrides doivent être très-éloignées l’une de l’autre. En effet, les Glaphyrites sont des Laparostictiques, car ils ont tous les stigmates abdominaux situés sur la membrane connective des arceaux ventraux et dorsaux de l'abdomen, et les Pachyenémides, à stigmates abdominaux en partie situés sur la membrane connextive des arceaux ventraux et dorsaux de l'abdomen, en partie sur les premiers mêmes, sont les Pleurostictiques.

Les Glaphyrides sont des Coléoptères de taille moyenne; leurs téguments sont ordinairement minces et flexibles, plus ou moins couverts de pubescence; leurs couleurs sont variées, souvent uniformes, et ne présentant pas de dessins sur un fond uni. Les différences sexuelles ne sont pas apparentes ou, au moins, peu sensibles. On ne connaît pas leurs métamorphoses, et le nombre des espèces, répandues sur tout le globe, sauf en Australie, n’est pas très-considérable. On les partage en doux groupes.

4% groupe, GLapuyrires : languette membraneuse bilobée; mâchoires à lobes inermes: l'externe très-long; mandibules et labres cornés, à découvert; antennes composées de neuf à dix articles, sur lesquels la massue en compte trois; hanches antérieures coniques, très-saillantes : intermédiaires longitudinales; tarses très-longs. — On n’admet dans cette division qu'une dizaine de genres, dont les espèces sont propres à l'Amérique, sauf celles de deux groupes, qui sont confinées en Asie et sur le périple de la Méditerranée.

Les deux genres principaux sont ceux des : 1° GLAPHYRE, Glaphyrus, latreille (Genera Crust., et Ins., 1807), à mandibules dentées, à cuisses postérieures très-renflées dans les mâles, à téquments assez solides, ete.; ces Insectes, qui ont des couleurs variant du vert au bronzé, au bleu, au doré, se trouvent en général dans les pays montagneux, sur les fleurs, principalement sur celles des chardons, et sont répandus depuis le midi de la Sibérie jusque dans le nord de l'Afrique (type, G. varians, Ménétr., de la Turquie): une espèce asiatique (micans), décrite par Faldermann, est devenue pour Jui le type d'un genre Pachymerus. Et 2° AMPHICOME, Amphicoma, Latr. (Genera Crust. et Ins., 1807), à mandibules fortement dentées intérieurement, à mächoires ayant une palelte très-longue, pointue; à massue antennaire triarticulée, presque solide, à téguments assez mous, ete.; ces Insectes, plus petits que les précédents, ont le corps allongé ou assez court, et hérissé partout de poils longs, fins et redressés, sauf sur les élytres, où ils sont couchés et disposés en. bandes longitudinales; leurs couleurs sont en général métalliques et excessivement variables; ils habitent les mêmes pays que les Glaphyrus, vivent sur les fleurs, et multiplient tellement, qu'au printemps ils couvrent des espaces considérables; comme types nous nommerons les À. Lasserü, Germ., de l’Europe méridionale, et vulpes, Fabr., de la Grèce; parmi les espèces, assez difficiles à caractériser, de ce groupe, on a cru devoir distinguer les genres Psilodema, Blanch., et Eulasia, Truqui.

Parmi les autres genres du groupe nous nommerons ceux des: Lichnanthe, Burm., qui ne comprend que le L. vulpina, Hentz, assez grand, noir, avec les élytres brunâtres, partout hérissé de poils fauves, représentant, dans une grande partie des États-Unis d'Amérique, les Amphicomes de l'ancien continent. — Anthypna. Eschs., Latr., deux espèces : les À. Carcelli, Cast., et abdominalis, Fabr., propres à l'Italie, mais dont la dernière étend son habitat jusque dans le sud de l'Allemagne, qui sont moins poilues que les Amphicomes, volent dans les clairières des bois en mai et juin, et

Fig. 1. — Pantolia striata Fig. 2 — Eliesst refulgens

Pis. 4, — Lomoptert magnifica

dont les femelles, au rapport de M. Ghiliani, s’enfonceraient dans le sol, à la manière de celles des Cébrio et y attendraient la recherche des mâles. — Crastoscelis, Erichson (Arctodium, Dej.), semblant exclusivement propre au Chili. — Lichnia, Erich., ne renfermant que le L. discolor, du Chili. — Dasychæta, Erich., différant très-peu des deux genres précédents, et formé uniquement d'une espèce propre au Pérou.

Peut-être doit-on encore placer ici, à moins qu’on ne les range parmi les Mélolonthides, les deux cenres : Chamatopterus, Lepell. et Serv., qui comprend une dizaine de petites espèces propres à l'Europe australe, se trouvant parfois réunies en grande quantité sur les fleurs types, C. hirtulus, villosulus et pilosulus, Niger, les deux premiers du Portugal, et le dernier du midi de l'Espagne; et Chnaunanthus, Burm, ne renfermant qu'une seule espèce (C. daiscolor) du Mexique.

2 groupe, Pacuyenémires : languette corace ou membraneuse, distincte du menton, bilobée; écusson grand, en triangle rectiligne très-allongé, hanches intermédiaires assez fortement séparées. — Une dizaine de genres assez difficiles à distinguer, et dont toutes les espèces sont particulières à l'Afrique australe.

Le genre typique est celui des PACHYCNÈMES, Pachycnema, Lepell. et Serv., à antennes de dix articles avec la massue globuleuse; à lèvre inférieure longue; palpes très-courts; mächoires mutiques; pattes postérieures très-renflées : on en connait une quinzaine d’espèces, pour la plupart d'assez grande taille, ornées, en dessus, d'un dessin très-varié formé par les écailles dont ils sont plus ou moins revêtus (P. crassipes, Fabr.). — Les autres genres sont les suivants : Hoploscelis, Dej., Burm., quatre ou cinq espèces (hylaæ, Fabr.), de couleurs opaques, ne variant que du noir au brun rougeûtre. — Stenocnema, Burm., ne renfermant que le Pachycnema pudibunda, Dej. — Eriesthis, Dej., Burm., cinq ou six espèces assez robustes. — Lepitrix, Lepell. et Serv., groupe peu nombreux et au moins très-voisin du suivant. — Peritrichia, Burm., à espèces ayant le corps uniformément revêtu de poils fins, assez courts. — Pherocoma, Blanch., petit groupe peu distinct du précédent. — Anisonyx, Latr., une douzaine d'espèces (types, ursus, lynæ, crinitus, Fabr.), encore plus velues que les Amphicoma, communes sur les fleurs, et offrant souvent des écailles assez caduques en dessus et d’un vert doré ou cuivreux. — Chasme, Lepell. et Serv., genre anormal semblant se rapprocher de celui des Chasmatopterus, mais à écusson en triangle rectiligne, et ne renfermant que deux espèces de taille moyenne (decora, Wied., et nobilitata, Burm.).

3° tribu, Mécoronmnipes : corps assez peu allongé; tête carrée ou largement arrondie; lanquette cornée et soudée au menton, coriace où membraneuse et libre; mandibules ne débordant pas le chaperon, qui est souvent séparé du front par une suture; labre habituellement distinct; antennes ordinairement de neuf articles, mais parfois de sept, huit ou dix : massue composée de trois à sept articles; turses à crochets variables; les trois dernières paires de stigmates abdominaux divergeant un peu de dedans en dehors.

Les Mélolonthides, ou tout au moins quelques-uns d’entre eux, peuvent être pris pour types de l'ordre tout entier des Coléoptères, car c'est parmi eux que se trouvent les Hannetons ou Mélolonthes, si connus de tout le monde. Si, d’une manière générale, les Insectes de cette tribu se distinguent de ceux des autres grandes divisions des Scarabéiens par les caractères principaux que nous venons d'indiquer, ils diffèrent cependant assez notablement entre eux, suivant les groupes principaux dans lesquels ils sont distribués, ainsi que nous allons le dire.

Le corps est habituellement gros et peu allongé. La tête est souvent carrée ou largement arrondie en avant des yeux et rebordée antérieurement. Presque toujours il y a une suture très-manifeste ou une carène entre le chaperon et le front. Les yeux sont ordinairement gros, presque globuleux, un peu granulés et partiellement engagés dans le corselet. Les antennes ont souvent neuf articles, et parfois un ou deux de moins ou un de plus, et, sur ce nombre, trois à sept forment la massue, qui est toujours lamelliforme dans les mâles, et généralement plus allongée que dans les femelles. Les organes buccaux varient assez considérablement; la lèvre est presque toujours entièrement cornée; la languette est cornée et soudée au menton, ou bien coriace ou membraneuse et libre; les mà-

62 à HISTOIRE NATURELLE.

choires sont plus ou moins fortes, à lobe interne non distinet et à lobe externe fixe, court, voûté, glabre, denté; les mandibules, souvent triquètres, arquées, comme échancrées dans Jeur milieu en dedans, sont, dans quelques espèces, irrégulièrement trigones, rarement terminées par un crochet distinet; le labre est très-variable, et sert dans la caractéristique des genres. Le corselet est habituellement de la même largeur que les élytres. L’écusson, de moyenne grandeur, est cordiforme ou en triangle curviligne. Les élytres laissent à découvert le pygidium et souvent le propygidium, et leurs côtés sont souvent peu développés, de telle sorte que le dos de l'abdomen est parfois seul recouvert. Les pattes de devant sont ordinairement légèrement plus allongées dans les mâles que dans les femelles, et les jambes sont plus robustes et plus fortement dentées dans le dernier sexe que nous venons de nommer. Les hanches antérieures sont coniques et saillantes ou transversales et cachées dans les cavités cotyloïdes. Les quatre jambes de derrière sont tronquées au bout, avec une couronne de cils. Les tarses ont le plus souvent des articles grêles, noueux à l'extrémité, et parfois dilatés aux pattes antérieures et intermédiaires; leurs crochets, quelquefois inégaux, sont simples, fendus au bout ou dentés inférieurement.

Ces Insectes, presque constamment de taille moyenne, ne sont qu'accidentellement grands ou, au contraire, petits. Leur système de coloration est ordinairement assez sombre, brunâtre, souvent uniforme; dans quelques cas néanmoins, il présente des teintes métalliques. Leur coloration n’est que très-rarement due à leurs téguments, et, presque toujours, elle est produite par les écailles et les poils dont ils sont habituellement revêtus. Leur régime est toujours végétal : les espèces chez lesquelles les mâchoires sont robustes et dentées sont essentiellement phyllophages, et celles dans lesquelles ces organes sont plus faibles, se bornent à vivre aux dépens des fleurs. Ils se rencontrent, pour le plus grand nombre, à découvert et à l'air libre, mais quelques-uns se trouvent plus ou moins enfouis dans le sable ou dans la terre. Pendant le jour, la plupart d’entre eux restent cachés ou immobiles sur les végétaux, attendant, pour prendre leur essor, que le crépuscule ou la nuit soient arrivés. Chez eux, les élytres ne sont pas soudées ensemble, et ils peuvent les élever et les écarter pour voler, ce qu'ils font avec une assez grande facilité. Tout le monde a pu voir, le soir, pendant l’été, nos Hannetons et de plus petites espèces qui portent le nom de Rhizotrogues, voler en essaims nombreux autour des arbres et des arbrisseaux. Un organe de stridulation a été signalé par Erichson dans une espèce de cette tribu, dans le Polyphylla fullo. Quant à la distribution géographique des espèces, on ne peut rien dire de général; elles se trouvent en effet répandues dans toutes les contrées du globe, et, comme beaucoup d’autres Coléoptères, sont plus abondantes dans les régions chaudes et humides que dans les contrées froides : ce qui est en rapport avec la végétation, beaucoup plus riche dans les premiers pays que nous avons cités que dans les seconds.

Les métamorphoses de quelques espèces de ce genre ont été étudiées. C’est ainsi que l’histoire du Hanneton commun ou Melolontha vulgaris, commencée par Gœdart, Ræœsel, de Géer, Herbst, Genster, Latreille, Ramdohr, Suckow, Kirby, de Haan, Westwood, a été donnée plus complétement par MM. Kollar, Ratzeburg, Mulsant et Erichson, et que quelques points de celle d'une autre espèce anciennement placée dans le même genre (M. puncticollis, d'Amérique), aujourd’hui type du groupe générique des Ancylonicha, ont été signalés par M. Silliman. MM. de Haan, Mulsant et Erichson ont fait connaître les transformations du Polyphylla fullo. Trois espèces de Rhixotrogus ont été étudiées sous le même point de vue : le R. solsttialis, par Frisch, MM. Bouché et Erichson; le R. ruficornis, par Germar, et le R. marginipes, par M. Rosenhauer. Enfin les larves des Macrodactylus subspinosus, espèce étrangère, ont été signalées par M. Harris; et celles du Serica brunnea, par MM. Saxeser et Erichson. De Haan a également décrit des larves qu’il avait cru devoir rapporter à l’'Hoplia aulica, mais, d'après M. Burmeister, ces larves appartiendraient probablement à quelque espèce de Rhixotrogqus.

Les larves vivent dans le sein de la terre, à une profondeur plus ou moins considérable, et auprès des racines des plantes dont elles font leur nourriture habituelle : ce qui rend plusieurs d’entre elles très-préjudiciables à l’agriculture, d'autant plus qu’elles passent habituellement trois ans avant de se développer complétement. Elles ressemblent beaucoup à celles des Cétonides et des Dynastides, et ne s’en distinguent guère que par leur corps proportionnellement plus allongé, à dernier segment partagé par un sillon transversal, et par leurs mandibules taillées en biseau à leur extrémité, sans aueune trace de dent, et dont la face externe est lisse. Dans la larve du Melolontha vul-

Lé

COLÉOPTÈRES. 65 garis, sur laquelle nous aurons occasion de revenir, le corps, d’un blanc sale et jaunätre à travers lequel on voit, principalement dans le sac, les matières contenues dans l'intestin, est cylindrique et légèrement arrondi à son extrémité; la tête est grande, de la largeur du corps; les palpes maxillaires, à premier article court, ont le troisième article plus court que le deuxième et le quatrième; les antennes sont composées de cinq articles : deuxième et troisième longs, égaux : cinquième plus petit, ovalaire, acuminé; les six premiers segments du corps offrent chacun trois bourrelets, dont le médian plus court que les deux autres : le septième n’a que le bourrelet antérieur, et les deux suivants n’en présentent plus aucune trace; de petits cils redressés et quelques poils isolés sont disséminés sur la partie antérieure du corps; les pattes sont allongées, hérissées de cils, composées de quatre articles : la première paire de pattes est plus courte que les deux autres : un crochet assez allongé se remarque à leur extrémité. Les caractères que nous venons de donner se retrouvent presque complétement dans les larves de Rhixotrogus; il en est à peu près de même de celle du Polyphylla fullo, à l'exception de quelques légères particularités tirées de la proportion des articles antennaires, de la disposition des segments, ete. La larve de la Serica brunnea s'éloigne davantage de celles de la même tribu : le corps est plus velu que dans la larve du Hanneton, le sac offre à la partie inférieure une rangée de courtes épines, et à son extrémité, des poils plus longs et plus serrés que sur les autres parties du corps; l'anus est longitudinal et dépourvu de lèvre inférieure, ete. Dans aucune des espèces observées en Europe la larve ne se fabrique de coque au moment de la métamorphose en nymphe, mais, dans une espèce exotique, l'Ancylonicha puncticollis, la larve, avant de se transformer en nymphe, s'enfonce dans une coque à peu près semblable à celle des Cétonides. Les nymphes, que nous ferons connaître en traitant du genre Melolontha, ne présentent rien de bien particulier, et offrent déjà l'aspect de lInsecte arrivé à l’état parfait, mais enveloppé dans des membranes spéciales. Nous ne nous étendrons pas actuellement davantage sur les métamorphoses des Mélolonthides; c’est en traitant du genre Hanneton que nous compléterons les généralités que nous venons de donner, et que nous parlerons des dégâts produits. par les larves du Melolontha vulgaris, ainsi que des moyens employés pour y remédier.

Fabricius, le premier, en créant le genre Melolontha aux dépens des Scarabæus de Linné, peut être regardé comme le fondateur de la tribu des Mélolonthides, puisque c’est avec le genre fabricien et avec des groupes qui en sont plus ou moins voisins qu’elle est exclusivement formée. Mais le nombre des genres est actuellement très-considérable et au moins d'une centaine : Latreille, Illiger, Mac Leay, Lepelletier et Serville, Erichson, Dejean, MM. de Castelnau, Westwood, White, É. Blanchard, Guérin-Méneville, Burmeister, Mulsant, ete., et beaucoup d’autres, ont successivement créé et caractérisé ces divers genres. Quant à la classification, elle est des plus difficiles, et varie beaucoup suivant les auteurs; les principaux d’entre eux sont les suivants : Erichson (Naturg. der Insect. deutschl., tome Ill), É. Blanchard (Catalogue des Coléoptères du Muséum d'histoire naturelle), et Burmeister (Handb. der Entomology, tome IV, deuxième partie); enfin M. Th. Lacordaire (Genera Coléopt., tome Il) a résumé les travaux de ses devanciers, a caractérisé tous les groupes avec une scrupuleuse exactitude, a pris pour base de sa classification le travail d’Erichson, modifié cependant dans diverses de ses parties, et par des considérations tirées des organes buccaux, de la forme des segments, de celle des pattes, ete., est arrivé à partager cette tribu en huit sous-tribus : Hoplides, Séricides, Séricoides, Mocrodactylides, Clavipalpides, Mélolonthides vrais, Macrophyllides, Pachypodides et Euchirides. Nous suivrons à peu près cette méthode dans notre division en groupes, mais nous tâcherons d'y faire concorder celles de MM. É. Blanchard et Burmeister.

1% groupe, Horures : corps assez court, robuste, rétréci en arrière, petit, recouvert soit d'écailles, soit de poils, soit d'un mélange des uns et des autres; tête petite; languette variable; mandibules très-lamelleuses intérieurement; labre excessivement court, souvent invisible, parce qu'il est caché par le chaperon; mächoires de formes variables; palpes à dernier article plus ou moins fusiforme; antennes presque toujours de neuf articles : la massue en comptant trois, courte, épaisse, serrée dans les deux sexes; élytres presque dépourvues d’épipleures et ne couvrant pas le pygidium; segments ventraux coudés : le sixième très-court, indistinct; pattes semblables dans les deux sexes, ou les postérieures plus fortes dans les mâles; hanches antérieures coniques, saillantes; crochets tarsiens inégaux, le plus gros chéliforme et le plus petit pouvant manquer.

Les Hoplites, dont on connaît une vingtaine de genres, et qui sont nombreux en espèces, se trouvent principalement dans l’Afrique australe et à Madagascar : le genre typique uniquement, celui des Hoplia, semble cosmopolite, et deux autres seulement sont propres à l’île de Java. M. Th. Lacordaire y forme deux groupes spéciaux : 1° les Pacayenémines, à languette coriace où membraneuse, constamment libre, à écusson grand, en triangle rectiligne allongé, et à hanches intermédiaires assez fortement séparées (genres : Chasme, Anisonyæ, Peritrichia, Pherocoma, Lepitrix, Eriesthis, Stenocnema, Pachycnema et Hoplocnemis), et 2° les Hopupes vrais, à languette toujours cornée et soudée au menton, à écusson médiocre ou petit, cordiforme, rarement rectangulaire, et à hanches intermédiaires presque contiqués (genre principal: Hoplia). Pour nous, comme à l'exemple de M.ÉË. Blanchard, nous avons compris les Pachyenémides dans la tribu des Glaphyrides; nous n'avons plus à nous occuper que des Hoplides vrais.

Les genres, rangés de manière à pouvoir joindre les Glaphyrides aux Mélolonthides proprement dits, sont les suivants : Dichelus, Lepell. et Serv., à antennes de neuf articles; palpes à dernier article oblong; cuisses postérieures renflées, surtout dans les mâles, et munies constamment de deux dents; crochets des tarses antérieurs et postérieurs doubles : ceux des intermédiaires doubles ou simples : ainsi constitué, ce genre renferme un assez grand nombre d'espèces propres à l'Afrique australe, et principalement aux environs du cap de Bonne-Espérance, et, selon M. Th. Lacordaire, doit comprendre en tout ou en partie les espèces placées par M. Burmeister, qui supprime le genre Dichelus, dans les groupes des Heterochelus, Encyophanes, Diaplochelus, Platychelus et Mitrophorus, fondés sur des caractères assez variables dans les Mélolonthides, et tirés principalement des organes buccaux; parmi les espèces, de taille moyenne ou petite, nous nous bornerons à nommer, comme type, le Melolontha dentipes, Fabr. — Monochelus, lliger, Lepell. et Serv., se distinguant des Dichelus, dont il partage l'habitat, en ce que les turses postérieurs n'ont jamais qu'un seul crochet, et renfermant des espèces placées par M. Burmeister dans les groupes précédemment indiqués, ainsi que dans celui des Ischnochelus. — Gymnoloma, Dej., Burm., une douzaine d’espèces cafres (type, atomaria, Kabr.), tenant à la fois des Monochelus, dont il a le faciès, et des Hoplia, dont il présento la structure des tarses. — Goniaspidius, Burm., à écusson grand, en, triangle aigu en haut; une douzaine d'espèces du Cap, décrites par M. Burmeister et É. Blanchard, et réparties dans les deux groupes des Goniaspidius et Onocrates, Burm. — Dicranocnemus, Burm., ayant les deux dents terminales des jambes antérieures soudées; quelques espèces de l'Afrique australe, — Nanniscus, Burm., une espèce (Dichelus pulicarius, Dej., du Cap), qui, avec la structure tarsienne des Dicranocnemus, ne se distingue pas à l'extérieur des Dichelus. — Cylichnus, Burm., une espèce (pilosulus) de l'Afrique centrale. — Anisochelus, quelques petites espèces du cap de Bonne-Espérance, ressemblant beaucoup, au premier coup d'œil, aux Chasmes de la tribu des Glaphyrides. — Scelophysa, Dej., Burm., ne se distinguant des Hoplia que par les crochets de tous les tarses doubles, inégaux, fendus aux pattes antérieures, et simples ou fendus aux pattes postérieures; deux petites espèces du Cap (S. militaris, Schænh., et pruinosus, Burm.). — Lepisia, Lepell. et Serv., deux espèces de l’Afrique australe (rupicola, Vabr., et ornatissima, Burm.), ressemblant beaucoup à l'Hoplia argentata. — Dichelhoplia, Blanch., genre voisin des Hoplia, dont il se distingue par la duplicité des crochets des tarses postérieurs, et remarquable par l'habitat des deux espèces qui y entrent, les D. Javanica et Indica, propres aux Indes orientales. — Holiopsis, Blanch., ne différant du genre précédent que par quelques particularités buccales; une espèce (A. fulvovestitus), de Madagascar, — HOPLIA (Hoplia, Niger), genre typique de tout le groupe, ayant pour caractères : corps épais, court ou oblong, parallèle, parfois velu, plus ou moins écailleux; tête médiocre; chaperon de forme variable; menton oblong; mächoires très-dentées; mandibules terminées en pointe arquée; antennes de neuf à dix articles; corselet presque aussi large que les élytres, arrondi sur les côtés; écusson médiocre, en cœur; élytres non rétrécies en arrière; pattes médiocres, les postérieures sans renflement, et à tarses assez robustes, dont les crochets des quatre antérieurs sont doubles, inégaux, tandis qu'il n'y en a qu'un aux postérieurs. Ges Insectes, de taille petite, ont des couleurs uniformes, variées, et leur vestiture les rend quelquefois assez jolis; quelques-uns ont de petits tubercules épineux sur les élytres, et les mâles se distinguent des femelles par une forme généralement plus étroite; les Hoplies fréquentent les fleurs et divers arbres, dont leurs mächoires assez fortes leur permettent d'attaquer les feuilles : quelques-unes se logent sous les pierres et les

bouses desséchées ou dans l’intérieur même de la terre; les espèces, au nombre d'une cinquantaine, sont disséminées dans la plupart desrégions du globe : le périple de la Méditerranée, tant en Europe qu'en Afrique et en Asie, l’île de Madagascar, les parties occidentales de l'Asie, sont les pays où il y en a le plus; viennent ensuite ia Hongrie, la Sibérie, puis l'Amérique du Nord, et, ce qu'il ÿ a de curieux, c’est que les Indes orientales semblent en être tout à fait privées. On y a formé trois divisions, celles des Decamera, Mulsant, à chaperon carré, antennes de dix articles, renfermant surtout les D. brunnipes et argentea, que l'on trouve dans le midi de la France, ete.; Hyperis, Dej., à chaperon un peu relevé, antennes de dix articles, dont les trois derniers forment une mussue un peu moins longue que la tige, type, H. Eversmanni, de Sibérie, et Hoplia, Burm., à chaperon carré, antennes de neuf articles, de nombreuses espèces, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer l'H. farinosu, Linné (squamosa, Fabr.), d’un beau bleu clair brillant, assez commun dans le midi de l'Europe, et que l'on a signalé à Fontainebleau. — Harpina, Burm., une espèce du cap de Bonne-Espérance (vittigera), très-voisine des Hoplia, mais à crochets tarsiens tous entiers. — Dacentrines, Burm., trois espèces de Madagascar, auxquelles on pourrait joindre le Microplus nemoralis, Dej., du même pays. — Microdoris, Dej., Burm., une espèce (M. aquilus, Dej., du Cap). — Paranonca, Cast., genre ne renfermant que le P. prasina, qui doit peut-être être rapproché des liutela.

Fig. 66. — Hoplia pilosa. Fig. 67. — Dicamera argentea.

2° groupe, Sericipes où OMALOPLITES : Corps un peu moins robuste que celui des Hoplites; tête peu développée; languette cornée et soudée au menton : rarement coriace où distincte; mandibules prolongées au côté interne en une lame large et très-mince; labre tout à fait confondu avec le chaperon; hanches : antérieures coniques, saillantes : postérieures très-élargies; segments abdominaux non soudés ensemble. Les Séricites sont tous de petite taille, de teintes uniformes et assez belles; les uns sont diurnes, et les autres crépusculaires; les espèces, quoique assez peu nombreuses, se rencontrent dans toutes les parties du monde. On peut, avec M. Th. Lacordaire, y former plusieurs subdivisions particulières.

La première comprend surtout les genres Serica, Omaloplia et Triodonta. Dans les SÉRICES (Serica, Mac Leay, Horæ entomologicæ), les antennes, de neuf ou dix articles, dont le troisième est peu allongé, ont une massue de longueur variable, de trois ou quatre articles; le chaperon, parabolique et rebordé, est séparé du front par un sillon plus ou moins distinct, ete. Les Insectes de ce groupe, auxquels on peut joindre les genres Omaloplia, Muls.; Serica, Muls.; Camtorhina, Kirby, et Emphania, Erichs., qui ne se distinguent que par le nombre et la disposition des articles antennaires, sont spécifiquement abondants, de taille petite, à peu près glabres, de forme oblongue ou presque parallèle, ovalaire ou à peu près globuleuse; ils sont crépusculaires ou nocturnes, car, pendant le jour, on ne les trouve que sous les pierres, dans le sable ou sur le sol; ils habitent l'ancien

continent, l'ile de Madagascar, les Indes ortentales et l'Amérique du Nord; parmi nos espèces euroc.ÿ 9

péennes nous citerons les S. holosericea, Scopoli; brunnea, Linné, etc. Dans les OMALOPLIES Omaloplia, Meg., Stéph. (Brachyphylla, Muls.), les antennes ont neuf articles, avec la massue triarticulée, oblonque chez les mâles et plus courte chez les femelles, ete.; on n’en connaît que peu d'espèces, exclusivement propres à l'Europe, à l'Asie et à l'Afrique, à habitudes diurnes, et dont le type est l'O. ruricola, Fabr., qui se trouve plus ou moins communément dans toute l'Europe. Enfin dans les TRIODONTES (Triodonta, Muls.), les antennes sont de dix articles, avec les trois derniers formant une massue oblongue chez les mâles et ovalaire chex les femelles, le chaperon est à peine distinct du front, et surtout les hanches intermédiaires sont contigués : une dizaine d’espèces du midi de l’Europe, de l'Orient et de l'Afrique (type, T. aquila, Cast.), diurnes, et entièrement revêtues d'une fine pubescence. Les autres genres sont ceux des: Hymenoplia, Eschs., quelques espèces d'Europe et d'Algérie; type, H. strigosa, Niger, du midi de la France. — Trochalus, Cast., espèces ayant le faciès des Pyrrhus, et habitant le Sénégal et la côte de Guinée. — Pleophylla, Erichs., une espèce du Cap (fasciatipennis, Blanch.).

La deuxième subdivision a pour type le genre ABLADERA, Dej., Erichs., dont on connait une douzaine d’espèces, de forme ovalaire ou oblongue, de couleurs variées, propres à l'Afrique australe, où elles semblent remplacer les Omaloplia et les Triodonta. — D'autres groupes sont les suivants : Camenta, Dej., Erichs., renfermant le C. nigrita, de Natal, qui est peut-être une Abladera, € quelques autres espèces d’après Burmeister. — Abladeroides, Blanch., une espèce (æneus), du Cap.—Athlia, Erichs., ne comprenant que l'A. rustica, commune au Chili.—Ootonemna, Blanch. (Miotemna, Lacord.), une seule espèce bolivienne. — Symmela, Erichs., quelques espèces de l’Amérique du Sud, parmi lesquelles ont été distingués les groupes des Astæna, Erichs., et Temnostona, Blanch.

La troisième subdivision n’est composée que du genre PHYLLOTOQUE Phyllocus, Fischer de Waldhein. (Macrothops, Mac Leay), à languette coriace, distincte du menton, à mäâchotres ayant le lobe externe membraneux, inerme, à hanches postérieures très-grandes, ete.; quelques espèces (type, præustus, Boisduval), de l'Australie, assez peu robustes, parlois à téguments assez mous, plus ou moins allongés, et de colorations fauve et noire.

La quatrième subdivision a pour type unique les DIPHUCEPHALES Diphucephala, Dèj., Lepell. et Serv., chez lesquels la languette est cornée, soudée au menton, les mächoires à lobe externe denté, l'épistome double, le chaperon fendu, avec les angles souvent prolongés en pointe, et les tarses à crochets fortement bifides, les hanches postérieures étroites, ete.; ces Insectes, dont on connaît une vingtaine d'espèces, principalement d’après la monographie de M. Waterhouse, sont spécialement propres à l'Australie, où il paraît que la plupart sont très-communs et pullulent considérablement; ils sont de petite taille, et remarquables par l'éclat de leurs couleurs, ordinairement d’un beau vert métallique, passant souvent au cuivreux ou au doré le plus éclatant, et présentant des écailles blanchâtres en dessous (type, colaspidoides, Schænh.).

La cinquième subdivision renferme uniquement le genre MÆCHIDIUS, Mac Leay, à languette soudée au menton; mächoires à lobe externe denté; épisitome simple; antennes rétractiles dans le corselet pendant le repos; hanches postérieures étroites : de forme oblongue, à coloration d’un brun noirätre ou rougeàtre uniforme; une dizaine d'espèces vivant probablement à terre, et ne se servant : que rarement de leurs ailes.

5° groupe, Sercoïres, se distinguant surtout des Séricites par leur labre bien distinct du chaperon, habituellement court et peu échancré. — Plus nombreux que les Séricites, leurs formes sont aussi plus variées; sauf un genre propre à l'Europe méridionale, et deux particuliers à l'Amérique du Nord, les autres se rencontrent exclusivement en Australie, à la Nouvelle-Zélande ou dans certaines parties de l'Amérique du Sud. Les genres principaux, qui forment des divisions particulières pour M. Th. Lacordaire, sont ceux qui suivent :

Genre PACHYTRICHIA, Hope, à languette membraneuse, distincte du menton, qui est fortement bilobé; mächoires à lobe externe inerme; à labre très-saillant, horizontal, bilobé, qui ne renferme qu'une rare et belle espèce d'Australie (P. castanea), en entier d’un brun marron, plus obseur par places et revêtue en dessous de poils grisätres, abondants.

Genre ACLOPUS, Erichs. (Lasiopus, Dej.), différant surtout du groupe précédent parce que le menton est entier, et dont l’abdomen est très-court : quelques rares espèces provenant de la partie méridionale du Brésil. —Un genre voisin est celui des Phænogantha, Hope (une espèce, Érichsonti, d'Australie).

Genre CHASMATOPTERUS, Lepell. et Serv., dans lequel l’abdomen est de longueur ordinaire : ce sont de petites espèces propres à l’Europe méridionale, se trouvant quelquefois réunies en grande quantité sur les fleurs, brunâtres, avec les élytres plus claires, les téguments entièrement velus, et qui sont habituellement placées auprès des Amphicoma : nous citerons les C. hrtulus et villosulus, Illiger, du Portugal et de l'Espagne, et pülosulus, [lig., de ce dernier pays et du midi de l'Europe. — On en rapproche, comme nous l'avons dit précédemment, le groupe des Chaunanthus, Burm., qui ne renferme qu’une seule espèce (discolor, du Mexique).

Fig. 68. — Heteronyx australis. Fig. 69. — Sericoides glacialis. Fig.70. — Omaloplia unguicularis.

Genre STETHAPIS, Hope (Micronyx, Boisduval; Paranonca, Cast.), à languette cornée, soudée au menton, ayant une forte saillie sternale : une seule espèce (suturalis, Fabr.), ayant le faciès de certaines Rutèles, et provenant de la Nouvelle-Zélande. — Trois genres en sont voisins : Pyronota, Boisd. (Calonota, Hope), renfermant quelques espèces de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle- Zélande, dont la principale est le P. festiva, Fabr., très-remarquable par sa couleur d'un vert cuivreux avec des reflets opalins, et Colymbomorpha, Blanch., une seule espèce (lineata, d'Australie), qui, comme l'indique son nom générique, a un peu l'aspect d’un Colymbetes. — Xylonychus, Mac Leay, un petit nombre d'espèces de la Nouvelle-Hollande.

Genre HETERONYX, Guérin, qui, ainsi que les groupes qui vont suivre, ont, avec la languette cornée, soudée au menton, un labre court ou médiocre, presque horizontal, peu échancré et ne présentant pas de saillie sternale, et qui offrent en propre des jambes antérieures courtes, larges, fortement tridentées, à dent supérieure très-petite, les quatre jambes postérieures bicarénées ou spinusulées : des tarses gréles, longs, avec les crochets tantôt plus ou moins bifides au bout ou simples : ce genre, qui correspond à ceux des Silopa, Erichs.; Aplopsis, Blanch., et peut-être aussi Hostilina, Blanch.; et qui peut être partagé en Heteronyx, à neuf articles aux antennes, en Caulobius, Le Guillon, à huit articles antennaires, et en Colpocrania, Erichs., comprend un assez grand nombre d'espèces, toutes australiennes, de taille petite ou moyenne, oblongues ou convexes, à teinte uniforme, ne variant que du brun noirâtre au ferrugineux (type, H. australis, Guérin). — Parmi les groupes nombreux voisins de celui-ci, et qu'on en rapproche, nous citerons ceux qui suivent : Euwrychelus, Blanch., une espèce d'Australie. — Odontria, White, auquel on peut joindre les Eusoma, du même auteur, de la Nouvelle-Zélande. — Blachyphylla, Hombron et Jacquinot (Aplodema, Blanch.), deux espèces : l’une du Chili (magellanica), et l'autre de Bolivia (augustata). — Telura, Erichs., une espèce de Tasmanie. — Nepytis, Erichs., ne comprenant que le N. russula, du même pays que le groupe précédent. — Biphyllocera, White (Diphyllocera, Erichs.), une seule et rare espèce d'Australie. — Diophylla, Erichs., type unique, hispida, du Pérou. — Colpochila, Erichs., Blanch. (Sericesthis, Hope), quelques espèces d'Australie. — Aplonycha, Dej., et Colobostoma, Blanch., qui diffèrent peu du groupe précédent, et proviennent du même pays, de même que les Scitala, Erichs. — Liparetrus, Mac Leay, nombreux en espèces, tot tes d'Australie, de même

que le genre Comophorus, Blanch., qui n’est formé que d'une seule et petite espèce (testaceipennis), et que les genres Microthopus et Antomolus, Burm.— Heptamera, Blanch., une seule espèce (metallica), remarquable par son habitat, car, au milieu d'espèces australasiennes, elle provient de Madagascar. — Phytolæmu, Dej., une espèce (mutabilis, Solier), qui n’est pas rare dans le midi du Chili, et qui, par plusieurs de ses caractères, se rapproche des Rutélites, et principalement du genre Areoda, à côté duquel ce groupe est souvent placé par les auteurs.

Genre SÉRICOIDES, Guérin, qui, avec les caractères des Hétéronyx, s'en distingue par son labre grand, vertical, bilobé, et qui comprend quelques espèces de l'Amérique du Sud, dont le type est le Melolontha glacialis, Fabr., du détroit de Magellan, remarquable par sa forme allongée et sa couleur d'un cuivreux violet obseur : M. Hope en sépare un genre Macrosoma. — D'autres genres, qui s’en rapprochent, sont ceux des Accia, Curtis, une espèce (lucida), de Patagonie. — Listronyx, quelques espèces du détroit de Magellan et du Chili; type, testacea, Fabr.— Maypa, Blanch., une espèce (chloroshcta), du Chili. — Dichelonyca, Harris (Anæretes, Dej.), une dizaine d'espèces de l'Amérique du Nord, et une seule (violaceipennis, Blanch.), propre à l'Amérique méridionale.

4° groupe, MacropacrviTes : à corps petit, allongé; à languette soudée au menton, qui est oblonqg-ovale, canaliculé ou quadrangulaire, sans sillon; à mächoires avec leur lobe externe denté; à mandibules un peu amincies intérieurement et à extrémité libre, arquée; à labre distinct, quoique court; à antennes ordinairement de neuf articles; à hanches antérieures coniques, saillantes; à tarses ayant leurs crochets parfois inégaux; à segments abdominaux non soudés ensemble, et les cinquième et sixième, mesurés ensemble, souvent plus grands que les autres. — Les Scarabéiens de ce groupe, tel que nous venons de le caractériser d’après M. Th. Lacordaire, ne se distinguent quelquefois pas très-facilement de ceux qui constituent le groupe des Séricoïdes. Leurs habitudes sont peu connues : on dit cependant que quelques-uns d’entre eux, comme les Macrodactyles, sont diurnes, et se trouvent sur les fleurs, tandis que d’autres, les Ancvstrosomes, par exemple, sont crépusculaires. On en connaît une grande quantité d'espèces qui, toutes, à l'exception de celles du genre Dejeania, qui proviennent des Indes orientales, sont particulièrement propres à l'Amérique, et en particulier aux régions méridionales. Parmi les vingt-cinq genres qu’on y admet, on pourrait y former quatre divisions, ayant pour type les genres Macrodactyles, Dicranie, Céraspide et Philochlène.

Genre MACRODACTYLE Macrodactylus, Latr., (Fam. nat. du règne animal, 1895), ayant surtout les tarses gréles, ciliés : quatre postérieurs très-longs, et tous à crochets longs, plus où moïns fendus au bout, les yeux oblongs, peu saillants; on en connait une trentaine d'espèces, à corps svelte et élégant, en rapport avec la gracilité de leurs pattes, d’assez petite taille, de couleurs varices, parfois métalliques et revêtues de poils disposés uniformément ou formant des lignes régulières sur les élytres : ces Insectes sont répandus dans toute l'étendue de l'Amérique et aux États- Unis; une des espèces, le M. subspinosus, Fabr., est regardée comme très-nuisible, car, certaines années, se multipliant outre mesure, elle attaque toutes les plantes, et plus particulièrement les arbres fruitiers, la vigne et les rosiers. — D'autres genres, voisins du précédent, sont ceux des : Schizochelus, Blanch., du Brésil; Chremastodus, Solier, du Chili, et Calodactylus, Blanch., ne comprenant que le C. tibialis, du Brésil. — Un autre groupe, surtout caractérisé par ses yeux arrondis, saillants, et par sa forme courte, carrée, plane en dessus, est celui des Isonychus, Mannerheim, comprenant des espèces abondantes des contrées intertropicales de l'Amérique méridionale, dont le type est l’I. sulphureus, à couleurs et disposition du corps rappelant le genre Hoplia On peut y joindre encore les Corminus, Microcrania, Hercitis, Burm., ete.

Genre DICRANIA, Lepell. et Serv. (Carteronyx, Dej.), à pattes robustes, surtout les postérieures, à tarses médiocres, plus ou moins comprimés, à chaperon bidenté, ete., comprenant des espèces des plus anormales pour des Mélolonthides, toutes propres au Brésil, auxquelles on doit joindre les Monocrania, Cast., et peut-être les Liogenys, Guér.; on doit en rapprocher encore le groupe des Dasyus, Lepell. et Serv.

Genre CÉRASPIDE, Ceraspis, Lepell. et Serv. (Encycl. méthod.), à stylet onguéal allongé; corselet muni à la base d'une dent placée dans l’échancrure de l'écusson; Insectes assez grands, couverts d’écailles serrces, ornés de couleurs formant un dessin varié, propres à l'Amérique du Sud,

Mig, 1 Hypselogenia concava QE

ayant pour type le C. bivulnerata, Germ. On joint dans une même division naturelle les genres : Ancistrosoma, Curtis, Scarabéiens de forme oblongue et très-robuste, d’un brun noirâtre brillant, propres aux parties occidentales du Pérou et de la Colombie. — Faula, Blanch., du Brésil. — Manopus, Cast., une espèce (biguttatus), de Colombie. — Chariodemu, Blanch., quelques espèces de l'Amérique méridionale. — Dejeania, Blanch.; genre remarquable en ce que c’est le seul de cette division qui ne soit pas américain, espèce unique, D. alsiosiu, du Bengale.

Genre PHILOCHLÆNIA, Blanch. (Rhizonemus, Dej.), à menton plus ou moins carré, non canaliculé; renfermant des espèces d'assez grande taille, assez robustes, de couleurs variables, souvent métalliques, particulières au Brésil (type, virescens, Dej.). — Des genres assez nombreux, tous brésiliens ou au moins de l’Amérique du Sud, sont rangés dans la même division que les Philochlénies; tels sont les suivants : Demodema, Blanch., deux espèces. — Harpodactyla, Burm. — Ctenotis, Burm.— Anomalochilus, Blanch., une petite espèce (singularis). — Plectris, Lepell. et Serv., assez nombreux spécifiquement. — OEdichira, Burm. — Pseudoserica, Guérin, et Euryaspis, Blanch., groupes que l'on doit peut-être réunir au précédent. — Barybas, Dej. (Colporhina, Curtis), deux espèces seulement. — Ulomenes, Blanch., type unique, l'Hyporhiza hypocrita, Dej. — Rhinaspis, Perty (Mallogaster, Dej.), un bel Insecte cuivreux doré (Schranckii, Perty; metallica, Dej.). — Alvarinus, Dej., quelques espèces. — Anoplosiamus, Blanch., cinq à six espèces. — Blepharotoma, Blanch., ne comprenant. que le B. tarsalis. — Gama, Blanch., ayant pour type le Philochlænia grandicornis, Dej. — Chlænobia, Blanch., une assez grande espèce (ciliatipes). — Mallotarsus, Blanch., une seule espèce.

5° groupe, Cravipazrires : à languette soudée au menton, qui est quadrilatère; à mächoires ayant le lobe externe denté; à mandibules amincies à l'intérieur; à labre distinct, court; à palpes maxillaires avec le dernier article grand, ovalawre, excavé ou sillonné en dessus; à tarses antérieurs dilatés et garnis de brosses en dessous chez les mûles : simpies ou un peu dilatés chez les femelles; à segments abdominaux non soudés ensemble. — Insectes de taille moyenne qui, d’après les habitudes de nos espèces européennes, doivent être crépusculaires et vivre dans l’intérieur du sol, et qui appartiennent à la faune méditerranéenne et l'Amérique du Sud.

Le genre que M. Th. Lacordaire prend pour type de ce groupe est celui des CLAVIPALPES (Clavipalpus, Cast.; Ootoma, Dej.), Insectes de taille moyenne, brunâtres, de l'Amérique du Sud (types, C. Dejeanii, Cast.; O. clavipalpe, Dej.), et qui, par la simplicité de leurs tarses dans les deux sexes, est voisin des Philochlénies. — Les genres qui s’en rapprochent plus ou moins, mais qui ont les palpes dilatés dans les mâles, et parfois dans les femelles, sont les suivants : Liogenys, Guérin (Amphicrania, Dej.), que l’on peut partager en Liogenys propre et Pacavia, Curtis, suivant qu'ils offrent dix ou neuf articles aux antennes, qui sont riches en espèces, toutes de l'Amérique méridiopale. — Pachrodema, Hilarianus, Homalochilus et Pachylotoma, Blanch., formés chacun sur un petit nombre d'espèces propres à la Patagonie et au Brésil. — Pachydema, Cast., dont on doit ne considérer que comme en étant de simples sections sous-génériques les groupes des Pachydema propres (Phlexys, Erichs., et Dasysterna, Dej., Rambur), Artia, Ramb., et Ootofia, Blanch.; ces Insectes, chez lesquels les tarses antérieurs sont seuls dilatés, et dont le dernier article des palpes maæillaires est ovale et impressionné, sont nombreux spécifiquement, propres à toute la faune méditerranéenne jusqu'aux iles Canaries inclusivement, de taille moyenne, de forme ovale ou oblongue, noirs ou brunâtres, avec les élytres sujettes à devenir rougeâtres ou fulvescentes; les femelles, comme dans beaucoup de Mélolonthides, sont plus massives que les mâles, tantôt ailées, tantôt aptères : on en décrit une vingtaine d’espèces, et, tout récemment, M. H. Lucas en a fait connaître quelques espèces nouvelles propres à l'Algérie : le type est la P. nigricans, Cast., du midi de l'Europe. -- Tanyproctus, Faldermann, se distinguant du groupe qui précède par le dernier article des palpes maxillaires à peu près fusiforme, et renfermant deux espèces de la Russie méridiopale (carbonarius et Persicus), et une de l'ile de Chio (Olivieri, Blanch.). — Tryssus, Erichs., groupe de l'Afrique australe, dont la place n’est peut-être pas ici, de même que celle du genre Trichiodera, Burm., du même pays, et ayant pour espèce unique le T. bicarinata.

6° groupe, MéLoonruires : à languette soudée au menton, qui est carré, mäâchoires ayant le lobe

anterne fortement denté; mandibules robustes, sans bordure membraneuse interne; labre très-saillunt, vertical, souvent très-échancré; hanches antérieures transversales; segments abdominaux soudés ensemble, avec la suture médiane presque constamment effacée. — Cette division comprend le plus grand nombre des Mélolonthides, et le genre typique de toute la famille, celui des Hannetons ou Melolontha; les espèces sont au moins de taille moyenne, parfois très-grandes : elles sont phyllophages au plus haut degré; crépusculaires ou diurnes, et sont réparties sur toute la surface du globe, mais l'on doit noter que l'Australie et l'Amérique méridionale en renferment beaucoup moins que les autres contrées. Les coupes génériques de ce groupe peuvent être disposés dans trois divisions, dont les genres Diplotaxys, Rhizotrogue et Mélolonthe sont les types.

Dans les premiers, le labre est en arc de cercle, les antennes ont une massue composée de trois articles, et les parapleures métathoraciques sont étroites, avec ies épimères petites ou nulles. On ne range dans cette division que trois genres, qui diffèrent assez notablement, et par leurs caractères et par leur faciès, des Rhizotrogues et des Mélolonthes, et qui sont peu nombreux en espèces, toutes étrangères à l'Europe. Ce sont les Diplotaæys, Kirby (Schizonycha, Dej.), de l'Amérique du Nord. — Apogonia, Kirby, de la côte occidentale d'Afrique, du Bengale et de quelques îles de la Polynésie. — Empecta, Erichs., de Madagascar.

Dans les seconds, le labre est profondément échancré, les antennes ont pour la plupart des espèces une massue de trois articles; les parapleures métathoraciques sont étroites, avec les épimères petites ou nulles; la suture des segments abdominaux est effacée sur la ligne médiane. À ces caractères on pourrait ajouter, qu'à une ou deux exceptions près, les palpes labiaux sont insérés à la face inférieure du menton près des bords latéraux, et que les deuxième et troisième articles des antennes sont de la même longueur ou à peu près. On trouve des espèces de cette division sur tout le globe, mais elles sont surtout abondantes dans l'ancien continent; à en juger par les espèces de ce dernier pays, ce seraient des Insectes hypogés et crépusculaires.

Le groupe typique est le genre RHIZOTROGUE (Rhixzotrogus, Latr., Faune nat. du règne animal, 1825), fondé aux dépens des Melolontha des anciens auteurs, riche en espèces, que l’on a voulu partaëer en plusieurs groupes spéciaux : c’est ainsi que M. Th. Lacordaire y réunit les Amphimallus, Latr. (Amphimallon, Cast.; Amphimalla, Stéph.); Microdonta, Hope; Geotrogqus, Guérin-Méneville; Hoplochelus, Blanch., et Zanthemnia, Leach. Ces Rhixotrogus ont pour caractères : corps robuste; tête assez petite, à chaperon court, demi-circulaire, rebordé en avant; antennes de neuf ou dix articles, tes troisième et quatrième presque égaux, et les trois derniers formant une massue allongée dans les mâles et ovalaire dans les femelles; menton plan, presque transversal; mächoires à lobe externe partagé en deux ou trois dents plus ou moins fendues; palpes ayant leur dernier article en cône allongé dans les labiaux et ovalaire ou fusiforme dans les maxillaires; labre profondément bilobé; corselet plus où moins transversal, de forme variable; écusson triangulaire; élytres ovales ou oblonques, tronquées à l'extrémité; pattes assez longues : hanches de la dernière paire garnies d'une lame membraneuse élargie au bord postérieur : jambes antérieures souvent tridentées, les quatre postérieures carénées dans leur milieu : tarses plus longs que les jambes, gréles, à crochets munis en dessous à leur base d'une dent petite, perpendiculaire; pygidium à découvert, mais de forme et de grandeur variables. — Les Rhizotrogus sont de taille moyenne, et parfois même assez grande; leurs formes, quoique robustes, sont assez variables, car les uns sont un peu déprimés en dessous, tandis que les autres sont, au contraire, convexes dans cette partie de leur corps. Leur coloration est assez sombre, et ne se compose que de fauve testacé, plus ou moins clair, uniforme ou varié de brunâtre; la plupart des téguments sont glabres ou n’offrent que quelques poils assez courts, mais la poitrine, et souvent la tête et le corselet, sont revêtus d'une villosité Imolle, plus ou moins abondante et plus ou moins longue. Les mâles sont en général plus petits que es femelles, et présentent sur l'abdomen et sous les pattes postérieures des cils assez forts. Dans quelques-uns, les Amphimalles de Latreille, les antennes n'ont que neuf articles (types, nos Rhixotroqus solstitialis, Linné; ruficornis, Fabr.; rufescens, Latr., ete.); dans les autres, les Rhizotrogues propres etle genre Haplochile de M. É. Blanchard, qui ne comprend qu’une seule espèce propre à Madagascar, les antennes présentent dix articles: c’est parmi ces dernières, qu’au milieu de beaucoup d'autres espèces, se rangent nos R. æquinoctialis, Fabr.; æstivus, Oliv.; pin, Fabr. (type du genre Microdonte); fraxinicola, Hagenb.; vernus, Germar, ete. Les Géotrogues, que l’on a cru devoir séparer des Rhizo-

trogues proprement dits, mais qui s’y réunissent par la transformation successive des caractères dans la série des espèces, sont remarquables par l'absence des ailes sous les élytres, celle des poils sur tout le corps, les différences de formes dans les deux sexes et les habitudes : en effet, les femelles de ces espèces, qui semblent exclusivement algériennes, vivent dans la terre, dont elles sortent peu ou peut-être pas, et les mâles se rencontrent marchant avec lenteur sur le sol. Du reste, les mœurs de nos Rhizotrogues d'Europe se rapprochent beaucoup de celles des Géotrogues: pendant le jour ils se tiennent cachés dans la terre, dans les troncs des arbres, sous les pierres, ete., n’en sortant qu’au crépuscule, moment où on les voit voler en grand nombre autour des arbres isolés, Les mâles, qui ne se rencontrent que rarement dans le milieu du jour, sont toujours beaucoup plus nombreux que les femelles. L'apparition de diverses espèces a lieu successivement, et, dans nos jardins publics de Paris, on peut voir dans les chaudes soirées que le solstitialis apparaît en grand nombre vers le mois de juin, tandis que l’æstivus le remplace un mois après. Les larves produisent d'assez grands dégâts à nos cultures, car elles passent deux ou trois ans sous cet état, et, comme celles des Mélolonthes, dont nous exposerons les ravages, elles dévorent les racines des arbres, ainsi que l'indique le nom générique tiré des mots grecs : pr£os, racine, et +poy, je mange. C’est surtout dans les pays qui avoisinent la Méditerranée qu'ils sont spécifiquement plus nombreux que partout ailleurs; on les y trouve en abondance en Afrique, en Asie et en Europe : dans cette dernière partie du monde, ils s'étendent d’une part jusque dans les contrées moyennes et jusqu’au fond de la Sibérie. On n'en a pas trouvé dans toute l'Amérique; mais il y en a dans l'Afrique australe, et une espèce a été signalée en Abyssinie.

Fig. 71. — Rhisotrogus solstitialis. Fig. 72. —- Philochlænia lineaticollis. Fig. 73, — Leucothyrea æneicollis

Des genres nombreux viennent se grouper auprès des Rhixotroqus; nous nommerons les suivants : Enaria, Krichs., deux espèces de Madagascar (melanictera et conspurcata, Klug. — Pegylis, Erichs., une espèce de Sennaar (morio, Blanch.), qui ressemble à une Rutélide. — Lasiopsis, Erichs., ayant pour espèce unique le Melolontha Henningü, Fischer de Wald., de la Russie. — Monotropus, Erichs., type, M. Nordmanni, Blanch., de la Russie méridionale. — Anonætus, Erichs., du Mexique. — Trematodes, Falderm., genre voisin des Rhizotrogues Géotrogues, comprenant des espèces noirâtres répandues en Asie depuis l'archipel grec jusque dans la Mongolie, et ayant pour type le Scarabæus tenebricoides, de Pallas, chez lequel les crochets des tarses sont simples. — Ancylonycha, Dej., Blanch. (Phyllophaga, Harris), ayant les crochets des tarses dentés en dessous, la massue des antennes de trois articles, et la téte sans carène transversale, et présentant quelques particularités différencielles dont on s’est servi pour la création des genres Trotegoptera, Blanch.; Trichester, Erichs.; Lachnosterna et Holotrichia, Hope, que M. Th. Lacordaire y réunit : les Insectes de ce genre, très-nombreux en espèces répandues dans une grande partie de l'Amérique et dans le continent asiatique, rappellent tout à fait, pour leurs formes générales et pour leurs habitudes, nos Rhixotrogus européens. — Phytalus, Erichs., ne différant des Ancylonyques que par les crochets de leurs tarses fendus au bout : quelques espèces américaines, qui se trouvent depuis le Mexique jusqu'au Brésil. — Listrochelus, Blanch., qui ont les crochets des tarses

pectinés dans toute leur longueur, une seule espèce, le L. Laportei, du Mexique. — Eugastra, Le Conte, genre propre à l'Amérique du Nord. — D'autres genres, à tête munie de une à trois carènes transversales, et se distinguant entre eux par la disposition des crochets des tarses, sont ceux des : Schixonycha, Dej., Erichs., d'Afrique et du Bengale. — Atys, Reiche, une espèce (A. samenensis), d'Abyssinie. — Aplidia, Kirby, Hope, dont le type générique est le Melolontha transversa, Fabr., de l'Europe australe, et en général de toute la faune européenne, et qui comprend, en outre, des espèces particulières aux Indes orientales. — Brahmina, Blanch., deux espèces du Bengale. — Deux derniers groupes, remarquables par leur massue antennaire de cinq articles, sont ceux des : Gymnogaster, Blanch, sans saillie sternale, ne renfermant qu’une grande espèce de l’île Bourbon (buphthalmus, Dej.), et Xylonychus, Mac Leay, Blanch., ayant une saillie sternale : composé de quelques belles espèces d'Australie, un peu plus grandes que nos Hannetons d'Europe, de forme plus parallèle, pour la plupart d'un beau vert et revêtues de poils blanchàtres squamiformes, plus abondants en dessus qu’en dessous: ces divers caractères les ont fait ranger pendant longtemps parmi les Rutélides, d’où les a retirés M. Th. Lacordaire.

Dans la dernière division, on range les groupes à labre profondément échancré; à massue antennaire composée le plus ordinairement de trois articles; à parapleures métathoraciques larges, avec les épimères en général très-grandes ou au moins médiocres, et à suture des segments abdominaux effacée sur la ligne médiane. Très-voisins des Coléoptères qui forment la division précédente, ils s'en distinguent habituellement en ce qu'ils sont plus massifs, que leur taille est plus forte, et qu'ils sont moins crépusculaires. La plupart des espèces sont européennes et asiatiques, et beaucoup des genres appartiennent à Madagascar : deux espèces seulement sont propres à l'Amérique. Le nombre des groupes génériques est actuellement d’une vingtaine.

Le type est le genre HANNETON ou MÉLOLONTHE (Melolontha, Fabr., Systema entomologica), qui a pour caractères : corps lourd, épais; tête petite; menton transversal, à partie ligulaire à peine rétrécie et sinuée en avant; mâchoires à lobe externe tridenté; palpes à dernier article des labiaux ovalaire, et celui des maæxillaires oblong-ovale, impressionné; labre fortement bilobé; chaperon en carré transversal, arrondi aux angles, plus fortement rebordé chez les mûles; antennes de dix articles, dont le troisième allongé : massue, composée de sept articles, plus où moins longue et feuilletée dans les mäles, et de cinq articles, petite et ovaluire dans les femelles; corselet transversal, arrondi sur les côtés, avec ses angles postérieurs distincts, souvent aiqus; élytres plus ou moins allongées, parallèles; jambes antérieures grèles, bidentées ou tridentées dans les mâles, uniquement tridentées dans les femelles, avec un éperon dans les deux sexes : jambes postérieures munies d'une petite saillie externe; tarses médiocres, offrant une petite dent en dessous près de leur base; mésosternum triangulaire, un peu saillant; pygidium perpendiculaire, en triangle allongé, souvent prolongé en une saillie grêle et de forme variable.

5 Les Grecs donnaient le nom de Mydo)0v07 à un Insecte, sinon du groupe qui nous occupe, au moins d’un groupe voisin, plusieurs passages des anciens auteurs pourraient le démontrer, et nous nous bornerons à citer un vers d’Aristophane, dans sa comédie des Nuées, dont voici la traduction : .« Donnez l’essor à votre esprit; laissez-le voler où il voudra, comme le MéLoconrue attaché par la patte à un fil. » On voit que le nom de Melolontha, qui était appliqué par Linné à une de ces espèces de Scarabée, son Scarabæus melolontha, et qui à été transporté par Fabricius avec l'espèce typique au genre que nous étudions; on voit que ce nom a une étymologie certaine et facile à trouver. Mais l’étymologie du nom Hanneton est loin d’être aussi évidente : cependant il est probable, comme le dit M. Mulsant, que ce nom dérive du mot Alitonus, de la basse latinité, qui veut dire : qui jo du bruit en volant; de ce mot on aurait fait d'abord Halleton et ensuite Hanneton.

Le genre Melolontha, de Fabricius, autrefois très-nombreux en espèces plus ou moins ep a été successivement restreint par les divers auteurs qui se sont succédé, et ne renferme plus aujourd'hui qu'une petite quantité d'espèces qui, toutes, ont la plus grande analogie avec le Hanneton commun (Melolontha vulgaris). La grande saillie, simulant une tarière, qui termine l'abdomen dans cette SH e espèce et dans quelques autres, manque souvent, tantôt dans les deux sexes, tantôt dans les femelles seulement. Ce genre est exclusivement propre à l’ancien continent, et plus particulièrement à l'Europe et à l'Asie : hors de là on n’en connaît que deux espèces originaires des îles Philippines. Le Melolontha vulgaris, trop connu pour que nous en esquissions la description som -

— Rhynocæla cornuta

— Oxythirea amabilis

Fix

— Calometopus Sencagalensis

COLEOPTÈRES. 75

maire, est répandu communément partout, et est presque toujours accompagné du M. hippocastani, Fabr., qui lui ressemble beaucoup, sauf la tête qui est rougeätre; le M. albida, Cast., couvert de poils blanchâtres, se trouve dans le midi de l'Europe, de même que le papposa, Illiger, et que le nigra, Waltl.; l'aceris, Ziegl., est propre à l'Allemagne. En dehors de l’Europe, le M. mauritanica, Lucas, provient d'Algérie, etles M. Manillarum, Blanch., et sulcipennis, Cast., des îles Philippines.

Chez nous, les Hannetons, et spécialement le Melolontha vulgaris, le mieux connu de tous, dont nous croyons devoir donner complétement et presque exclusivement l’histoire comme étant à peu près la reproduction de celle de tous les Scarabéiens mélitophiles, commencent à paraître vers le milieu d'avril ou un peu plus tard, suivant que le printemps est plus ou moins précoce, et un mois ou six semaines après on n’en voit plus. La chaleur, qui donne de l’activité à beaucoup d'insectes, semble produire chez eux l'effet contraire; pendant le jour, ils restent comme engourdis, et se tiennent accrochés aux feuilles, tandis qu'après le coucher du soleil ils se mettent en mouvement, Alors on les entend bourdonner de tous côtés, et on les voit traverser les airs avec une certaine rapidité; mais ils dirigent leur vol avec si peu de précaution qu'ils vont se heurter contre tous les corps qu'ils rencontrent, ce qui occasionne souvent de lourdes chutes. Ils sont donc crépusculaires, moins cependant que les Rhizotrogues, car on peut parfois en prendre au vol pendant le jour. L'activité que ces Insectes montrent semble n’avoir pour but unique que de se rechercher mutuellement. Les mâles poursuivent les femelles avec beaucoup d'ardeur, et celles-ci se prêtent facilement à leurs désirs. Le mâle, dans l’acte de l’accouplement, est monté sur la femelle, qu'il tient fortement avec ses pattes de devant : ses organes reproducteurs sont armés de pinces qui saisissent avec beaucoup de force ceux de la femelle et s'en détachent difficilement. L'accouplement est assez long, car il peut se prolonger de dix à vingt-quatre heures : lorsqu'il est terminé, le mâle lâche sa femelle, .et celle-ci le traine quelque temps à terre, renversé sur le dos, jusqu’à ce qu’il se détache tout à fait, et, bientôt après, il ne tarde pas à mourir d’épuisement. La femelle prolonge un peu plus son existence, mais seulement pendant le temps nécessaire pour assurer le sort de sa progéniture, car une fois la ponte faite elle expire également. Elle a soin, pour déposer ses œufs, de choisir une terre douce, légère et surtout bien fumée : à l’aide de ses pattes antérieures, armées de pointes robustes, elle y creuse assez rapidement et après le coucher du soleil, un trou profond de 0,10 à 0,20, et y place de vingt à trente œufs, et quelquefois plus, de forme ovalaire et de couleur jaunâtre.

Les larves qui sortent de ces œufs sont ordinairement connues en France sous le nom de Vers blancs ou de Mans; leur éclosion a lieu un mois ou six semaines après la ponte, suivant la tempé rature extérieure. Elles sont oblongues, mais constamment courbées en deux, ce qui les oblige à se tenir sur le côté. Leur couleur est d’un blanc sale ou jaunätre. Les douze anneaux qui forment leur corps sont mous et ridés : les trois derniers, plus développés que les autres, ont une teinte noirâtre due à la présence des excréments, que la transparence de la peau laisse voir. La tête, de couleur fauve, est grosse, arrondie, armée de fortes mandibules : les autres organes buceaux, ainsi que les antennes, sont bien visibles. Les pattes, au nombre de six, sont écailleuses, rougeûtres et plus longues que celles’ des autres Scarabéiens : elles sont moins propres à la marche qu'à s’accrocher aux racines dont la larve se nourrit. Les stigmates, au nombre de neuf de chaque côté du corps, sont entourés d'un cercle corné et de couleur rougeätre. Ces larves emploient habituellement trois ans et quelquefois quatre avant de parvenir à l'état d'Insecte parfait; mais il faut en déduire neuf mois d'hiver, qu’elles passent dans un état complet d’engourdissement, et six mois qui s’écoulent entre leur transformation en nymphe et la sortie de terre du Hanneton, de sorte que, dans le plus grand nombre des cas, le temps pendant lequel elles eroissent et se nourrissent, se réduit à quinze mois. Lorsque le froid se fait sentir, ces larves s’enfoncent dans le sol, où elles se pratiquent une loge pour y passer la-mauvaise saison. En remontant vers la surface de la terre, au printemps de chaque année, elles changent de peau, et, quand elles sont parvenues à leur entier aceroissement, c’est-àdire vers le commencement de l'automne de la troisième année, elles s’enterrent encore plus profondément qu'elles ne l'ont fait jusque-là, pour y subir leurs métamorphoses en nymphe. à vet effet, elles se construisent une coque en terre, de forme ovalaire, dont les parois, très-lisses mtérieurement, sont consolidées par une viscosité qu'elles sécrètent, et non pas tapissée de soie, ainsi que cela a lieu dans beaucoup d’autres Coléoptères. La nymphe contenue dans cette coque n'offre

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rien de bien spécial, et ressemble presque complétement à celle des autres Scarabéiens. L'Insecte parfait sort de sa prison vers la fin du mois de février et quelquefois même un peu plus tôt ou un peu plus tard; mais il est alors mou et jaunâtre, et attend que ses téguments aient acquis la dureté et la couleur qu'ils doivent avoir désormais, pour se frayer un chemin jusqu'à la surface du sol et arriver à la lumière, ce qui n’a lieu habituellement que vers le milieu ou la fin du mois d'avril, quoique l’on cite, ainsi que nous l’avons dit, des Hannetons sortis de terre beaucoup plus tôt, même au milieu de l'hiver, en raison de la douceur de la température.

À peine hors de terre, les Hannetons prennent leur essor et vont s'abattre sur l'arbre le plus voisin; le Melolontha vulgaris, le plus souvent sur les ormes, de telle sorte que les fleurs de cet arbre sont regardées à tort par le vulgaire comme le pair du Hanneton; le M. hippocastani, non sur le marronnier, comme pourrait le faire supposer son nom, mais plutôt sur les chênes, ete. : au reste on doit dire que lorsque ces Insectes apparaissent en grand nombre, ils ne recherchent plus telle ou telle essence végétale, mais qu'ils deviennent polyphages. Le corps de ces Insectes est lourd, et, pour en alléger le poids, ils sont obligés d’enfler leur abdomen en y faisant pénétrer le plus d’air possible à l’aide de leurs stigmates : c’est dans ce but qu'on les voit élever et abaisser suecessivement leurs élytres, pendant plusieurs secondes, avant de déployer leurs ailes pour s'envoler. Nous avons donné les caractères extérieurs de ces Insectes, aussi ne reviendrons-nous pas sur ce sujet, mais nous devons dire quelques mots de leurs organes intérieurs ou de leur anatomie. Leur canal alimentaire est robuste; le ventricule chylifique est garni de franges formées par des vaisseaux hépatiques; l’intestin grêle est suivi d’un côlon; les vaisseaux biliaires forment des replis très-multiples, et quelques-uns sont frangés. L'appareil reproducteur des màles est très-développé : il est corné et articulé à la partie inférieure du corps; chaque testicule est formé par l'agglomération de six capsules spermatiques, orbiculaires, et munies chacune d’un conduit tubuleux qui s’insère vers leur milieu; deux sortes de pinces se trouvent extérieurement. Les organes reproducteurs des femelles, construits sur le plan de ceux de la plupart des Coléoptères, n'offrent rien de partieulier. M. Straus Durkeim a donné l'anatomie complète du Melolontha vulgaris. 2

Inactifs et immobiles en général pendant le jour, c’est pendant la nuit seulement que les Hannetons dévorent les feuilles des arbres. On s'aperçoit à peine de leurs dégâts dans les années où leur nombre est peu considérable, mais il n’en est pas de même dans celles où ils se montrent en grande quantité. Cela a lieu quelquefois accidentellement, et quelquefois aussi à des époques que l’on peut fixer d'avance, sans que pour cela on puisse en expliquer la cause d’une manière bien plausible. C'est ainsi que ces Insectes apparaissent en nombre immense tous les trois ans en France, tous les quatre ans, en Allemagne, etc. : cela est surtout applicable, dans nos environs, au moins, au Melolontha vulgaris, et aussi parfois au M. hippocastani, que nous avons vu plusieurs fois faire un grand mal dans la forêt de Fontainebleau; mais, dans d’autres pays, ce sont d’autres espèces qui produisent les mêmes phénomènes. Quand ils sont très-nombreux, on voit des parties entières de jardins ou de bois dépouillées de leur verdure par ces Insectes destructeurs, et présenter l'aspect de l'hiver au milieu de l'été. Les arbres qu'ils ont ainsi dénudés ne périssent ordinairement pas, mais ils sont plus ou moins malades, reprennent difficilement leur première vigueur, et ceux des vergers restent un an et même deux ans sans donner de fruits. Quoique ces Insectes aient un vol peu soutenu, et qu'en raison de cela ils soient assez sédentaires, il arrive néanmoins parfois qu'après avoir dévoré toutes les feuilles des arbres dans certains cantons, ils se réunissent en nombreuses troupes, de même que les Sauterelles, et se transportent à des distances plus ou moins considérables pour trouver une nouvelle nourriture. En 1688, dans le comté de Galway, en Irlande, ils formérent un nuage si épais, que le ciel en était obscurci l’espace d’une lieue, et que les paysans avaient peine à se frayer un chemin dans l'endroit où ils s'abattaient. On rapporte qu’en 1852, le 18 mai, à neuf heures du soir, une légion de Hannetons assaillit une diligence sur la route de Gournay à Gisors à sa sortie du village de Talmoutiers, avec une telle violence, que les chevaux, effrayés, obligèrent le conducteur à rétrograder jusqu’à ce village, pour y attendre la fin de cette grêle d’une nouvelle espèce. En mai 4841, au rapport de M. Mulsant, on vit des nuées de ces Insectes traverser la Saône dans la direction du sud-est au nord-ouest, et s’abattre sur les vignes des environs de Mäcon; les rues de cette ville en étaient jonchées, et, à certaines heures, en passant sur le pont, il fallait faire autour de soi le moulinet avec un bâton pour n’en être pas couvert. Nous ne

pousserons pas plus loin ces citations, et nous nous bornerons à ajouter que M. E. Blanchard rapporte que les Hannetons se montrèrent une fois en si grande abondance, dans les environs de Blois, que quatorze mille de ces Insectes furent recueillis par des enfants en quelques jours : ce qui nous semble bien croyable, car nous aurions pu jadis, à Fontainebleau, recueillir une quantité au moins aussi considérable de Melolontha hippocastani et vulgaris en quelques heures seulement.

Si les dégâts produits par les Hannetons à leur état parfait sont grands et bien regrettables, ils sont bien loin cependant de pouvoir être comparés à ceux produits par leurs larves qui, en raison de leur habitat, sont bien difficiles à atteindre. Grâce à l'instinct de la femelle, qui a eu soin de pondre ses œufs dans les terrains les mieux cultivés et les plus garnis de jeunes racines, les larves se trouvent abondamment pourvues de nourriture au moment où elles sortent des œufs, quoique alors, selon M. Mulsant, et pendant les premiers jours de leur existence, elles ne se nourrissent que de parcelles de fumier et de détritus végétaux. Pendant les quatre ou cinq premiers mois qui suivent leur naissance, et jusqu'à leur première mue, elles restent réunies en familles; mais, après l'hiver, pendant lequel elles ont eu la précaution de s'enterrer pour se mettre à l'abri de la gelée, le besoin d’une nourriture plus abondante les force à se disperser. C’est alors qu’elles pratiquent des galeries souterraines dans toutes les directions, sans s'éloigner toutefois beaucoup du lieu de leur naissance : dès ce moment, elles commencent à attaquer plus particulièrement les racines qu'elles trouvent à leur portée, et leurs dégâts augmentent avec leur grosseur et la force de leurs mandibules : toutes les racines leur Sont bonnes, quoiqu’elles semblent préférer celles des fraisiers, des salades et des rosiers. Les ravages occasionnés par ces larves dans les terrains qui en sont infestés sont quelquefois incalculables : on a vu des maraichers entièrement dévastés, des jardins saccagés, des champs de luzerne détruits en entier ou par parties, des prairies d’une grande étendue jaunir et rester sans produit, des pièces d'avoine blanchir et périr sur pied avant la maturité, le quart, le tiers, et jusqu’à la moitié des épis de blé ou de seigle tomber sous la main du moissonneur avant d’être coupés, ete. Mais ces larves voraces ne bornent pas leurs dégâts à la destruction

des plantes herbacées : à mesure qu’elles eroissent en âge et en force, dans la dernière année de leur vie surtout, elles attaquent aussi les végétaux ligneux, arbres ou arbrisseaux; leur corps paraît, assure--on, avoir été courbé en are pour embrasser plus aisément les racines qu’elles veulent dévorer; dès que les racines latérales d'un jeune arbre ont été rongées par elles, on voit pendre, desséchées, les pousses nouvelles qui leur corresgondent; mais elles s'en prennent aussi à la racine principale, et causent parfois la mort de l'arbre. D'après M. Deschiens, on a vu six hectares de

. glandée trois fois semés dans l’espace de cinq ans avec une réussite parfaite être autant de fois entièrement détruits par ces larves : tel pépiniériste éprouva, par leurs ravages, des pertes supérieures au montant de toute une année de contributions communales; tel autre ne conservait à peine que la centième partie des plantes qu’il possédait. D’après M. Ratzeburg, un semis considérable de bois a été détruit, en 1835, dans les dépendances de l'institut forestier du royaume de Prusse; et, suivant le témoignage de M. Megerinck, plus de millemesures de pins sauvages ont été dévastées dans la forèt de Kolbitz, etc.

Les larves de Hannetons s’attaquent parfois aux pieds des vieux arbres des jardins et des vergers en assez grande quantité pour occasionner leur mort; et l’on assure qu'on en a trouvé près d’un décalitre autour d’une même souche. Ces larves résistent à des fléaux qui sembleraient devoir les anéautir;, c’est ainsi que les inondations qui ont dévasté les bords de la Saône il y a une dizaine d'années n’ont eu aucune influence funeste sur elles, et que des terres et des prairies restées quatre à cinq semaines sous l’eau n’en ont pas été débarrassées. Ge qui est véritablement nuisible à ces Vers destructeurs, et ce qui fait périr aussi beaucoup de Mélolonthes à leur état parfait, ce sont les gelées tardives qui surviennent en avril et en mai, après un temps doux, et alors qu'ils sont presque à la superficie du sol : mais malheureusement les mêmes causes sont très-nuisibles aussi aux plantes et aux arbres qui sont alors en pleine végétation. La nature a cherché, quoique bien faiblement, à limiter le nombre de ces êtres, en leur donnant quelques ennemis dans le règne animal même : c’est ainsi que les grandes espèces de Carabiques, à tort détruits par les jardiniers, dévorent un grand nombre de Hannetons, tant à l’état de larve, qu'à celui d’Insecte parfait, et qu'ils ont aussi pour ennemis quelques Mammifères insectivores, carnassiers ou rongeurs, tels que les Musa raignes, les Fouines, les Belettes, les Rats; quelques Oiseaux, Reptiles et Amphibiens, ete, On a

cherché les moyens de se débarrasser d’un ennemi aussi dangereux pour l'Homme, et l'on a proposé piusieurs moyens, qui, d'abord préconisés comme excellents, ont été démontrés plus tard insuffisants et inutiles; aussi ne croyons-nous pas devoir les rapporter, et nous bornerons-nous à indiquer ce que dit Duponchel à ce sujet. «Il n'existe, à notre avis, qu’un seul moyen qui pourrait être employé avec succès pour la destruction des Hannetons, si une loi Je rendait obligatoire pour tous les propriétaires de terrains envahis par ces Insectes destructeurs. Ce serait de faire en grand, pendant le temps de l'apparition des Hannetons, du 15 avril au 15 juin, ce que les enfants font en petit lorsqu'ils veulent s'en procurer pour leur amusement, c’est-à-dire de secouer fortement les branches sur lesquelles les Hannetons sommeillent pendant le jour, et de recueillir tous ceux qui en tomberaient pour les faire périr n'importe par quel procédé. Ce moyen est bien simple, et la seule objeetion qu’on puisse y faire, c’est qu'il exigerait l'emploi de beaucoup de bras dans les localités d’une grande étendue; mais, dans tous les cas, il serait plus efficace et moins dispendieux que tous ceux qu'on pourrait employer pour la destruction des larves : plus efficace, en ce que la mort d'une seule femelle avant la ponte empêche la naissance de trente larves au moins : moins dispendieux, en ce que, pour atteindre celles-ci, on est obligé de bouleverser les terrains qui les recèlent, c’est-à-dire d'employer un remède pire que le mal, attendu qu'elles se tiennent de préférence dans les terrains les mieux cultivés et en plein rapport. » Ce procédé, mis en usage par quelques préfets qui font payer sur les fonds communaux les décalitres de Hannetons recueillis, et qui doivent être détruits, ne nous semble pas lui-même à l’abri de quelques critiques; peur ne faire qu'une seule objection, nous dirons seulement que, si par le moyen proposé on peut diminuer le nombre des Mélolonthes des endroits cultivés, on ne peut agir de même pour ceux qui vivent dans les forêts, car la cueillette de ces Insectes y est à peu près impossible, et que dès lors, s'il en reste dans les bois, ils auront bientôt envahi de nouveau les champs cultivés.

L'industrie a cherché à tirer parti d’un être aussi commun que le Hanneton; d'après M. Farhas, on est arrivé à extraire du corps de cet Insecte, à l'aide d’une forte ébullition, une sorte d'huile qui sert, en Hongrie, à graisser les essieux de voitures; selon M. Mulsant, on serait également parvenu à utiliser, pour la peinture, le liquide noirâtre que renferme l'æsophage de ce Coléoptère; enfin dans les basses-cours on nourrit parfois les pores et les volatilles, qui en sont très-friands, avec des Hannetons. Malheureusement, sauf la dernière application, qui ne se rapporte guère qu'aux larves et rarement aux Insectes à l’état parfait, les deux autres industries semblent avoir été abandonnées comme trop peu productives. Cela est malheureux, car ne retiràt-on par ce moyen qu'une très-faible compensation des immenses dégâts que nous causent les Hannetons, il pourrait en sortir un grand bien : car si les Hannetons étaient bons à quelque chose, on les rechercherait avec soin, et dès lors le nombre en diminuerait bientôt considérablement, et l'agriculture en serait améliorée. On a voulu nous présenter les Hannetons comme nous étant parfois utiles en dévorant les Ghenilles : mais cette assertion est tout à fait dénuée de fondement, et s'ils nuisent aux Chenilles, c'est parce qu’en dévorant les feuilles des arbres, ils leur enlèvent leur nourriture; mais jà il y a réciprocité, et le résultat final est doublement nuisible à la végétation.

Après cette digression, que l'importance du sujet nous a engagé à présenter, nous devons revenir à l'indication des groupes génériques qui doivent être placés auprès des Melolontha.

Les genres européens sont les suivants : Anoæia, Cast. (Catalasis, Dej.), se distinguant des Mélolonthes par ses michoires munies de six dents aiguës, par ses antennes à massue de cinq articles, et par des caractères tirés de la structure des pattes : la plupart des espèces sont revêtues en dessus de poils formant assez souvent des bandes maculaires blanches ou jaunâtres: toutes paraissent crépusculaires ou nocturnes, et sont répandues depuis le pourtour de la Méditerranée jusque dans la Sibérie méridionale : telles sont parmi nos espèces du midi de l’Europe : les Anoæia australis, Schœnh.; pilosa, Fabr.; orientalis, Cast.; scutellaris, Mulsant : une espèce (indica, Blanch.), provient de l'Hindoustan, enfin quelques espèces asiatiques, qui se distinguent par la présence de fossettes sur le corselet, constituent le genre Cyphonotus, Fischer de Waldheim. — Polyphylla, Harris: groupe intermédiaire entre les Melolontha et les Anoxia, dans lequel la massue antennaire des mûles, composée de sept articles, est petite, ovalaire, et celle des femelles n'ayant que cinq articles, ete. : on n’en connaît qu'une dizaine d'espèces généralement plus grandes que le Hanneton commun, chez lesquelles la vestiture est spéciale : en dessous la poitrine seule est villeuse, l’abdo-

men et les pattes en partie et le dessus du corps sont revêtus de petites écailles pilifères qui forment des marbrures, des bandes et parfois un revêtement uniforme sur les élytres; le type est le Hanxeron FOULON, Melolontha fullo, Fabr., la plus grande et la plus belle espèce européenne du groupe : d'une teinte noire avec des points blancs, qui a les habitudes du M. vulgaris, est répandue partout, mais très-inégalement, dans toute l’Europe et l'Algérie, qui se trouve principalement dans les localités sablonneuses et les dunes des bords de la mer, où leurs larves se nourrissent des racines des plantes salées, ce qui explique pourquoi on les rencontre parfois, quoique plus rarement, dans l’intérieur des terres, dans les terrains salés : d'autres espèces habitent l'Asie, le nord de l'Afrique, et l'Amérique dans le Mexique et les Etats-Unis.

Fig. 74, — Melolontha vulgaris. Fig. 75. — Polyphylla rubesrens. Fig. 76. — Melolontha sulcipennis. (Mâle.) {Femelle.)

Tous les autres genres sont exotiques; tels sont les: Rhopea, Erichs., dans lequel, comme dans les groupes précédents, le troisième article antennaire est plus grand que le quatrième : une espèce d'Australie (Verreauxii, Blanchard). — Oplosternus, Guérin (Hoplosternus, Blanch.), dans lequel la saillie sternale commence à se prononcer, quoique moins que dans le genre suivant : des espèces de la Chine et de l'Hindoustan. -— Euthora, Eriéhs., une espèce (chlorodema, Blanch.), de Madagascar. — Megistophylla, Burm., une espèce de Java (Junyhuhmii). — Holophylla, Burm., une espèce (furfuracea), de la Nouvelle-Hollande. — Encya, Dej., Blanch., quelques espèces malgaches. — Hypopholis, Erichs., une espèce (Sommeri), de Natal. — Coneopholis, Burm., ne renfermant également qu’une seule espèce. — Leucopholis, Dej., Blanch., une dizaine d'espèces de Sumatra, des îles Philippines, ete. — Psilonychus, Burm., une seule espèce (rhabdopholis). — Proagosternus, Blanch., deux grandes espèces de Madagascar. — Lepidiota, Hope, des Indes orientales. — Tricholepis, Blanch., ne différant probablement pas du groupe précédent, et ne comprenant qu’une seule espèce, propre à Madagascar. — Eucirrhus, Melly, une belle espèce (E£. Mellyi, Guérin), de Ceylan. — Lachnodera et Goniopholis, Erichs., ete.

7° groupe, celui des MacroPayccires, renfermant des espèces peu nombreuses, particulières à l'Afrique, à l'Australie et à la Polynésie, d'assez grande taille, remarquables par l'abondance et la longueur des poils dont elles sont revêtues, qui envahissent la tête et le corselet, et ne laissent que les élytres de glabres, et qui ont pour caractères: languette soudée au menton, qui est large, presque quadrangulaire; mâchoires à lobe externe denté; mandibules sans bordure membraneuse interne; labre distinct; hanches antérieures transversales; segments abdominaux non soudés ensemble; parapleures métathoraciques larges, avec les épimères grandes.

Genre principal, MACROPHYLLA, Hope (Ægostheta, Dej.), qui, comme le groupe suivant, a la massue antennaire composée de trois articles seulement, et qui se compose de quelques espèces du cap de Bonne-Espérance et de la côte de Guinée, sont assez grandes, médiocrement épaisses, un peu déprimées en dessus, et de forme assez large. — Onochæta, Erichs., ayant pour type le M. porcata, Schoënh, de l'Afrique australe. — Leontochæta, Erichs. (Leocæta, Dej.; Cephalotrichia, Hope; Sparmannia, Cast.), qui appartient à la série des groupes dans lesquels la massue antennaire est

composée de six à sept articles, ete., et a pour espèce unique le M. alopex, Fabr., le plus velu de tous les Mélolonthides, et qui est particulier au cap de Bonne-Espérance. — Trichiodera, Burm., une espèce, le M. bicarinata, Schranck. — Sebasis, Cast., une espèce (palpalis), du Cap. — Euryphylla, Lacordaire (Polyphyllum, Blanch.), une seule espèce (rubescens), propre aux îles Salomon, à laquelle on doit peut-être joindre le genre Holophylla, Erichs., d'Australie.

8° groupe, celui des Pacuyponrres, offrant pour caractères : menton petit, plus ou moins convexe en dehors, rétréci en avant; mâchoires à lobe interne tout à fait atrophié; mandibules petites, lamelliformes, trigones, obtuses au bout; labre distinct; hanches antérieures coniques, Saillantes; segments abdominaux tmbriqués, non soudés ensemble; parapleures métathoraciques étroites, avec les épimères petites ou nulles. Ces Insectes, de taille généralement moyenne, propres à la faune méditerranéenne, à l'Afrique et à l’Australie, et dont un seul genre habite l'Amérique, se distinguent surtout par l’atrophie de leurs organes buccaux, sont nocturnes et crépusculaires, se bornent à attaquer les parties les plus molles des végétaux,«et l’on peut même se demander si elles prennent aucune nourriture, et si leurs fonctions, à l’état parfaitgne se bornent pas uniquement à l’acte de la reproduction. :

Genre typique, PACHYPE (Pachypus, Latreille, Règne animal, t. IV, 1832), remarquable par ses pattes robustes; hanches antérieures très-fortes; cuisses postérieures très-grosses; jambes antérieures fortement bidentées : les autres dilatées et tronquées à leur extrémité, fortement unicarénées dans leur milieu, et ciliées; tarses très-longs, à crochets médiocres, simples, et par ses élytres courtes, planes sur le disque, fortement et graduellement rétrécies en arrière, isolément arrondies au bout chez les mâles, tandis qu'il n'y a pas d’élytres ni d'ailes inférieures dans les femelles, et que les tarses sont courts : ce sont des Insectes remarquables, dont les màles ressemblent aux Dynastides, et dont les femelles, comme les Driles et beaucoup de Lampyres, sont complétement privés d'organes du vol. Selon les observations faites en Sicile par M. Grohmann, ces femelles se creusent au pied des oliviers des trous qu’elles ne quittent jamais, tandis que les mâles voltigent le soir, et plus rarement le matin autour de ces arbres, aux feuilles desquels ils se tiennent accrochés pendant le jour. On n’en connaît que quatre espèces, répandues autour de la Méditerranée, de taille moyenne, noires, avec les élytres parfois en partie rouges, et dont la synonymie est assez compliquée : ce sont les Pachypus cornutus, Oliv., de Corse et de Sardaigne; excavatus, Fabr.; de Naples et de Calabre; impressus, Erichs., des îles méditerranéennes et d'Algérie, et cæsus, Erichs., des mêmes pays que la dernière, ainsi que d’Espagne et des environs de Bayonne. — Un genre, Metascelis, Wést., ne renfermant qu'une seule espèce, dont la patrie est inconnue, est très-voisine des Pachypus, mais présente neuf articles aux antennes, dont trois pour la massue, au lieu de huit, sur lesquels la massue en compte cinq.

Les autres genres, dans lesquels les élytres ne sont pas rétrécies en arrière, sont les suivants : Elaphocera, Gené (Leptopus, Dej.), chez lequel les pattes sont médiocrement robustes, dont le corps est moins court et moins ventru dans les mâles que dans les femelles, et qui renferme une vingtaine d'espèces propres au pourtour de la Méditerranée, sauf à la France, de taille moyenne, d’un brun marron uniforme plus ou moins brillant, avec les pattes parfois testacées et des poils blonds, roux ou grisètres en dessous du corps; le type est l'E. obscura, Gené, propre à la Sardaigne. — Achelyna et Prochelyna, Erichs., groupes, le premier du Cap et le second d'Australie, ne différant guère que des Élaphocères. — Pachycolus, Erichs., une espèce de Madagascar. — Clitopa, Erichs., deux espèces, l’une de Mozambique, et l’autre de Natal. — Achloa, Erichs. (Nanarcta, Blanch.), deux espèces de Cafrerie. — Hadrocerus, Guérin (Pachycerus, Guérin), une espèce (castaneipennis), incomplétement connue, et propre au Brésil. — Leuretra, Erichs., une seule es-

pèce (pectoralis), intéressante surtout par son habitat, car elle est américaine et provient du Pérou.

9° groupe, enfin les Eucminires, qui ont la languette petite, bilobée, soudée au menton, qui est large et allongé; mächotres à lobe externe corné, pénicillé, pluridenté; mandibules petites, lamelliformes, largement membraneuses en dedans, cornées en dehors; labre saillant; pattes antérieures dissemblubles selon les sexes : très-grandes dans les mâles : hanches de la même paire transversales; segments abdominaux non soudés ensemble. Ces Insectes, de grande taille, et tous propres aux Indis

Fig. 1. — Phyllotocus erythropterus Pis 2 — Dicentrinus femorali

Fo. #4 — Phophulla fascialipennis Fig D. — Cheramnanthus discolor

COLÉOPTERES. 79

orientales, à l'exception d'une espèce qui habite les confins de l'Europe et de l'Asie, sont des plus difficiles à classer : tantôt on en a fait une tribu particulière, tantôt on les a réunis aux Dynastides, aux Cétonides et aux Mélolonthides : ce que nous faisons, à l'exemple d'Erichson et de M. Th. Lacordaire.

On peut les ranger dans deux genres principaux : 1° EUCHIRUS, Kirby, Burm., dans lequel on réunirait les Macrochirus, Perty; Porcopus, Cast., et Cheirotonus, Hope, qui ne comprend que trois espèces, des Indes orientales, dont la plus connue est le C. Mac-Leayi, Hope, le plus beau Scarabéien découvert jusqu'ici, habitant l'Himalaya, et qui, suivant M. Hulton, se rencontre en société avee des Lucanus, recueillant la séve qui découle des arbres, et se métamorphosant dans les troncs vermoulus du Quercus incana, et 2° PROPOMACRUS, Newmann, ne comprenant qu'une seule es pèce (bimucronatus, Pallas), assez grande, d'un brun peu brillant, s’éclaircissant sur les élytres, avec le dessous du corps garni de longs poils d’un roux clair; se trouvant, mais très-rarement, aux environs de Constantinople et dans diverses parties de l'Asie Mineure, où elle vit dans l'intérieur des troncs vermoulus des vieux chênes, et ne provenant pas des Moluques, comme on l’a dit à tort.

Fig. 77. — Elaphocera barbara. Fig. 78. — Pachypus excavalus. Fig. 79. — Lipavetrus basalis

4° tribu, Rurérres : corps robuste; tête petite; languette cornée, soudée au menton; mandibuies cornées, ayant souvent intérieurement une courte et étroite membrane ciliée; labre distinct, libre; antennes de neuf à dix articles : à massue triarticulée; crochets des tarses inéqaux : les externes habituellement fendus au bout; épimères métathoraciques constamment visibles, médiocres, trigones; les trois dernières paires de stigmates abdominaux fortement divergents en dehors.

Les Rutélites offrent de très-crands rapports avec les Mélolonthites, cependant quelques-uns d'entre eux tendent à établir le passage aux Scarabéites ou Dynastites. La bouche est robuste dans toutes ses parties. Le menton, dans la grande majorité des cas, est quadrilatère, arrondi sur les côtés : la languette lui est réunie, et les palpes sont insérés très-haut; dans quelques cas, comme dans les Anoplognathus et les Geniatis, le menton se rétrécit brusquement et forme une saillie assez prononcée. Le lobe interne des mâchoires est ordinairement muni de trois à six dents. Les mandibules ne dépassent presque jamais le chaperon. Le labre est généralement court, horizontal. La tête ressemble beaucoup à celle des Mélolonthides. Le corselet est habituellement dépourvu d'un rebord à sa base. Les élytres, qui recouvrent le corps en entier, sauf le pygidium, ont leurs bords postérieur et externe, tantôt munis d’une étroite bordure membraneuse, tantôt ne présentant pas cet organe. Les pattes sont parfois assez fortes. Les hanches, dans la majorité des espèces, sont trèstransversales et enfouies dans la cavité cotyloïde. Les jambes de devant n’ont qu'un seul éperon. Les tarses, chez plusieurs Rutélites, tels que les Anomala, Rutela, ete., sont robustes, rigides, d'un diamètre égal dans toute leur longueur, sauf le dernier article : leurs crochets sont inégaux. Les segments ventraux sont libres, excepté dans les Phénomères, chez lesquels ces segments sont soudés ensemble. Les épimères métathoraciques ne varient pas, mais il n'en est pas de même pour celles du mésosternum, qui présentent des dispositions particulières suivant les groupes. Il n'y a pas

d'organes de stridulation. Les différences sexuelles sont peu prononcées : toutefois dans quelques Géniates mâles le corselet est excavé en avant, et le front est muni d’un tubereule conique.

Les Rutélides sont en général des Insectes de taille moyenne, dont le corps est assez robuste, et, sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, ils se rapprochent beaucoup des Mélolonthides. Plusieurs espèces exotiques, surtout dans les groupes des Anomala, Rutela et Anoplognathus, ainsi que dans les genres qui en ont été démembrés, rivalisent par l'éclat de leur livrée, qui brille souvent des plus belles couleurs métalliques, avec les Coléoptères que la nature a le plus favorisés sous ce rapport; mais nos espèces européennes sont loin d’être aussi remarquables par leurs teintes générales, et sont habituellement de couleurs uniformes : brunâtre, verte, noire, etc. Presque tous sont diurnes, et se rencontrent posés sur les fleurs et les feuilles, ou voltigeant autour des végétaux pendant la chaleur du jour; d’après M. Th. Lacordaire cependant, les Geniatis, dans l'Amérique méridionale, paraissent presque tous fuir la lumière, et se réfugient, aussi longtemps que le soleil est à l'horizon, dans les cavités des vieux arbres.

L'histoire des métamorphoses de ces Insectes est à peu près inconnue, car les quelques détails que l'on a sur leurs premiers états sont loin d’être suffisants pour qu'on puisse les regarder comme véritablement scientifiques. MM. Chapuis et Candèze cependant ont figuré la larve de la Pelidnota punctata, mais sans la décrire : suivant M. Harris, cette larve vit dans le bois décomposé et les vieilles souches des arbres. Enfin, antérieurement M. Guérin-Méneville avait annoncé dans la Revue zoologique de 1844 que M. Niéto avait fait la découverte de plusieurs larves et d’une nymphe de la Chrysina macropus, dans le tronc d’un figuier, mais la description en est malheureusement restée inédite.

Les Coléoptères de cette tribu se rencontrent dans toutes les parties du monde, mais l’on peut dire que l'Amérique surtout et ensuite l'Australie en renferment le plus grand nombre des espèces. Le genre Adorus et quelques autres groupes sont exclusivement propres à l'Afrique et aux Indes orientales; les Anomales et de nombreuses subdivisions qui en sont voisines ont seuls des représentants partout, et notamment en Europe.

Les anciens naturalistes, et même Latreille et Mac Leay, distribuaient les Insectes de cette tribu assez loin les uns des autres dans la division des Lamellicornes. M. Burmeister (Hand. der entom., tome ÎV), le premier, a constitué cette tribu et y a formé quatre groupes secondaires, et M. Th. Lacordaire (Genera des Coléoptères, tome III, 1856) a donné un résumé complet des travaux des auteurs qui l'ont précédé, a fait connaître les caractères des soixante à soixante-dix genres qui entrent dans la tribu, et y a formé six groupes qui répondent aux genres: Anatista, Anomala, Phænomeris, Rutela, Anoplognathus et Geniatis, et aux subdivisions qui s’en rapprochent plus ou moins. C’est cette dernière classification que nous suivrons.

Genre ANATISTA, de Brême (Ann. Soc. ent.de Fr., 1844), groupe se rapprochant beaucoup des Mélolonthides, et ayant pour caractères : labre court, épais, arrondi antérieurement; mâchoires à lobes lamelliformes, inermes; antennes de dix articles, à massue très-grande et très-large dans les males; élytres garnies d'une bordure membraneuse externe. Une seule espèce (A. Lefeburei), remarquable par sa taille et sa beauté, et qui a été pris le soir au vol, sur le Quindia, dans les Andes colombiennes, par Justin Goudot : d’un brun rougeûtre brillant, avec des reflets verts en dessus : d'un vert métallique en dessous; élytres ponctuées, rugueuses, irrégulièrement striées.

Genre ANOMALA, Kæppe, in Samæl (The Entom. usef. Comp., éd. 1; Euchlora, Mac Leay, Horæ entomologicæ, 1. 1, 4829), chez lequel les épimères mésothoraciques sont recouvertes; les élytres non échancrées à la base; le chaperon non acuminé ni retroussé, arrondi ou parabolique, rarement tronqué; massue des antennes lonque dans les mâles, oblonque-ovale dans les femelles; pattes plus où moins robustes, mais qui se distingue surtout par des caractères négatifs, tels que les suivants : chaperon non muni d'une saillie en avant, comme dans les Rhinyptia, Dinorhina et Anisoplia; les pattes postérieures pas beaucoup plus fortes que les antérieures, contrairement à ce qui a lieu dans les Phyllopertha, ete. Les Anomala renferment de nombreuses espèces, répandues dans toutes les parties du monde, de taille moyenne ou assez petite, chez lesquelles le faciès et presque tous les organes sont très-variables, mais dont la forme est généralement assez courte, plus ou moins ovalaire, avec leur surface supérieure, et assez souvent aussi l'inférieure, glabres. MM. Hope, de Castelnau, Burmeister et Blanchard ont formé plusieurs coupes génériques parmi les Anomala, et, en

outre, le dernier auteur que nous venons de citer, forme quinze subdivisions dans ce genre, tandis que M. Burmeister n’en indique que neuf. Pour M. Th. Lacordaire, il réunit aux Anomales les genres qui suivent, et qui ne se distinguent que par quelques légers caractères tirés principalement des tarses des jambes : Rhinoplia, Burm., groupe qui, comme les deux suivants, comprend des espèces presque entièrement glabres, se ressemblant beaucoup par leur taille, leur forme générale, leur couleur testacée ou brunâtre, et même un peu par la structure de leurs téguments : une douzaine d'espèces indiennes et africaines (type. A. dorsalis, Fabr.); Heteroplia, Burm., un petit nombre d'espèces indiennes; Hoplopus, Cast.; des espèces africaines, dont la plus connue est l'A. atriplicis, Fabr., assez commune en Algérie; Rhombonyx, Hope, à forme robuste, crochets tarsiens simples : une dizaine d’espèces, propres à l'Europe, à la faune méditerranéenne et à la Sibérie, parmi lesquelles nous prendrons pour type l'A. Junii, Dufts., qui est assez peu rare; Anomala, Burm., comprenant des espèces d'Europe (type, À. Frischii, Fabr.), d’Asie, d'Australie, d'Afrique et surtout d’Amérique; nos espèces européennes qui, dans certaines années, multiplient beaucoup et deviennent assez nuisibles, paraissent vivre principalement aux dépens des feuilles des végétaux : quelques-unes cependant (horticola, campestris, ete.), se trouvent habituellement sur les fleurs, et l'A. devota vit cachée dans le sable : les mäles sortant vers quatre heures de l'après-midi pour aller à la recherche de leurs femelles, qui se montrent une heure plus tard, et restent sur le sol ou se posent sur les tiges des Graminées; Adoretosoma, Blanch., deux espèces du Bengale; Spilota, Dej., Burm., de l'Amérique du Nord, de Java, ete.; Pachystethus, Blanch., une espèce (Popilia vidua, Newm.), du Mexique; Callistethus, Blanch., une espèce du Bengale; Euchlora, Mac Leay, de grandes et belles espèces répandues dans le continent indien et dans ses divers archipels, jusqu'au Japon inclusivement : type, À. viridis, Fabr., très-commun en Chine : on a rangé dans la même subdivision quelques espèces particulières à l'Europe, et surtout l'Anomala vitis, Fabr., dont les larves font, principalement dans le midi de la France et lorsque les circonstances atmosphériques les favorisent, de grands dégâts dans les vignes en rongeant les racines de ces plantes utiles; Aprosterna, Hope, espèces asiatiques.

- Fig. SJ. — Anomala (Euchlora) vitis. Fig. SI. — Anomala (Rhombonys) Junii. Fig. 82. — Anisoplia horticoru.

Des genres qui se rapprochent plus ou moins des Anomala, sont ceux qui suivent : Mimela, Kirby (Paracrasis, Newm.), renfermant une vingtaine d'espèces pour la plupart ornées des couleurs métalliques les plus éclatantes, et habitant la Chine, le continent indien, Java, ete. — Singhala, Blanch., une espèce (S. tenella), de File de Ceylan. — Popilia, Leach., Latr., groupe renfermant une cinquantaine d'espèces répandues depuis le continent indien et ses archipels jusque dans les parties méridionales de l'Asie et de l'Afrique, de taille moyenne, ayant quelque ressemblance avec les Trichius, parmi lesquels plusieurs des auteurs anciens les ont placés, et offrant des couleurs variées, souvent métalliques. — Pharaonus, Blanch., une espèce (Popilia fasciculata, Hope), d'Egypte. — Strigoderma, Dej., Burm., une vingtaine d'espèces, propres à l'Amérique, où elles représentent les Popilies. — Callirhinus, Blanch., une espèce (metallescens), du Mexique. — Jiocnema, Falderm., groupe encore incomplétement connu, et qui ne renferme qu'une seule espèce (1. sulcipennis), d'un fauve testacé brillant, avec quelques reflets bronzés, et qui a été prise sur des fleurs de l’Acacia macrophylla, dans le nord de la Chine.

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Quelques derniers genres, ayant encore de l’analogie avec les Anomala, mais s’en distinguant par des caractères assez importants, sont les suivants : ANISOPLIA, Mec, Lepell. et Serv., surtout remarquables par leur menton presque carré; les palpes à dernier article fusiforme; les mandibules arrondies au bout; le labre recouvert par le chaperon; la tête plane; les yeuæ médiocres; le corselet transversal; V'écusson médiocre; les élytres oblongues, presque parallèles, convexes, sillonnées; les pattes médiocres, plus ou moins robustes, à crochets tarsiens très-inéqaux : le gros des antérieurs fiscide au côté interne; le corps oblong, finement velu, sauf en dessus, ete.; les espèces, assez nombreuses et de taille moyenne, habitent l’Europe, l'Asie et rarement l'Afrique, et n’ont pas été trouvées en Amérique : plusieurs de nos espèces (A. fructicola, Fabr.; agrilcola, Fabr.; austriaca, Herbst, etc.), sont communes presque partout, et se trouvent souvent en abondance sur diverses plantes, mais plus particulièrement sur les ombelliféres et les céréales, auxquelles elles font du mal quand elles apparaissent en trop grande quantité. - Tropiorhynchus, Blanch. (Dinorhina, Lacordaire), deux espèces représentant les Anisoplia au Bengale. — Epectinaspis, Blanch., formé avec le Phyllopertha mexicana, Burm., dont le nom spécifique désigne la patrie. — Phyllopertha, Kirby, Stéph., différant principalement des Anisoplies par la forme du chaperon, demi-circulaire, celle du labre découvert, incliné, échancré, et par la disposition des crochets des tarses antérieurs : ayant le même habitat que les Anisoplia, mais se trouvant aussi au Mexique; parmi nos espèces européennes, nous citerons uniquement le P. horticola, Linné, commun partout dans nos bois.— Rhinyptia, Dej., Burm., groupe formé de quelques espèces des Indes orientales et de l'Afrique.

Genre PHÆNOMERIS, Hope (Trans. of the x0ol. Soc., t. 1), qui, par ses hanches antérieures cylindriques, très-saillantes, et par ses segments abdominaux soudés ensemble, avec les soudures effacées, doit former une division supérieure spéciale, et qui ne renferme que trois espèces (magnifica, Hope, Beschii, Mannerh., et cyanea, Blanch.), propres au continent africain, assez semblables à des Cétonites du groupe des Schizorhina, complétement glabres et ornés des couleurs les plus éclatantes, avec les élytres fortement et régulièrement striées.

Genre RUTÈLE, Rutela, Latr. (Hist. nat. des Crust. et des Ins., t. X), fondé aux dépens des Welolontha et des Cetonia, ayant pour caractères principaux : labre horixontal, en général court, sinué ou échancré; mandibules souvent dentées à l'extrémité en dehors, plus longues que le corselet en avant; antennes de dix articles; élytres sans bordure membraneuse externe, renfermant un assez grand nombre d'espèces, presque toutes européennes, et qui peuvent former plusieurs groupes génériques distincts, qui, eux-mêmes, peuvent être partagés en quatre divisions.

A. Dans les premiers, le bord postérieur du corselet non rebordé, est plan et tranchant; le chaperon est arrondi ou parabolique, non ou très-imparfaitement séparé du front par une suture; l'écusson est en général très-grand, en triangle rectiligne. Genres: MACRASPIS, Mac Leay (Antichira, Eschs., dénomination qui devrait être préférée, comme ayant la priorité d'une année sur celle de Macraspis) : groupe nombreux en espèces qui habitent l'Amérique du Sud et le Mexique, et que l'on trouve dans les bois, voltigeant autour des arbres en fleur et posés sur les feuilles; ce sont des Insectes de grande taille, de couleurs variées, souvent métalliques, très-brillantes, et qui sont complétement lisses en dessus; types : chrysis, Linné, et splendida, Fabr., de la Guyane; bicolor (genre Dorysthetus, Dej.), du Brésil, ete. — Chasmodia, Mac Leay (Lagochile, Hoffmans.), remarquable par la forme du chaperon, du labre et des màchoires, et renfermant une dizaine d'espèces qui, toutes, sauf une du Mexique, sont particulières aux régions intertropicales de l'Amérique méridionale. — Ometis, Latr., ne renfermant que deux espèces, toutes deux brésiliennes. — Telaugis, Burm. (Brachysternus, Dej.; Colobosternus, Blanch.), une seule et belle espèce, en entier d’un vert métallique brillant sur un fond rougeûtre et glabre, sauf quelques poils fins, peu apparents sur la poitrine (T. ænescens, Burm.); propre à Cayenne et au nord du Brésil. — Thyridium, Dej., Burm., quelques espèces brésiliennes. — Chlorota, Dej., Burm., différant assez peu, comme les groupes précédents, des Macraspis, et renfermant une dizaine d'espèces répandues dans l'Amérique du Sud et au Mexique. — Diabasis, Burm., dans lequel on ne place que le D. cærulescens, de Colombie, d’un noir violet brillant, avec la poitrine couverte de poils abondants.

B. Dans les seconds, le bord postérieur du corselet plan, tranchant, n’est pas rebordé; le chaperon est acuminé, bidenté en avant, confondu avec le front; l'écusson est médiocre ou petit, en triangle curviligne. Le genre typique est celui des Rutela, Latr., qui, d'après les auteurs modernes, ne com-

prend plus qu'un petit nombre d'espèces, de taille moyenne, de forme courte et robuste, quoique peu convexes en dessus, et toutes ornées de couleurs remarquables et très-variées, propres à l'Amérique méridionale et aux Antilles, et que l’on trouve sur les fleurs et accidentellement sur les feuilles; types : R. glabrata et gloriosa, Fabr.—Les groupes que l’on a distingués des Rutèles, avec plus ou moins de raison, sont ceux des : Chalcentis, Burm., du Brésil. — Cnemida, Kirby, groupe anormal ressemblant au premier aspect à certains Crémastochiles parmi les Cétonites, et dont on ne connaît que deux espèces (retusa, Fabr., etlacerata, Germ.,) de la Guyane et du Brésil, de taille moyenne, d'un noir brillant, avec des bandes transversales fauves et onduleuses sur les élytres. — Parustasia, Westw., sept ou huit grandes espèces, d’un noir brillant avec des bandes ou des taches fauve vif, et particulières aux parties septentrionales de l'Hindoustan et aux archipels indiens. — Barymorpha, Guérin, genre ne se distinguant peut-être pas du précédent, à forme lourde: trois espèces indiennes. — Peperonota, Burm., ayant de l’analogie avec les genres qui précèdent, et ne renfermant qu'une seule et très-rare espèce, grande, originaire de l'Himalaya.

C. Dans les troisièmes, le corselet est rebordé à la base; le chaperon, confondu avec le front, est parabolique et très-rarement acuminé; l'écusson est médiocre ou petit, en triangle rectiligne ou fortement arrondi en arrière. Division exclusivement américaine, et ayant pour type le genre Pelidnota, Mac Leay, qui renferme aujourd’hui une quarantaine d'espèces répandues depuis le nord des États-Unis jusque dans le Brésil méridional, de taille grande ou moyenne, de couleurs uniformes, vivant sur les fleurs et les feuilles des arbres, et dont une, le P. punctata, Linné, trèsrépandu dans les États-Unis, dévore les feuilles de la vigne cultivée ou sauvage, et occasionne des dommages sérieux dans certaines années. —Les autres genres sont les suivañts: Odontognathus, Cast. (Strigidia, Dej., Burm.), quatre espèces du Brésil et de Bolivia.— Chalcoplethis, Burm.), une grande et superbe espèce du Brésil. (C. Kirbyi).— Plusiotis, Burm., quelques espèces du Mexique et une (Amalia, Burm.), du Chili. — Chrysophora, Gray, une magnifique espèce (C. chrysochlora, Latr., Humb.), d'un vert doré en dessus, à reflets cuivreux en dessous, du Pérou et de Colombie. — Chrysina, Kirby, des parties intérieures du Mexique. — Macropoides, Guérin, une espèce (Nietii), du Mexique. — Heterosternus, Dupont, une grande et très-rare espèce du Mexique (buprestoides), ressemblant, comme l'indique son nom, par sa forme générale aux Buprestiens du genre Sternocera.— Homonyx, Guérin, des espèces du détroit de Magellan, de Bolivia et de Corrientes. — Lasiocola, Dej., Blanch., une espèce (fulvohirta), de Colombie. — Crathoplus, Blanch., vue espèce brésilienne. — Catoclastus, Solier, une espèce (Chevrolati), du Ghili.

D. Dans les quatrièmes, le corselet est rebordé à la base; le chaperon est séparé du front par une suture bien distincte, arrondi ou tronqué en avant; les mandibules, peu saillantes, sont constamment arrondies en dehors, inermes à leur extrémité; V'écusson est médiocre, en triangle curviligne. Le genre principal est celui des Areoda, Leach, Mae Leay, dans lequel on ne range plus que deux espèces, propres au Brésil, grandes, d’un vert bronzé, assez pubescentes en dessous, d’un testacé clair à reflets verts changeants en dessus, et dont les élytres sont couvertes de points enfoncés peu profonds (A. Leachii, Mac Leay, et Banksii, Gast.). — Les autres groupes sont : Byrsopolis, Burm., trois espèces brésiliennes.— Hoplognathus, Mac Leay, deux espèces de l'Amérique méridionale. — Cotalpa, Kirby, Burm., quelques espèces américaines, dont le type est le C. lanigera, Linné, d'un cuivreux brillant en dessus, plus ou moins commun aux États-Unis, qui dévore les feuilles des arbres, et, dans certaines années, fait beaucoup de mal aux poiriers. — Oogenius, Solier, groupe chilien, qui e:t loin d’être complétement connu.

Genre ANOPLOGNATHE, Anoplognathus, Mac Leay (Horæ entomologicæ), chez lequel le corps est presque toujours glabre en dessus et habituellement métallique; les élytres sans bordure membruneuse; la saillie mésostérnale très-grande; le labre est vertical, assez grand, muni d'une saillie “médiane; les mandibules cachées au repos sous le chaperon, qui est séparé du front par une suture; les antennes sont composées de dix articles, ete.; on en connait une vingtaine d’espéces (type, À. analis, Schonb), toutes de grande taille, d’un testacé ou d'un brun rougeàtre brillant, relevé par des reflets métalliques dorés ou verdâtres en dessus, avec quelques poils en dessous : toutes proviennent de l'Australie, où elles semblent être très-communes. — Le même pays nourrit quelques espèces qui en sont voisines, et dont on a fait les genres Calloodes, White, et Repsimus, Mac Leay. — Ce qu'il y a de remarquable, c’est que les Anoplognathes ont en Amérique des représentants

que l’on place dans les genres Phalangogonia, Burm., du Mexique, et Platycælia, Dej., Burm., de Bolivie, du Pérou et de Colombie. — Dans une dizaine de groupes, le corps, glabre en dessus, est très-rarement métallique; les élytres sont munies d'une bordure membraneuse, et la saillie mésosternale est très-courte ou nulle; tels sont les : Brachysternus, Guérin, quelques espèces des parties occidentales de l'Amérique du Sud depuis le Pérou jusqu'au détroit de Magellan. — Bemregeneius, Solier, du Chili. — Aulacopalpus, Guérin, également propre au Chili. — Tribostethus, Curtis, du même pays. — Callichloris, Burm., une espèce de Colombie. — Anoplostethus, Brullé, d'Australie, ainsi que les quatre genres suivants. — Epichrysus, White, ne diflérant probablement pas du précédent. — Schixognathus, Kirby, Burm., très-voisin des Anoplognathes. — Amblyterus, Mac Leay. — Amblochilus, Blanch., ne renfermant que l’A. bicolor. — Dans trois groupes enfin les élytres sont sans bordure membraneuse; la saillie mésosternale nulle et le corps presque complétement pubescent; ce sont les : Adoretus, Eschs., Cast. (Trigonostoma, Dej.; Gemvmatis, Fisch.), une vingtaine d'espèces de taille moyenne, plus ou moins allongées ou déprimées, d’un brun noirâtre ou fauve, et revêtues en entier de poils grisätres : communes dans les parties chaudes de l’Asie et de l'Afrique. où elles représentent les Geniates, exclusivement américains. — Trigonostomma, Burm., une espêce (mucoreum) à téguments brillants, propre à Madagascar. — Heterophthalmus, Blanch., une espèce (ocularis) de la côte de CGoromandel.

Fig. 85. — Geniates barbatus. Fig. 84. — Anthipna abdominans. Fig. 85. — Clavipalpus ursinus.

Genre GENIATES, Kirby, dont le labre est grand, vertical, en général muni d'une saillie médiane rejoignant une saillie analogue au menton; les mandibules tout à fait cachées au repos sous le chaperon, qui est habituellement séparé du front par une suture distincte; les antennes de neuf ou dix articles; les élytres ayant une bordure membraneuse externe; les quatre premiers articles de tous les tarses ou d’une partie d’entre eux dilatés au moins dans les mâles, ete. : Insectes à corps robuste, à yeux gros, d'un brun uniforme ou testacé ou présentant des mélanges de ces deux nuances: tous propres au Brésil, et ayant pour type le G. barbatus, Kirby. — Les autres genres sont ceux des : Bolaæ, Zoubk., Fisch., une dizaine d'espèces de l’Amérique méridionale. — Loxopyga, Westw., une espèce (flavolineatus, Mann., du Brésil), ne différant probablement pas génériquement de celles du genre précédent. — Leucothyreus, Mac Leay (Aulacodus, Eschs.); un grand nombre d'espèces du sud de Amérique. — Evanos, Cast., une espèce (villatus) du Brésil. — Microchilus, Blanch., une espèce très-remarquable, ressemblant par son aspect général à une Phyllopertha, et particulière au Brésil (M. lineatus).

be tribu, Dynasrines. Les Insectes assez nombreux de cette tribu pourraient plutôt porter la dénomination générale de ScAkABÉIDES, Car c’est parmi eux que se rangent les Scar'abæus de plusieurs au-teurs modernes, tandis que pour d'autres cette dénomination classique a tout à fait disparue de la science. On peut, avec M. Th. Lacordaire. caractériser ainsi ces Coléoptères ; languette cornée, soudée au menton: mandibules cornées, munies à l'intérieur, en avant de la dent molaire, dans la plupart des espèces, d'une courte frange de poils, débordant sur le chaperon, qui couvre le labre: antennes habituellement de dix articles, sur lesquels la massue en compte trois; hanches antérieures transversales, enfouies dans lez cavités cotyloides : intermédiaires presque coniques; cro-

Fig. 1. — Omaloplia marmorata.

Fig. 3. — Platygenia barbata

Fig. #4 — Onneochilus punctato-striatus Fie. à Phosphyronota cimarinea

chets tarsiens égaux, à l'exception des antérieurs chez les mäles; épimères métathoraciques distinctes, médiocres, trigones; les {rois dernières paires de stigmates abdominaux fortement divergents en dehors.

Les Dynastides sont de très-grands et de très-massifs Coléoptères : c’est parmi eux que se trouvent les géants de l’ordre, et les plus petits atteignent toujours une taille moyenne. À peu d'exceptions près, ils n'ont pas ces couleurs variées et brillantes que nous avons signalées chez d’autres Scarabéiens : leur livrée, uniforme, ne varie que du noir au fauve, et les nuances métalliques ne se rencontrent que dans de trés-rares et de très-peu nombreuses espèces. La plupart se font remarquer par l'ampleur de leur arrière-corps relativement au corselet et à la tête pris ensemble. Par quelques espèces, ces Insectes se lient aux Rutélides, et par eux aux Mélolonthides; mais, chez les Dynastides, le labre est presque constamment caché sous le chaperon. Le menton est velu en dehors. Les mandibules débordent souvent le chaperon en avantet sur les côtés, et leur extrémité est munie de deux ou trois dents. Le chaperon n'est qu'exceptionnellement carré. Le premier article des antennes est souvent dilaté à son extrémité. Les yeux sont gros, arrondis, imparfaitement divisés et plus ou : moins engagés dans le corselet. L'écusson existe toujours : il est de grandeur médiocre et a la forme d'un triangle eurviligne Les élytres recouvrent entièrement l'abdomen. Les pattes sont assez robustes, et les quatre postérieures sont parfois extrêmement fortes : les tarses sont comprimés, plus ou moins ciliés ou filiformes, avec un renflement au sommet de chacun de leurs quatre premiers articles : les crochets sont ordinairement égaux, sauf les antérieurs chez un grand nombre de mâles, et simples dans les femelles. Le prosternum est caréné en avant des hanches antérieures, et sa carène forme presque toujours antérieurement une petite saillie aiguë et hérissée de poils. Des organes de stridulation se trouvent assez communément; ils consistent en rides transversales ou flexueuses, quelquefois en rugosités situées ordinairement sur le pygidium, et exceptionnellement à la face interne des élytres et sur lesquelles frotte, dans le premier cas, le bord postérieur des élytres pendant les mouvements de l'abdomen. Les différences sexuelles sont très-prononcées dans la majorité des espèces, et portent principalement sur la tête et le corselet, qui sont armés, dans les mâles, de cornes ou de saillies dont la forme varie à l'infini, et aussi, mais avec d'assez nombreuses exceptions, sur Ja forme du chaperon, sur le crochet externe des tarses antérieurs, sur les jambes et les tarses de la même paire, enfin sur la massue des antennes, qui sont faites autrement dans les mâles que dans les femelles : ces dernières ont, en outre, ordinairement le dernier segment ventral plus grand et entier, tandis que celui des mäles est court et très-souvent sinué.

Ces Insectes vivent cachés pendant le jour, tantôt dans des retraites inaccessibles et principalement dans des troncs d'arbres plus ou moins pourris. Ils ne se mettent guère en mouvement que le soir et pendant la nuit, et alors on les voit sur les arbres, principalement sur les feuilles, où ils prennent une nourriture végétale très-abondante. Quelques espèces cependant sont diurnes et vivent sur les fleurs. Leur vol, d’après leur taille et leur grosseur, est naturellement très-lourd, et, pendant cet acte, ils soulèvent et écartent plus ou moins leurs élytres, sans les étaler pour cela complétement.

Les larves de quelques espèces de Dynastides ont été décrites; mais cependant on peut dire qu’une seule entre toutes est aujourd’hui complétement connue, et a occupé un grand nombre d'observateurs. C'est la larve de l'Oryctes nasicornis, Linné, successivement décrite par Swammerdam, Frisch, Ræsel, Herbst, Latreille, Sturm, Ramdohr, Marcel de Serres, Gœde, de Haan, Erichson, et plus récemment par MM. Westwood et Mulsant : ce dernier surtout qui l'a fait complétement connaître. De [aan a dit également quelques mots de la larve de l'Oryctes silenus, Fabr.; M. Costa a parlé de celle de VO. grypus, lliger, et enfin M. le docteur Coquerel (Ann. Soc. ent. de France, 1855) a indiqué les larves de plusieurs espèces d'Oryctes étrangers, propres à l’île de Madagascar, et surtout décrit et figuré avec soin celle de l'Oryctes simiar. Dans le tome IV des Nouvelles Annales du Muséum, de Haan a fait connaître les larves de quatre espèces exotiques de l’ancien genre Scarabæus, mäis il y a-quelques doutes sur les espèces auxquelles elles appartiennent, quoiqu'on les rapporte, mais dubitativement, aux Scarabæus ou Dynastes hercules, Linné; Xylotrupes dichotomus, Oliv. et Gideon, Fabr.; et Chalcosoma atlas, Fabr. Ces larves, d’une manière générale, présentent des mandibules dentées à leur extrémité et sillonnées transversalement sur leur partie postérieure; leur

abdonien est composé en apparence de dix segments, car le neuvième et dernier offre dans son milieu une fausse articulation, les segments du corps augmentent graduellement de dimensions jusqu'au sac, enfin l'abdomen présente une fente transversale. Selon M. Th. Lacordaire, ces larves sont, en quelque sorte, intermédiaires entre celles des Mélolonthides et celles des Gétonides : quoique plus voisines de ces dernières; elles ont, en commun avec les premières, des sillons transversaux bien marqués sur les segments du corps, et la présence d’un sac distinct sous lequel est située l’ouverture anale; et, avec les secondes, une forme proportionnellement plus courte, la tête plus étroite que le trone, et des mandibules dentées et munies en dehors d’uné surface striée transversalement. Outre les petites épines dont elles sont munies par places, comme cela a lieu ordinairement dans tous les Scarabéiens, toutes celles que l’on connaît, principalement celles des espèces étrangères a l'Europe, sont plus ou moins velues. Ces larves mettent deux ou trois ans à opérer leur croissance complète, et s’enferment dans une coque quand le moment de leur transformation en nymphe est arrivé. Elles vivent dans le bois vermoulu, dans les vieilles souches, le terreau riche en bumus ou parmi lesracines des plantes : si dans leur jeune àge elles semblent se contenter de substances décomposées, plus tard elles attaquent les parties vivantes des végétaux et peuvent devenir plus ou moins nuisibles. C’est ainsi que, chez nous, la larve de l'Oryctes nasicornis, sur laquelle nous reviendrons bientôt, fait des dégâts dans nos cultures et surtout dans les souches de nos végétaux, et que les larves des grandes espèces exotiques, quelquefois très-nombreuses, font de grands ravages dans les arbres séculaires des forêts vierges, et détruisent parfois des végétaux utiles à l’homme : par exemple la larve de l’Oryctes simiar, sur laquelle nous reviendrons, ainsi que celles de quelques autres espèces du même groupe, font beaucoup de mal, à Madagascar et à Bourbon, à divers arbres, principalement aux cocotiers.

Quelques points de l'anatomie de ces Insectes, principalement relatifs à l'espèce si abondamment répandue chez nous, l'Oryctes nasicornis, ont été donnés, et sont à peu près conformes à ce que nous avons dit d’une manière générale dans nos généralités sur les Scarabéiens.

On connaît environ un millier d'espèces de Dynastides, parmi lesquelles, dans ces derniers temps, on à fondé plus de cent genres. La majeure partie des groupes génériques appartiennent à l’Amérique, surtout dans les régions méridionales, où ils sont très-répandus,; les autres genres sont à peu près également partagés entre l'Afrique et les Indes orientales : l'Australie en a quelques-uns qui lui sont propres; enfin quatre genres seulement, ceux des : Pentodon, Callicnemis, Phyllognathus et Oryctes, ont des représentants en Europe, la partie du globe la moins riche en espèces de cette tribu.

Les Dynastides, que nous préférerions voir nommer Scarabéides, correspondent particulièrement au genre Scarabæus, de Linné, qui, comme nous l'avons dit, est devenu l'immense famille des Searabéiens ou Lamellicornes. Mac Leay (Horæ entomologicæ) est le premier auteur qui ait nettement limité cette division en lui imposant la dénomination de Dynastides, qui lui a été conservée par Erichson et par M. Th. Lacordaire. Latreille, antérieurement (Règne animal) lui appliquait le nom de Xylophiles, mais il avait altéré la tribu en y comprenant une partie des Rutélides: M. Burmeister, dans le tome [er de son Handbuch der entomologie, a traité en entier la division qui nous occupe et a admis la dénomination de Latreille : il a fait connaître un grand nombre de genres et d'espèces nouvelles. M. Reiche (Ann. Soc. ent. de France, 1859) a indiqué quelques rectifications importantes à introduire dans le travail de M. Burmeister. Enfin M. Th. Lacordaire (Genera des Coléoptères, 1. HI, 1856) a présenté un résumé complet de tout ce que l'on savait jusqu'à cette époque sur les Dynastides, et il les a subdivisés en sept sous-tribus, qui, pour nous, ne seront que de simples groupes et auxquels nous assignerons les noms de : Hexodontites, Cyclocéphalites, Oryctites, Scarabéites, Agaocéphalites, Phileurites et Cryptodontites.

4 groupe, Hexoponrzres : corps élargi, aplati; tête et corselet simples dans les deux sexes; mandibules normales, cornées, cachées au repes sous le chaperon; palpes labiaux insérés sur les côtés du menton; yeux petits, réniformes, verticaux; corselet largement foliacé sur les bords latéraux; élytres débordant les côtés du corps, à épipleures horizontales, élargies; pattes antérieures non allongées dans les müles; épisternums métathoraciques non visibles. Ce groupe ne renferme que le seul genre HEXODON, Olivier (Entomologie, tome I”), qui, par son faciès, ne ressemble à aucun

autre Scarabéien, et dont la place sériale, difficile à déterminer, doit être cependant au commencement des Dynastides, parce qu'il offre aussi d’assez grands rapports avec les Rutélides qui précèdent. Dans les Hexodons, le corps est glabre, presque orbiculaire, aplati, assez ou peu convexe; la tête est médiocre; les élytres sont brièvement ovales, rebordées sur les côtés, isolément arrondies à leur extrémité et cachant en partie le pygidium; le corselet est trapézoïdal, à angles antérieurs saillants, aussi large à la base que les élytres et les recouvrant légèrement; l’écusson est petit, triangulaire; les jambes sont longues, peu robustes, ete. Ces Coléoptères anormaux, de taille assez grande ou au moins moyenne, sont en dessus d’une couleur brunâtre et finement chagrinés, avec des côtes ou un réseau saillant, irrégulier sur les élytres : l’un d’entre eux, le plus remarquable de tous (Montandonii, Buquet), est orné de bandes blanches sur les élytres : en dessous ils sont tous d'un noir brillant. Le genre est exclusivement propre à l’île de Madagascar : on n’en connaît que cinq espèces dont les types sont les : H. reticulatus et unicolor, Olivier. Ces espèces semblent assez communes, mais leurs habitudes, découvertes dans ces derniers temps, et qu'a fait connaître M. Guérin-Méneville, font qu’elles sont encore assez rares dans les collections : en effet, elles ne vivent pas sur les arbres, comme le pensait Olivier, mais on les trouve dans le sable du bord de la mer.

Fig. SG. — Hexodon reliculatus. Fig. 87. — Cyclocephalus geminatus.

2 groupe, CycrocépuaLires : corps plus allongé et moins orbiculaire que dans le groupe précé- . dent, moins bombé; tête non armée de cornes dans les deux sexes, très-rarement tuberculée; mandibules cornées; palpes labiaux insérés sur les côtés du menton; corselet sans impression ni armature, non où imparfaitement rebordé à la base; yeux assez développés; pattes n'étant pas plus longues dans les mâles que dans les femelles : les quatre jambes postérieures non évasées ni digitées au bout : tarses filiformes; épisternums métathoraciques distincts; pas d'organes de stridulation. — Ces Insectes, assez nombreux, et surtout américains, sont, dans la tribu que nous étudions, de taille moyenne : les uns, fauves ou testacés et souvent ornés en dessus de bandes ou de taches brunâtres, sont diurnes, vivent sur les feuilles ou sur les fleurs, et, sous ces divers rapports ainsi que sous plusieurs autres, sont assez voisins des Rutélides; les autres, beaucoup plus nombreux génériquement et spécifiquement, ont, comme la plupart des Dynastides, une livrée unicolore, assez sombre, et, comme eux, doivent être crépusculaires et vivre dans le tronc des arbres vermoulus. On peut y former deux divisions.

La première ne renferme que le genre PACHYLUS, Dej., Burm., dans lequel le chaperon est muni d'un rebord vertical épais; le crochet externe de tous les tarses armé d'une dent médiane en dessous, etc. On n’en connaît que deux espèces (marginatus et dispar), rares dans les collections, et provenant du Brésil.

La deuxième division, plus riche en espèces, est caractérisée par son chaperon sans rebord vertical et par le crochet externe des tarses non denté en dessous. Le genre typique est celui des CYCLOCÉPHALES (Cyclocephalus, Latr., Règ. anim.), qui renfermait jadis les huit ou dix groupes que nous allons nommer, et dont il ne se distingue que par des caractères négatifs : c’est ainsi qu’il diffère des Democrates par son menton plus ou moins tronqué en avant, et non pas trés-allongé et acuminé; des Angoderia, par l'absence de la saillie mésosternale, qui est assez développée chez

ces derniers; des Harposcelis, par le corselet non rebordé à la base; et enfin des autres genres, par ses mandibules plus ou moins étroites et non ou à peine arquées en dedans à l'extrémité. On en déerit ou on en possède dans les collections une centaine d'espèces particulières à l'Amérique et répandues depuis les États-Unis jusqu'au Chili inclusivement, mais nulle part mieux représentées que dans les régions intertropicales de l'Amérique du Sud. Beaucoup d’espèces ont une coloration uniforme, noiràtre ou brunâtre brillant; d’autres, sur un fond fauve, testacé ou rougeûtre, toujours brillant, offrent des taches noires ou brunes, souvent mal limitées. M. Burmeister, qui en décrit soixante-dix espèces, les répartit en huit sections; comme types nous citerons les : C. signatus et tridentatus, Fabr., de Cayenne. Le genre Ancognatha, Erichson, ne doit pas en être distingué. Les autres genres de la même division sont céux des: Harposcelis, Burm., une grande espèce (paradoxus) de Cayenne. — Angoderia, Burm., une seule espèce (A. nitidula, Burm., probablement le Melolontha picipes, Oliv.), d'un vert bronzé en dessous, d’un jaune testacé très-brillant en dessus, avec deux bandes fuligineuses sur le corselet, commun au Brésil. — Erioscelis, Burm. (Apogonia, Mann.), une seule espèce (E. emarginata), du Brésil. — Bradyscelis, Burm., groupe correspondant probablement à ceux des Oryctoderus, Boisduval, et Lampropus, Castelnau, et ne renfermant qu'une seule espèce (latitarsis, Burm.), remarquable par son habitat, car elle provient de la Nouvelle-Guinée.— Peltonotus, Burm., groupe curieux par la provenance de l'espèce (morio) qui yentre et qui habite les Indes orientales. — Chalepus, Mac Leay, une dizaine d'espèces, toutes américaines, à forme assez courte, à coloration d’un noir médiocrement brillant, que relèvent parfois de légers reflets métalliques et ponctuées en dessus, avec les élytres plus ou moins striées. — Stenocrates, Burm., quelques espèces de l'Amérique du Sud, se distinguant surtout des Chalepus, par des caractères tirés des tarses, ete. — Democrates, Burm., groupe singulier, se rapprochant assez des Rutélides pour qu'on l'ait compris dans cette tribu, et ne renfermant jusqu'ici que deux espèces : le type, le Scarabæus Cræsus, Newmann, grand et bel Insecte des Antilles, ayant le faciès d'un Oryctes, et le D. Burmeisterii, Reiche, des environs de Quinto et de la Nouvelle-Grenade.

3° groupe, ORYOTITES : Corps assez gros; tête au moins tuberculée, souvent cornue dans les mâles, inerme ou tuberculée dans les femelles; palpes labiaux insérés sur les côtés du menton ; mandibules cornées, normales, dépassant presque toujours le chaperon; corselet excavé en avant où muni de saillies dans les mâles, très-rarement simple; pattes de même longueur duns les deux sexes : premier article des quatre tarses postérieurs presque constamment trianqulaire ou au moins épineux à l'extrémité supérieure; souvent des organes de stridulation.— On connaît d'assez nombreuses espèces de ce groupe propres à toutes les parties du monde, et réparties aujourd'hui dans une trentaine de genres. Chez les Oryctites on voit graduellement apparaître les différences de sexe dans l’armature de la tête et du corselet des mâles, et la taille devenir considérable. M. Th. Lacordaire forme quatre divisions spéciales dans ce groupe.

La première division, ayant pour caractères : téte munie d'un à deux tubercules, rarement inerme; corselet le plus habituellement impressionné antérieurement, avec un tubercule en avant dans les mûles; jambes postérieures médiocrement évasées el tronquées au bout, avec une couronne de cils; a pour type le genre PENTODON, Hope (The Col. Man., t. [°'). Dans ce genre viennent se placer une dizaine d'espèces, la plupart (ce qui est rare parmi les Dynastides) propres à l'Europe méridionale, comme les P. punctatus, Fabr.; monodus, Fabr., etc., et un petit nombre exelusives à l’Afrique, telles que les P. aries, Fabr., et Nireus, Burm. Ce sont des Insectes assez courts, épais, glabres en dessus, plus ou moins villeux sur la poitrine d'un noir brunätre assez brillant, et à élytres ayant des rangées de points gemellés, avec une strie suturale.

Les autres genres de la même division sont ceux des: Ligyrus, Burm. (Jomarus, Erichs.), une douzaine d'espèces propres à toutes les parties de l'Amérique. — Podalqus, Dej., Burm., une petite espèce (cuniculus) du Sénégal. — Heteronychus, Dej., Burm., quelques espèces, d'assez petite taille, répandues en Afrique, à Madagascar et aux Indes orientales, et dont on doit éloigner deux ou trois espèces américaines que M. Burmeister y comprenait. — Isodon, Hope, quatre ou cinq espèces d'Australie. — Cheiroplatys, Hope, groupe également australien. — Scaptophilus, Burm., de l'Amérique du Sud et des Antilles. — Bothynus, Hope, une espèce assez grande, du Brésil et de Buénos- Ayres. — Corynoscelis, Burm., groupe de l'Amérique méridionale, voisin de celui qui précède, et

ayant pour type le C. Entellus, Lepell. et Serv.— Acerus, Dej., Burm., deux espèces (Davus et Phyllis), assez grandes, d’un rouge ferrugineux, propres au Brésil.

La deuxième division a pour caractères : tête tantôt tronquée obliquement en avant où tuberculée, tantôt munie d'une petite corne dans les mûles; corselet en général impressionné ou excavé en avant et souvent muni de saillies dans le même sexe; pattes postérieures très-robustes, à jambes très-évasées et tronquées au bout, avec une couronne de cils : premier article plus ou moins trigone; presque constamment des organes de stridulation. Quoique la plupart des genres soient propres à l'Afrique, aux Indes orientales et à l'Australie, deux groupes appartiennent à d’autres pays, l’un à l’Europe et l’autre à l'Amérique.

Le genre typique est celui des PIMELOPUS, Erichson (A4rchiv., 1842), comprenant trois espèces de Tasmanie (la principale est le P. porcellus), de taille moyenne, d’un brun marron brillant et velue en dessous. — Les autres genres sont ceux des : Lonchotus, Burm., quelques espèces de Madagascar. — Pericoptus, Burm., une espèce d'Australie. — Orsilochus, Burm., une espèce (Scarabæus cornutus, Thunberg), du cap de Bonne-Espérance. — Thronistes, Burm., une espèce (Rouæii) de Buënos-Ayres. — Horonotus, Burm., une espèce (S. dædalus, Fabr.), très-répandue dans une grande partie du continent indien. — Temnorhynchus, Hope (Coptorhinus, Dej.), remarquable par l’armature de la tête dans les deux sexes, et composé de quelques espèces d'Afrique et des Indes orientales. — Callienemis ou Calocnemis, Cast. (Calorhinus, Erichs.), une seule espèce (C. Latreillii), petite, jaune testacé, propre au midi de l’Europe et au nord de l'Afrique, mais rare partout. — Coptognathus, Burm:, une seule espèce propre au Sennaar. — Dipelicus, Hope, groupe dont la place n'est pas bien déterminée et ne renfermant que le D. Cantori, découvert dans l'ile Chusan sur les côtes de la Chine.

La troisième division, ayant pour caractères : fête tuberculée dans les mâles; corselet impressionné en avant dans le même sexe; antennes de dix articles, à massue très-grande et très-large chez les males; jambes postérieures non élargies, tronquées et légèrement festonnées à l'extrémilé; pas d'organes de stridulation, ne comprend que trois genres assez peu connus, et surtout remarquables par leur répartition géographique. En effet, le principal, celui des Oryctomorphus, Guérin-Méneville, habite les parties occidentales de l'Amérique du Sud, et pour les deux autres, celui des Homeomorphus, Burm., provient de l'Afrique australe, et celui des Corynophyllus, Hope, de l'Australie.

Enfin la quatrième division a pour caractères : tête cornue dans les müles, en qénéral tuberculeuse dans les femelles; corselet excavé ou tronqué et muni de saillies souvent très-développées dans les premiers; jambes postérieures faiblement élargies et digitées au bout chez la plupart, évasées et tronquées, avec une couronne de cils dans les autres : le premier article médiocrement trigone, épineux à l'extrémité en dessus; presque toujours des organes de stridulation. — Les espèces assez nombreuses de cette division sont grandes, noirâtres, presque toutes américaines, deux groupes seulement ayant des représentants en Europe, et se répartissent actuellement en une vingtaine de genres. Chez ces Insectes, les caractères sexuels arrivent à tout leur développement : la tête des mäles n'est plus munie d’un simple tubercule, mais porte une corne plus ou moins grande, tandis que d’un côté le corselet du même sexe diffère toujours très-fortement de celui des femelles, mais les saillies dont il est pourvu varient trop pour*qu'on puisse en parler d'une manière générale,

Le genre typique est celui des ORYCTES, Illiger (Die Kæfer Preuss.), adopté depuis longtemps par tous les entomologistes, et dont anciennement quelques espèces étaient rangées avec les Scar«bæus et les Geotrupes. Tel qu’il est restreint par M. Burmeister, ce genre ne comprend plus que des espèces assez grandes, ayant la forme oblongue de notre Oryctes nasicornis, mais dont quelquesunes cependant (Barbarossa, Fabr., d'Australie; melanops, Burm., de l'ile Vavao), sont plus courtes et plus larges; les élytres sont finement ponctuées et parfois lisses en dessus, noirâtres : le dessous du corps est velu; la corne céphalique des mâles varie beaucoup sous le rapport de la longueur; les espèces, au nombre d’une vingtaine, peuvent se répartir en deux sections d'après la disposition des jambes antérieures et du chaperon. On en trouve dans presque tout l'ancien continent, où elles sont souvent communes et répandues au loin. L'Oryctes nasicornis, Linné, se rencontre dans toute l'Europe; l'O. grypus, Iliger, est particulier à la faune méditerranéenne;

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l'O. Nestor, Burm., à Java; les O. Augias, Oliv.; Pyrrhus, Burm.; Ranavalo, Simiar, colomicus, insulrris, Coquerel, ont été pris à Madagascar et parfois à Bourbon, ete.

L'Oryctes nasicornis est abondant dans les jardins en juin et juillet : chez nous, il est indiqué sous les dénominations vulgaires de Licorne et Rhinocéros, et sa larve fait beaucoup de mal à nos cultures. La femelle, quelque temps après son apparition, dépose isolément dans le terreau, dans le tan et aux pieds de certains arbres des œufs blanchâtres, généralement de la grosseur d’un grain de chanvre, mais d’un volume variable proportionnellement à celui de l’Insecte parfait. Quarante jours environ après la ponte apparaissent les jeunes larves, qui commencent à ronger les feuilles pourries ou le détritus des végétaux; plus tard elles attaquent successivement les jeunes racines et les parties les plus ligneuses des arbres. Leur forme est analogue à celle des autres larves de Scarabéiens. La tête est convexe, d’un rouge brun, assez fortement marquée à sa partie antérieure de points enfoncés qui s'elfacent en arrière. Les antennes ont cinq articles. Les mandibules sont cornées, noires, arquées, terminées en pointe, armées au côté interne d'une dent située au-dessous du sommet, et à la base d’une molaire assez forte: Les mâchoires n'ont qu'un seul lobe. Les palpes maxillaires ont quatre articles, et les labiaux n'en présentent que deux. Le corps est près de moitié plus large que la tête, composé de treize segments: le prothoracique offrant de chaque côté une plaque cartilagineuse d’un jaune rougeàtre. Les six ou sept premiers segments abdominaux sont hérissés de poils et garnis de rides transversales qui disparaissent dans les suivants. La partie postérieure du corps est obtuse, et l’anus transversal. Les pieds sont jaunâtres, garnis de poils concolores et terminés par des ongles graduellement plus courts à chaque paire d'avant en arrière. La durée de la vie à état de larve est habituellement de trois à quatre ans pendant lesquels elles changent plusieurs fois de peau. Durant cet espace de temps, elles nuisent à des arbres quelquefois précieux, et, surtout dans le midi de la France, à l'olivier. Quelques petits Mammifères, comme les Musaraignes, leur font la guerre; divers Insectes carnassiers les attaquent, et certains Hyménoptères, et principalement la Scolia hortorum, vivent à leurs dépens. Enfin, lorsque ces larves ont atteint la grosseur qu’elles doivent avoir, elles s’enfoncent plus profondément dans le sol, choisissent ordinairement une terre plus compacte et construisent avec la tête, les pieds et la partie postérieure de leur corps, une sorte de coque dans laquelle, après un mois de préparation, elles passent à l'état de nymphe : état qui ne présente pas de particularités qui doivent être notées. ‘Cette transformation s'opère dans le mois d'avril, et deux mois après a lieu le changement en Insecte parfait. On n’a pu donner jusqu’à ec jour de bons moyens pour détruire ces Insectes : on conseille seulement de tuer avec soin tous les individus sous les états parfait et de larve que l’on rencontre souvent en fouillant la terre.

Eg.S8 — Oryetomorphus bimaculatus Fig. 89. Oryctes (Dipelicus) Cantori Fig. 90. — Xenodorus Janus.

Les larves de plusieurs Oryctes que nous avons nommés, et surtout celle de l'O. Simiar, comme l'a montré M. le docteur Coquerel, font à Madagascar de grands ravages dans les plantations de cocotiers; elles se trouvent par milliers dans les troncs vermoulus qui couvrent la terre; à l’aide de

Fig. 1. — Blepharotoma tarsalis Fig. 2. — Ceraspis pruinos«.

Pig, 4. — Tripiorhicus posagrius.

COLEOPTÈRES. 91

leurs sortes mandibules elles les minent de tous côtés et finissent par convertir en terreau les troncs les plus énormes, et comme l’incurie des Malgaches et même des colons est telle, qu'ilsnes’occupent pas de se débarrasser des arbres attaqués et qu’ils les laissent au milieu des plantations, il en résulte que les Insectes, une fois parvenus à leur état parfait, vont pondre sur les arbres sains jusque-là, et propagent de plus en plus le mal. La nature a cherché cependant à limiter le nombre des individus en attachant à leurs larves des ennemis qui en détruisent un grand nombre; c’est ainsi que deux Scolia, que M. le docteur Coquerel nomme C. oryctophaga et carnifex, vivent aux dépens de ces Coléoptères. La larve de l'Oryctes Simiar ressemble beaucoup à celle de l'O. nasicornis, mais présente quelques particularités différencielles que M, le docteur Coquerel a signalé avec soin dans l'ouvrage que nous avons déjà cité.

Les genres de la même division que les Oryctes, genres formés pour la plupart aux dépens de ce groupe, sont les suivants : Phyllognathus, Eschs. (Oryæ, Guérin- Méneville), comprenant un nombre assez restreint d'espèces propres à l’ancien continent et à l'Amérique du Sud, et ayant pour type l'O. Silenus, Fabr., propre à toute la faune méditerranéenne. — Dasygnathus, Mac Leay, deux espèces d'Australie. — Trigogomphus, Burm., des Indes orientales. — Xyloryctes, Hope, de l'Amérique du Nord et des Antilles. — Scapanes, Burm., une ou deux espèces d'Australie. — Stygotrupes, Burm., du continent indien. — Cyphonistes, Burm., deux espèces. — Megaceras, Kirby, Hope, de l'Amérique du Sud. — Dichodontus, Burm., ayant pour type le Scarabæus Cresus, Fabr., de Java. — Ceælosis, Kirby, Hope, de l' Amérique du Sud.— Heter ogomphus, Burm., une vingtaine d'espèces répandues depuis Buénos-Ayres jusqu'au Mexique inelusivement.— Podischnus, Burm., deux espèces : l’une de Colombie et l’autre du Mexique. — Enema, Kirby, Hope, de l'Amérique méridionale, et principalement du Brésil. — Strategus, Hope, propre aux régions chaudes des deux Amériques et aux Etats-Unis. — Xenodcrus, de Brême, une espèce, le Scarabæus Janus, Fabr., de la côte de Guinée,

4° groupe : Scararéires comprenant les Scarabæus où Dynastes proprement dits, et offrant pour caractères : palpes labiaux insérés sur les côtés du menton ; mandibules cornées, normales, dépassant le bord antérieur du chaperon; tête et corselet cornus dans les mâles : la première tuberculée, le second inerme et jamais impressionné dans les femelles; pattes allongées chez les premiers : jambes antérieures ainsi que les tarses plus longues que chez les secondes : postérieures un peu élargies et digitées au bout dans Les deux sexes; rarement des organes de stridulation.—- Les Insectes de certe division sont exclusivement propres aux parties chaudes du nouveau et de l’ancien continent; e’est parmi eux que figurent les plus grands Dynastides et même les plus grands Coléoptères connus, et les plus petites espèces ne descendent pas au-dessous de la taille moyenne. Les différences sexuelles sont souvent très-grandes : outre l'armature de la tête et du corselet que nous avons indiquée, et qui est souvent énorme chez les mâles, les femelles ne ressemblent quelquefois pas du tout aux mäles, d'où 1l résulte que l’on a créé souvent avec elles des espèces nominales.

Le groupe typique est celui auquel nous laisserons le nom classique de SCARABÉE (Scarabæus, Linné, Systema naturæ), dénomination que nous ne voulons pas voir disparaître de la science, et qui correspond à celle de DYNASTES pour M. Th. Lacordaire. Cinq espèces, des plus remarquables par leur taille, l’armature de leur tête, celle du corselet, et, sauf une, par leur système de coloration, forment aujourd’hui ce beau genre. M. Burmeister le subdivise en deux coupes génériques : 1° Theogenes, Burm., dans lequel le lobe externe des mächoires est inerme, le corselet présente deux cornes latérales et horizontales, et le dernier article des tarses est ampoulé : il n’y range qu'une seule espèce (Neptunus, Schanh.), de l'Amérique méridionale, d'un noir uniforme, et 2° Dynastes, Kirby, à lobe externe des mâchoires muni de trois à quatre petites dents médianes, à corselet dépourvu de cornes latérales, et à dernier article des tarses en massue arquée : quatre espèces : Scarabæus Hercules, Linné, dont les Perseus, Oliv., et Alcides, Fabr., ne sont que des variétés, et qui est commun aux Antilles et en Colombie; Iphictus, Panz., et Hyllus, Chevr., du Mexique, et Tityus, Linné, des États-Unis; toutes ces espèces sont noires, avec les élytres et au moins une partie du corselet d’un vert jaunâtre comme vernissé et plus ou moins tachetés de noir; les femelles, plus petites que les mâles, plus fortement chagrinées sur les élyires, ne présentent pas de cornes céphaliques et thoraciques. On ne connaît pas bien les mœurs de ces Insectes remarqua-

bles : on sait seulement qu'on les rencontre dans les troncs décomposés, où leurs larves ont vécu. D'après l'Herminier, le Scarabæus Hercules rechercherait la séve qui découle de certains arbres après qu'ils ont été abattus, et aurait, comme certains Longicornes, la singulière habitude de couper de jeunes pousses, et même de petites branches en les saisissant entre la corne de sa tête et celle du corselet, puis prendrait son vol cireulairement. Mais ces faits ont besoin d’être revus avec soin pour être définitivement admis dans la science

Fig. 91. — Lycomedes Reichit.

Les autres genres admis dans cette division, et qui, il y a vingt ans à peine, faisaient partie du genre Scarabæus, dont ils ne diffèrent réellement que par des caractères secondaires, sont les suivants : Golofa, Hope, groupe propre au Mexique, aux Antilles et aux parties boréales de l'Amérique méridionale, renfermant une dizaine d'espèces dont les types sont les S. claviger, Linné, de la Guyane, et Ægeon, Fabr., du Mexique. — Augosoma, Burm., une espèce de la côte de Guince (Geotrupes Centaureus, Fabr.).— Xylotrupes, Hope, quelques espèces des îles Philippines et de l'archipel de la Sonde (type, S. Gideon, Linné). — Eupatorus, Burm., deux rares espèces (£. Harlwichii et Cantori, Hope), du continent inGien. — Chalcosoma, Hope, ne renfermant que le S. Allas, Linné, à téguments bronzés, répandu dans une grande partie du continent et de l'archipel des Indes, et dont on a distingué, avec des mâles incomplétement développés et avec la femelle, des espèces nominales. — Megasoma, Kirby (Megalosoma, Burm.), les cinq espèces rangées dans ce genre (Actæon, Linné, de la Guyane; Mars, Reiche, de Colombie; Elephas, Fabr., du Mexique; Typhon, Fabr., du Brésil, et Hector, Gory, également du Brésil), sont les plus volumineux et les plus massifs de tous les Scarabéiens, et par conséquent de tous les Colcoptères; leur arrière-trone est surtout remarquable par son grand développement. Ces grands Insectes, généralement noirâtres, sont, comme nous l’avons dit, propres aux contrées chaudes de l'Amérique, depuis le Mexique jusqu'au Brésil méridional inelusivement.

»° groupe : AGaocÉPuaLITES ayant pour caractères : palpes labraux insérés sur les côtés du menton; mundibules cornées, normales, toujours cachées sous le chaperon; téte cornue dans les miles, inerme dans les femelles; corselet tantôt cornu, tantôt simple chez les premiers, toujours simple chez les secondes; pattes antérieures plus ou moins allongées dans le sexe mäle : jambes postérieures faiblement élargies et digitées ou festonnées à l'extrémité : premier article des tarses mucroné en dessus; saillie post-coxale du prosternum rudimentaire ounulle; pas d'organes de stridulation. — Les Insectes de cette division sont de taille moyenne, essentiellement propres aux régions intertropicales de l’Amérique méridionale; les uns sont noirâtres et ont probablement les babitudes des Dynastites; les autres présentent des teintes plus ou moins métalliques, fréquentent les fleurs et sont diurnes : ce qui avait engagé Dejean à les ranger auprès des Rutela.

Le type est le genre AGAOCEPHALA, Mannerheim, renfermant quelques espèces (Mannerheimii, Cast.; cornigera, Manh., ete.), de l’intérieur du Brésil et de la Guyane, à système de coloration remarquable, le vert bronzé en forme le fond et les élytres sont d'un jaune testacé brillant, mais la suture à habituellement deux taches brunâtres. — Les autres genres sont ceux des : Ægopsis, Burm., une espèce (curvicornis, Westw.), de Colombie, d'un brun marron brillant. — Lycomedes, de Brême, une espèce (Reichii), de Colombie, d'un brun roussâtre testacé, à reflets veloutés d’un gris cendré luisant.— Antedon, de Brême, une espèce de l’intérieur du Brésil (Goryi), d'un brun

cuivreux très-foncé passant au ferrugineux, avec les élytres ocracces, criblées de points enfoncés, fuligineux.

6° groupe : Puseurires ayant pour caractères : palpes labiaux insérés à la face interne du menton; mandibules cornées, normales, saillantes; tête et corselet peu différents dans les deux sexes : la première tuberculée ou munie de deux petites cornes, et le second souvent inerme; pattes de même longueur dans les deux sexes : jambes de derrière tronquées ou digitées au bout : premier article des tarses épineux en dessus à son extrémité. — Les Insectes de cette division, propres à l'Amérique, à l'Afrique, aux Indes orientales et à l'Australie, ont un faciès particulier : ils sont plus ou moins allongés et parallèles, déprimés, convexes ou cylindriques, à téguments ponctués, et ils sont presque aussi glabres en dessus qu'en dessous.

On en indique un assez grand nombre de-genres, dont le principal est celui des PHILEURES

(Phileurus, Latr., Genera Crustaceorum et Insectorum), surtout caractérisé par son chaperon trèsrétréci, acuminé et retroussé au bout, rebordé sur les côtés; le nombre des espèces est encore nombreux, quoique restreint à celles qui se trouvent en Amérique, où elles sont répandues depuis les États-Unis jusqu'à Buénos-Ayres. On les rencontre assez communément sur les troncs et dans l’intérieur des arbres en décomposition et autres lieux semblables : l’un d’eux (vorvex) ne se trouve guère que dans les cadavres à demi desséchés; on a vu des espèces voler au commencement de la nuit, et M. Th. Lacordaire a constaté que plusieurs d’entre elles produisent un bruit assez fort en frottant leur abdomen contre leurs élytres.

Les autres genres, démerbrés pour la plupart des Phileurus, sont les suivants : Syrichthus, Kirby, Hope, ayant pour type le Geotrupes Syrichthus, Fabr., du cap de Bonne-Espérance. — Trioplus, Burm., une espèce (P. cylindricus, Man.), du Brésil intérieur. — Actinolobus, Westw., une espèce (irradians) du Brésil. — Trionychus, Dej., Burm., quelques espèces de l'Afrique australe et de la Sénégambie.— Rhixoplatys, Westw., qui ne diffère probablement pas des précédents. — Cryptodus, Mac Leay, cinq ou six espèces particulières à l'Australie. — Semanotus, Hope, groupe imparfaitement connu, renfermant trois espèces australiennes.

1° groupe : CrxProponriTes ayant pour caractères : cavité buccale petite, inférieure, fermée en partie par le menton; mandibules très-petites; labre coriace, très-réduit; premier article des tarses non mucroné; prosternum dépourvu de saillie post-coxale. Cette division, peu connue, ne renferme que deux espèces qui, tout en ayant les caractères des Dynastides, offrent aussi la plupart de ceux des Cétonides. On n'y range que deux genres : PANTODINUS, Burm., une espèce (Klugtt), de Guatimala, ayant l'aspect des Platygenia, et CRYPTODONTES, Burm., une espèce (Latreillanus, Westw.), du Sénégal, qui ressemble assez aux Phileurus.

6° tribu, Corripes : organes buccaux très-débordés par le chaperon, et par cela invisibles en dessus; languette membraneuse, toujours distincte du menton; mächoires à lobes très-grands, ciliés, coriaces où membraneux; mandibules en forme de lamelles, membraneuses, plus où moins cornées vers l'extérieur; labre lamelliforme, membraneux, invisible; antennes insérées sous le chaperon, de huit ou neuf articles : le premier très-grand, et les trois derniers formant la massue; hanches intermédiaires obliques ou longitudinales, fortement séparées dans le plus grand nombre des cas : jambes postérieures avec un seul éperon; parapleures métathoraciques simples; segments abdominaux au nombre de six, tous soudés ensemble; stigmates abdominaux tous situés sur la membrane connective des segments ventraux et dorsaux de l'abdomen, de même que dans les autres Scarabéiens qu'il nous reste à passer en revue, et qui, tous, appartiennent à la légion des Laparostictiques.

L'un des meilleurs caractères des Coprides, caractère qu’ils partagent avec les Aphodides, se trouve dans leur chaperon très-développé et formant une sorte de bouclier semi-cireulaire ou rhomboïdal, qui cache les organes buccaux. Ceux-ci consistent dans un menton corné et velu, plus où moins échancré; une languette bilobée, assez grande; des palpes : labiaux de trois articles : maxillaires de

quatre articles, glabres, filiformes; des mâchoires robustes et des mandibules lamelliformes Les an-

tennes sont courtes. Les yeux sont gros, globuleux, latéraux, et rarement divisés par un canthus, Le corselet, appliqué exactement contre la base des élytres, est de forme variable. L’écusson n’existe pas la plupart du temps, ou est très-peu développé. Les élytres, en général à téguments assez solides, laissent toujours le pygidium à découvert. Les ailes proprement dites existent presque constamment, mais peuvent manquer dans quelques cas assez rares. Les pattes antérieures, dans toutes les espèces, destinées à fouir la terre, sont, en conséquence de cette action, robustes et dentées en dehors; leurs hanches sont médiocrement transversales; les pattes postérieures varient dans leur forme. Les tarses antérieurs manquent souvent. Les crochets tarsiens sont ordinairement petits, simples. L'abdomen est souvent court. Le métasternum est le plus grand des trois segments thoraciques; le mésosternum est très-réduit; le prosternum a parfois un bord antérieur épaissi, tronqué de chaque côté, et cette partre du corps, pourvue de muscles puissants, joue, quand l'Insecte s’enfonce dans la terre, un rôle assez important. À

Fig, 92, — Afeuchus semipunctulus Fig. 95, — Copris lunaris.

Les Coprides renferment des Insectes généralement de taille moyenne, et rarement grande ou petite, répandus dans toutes les parties du globe. Leur coloration est le plus habituellement uniforme et assez sombre; mais d'assez nombreuses espèces, particulières aux pays chauds, offrent des teintes brillantes, quelquefois métalliques. La plupart de ces Insectes, quoique faisant médiocrement usase de leurs ailes, volent assez bien à l'occasion, quoique lourdement, et sans s'élever beaucoup au-dessus du sol. Ce n’est guère que le soir, au crépuscule, qu’on les rencontre volant, car pendant le jour ils restent habituellement à peu près immobiles. Par la conformation de leur bouche on peut s'assurer que ces Insectes ne peuvent se nourrir que de substances molles et en partie liquides. La plupart des Coprides, et tous ceux de nos climats, vivent dans les matières exerémentitielles des Mammifères herbivores, et ils en hâtent la disparition en les fouillant, en les divisant en tous sens; c'est même à cette habitude qu'ils doivent leur nom, ainsi que celui de Copr'ophages, qui leur est

appliqué par Latreille. Parmi les espèces exotiques, quelques-unes (les Phanæus, par exemple) ha-

bitent principalement les matières animales en putréfaction; d'autres, comme les Coprobius, Canthon et certains Onthophagus, se trouvent souvent dans les plaies des arbres, dont ils recueillent la séve décomposée. Ils déposent leurs œufs dans les substances mêmes dont ils se nourrissent, et ils le font surtout de deux manières différentes: dans le prémier cas, les femelles se bornent uniquement à ajouter à chaque œuf une quantité de matière suffisante pour nourrir la larve qui doit en sortir : dans le second cas, elles renferment leur œuf dans une boule formée des mêmes substances, qui, dès lors, deviendra l'alimentation de la larve, et qui, en outre, consolidée à l'extérieur par des parcelles de terre ou des grains de sable, pourra servir efficacement à protéger la nymphe jusqu’à son changement en Insecte parfait. Des différences de deux sortes se remarquent encore dans ces sortes de pelotes-stercoraires : les unes sont disposées en boules, et les autres n’ont pas une forme bien déterminée; et, ainsi que nous le dirons en revenant sur ce sujet important, ces différences dans les habitudes des espèces se tralluisent à l'extérieur de l’Insecte par des modilications correspondantes dans l’organisation des quatre pattes de derrière.

L'histoire des métamorphoses des Coprides est à peine commencce, car l’on ne connait les premiers états que de cinq de leurs espèces; les larves de l'Ateuchus sacer ont été assez complétement

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COLÉOPTÈRES. | 95 étudiées par M. Mulsant et par Erichson, et nous y reviendrons plus tard; celles du Deltochilum brasiliense ont été signalées par M. Burmeister; celles du Sisyphus Schæfferi ont été entrevues par Dollinger, et enfin celles des Onthophagus taurus et vacca ont été décrites par M. Mulsant, et l'avant-dernière, précédemment aussi par Erichson. On peut dire d'une manière générale que ces larves, construites sur le même plan que celles de tous les Scarabéiens, ont spécialement leurs segments divisés en dessous en bourrelets transversaux, que leurs antennes sont de quatre ou cinq articles, et leurs mandibules distinetement bidentées ou tridentées. Dans l'Atenchus sacer le corps de la larve est parsemé de poils longs et fins, assez peu nombreux; les mandibules sont tridentées à l'extrémité; les mächoires ont des lobes terminés par un crochet corné; les pattes sont composées de cinq pièces distinetes; l'ouverture de l'anus est placée au-dessus de deux mamelons, à la partie moyenne du sac. Dans le Deltochilum brasiliense, seule espèce exotique dont les métamorphoses soient connues, le corps est atténué à.ses deux extrémités, et les pattes sont relativement faibles, la nymphe, qui n'offrait rien de bien particulier dans l'Athenchus sacer, présente ici une particularité remarquable : en effet, elle est pourvue, au-dessus de l'ouverture anale, sur les côtés des quatrièm et cinquième anneaux du ventre, aux épaules et au bord antérieur du corselet, d'appendices diversiformes qui l’'empêchent de se blesser contre les parois de la coque dans laquelle elle est contenue Dans le Sisyphus Schæfferi, les larves, imparfaitement connues, n'ont rien de bien spécial. Dans les Onthophaqus taurus et vacca, les larves, à corps entièrement glabre, à màchoires tridentées d'u côté et bidentées de l’autre, et à pattes sans crochets, ont pour caractères distinetifs un renflement s'étendant du bord des segments thoraciques jusqu'au sixième anneau de l'abdomen, où il se termine par un mamelon rétractile surmonté de petits poils roides.

Les Coprides, tels que nous les admettons avec M. Th. Lacordaire, ne répondent pas entiéremen aux Coprophages de Latreille, car ce dernier auteur y réunissait les Aphodius et genres voisins qui par leurs caractères partieuliers, semblent devoir former une tribu distincte. MM. Westwood (Trans of the ent. Soc., Lond., t. IV, et L. Reiche, Ann. Soc. ent. Fr., 1845), ont donné, chacun de leur côté, un travail monographique sur l’une des divisions principales de cette tribu : celle des Aten chites. Erichson (Naturg. der Ins. Deuschl., 1. HN), à publié une révision assez complète des genres de Coprides : c’est en grande partie ce dernier travail, avee la plupart des modifications qu’v a introduites M. Th. Lacordaire (Genera des Coléoptères,t. M, 1856), que nous suivrons dans cette Encyclopédie. js

On peut partager ces Insectes en deux sous-tribus assez distinctes. A. La première, ayant pour type le genre Ateuchus, et comprenant des espèces à corps large, plus ou moins déprimé, robuste; à tète et corselet inermes : la première tout au plus tubereulée; à différences seæuelles peu marquées, et surtout à jambes intermédiaires el postérieures grêles, jamais brusquement dilatées à l'extrémité, mais s'élargissant peu à peu, et à tarses étroits, de même diamètre ou à peu près dans toute leur étendue; M. Th. Bacordaire y forme quatre groupes que nous étudierons successivement sous les noms d'Ateuchites, Gymnopleurites, Deltochilites et Minthophilites. B. La seconde sous-tribu, ayant pour type le genre Copris, et présentant pour caractères différenciels : corps généralement épais, robuste; tête et corselet très-souvent cornus ou tuberculés; différences sexuelles en général très-prononcées, et principalement jambes intermédiaires et postérieures plus ou moins robustes, dilatées assez brusquement à l'extrémité; tarses diminuant graduellement de la base au sommet; M. Th. Lacordaire y forme quatre groupes que nous indiquerons sous les noms de Scatonomites, Coprites, Onitiles et Onthophagites. Outre les caractères qui peuvent distinguer les deux grandes divisions que nous venons d'indiquer, on trouve également des particularités différencielles dans les mœurs des espèces, ainsi que nous le dirons bientôt.

1°" groupe, Arevonres : palpes labiaux à deux premiers articles dilatés; antennes de neuf articles ; yeux divisés en entier en deux parties un peu inégales : canthus oculaire tronqué à angle droit en arrière; corselet échancré dans son milieu antérieurement, à angles antérieurs largement et carrément coupés; élytres embrassant faiblement les flancs de l'abdomen; les quatre pattes postérieures grèles, s'élargissant peu à peu; hanches intermédiaires tantôt distantes, tantôt plus où moins contiqués; pas de tarses antérieurs dans les deux sexes.

Les Ateuchites sont pour la plupart des Insectes de taille grande, de forme large, peu convexe,

et généralement d'une coloration noire ou brunätre foncé, avec quelques espèces assez brillantes, ou plutôt d'une teinte cuivreuse foncée; et, quoique assez massifs, ils volent assez bien, mais marchant mal. Ils vivent exclusivement des matières stercoraires des Mammifères, et semblent chargés par la nature de disperser au loin ces matières, qui doivent servir à activer la végétation. Doués d'un instinctadmirable. ils réunissent, surtout a printemps, les mollécules de ces substances en un corps d'abord assez informe, mais occupés sans cesse à faire rouler ces petites masses, ces dernières ne tardent pas à devenir de petites boules. Ces habitudes singulières n’ont pas échappé aux anciens observateurs : Aristophane, Plutarque, Aristote, Hor-Apollon et plusieurs autres parlent de ces Insectes que les Grecs nommaient Kzapo, dénomination que les premiers traducteurs ont converti dans notre langue en celle de Pilulaires. L'une de nos espèces fut célèbre sur les bords du Nil, et fit partie du culte religieux des Égyptiens. Les Ateuchites se servent d’abord de leur chaperon pour diviser les matières stercoraires, puis de leurs pattes antérieures pour rassembler les parcelles dont ils composent un globule auquel ils donnent graduellement un volume plus considérable, et qui deviendra bientôt une sorte de pilule, puis une petite boule. Dans ce travail, ils ont le soin de s'attacher aux parties les plus substantielles, et de rejeter, avec une adresse merveilleuse, les pailles et autres substances peu décomposées par la digestion. Dès que la petite boule est parvenue à un volume suffisant pour offrir toute la nourriture nécessaire au développement de la larve à laquelle elle est destinée, l’Insecte la fait rouler pour la consolider davantage; et il recherche un endroit convenable pour la placer dans le sol et la dérober à tout événement fâcheux. Le plus ordinairement le mäle et la femelle réunissent leurs efforts pour conduire cette boule : l’un la retient entre ses pattes de derrière, et la pousse en marchant à reculons, en se servant pour la fixer de l’éperon des jambes postérieures; l’autre la tire avec ses pattes de devant. Ajoutons cependant, comme le dit pittoresquement notre collègue M. L. Fairmaire (Ann. Soc. ent. de Fr., session de Montpellier, 1857), « qu’à la honte de notre sexe, ce sont surtout les femelles qui déploient la plus grande activité, et que les mâles restent souvent fort tranquillement spectateurs des rudes labeurs de leurs épouses, ne sortant de leur dignité que pour le combat.» Mais que de difficultés ne trouvent pas ces industrieux Insectes dans leurs manœuvres herculéennes. Combien d'obstacles ne rencontrent-ils pas dans l'inégalité du terrain qu'ils cherchent parfois à aplanir, mais qu’ils vainquent le plus souvent à force de peine et de labeur ! « Souvent, dit M. Mulsant (Lamellicornes de L’'Hist. nat. des Col*de France, 1842), surtout parmi les espèces qui construisent une pelote beaucoup plus grosse qu'eux, souvent un ami obligeant vient prêter ses bons offices; il se place sur le sommet du corps sphérique, et, en se penchant en avant, l’entraine dans un mouvement de rotation. Quelquelois un accident arrive : la boule tombe dans un trou, et y resterait inévitablement sans le secours de nouvelles forces nécessaires pour l'en extraire. Un Ateuchite, auquel semblable mésaventure était arrivée, se dirigea, dit Illiger, vers un tas de bouse voisin, et revint bientôt avec trois camarades; tous quatre réunirent leurs efforts pour tirer la pelote du précipice, et ils y parvinrent enfin : ce résultat obtenu, les trois compagnons, dont la tàche était accomplie, s'en retournèrent aussitôt à leur ouvrage. » Mais les choses ne se passent pas toujours aussi intellectuellement, pourrionsnousdire, Souvent, lorsqu'un Ateuchite, pendant son travail, perd l'équilibre, il roule d'un cûté etla boule de l’autre, et, pendant le temps qu'il met à se relever, le berceau de sa larve devient la propriété du premier qui s’en empare; et dès que l’Insecte est parvenu à se remettre sur ses paltes, ce qu'il fait très-difficilement, il va à la recherche d’une autre boule, et, s'il n’en trouve pas, il travaille avec une ardeur infatigable à en former une nouvelle. Comme nous l'avons indiqué, les mâle montrent généralement beaucoup moins d’attachement que les femelles pour ces pelotes qui doivent servir de berceau à leur progéniture. « Souvent, dit M. Mulsant, pour mettre à l'épreuve leur amour maternel, il m'est arrivé de transporter dans la main un couple de Sisyphes avec le fruit de leurs travaux; dès que je leur rendais la liberté, le mâle en usait pour s'envoler; la femelle, ordipairement, restait attachée à la pilule, objet de ses espérances, et se résignait à la conduire seule : j'ai vu quelques-unes de ces créatures surprises par la nuit avant d’avoir pu enterrer assez profondément leur globule, et le lendemain, de grand matin, je les retrouvais le tenant embrassé contre leurs pattes, comme un trésor dont elles n'avaient pu se séparer.» L'industrie des Ateuchites n'est pas toujours destinée à assurer le bien-être de leur postérité : souvent. ils travaillent uniquement pour accomplir la mission providentielle dont ils sont chargés, et qui a pour but la dispersion des

matières stercoraires. Ce qui démontre ce fait, c’est que, dans maintes circonstances, les mâles déploient le même talent que les femelles, et que celles-ci, n'ayant pas toujours des œufs à déposer dans leurs boules, n’en confectionnent pas moins de nouvelles, alors même qu'elles ont mis leur progéniture à l'abri de tout danger.

Cinq genres principaux seulement entrent dans ce groupe, et, à l’exception d’un seul, celui des Eucranium, qui est américain, toutes les espèces qu'ils renferment sont propres à l’ancien continent. Le groupe principal, l'un des plus célèbres de tous les Coléoptères, est le :

Genre ATEUQUE, Ateuchus, Weber (Obs. entome.) : corps grand, médiocrement épais, plus où moins déprimé, glabre, sauf la poitrine, qui est plus ou moins velue; téte petite; menton plus long que large, parfois échancré; chaperon demi-circulaire en avant, muni de six dents; antennes à deuxième, troisième et quatrième articles assez allongés : cinquième et sixième courts : articles de la massue oblongs, arqués; corselet grand, transversal, débordant les élytres; écusson non distinct ou à peine visible; élytres planes ou peu convexes, un peu rétrécies d'avant en arrière; hanches intermédiaires distantes; quatre jambes postérieures plus ou moins ciliées, terminées par un grand éperon comprimé, tranchant en dehors, un peu arqué; tarses courts, déprimés, hérissés de longs cils et à crochets petits, arqués; pygidium petit, en triangle curviligne transversal; mésosternum renflé, largement arrondi en avant ou offrant une saillie en forme de coin.

Linné, ainsi que nous l'avons fait remarquer, en créant son genre Scarabæus, dont il avait pris la dénomination dans les anciens auteurs, y comprenait toutes les espèces à lui connues de l’énorme famille que nous désignons sous le nom de Scarabéiens. D'après cela on comprend que, lorsque le genre Scarabæus eut été démembré en un grand nombre de subdivisions spéciales, on ne fut nullement d’accord pour savoir à laquelle on devait laisser en propre le nom linnéen. Rien né vient nous guider pour cela : l’étymologie même du nom ne peut être d'aucun secours, car son origine est des plus incertaines. Selon Papias, cette dénomination viendrait de cabus ou caballus, parce que ces Insectes, d’après les idées de l’époque (le onzième siècle), où vivait le grammairien que nous avons nommé, étaient sensés naître du cadavre des chevaux; Bochart l'a fait dériver de l’hébreu chaphas, qui signifie famille; Fabricius et Mac Leay en ont cherché l’étymologie dans la langue grecque: le premier l’a tirée de caro, creuser, et le second de cxzprpoucu, gratter, enfin Martini, ce qui semble plus probable, croit ce mot dérivé de Kapz6os, dénomination employée par Aristote pour désigner un Insecte qui nous est inconnu. Pour nous, nous avons, à l'exemple de la plupart des entomologistes modernes, laissé le nom de Scarabæus à l'Hercules et quelques autres espèces pourvues de cornes puissantes; mais il n’en est pas de même pour tous les naturalistes; et c’est ainsi que Mac Leay et depuis M. Mulsant ont appliqué cette dénomination au genre Ateuchus, de Weber : cependant Mac Leay en fait un sous-genre particulier, celui des Heliocantharus. Quoi qu'il en soit, suivant la méthode de M. Th. Lacordaire, le nom d’Ateuchus doit définitivement rester au genre qui nous oceupe, car l'usage a fait rejeter la dénomination d’Actinophorus, Creutzer, qui lui estnéanmoins antérieure.

Les Ateuques sont exclusivement propres à l’ancien continent; la plupart des espèces, assez nombreuses, sont africaines : les autres appartiennent à la faune méditerranéenne de l'Europe, à l'Asie et au continent indien. Sauf une petite quantité d'espèces, par exemple les Ateuchus Ægyptiorum et sanctus, toutes sont d'un noir ou d'un brun foncé peu éclatant. Ce sont de grands Insectes, déployant sous l'influence de la chaleur une activité incroyable, et qui sont assez difficiles à faire périr. Ils choisissent habituellement un terrain en pente pour y placer horizontalement leur boule; on voit souvent, au printemps ainsi qu'au commencement de l'été, dans les dunes ou dans les sables du bord de la mer, ces Coléoptères se livrer au travail d'enfouissement de leurs boules : ils grattent avec une grande vivacité la terre qu'ils amoncellent d’abord derrière leurs pieds de derrière, puis se retournant et se servant de leur chaperon comme d’une pelle, ils poussent plus loin les débris qui les embarrassent. Les pelotes destinées à ne point nourrir de larves sont enfouies avec peu de précaution : le lieu dans lequel elles ont été déposées offre, au moins le premier jour, une ouverture béante qui permet parfois de les apercevoir. Les autres pelotes, c'est-à-dire celles qui renferment des œufs ou des larves, sont, au contraire, complétement enterrées avee le plus grand

- soin. En creusant le sable, on trouve ordinairement avec une de celles-ci le couple d’Insectes par - lequel elle a été roulée. On dirait, comme le fait observer M. Mulsant, que ces petits animaux resce 15

tent attachés à cet objet pour veiller à sa conservation ou pour attendre près de ce dépôt précieux la mort qui doit mettre fin à leurs travaux.

Les œufs, suivant les circonstances, éclosent au bout de huit à quinze jours, et, en quelques mois, la larve parvient à son état parfait, en passant par celui de nymphe, qui ne présente rien de particulier. La larve de l’Ateuchus sacer est bien connue, grâce aux travaux de M. Mulsant, qui en donne la description suivante : Corps semi-cylindrique, courbé en dedans, ridé, blanchâtre avec le dos en partie ardoisé, presque glabre, parsemé de poils livides, longs, flexibles et peu nombreux; tête convexe, d'un jaune pâle; antennes de cinq articles : le premier moins grand que le second : celui-ci à peu près égal aux deux suivants, et, comme eux, presque globuleux vers le sommet : le dernier plus court et plus grêle; épistome d’un livide jaunâtre, en parallélogramme transversal; labre trilobé, garni de poils, comme lui d’un livide jaunâtre; mandibules rougeàtres et coriaces à la base, noires et cornées à l'extrémité, armées près de celle-ci, au côté interne, de trois dents peu profondément découpées; mâchoires divisées en deux pièces garnies de poils épineux et terminées chacune par un crochet unguiforme; palpes maxillaires de quatre articles, en cône tronqué : le dernier conique; palpes labiaux petits, de deux pièces; pieds peu garnis de poils, composés de cinq pièces : la dernière armée d’un ongle; anus situé à la partie moyenne et postérieure du dernier anneau, iu-dessus de deux espèces de mamelons terminant celui-ci; la partie inférieure du dernier segment garni de poils roides servant à favoriser les changements de position de l'animal. Ces larves sont souvent tourmentées par des Acurus, qui, plus tard, s’attachent en parasites au corps des Insectes parfaits. ‘

Quelques auteurs ont cherché à former dans ee genre des subdivisions qu'ils regardent comme ayant une valeur générique, et que M. Th. Lacordaire ne considère à juste raison que comme de simples subdivisions secondaires; ce sont les : Sebasteos, Westw., à chaperon à trois dents, et à jambes antérieures difformes, très-crénelées à l'intérieur, deux espèces de l'Afrique australe, dont le type est l’A. Galenus; Pachylomera, Kirby, à cuisses antérieures très-fortes, une espèce du Cap (femoralis), ex Mnematium, Mac Leay, sans ailes inférieures, deux espèces africaines (Ritchii et Silenus). Les Ateuchus proprement dits sont au nombre d’une cinquantaine d'espèces, parmi lesquelles nous nous bornerons à faire connaître la plus célèbre et à nommer celles qui se trouvent en France, tout en habitant en même temps le périple de la Méditerranée.

Le type est le Scaragée sacré, Scarabæus sacer, Linné; Ateuchus sacer, des auteurs modernes. Il est entièrement d'un noir assez brillant; la suture frontale est chargée de deux tubercules et interrompue dans son milieu; le corselet est garni de très-petits points élevés; les élytres sont lisses, longitudinalement rayées de six lignes légères, parsemées entre ces dernières de points enfoncés, souvent à peine apparents; les cuisses postérieures sont inermes. Dans les mâles les jambes antérieures sont souvent plus grêles, et les postérieures sensiblement arquées, et l'abdomen est ordipairement aussi long que large. Dans les femelles, les jambes postérieures sont presque droites, et l'abdomen est généralement plus large que long. Du reste, l’Insecte varie plus ou moins: ce qui a fait qu’on y a à tort distingué de soi-disant espèces. On trouve cette espèce dans le midi de Ja France, et plus habituellement en Provence qu’en Languedoc : elle est commune à Marseille sur les bords de la mer; on la retrouve en Afrique, et elle est abondamment répandue en Égypte.

Cet Insecte doit son nom de sacré à la vénération dont il a été l’objet de la part des habitants des bords du Nil. Messager du printemps, annonçant par sa reproduction le renouvellement de la nature, remarquable par la singulière industrie de disperser, sous la forme de petites boules, les parties des divers excréments, il avait, dit Latreille (Mém. du Muséum, t. N), paru offrir aux prêtres égyptiens l'emblème des travaux d’Osiris et du Soleil. D'après cet auteur on l’honorait, selon Porphyre, comme la figure de cet astre. Son image fut multipliée de mille manières : on la grava dans les temples, on la cisela sur les bas-reliefs et sur les chapiteaux des colonnes des divers monuments, on la représenta sur les obélisques, on la grava sur les pierres précieuses, façconnées en anneaux servant de cachet, taillées en médaillons ou divisées en sorte de grains percés dans la longueur de leur axe et propres à faire des colliers. D’après Gory, cet Insecte était aussi pour les mêmes peuples le symbole de la transmigration des âmes, et, par suite de cette croyance religieuse, se voyait placé dans les tombes comme une divinité tutélaire. De tous les anciens écrivains, Hor-Apollon est celui qui s’est étendu le plus longuement sur l'opinion des Égyptiens relativement aux Copro-

phrages objets de leur culte. Ils en distinguaient, selon lui, trois espèces, qui semblent se rapporter aux Copris Isidis et Anceus, et surtout à l'Ateuchus sacer; cette dernière présente, dit Hor-Apollon, des sortes de rayons, et a été consacrée au soleil, soit à cause de cette analogie, soit parce qu'elle ressemble au Chat; car cet animal, d’après les Égyptiens, suit le cours de cet astre par le mouvement de ses prunelles : elles se dilatent à son lever, s’arrondissent vers le milieu de sa course, et se voilent vers son coucher. Cette espèce de Scarabée, ajoute le même écrivain, a trente doigts, emblème du même nombre de jours que met le soleil à parcourir chaque signe du zodiaque. Tous les individus sont du sexe masculin. Quand cet Insecte veut se reproduire, il prend de la fiente de Bœuf, en forme une boule, image du monde, la fait rouler avec ses pieds de derrière, en allant à reculons et dans la direction de l’est à l’ouest, sens dans lequel le monde est emporté dans son mouvement; celui des astres se faisant dans une direction opposée, ou du couchant au levant. Le Scarabée enfouit sa boule dans la terre, l'y laisse pendant vingt-huit jours, espace de temps égal à une révolution lunaire, et pendant lequel le globule se vivifie. Le vingt-neuvième jour, que l'Insecte connaît pour être celui de la conjonction de la lune avec le soleil et de la naissance du monde, il ouvre cette boule, la jette dans l'eau, et il en sort un nouveau Scarabée. L'Ateuchus, chez les Égyptiens, représentait done, d'une manière symbolique, un être engendré de lui-même, une naissance, un père, le monde, l’homme, et peut-être la force personnifiée dans ce dernier; car, suivant Plutarque, la caste militaire, parmi les anciens peuples des bords du Nil, avait pour sceau l’image du Scarabce sacré. Cet Insecte figurait aussi parmi les monuments astronomiques des Égyptiens; il remplaçait dans les signes célestes le Scorpion des Grecs, comme on peut le voir dans le célèbre zodiaque de Dendérah. Nous devons ajouter qu’une autre espèce, découverte au Sennaar par M. Caillaud (4. Ægyptiorum, Latr.) a dû se trouver autrefois en Égypte, car elle est représentée sur les monuments conjointement avec l'A. sacer, et semble ègalement mêlée à son histoire ancienne.

Ce Coléoptére était célèbre à trop de titres pour ne pas jouir également de grandes vertus médicales, surtout chez des peuples qui puisaient dans les pratiques superstitieuses une partie de leurs remèdes; il était employé dans beaucoup de cas et de diverses manières par les empiriques. Les mages les pendaient comme une amulette pour guérir de la fièvre quarte. Avicenne et d'autres auteurs anciens l'ont préconisé contre un grand nombre de maladies, et des médecins modernes même ont cru devoir les recommander dans certains cas.

Cette digression nous a paru nécessaire au sujet d’un Insecte aussi important que le Scarabée sacré, dont on à tant parlé; et l'on a pu voir, d'après ce que nous avons rapporté, en prenant principalement pour guide M. Mulsant, que les anciens savaient déjà des particularités de mœurs intéressantes sur ces Insectes, bien qu'ils les mêlassent à des faits surnaturels et merveilleux.

Deux autres Ateuchus se trouvent également dans le midi de la France, ce sont les: À. semipunctatus, Fabr., et laticollis, Linné, qui ressemblent assez au sacer, mais sont plus petits que lui.

Fig. 94. — Circellium Bacchus.

Les autres genres du groupe des Ateuchites sont les suivants : Pachysoma, Kirby, Mac Leav, se distinguant des Ateuchus par ses hanches intermédiaires presque contigués en arrière, trois grandes espèces propres à l'Afrique (type, Æsculapius, Oliv.). — Eucranium, Dej. Brul., ayant deux éperons aux jambes intermédiaires, hanches intermédiaires contiques, tarses sans crochets, groupe auquel on doit joindre les Cyclodema, Cast.; Anomiopsis, Westw.; Glyphiderus, Westw., et Psammotrupes,

Guérin, et qui renferment quelques fortes espèces du Chili et de la Patagonie. — Cürcellium, Latr., se distinguant principalement du groupe précédent par ses hanches intermédiaires distantes, ses tarses pourvus de crochets, et se séparant du genre suivant par le premier article de la massue antennaire non cupuliforme, une seule espèce bien authentique, le C. Bacchus, Fabr., du cap de Bonne-Espérance, où il est très-rare. — Sceliages, Westw., ne se séparant guère des Gircellies que par le dernier article de la massue cupuliforme, deux espèces de l'Afrique australe.

2e oroupe, Gymnorceurites : palpes labiaux à deux premiers articles dilatés; antennes de neuf articles, excepté dans un genre où il n'y en a que huit; yeux presque toujours imparfaitement divisés : la partie inférieure plus grande que la supérieure; corselet largement échancré en avant, à angles antérieurs plus où moins aigus; épipleures des élytres très-étroites ou nulles; les quatre jambes postérieures gréles, s'élargissant peu à peu; des tarses antérieurs dans les deux sexes. Ce groupe ne renferme qu'un assez petit nombre d'espèces réparties à peu près également dans l'ancien et le nouveau continent, et rangées dans cinq ou six genres:

Les deux genres qui ont des représentants en Europe sont ceux des : 1° SISYPHES, Sisyphus, Latreille (Genera Crustaceorum et Insectorum), surtout caractérisés en ce que les élytres n’ont pas d'épipleures, et que les antennes ne présentent que huit articles. En outre, ces Insectes ont un corps tellement épais, qu’il égale la moitié de la longueur, et l'arrière-tronc a une forme triangulaire; les pattes sont excessivement grêles, très-longues, et leurs cuisses dépassent notablement l'abdomen; ils sont de taille moyenne, parfois même petite, glabres ou villeux, habituellement d’un noir mat, mais parfois garnis de touffes de petits cils sur les élytres; quand ils volent, ils le font à la manière des Cétonides, c’est-à-dire en tenant leurs élytres fermées. Une monographie de ce genre a été donnée par Gory, et ces espèces, au nombre d'une vingtaine, sont presque exclusivement répandues en Afrique et dans les Indes orientales : une seule, le Sisyphus Schæfferi, Linné, habite les parties méridionales de l'Europe, où elle est très-commune. Gette espèce, entièrement d'un noir brillant en dessus, et à élytres offrant de légères stries enfermant entre elles des losanges enchaînés, est bien connue sous le rapport de ses mœurs; plus que les autres Coprides elle est tourmentée du besoin de construire de petites boules et de les conduire au loin, et, à défaut des matières excrémentitielles de l'Homme et des grands Ruminants qu’elle recherche de préférence, elle fabrique de petites pilules avec des crottes de Chèvres; elle marche assez gauchement, mais ses longues pattes sont merveilleusement organisées pour ce genre de vie; elle se voit surtout dans les terrains sablonneux en pente et sur les coteaux exposés au soleil. M. Mulsant rapporte quelques autres détails intéressants sur les mœurs de cet Insecte : « J'avais placé, dit-il, des Sisyphes dans un vase recouvert d'une eloche de toile métallique; je leur avais fourni les matériaux nécessaires pour leur travail; mais ils avaient beau former des pilules, ils ne pouvaient les conduire bien loin. L'un d’eux finit par grimper sur le treillis, emportant avec ses pieds postérieurs et son globule et la femelle qui lui aidait précédemment à le faire rouler. Il parvint ainsi, avec plus ou moins de peine, jusqu'au dôme de cette espèce de voûte; là, sa petite boule lui échappa; il se latssa tomber aussitôt pour la rejoindre. Plusieurs fois le même fait s'est renouvelé sous mes yeux avec les mêmes circonstances. » 2° les GYMNOPLEURES, Gymnopleurus, Iliger (Mag... t. I), qui se distinguent surtout des Sisyphes par les antennes de neuf articles, et qui se séparent d’un autre genre (Stenodactylus), qui a les élytres entières sur les côtés, par ces organes sinués sur les côtés. Ce sont des Insectes qui ressemblent assez, quoiqu'en petit, aux Ateuchus; la plupart sont parés de couleurs métalliques, brillantes, et ils volent à la manière des Sisyphes. On en a décrit une cinquantaine d'espèces, parmi lesquelles il y a plusieurs doubles emplois, et qui sont propres à tout l’ancien continent, sauf aux régions boréales. Nos espèces francaises, au nombre de deux seulement, les Gymnopleurus pilularius et flagellatus, Fabr., vivent généralement en famille, et parfois elles couvrent de leur multitude les déjections des Solipèdes et des Ruminants; leur activité, toute diurne, semble augmenter avec l’ardeur de la chaleur; ces espèces, loin d’être brillantes comme les exotiques, sont entièrement d’un noir mat.

Les autres genres du même groupe sont les suivants : Stenodactylus, Brullé (Eudinopus, Burm.), un grand et rare Insecte du Paraguay (dityscoides, Schreb.), ayant par sa forme quelque rapport avec les Dityscus, et dont la disposition des élytres rappelle celle des Deltochilum. — Megathopa,

Fig. 1. — Hadrotoma marginata

— Diphucephala serice

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— Hostilina præcox

— Pachycrus candidus

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Eschs., qui, ainsi que les genres suivants a les épipleures des élytres distinctes, très-étroites, mais qui, en outre, présente un écusson que les autres n’ont pas : quelques espèces répandues en Amérique depuis le Chili et la Patagonie jusqu’au Pérou. — Cælosceris, Reiche, des espèces noirâtres qui semblent confinées dans les régions occidentales de l'Amérique méridionale. — Canthon, Hoffmansegg (Coprobius, Latr.), groupe très-nombreux, renfermant des espèces de taille moyenne, de forme courte et ovalaire, glabre en dessus comme en dessous, de couleurs variées et parfois métalliques, se trouvant sur les feuilles, dans les plaies des arbres et sur les bouses, et semblant répandues dans toutes les parties de l'Amérique, où elles remplacent nos Gymnopleures européens. — Tetræchmu, Blanch., groupe ne différant pas très-notablement du précédent, et ne renfermant que le T. sanquineomaculata, de Patagonie.

3° groupe, Devrocuicires : palpes labiaux à deux premiers articles dilatés; yeux presque entièment divisés : la partie supérieure beaucoup plus petite que l'inférieure; corselet très-élargi en avant, à angles antérieurs aigus; élytres embrassant fortement les côtés de l'abdomen, à épipleures larges, limitées supérieurement par une carène; les quatre jambes postérieures gréles, S'élargissant peu à peu; hanches intermédiaires largement séparées; pas de tarses antérieurs. — Ce groupe ne comprend qu'un nombre assez restreint d'espèces, réparties dans les deux genres Deltochilum, Eschs. (type, D. gibbosum, Fabr.), et Chalconotus, une espèce unique (C. cupreus, Fabr.), le premier de diverses provinces américaines, et le second du Sénégal.

4 groupe, Mivrnoemmres ; palpes labiaux à deux premiers articles non dilatés; yeux presque constamment divisés : la partie supérieure plus petite de beaucoup que l'inférieure; corselet trèséchancré en avant: à angles antérieurs aigus; élytres embrassant plus ou moins fortement les côtés de l'abdomen : à épipleures larges, limitées en haut par une carène; les quatre jambes postérieures gréles, s’élargissant peu à peu; hanches intermédiaires largement séparées; des tarses antérieurs. — On en décrit sept ou huit genres, dont la plupart des espèces appartiennent à l'Australie et les autres à l'Afrique australe et à l’île de Madagascar, et qui sont assez rares dans les collections. Ces genres sont ceux des : MINTHOPHILUS, Cast., une espèce (M. carinatus, Reiche), d'Australie. — Tessarodon, Hope, Westw., une espèce seulement, l’Ateuchus Novæ-Hollandiæ, Fabr. — Cephalodesnius, Westw., une espèce du même pays que celles des deux genres précédents et des deux suivants.— Copræcus, Reïiche, espèce unique (hemisphæricus, Guérin). — Temnoplectron, Westw., une espèce (rotundatus). — Epilissus, Dej., Reiche, dans lequel M. Westwood a formé les divisions génériques des Arachnodes et Nanos, et qui, à Madagascar, où les espèces sont assez nombreuses, semblent remplacer les Canthons américains. — Epirhinus, Dej., Reiche, quelques espèces du cap de Bonne-Espérance, qui rappellent également assez le genre Canthon.

5° groupe, Scaronres : palpes labiaux non dilatés; antennes de neuf articles; tête reçue au repos dans des cavités nettement limitées en arrière, au-dessous du corselet; sans écusson; jambes intermédiaires et postérieures assez robustes, dilatées à l'extrémité : hanches antériewres transversales enfouies dans les cavités cotyloides, concaves sur leur bord libre; des tarses antérieurs : ces organes diminuant graduellement de la base au sommet. Des espèces de taille petite ou moyenne, pour la plupart américaines, mais quelques-unes du Cap. Une dizaine de genres, tels que ceux des : SCA- TONOMUS, quelques espèces (véridis, chalybæus, etc.), à corps oblong, déprimé, avec le corselet plus convexe que les élytres, vert foncé passant au bleu brillant, toutes du Brésil. — Onthocharis, Dej., Westw., et Anomiopus, Westw., groupes voisins du précédent et également de l'Amérique du Sud. — Chæridium, Lepell. et Serv., genre répandu dans une grande partie de l’Amérique, et riche en espèces petites, glabres, brillantes, de couleurs assez variées et souvent métalliques. — Scatinus, Erichs., quelques espèces américaines, dont le faciès est assez semblable à celui du genre précédent. — Uroxys, Westw. (Pyqurus, Dej.), une espèce (cuprascens, de Colombie), re marquable par sa forme allongée, plus ou moins déprimée, et d’une coloration noire bronzée. — Coptorhina; Hope, deux ou trois espèces du Cap.— Delophorus, Ericbs., une espèce de l'Afrique australe. — Sarophorus, Erichs., groupe ne différant guère du suivant et ne comprenant qu'une espèce du Cap. — Pedaria, Cast., ayant pour type le P. nigra, Cast., et renfermant des espèces du

Sénégal, de l'Afrique australe et peut-être du Brésil. — Macroderes, Westw., dont le M. Greent, Kirby, est la seule et unique espèce, et paraît établir le passage des Coprites aux Ateuchites.

6° groupe, Coprires : tête et corselet très-souvent cornus ou tuberculés; palpes labiaux ayant les deux premiers articles dilatés; antennes de neuf articles; tête libre au repos; pas d'écusson; hanches antérieures presque coniques, saillantes intérieurement; jambes intermédiaires et postérieures plus ou moins robustes et dilatées à leur extrémité, à tarses diminuant graduellement de la base au sommet : antérieurs apparents ou n'existant pas.— Les Insectes de ce groupe, assez nombreux en espèces grandes et belles, propres à toutesles contrées du monde, surtout à l'Amérique, mais dont on trouve quelques représentants dans l’ancien continent, même en Europe, sont de taille moyenne ou petite, et rarement assez grande. Leur système de coloration est souvent sombre (Copris), mais quelques-unes des espèces (Phanæus) sont parées de couleurs métalliques et éclatantes. Les différences sexuelles sont assez grandes, à peu d'exceptions près, dans les deux genres principaux Copris et Phanæus; elles diminuent beaucoup dans divers groupes : chez les Phanæus, l'absence des tarses antérieurs se remarque surtout dans les femelles. Leurs habitudes différent un peu de celles des Ateuchites; on les voit rarement loin des bouses dans lesquelles ils vivent : c’est sous ces substances qu'ils se pratiquent une retraite, les petites espèces en grattant superfciellement le sol, et les grandes en y creusant des trous qui ont habituellement plus de 0®,30 de profondeur. Quoique la structure de leurs pattes de derrière ne leur permette pas de fabriquer facilement des pelotes de matières excrémentitielles en les roulant sur la terre, il est certain que beaucoup d’espèces, particulièrement parmi les Copris, en construisent d’aussi parfaites que celles des Ateuchus et des Sisyplus, qu’elles déposent au fond de leurs retraites. C’est ainsi que le colonel Sykes a fait connaître, dans le tome I des Transactions de la Société entomologique de Londres, la boule stercoraire formée aux Indes orientales par le Copris Midas. Les autres espèces se bornent à accumuler dans leurs trous la quantité de substance nécessaire au développement de leurs larves. Les groupes admis par M. Th. Lacordaire ne sont qu'au nombre de cinq, car il en rejette plusieurs autres.

Le genre typique est celui des BOUSIERS ou COPRIS, Copris, Geoffroy (Insectes des environs de Paris), auquel on peut assigner pour caractères d’une manière générale : corps convexe ou oblong; chaperon demi-circulaire; antennes de neuf articles, dont le premier est très-grand et à feuillet intermédiaire de la massue entièrement visible par sa tranche dans la contraction; palpes : maæxillaires à dernier article faiblement renflé intérieurement, au moins aussi long que les deux suivants réunis : labiaux de trois articles distincts, le premier plus grand et plus gros que le deuxième, et le dernier gréle; corselet grand, convexe, w'offrant que deux fossettes à la base au-dessus de la suture des élytres; écusson non visible; pas de vide scutellaire; élytres plus ou moins courtes, convexes; suture des flancs de l'antepectus saillante; pattes robustes; jambes postérieures à extrémité inférieure peu où presque uniformément sinueuse dans les deux sexes; tarses : antérieurs existant dans les mûles comme dans les femelles : postérieurs obtriangulaires : le premier de ceux-ci aussi long que les deux suivants réunis; pygidium en triangle curviligne.

Les dénominations de Bousier et de Copris (du grec orp0s, fiente, fumier) mdiquent les habitudes de ces Insectes, et étaient jadis appliquées à un beaucoup plus grand nombre d'espèces que celles qu'on y range aujourd'hui. Mais l’on doit dire que l'étude de ce grand et beau genre est très-difficile, par suite de la multiplicité des espèces qui y restent encore, par les différences très-prononcées qui existent habituellement entre les deux sexes, et par les modifications considérables qu'éprouvent l’armature de la tête et celle du corselet. Dans ces dernières années, on a divisé ce genre en plusieurs coupes génériques et sous-génériques, mais, ainsi que le fait observer M. Th. Lacordaire, on peut, jusqu’à examen plus complet, les y réunir au moins provisoirement. Tels sont les groupes Holocephalus, Dichotomius, Catharsius et Heliocopris, Hope; les sous-genres Chalcopris, Selenocopris, Homocopris et Coptodactyla, Burm., et même les groupes génériques des Ontherus, Pinotus, -Copris, Catharsius et Heliocopris, Erichson, qui se distinguent par des particularités tirées des palpes, du corselet, des pattes et de l'abdomen.

Les Copris ont tous l'habitude de s'enfoncer profondément dans la terre, sous les bouses où ils vivent; quoique pourvus d'ailes complètes, ils volent cependant rarement, et uniquement le soir ou pendant la nuit; tous produisent un bruit assez fort en frottant leur abdomen contre le bord

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