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postérieur de leurs élytres. On en décrit près de cent espèces, toutes noirâtres, à très-peu d'exceptions près, qui habitent principalement les régions intertropicales, dont elles s'éloignent rarement, aussi bien dans l'ancien que dans le nouveau continent; néanmoins un petit nombré d'entre elles se rencontrent dans les pays tempérés.
À Fig. 95.
N Copris Isidis. (Mäle.)
Les espèces européennes, qui ne sont pas rares dans les parties méridionales, ne sont réellement qu'au nombre de deux, quoique l’on en ait admis pendant longtemps un plus grand nombre qui n'étaient fondées que sur des différences sexuelles ou individuelles. Ces deux espèces sont les Copris paniscus, Fabr., dont la femelle a été décrite sous le nom d'Hispanus, Suekow; et lunaris, Linné, dont la femelle a été désignée, presque jusqu’à ces derniers temps, sous le nom d'emarginatus, Fabr. Une espèce de la Russie méridionale est le C. Armeniaca, Fald. Parmi les espèces des Indes orientales nous nommerons seulement le magnifique C. Midas, Fabr. L'Australie ne renferme que le C. glabricollis, Hope. L'Afrique est très-riche en espèces; tels sont les C. OEdipus, Hamadryas, Antenor, Isidis, Fabr., ete. L'Amérique du Nord n’en possède qu’un petit nombre (type, C. Ammon, Fabr.). Enfin l'Amérique méridionale est très-riche en grandes et belles espèces, comme les C. Nisus et Meleager, Fabr.
Un genre important et démembré des Copris est celui des PHANÆUS, Mac Leay (Horæ entomologicæ, Lonchophorus, Germar), qui s'en distingue surtout par le premier article de la massue antennaire emboîtant les suivants, et par ses tarses de cinq articles. Sous le rapport de la taille, ces Scarabéiens ne le cèdent pas aux Copris, dont ils ont les formes robustes, mais ils l’emportent de beaucoup sur eux par l'éclat de leurs couleurs, qui sont presque toujours métalliques, et la variété des saillies ordinairement singulières dont leur tête et surtout leur corselet sont armés. Chez quelques grandes espèces, telles que dans le Phanæus lancifer, elles sont aussi développées chez les femelles que chez les mäles, et ces derniers ne peuvent plus se distinguer que par l’absence des tarses aux pattes antérieures; mais on doit dire que ces armatures sont essentiellement l'apanage des mâles. On en connaît une cinquantaine d’espèces, dont les mœurs ne diffèrent pas de celles des Copris, et qui sont propres à l'Amérique, et répandues depuis la Patagonie jusqu'aux États-Unis. M. Hope en sépare un genre Sternaspis, nommé Oxysternon par M. de Castelnau, et qui n'en diffère que par des caractères secondaires et peu importants. Parmi les espèces nous indiquerons, pour
celles de l'Amérique du Nord et du Mexique, les P. Belxebut et carnifex, Fabr., et pour celles de l'Amérique méridionale, les P. Jasius, Faunus, lancifer, Mimas, Fabr., ete.
Les autres genres de la même division sont les suivants : Gromphas, Dej., Brullé, qui établit le passage des Copris aux Phanæus, et ne renferme que deux espèces : Lacordaire, de Buénos-Ayres et du Pérou, et dichroa, Blanch., de Montévideo. — Dendropræmon, Perty (Enicotarsus, Cast. Onthæcus, Dej.), quelques espèces, toutes brésiliennes, d’un vert métallique ou bleuâtre en dessus. — Canthidium, Erichs., groupe voisin de celui des Chæridium, mais exclusivement américain.
7e groupe, Onrmires : tête et corselet cornus; palpes presque filiformes, avec le premier article plus grand que le deuxième, et à dernier article distinct; tête Libre au repos; antenne de neuf articles; hanches antérieures coniques, saillantes; jambes intermédiaires et postérieures assex Tobustes, diminuant à l'extrémité; tarses antérieurs chez quelques femelles seulement, alors diminuant de la base au sommet. — Ge groupe ne renferme que peu d'espèces réparties en deux genres et se trouvant principalement dans les régions méditerranéennes, mais dont on connaît quelques représentants dans les Indes orientales, l'Australie et l'Amérique du Nord. Ces Insectes, de taille moyenne, se distinguent très-bien des Scatomites par leurs hanches antérieures, et des Coprites par leurs palpes labiaux, mais le dernier article de ces palpes, qui est distinct, est tout ce qui les sépare des Onthophagites. Leurs habitudes sont les mêmes que celles des Coprites.
Les deux genres sont ceux des : 1° ONITIS (Unitis, Fabr., Systema entomologica, Supplément}, corps un peu déprimé et parallélogrammique; menton transversal; chaperon semi-circulare dans les mûles, ogival dans les femelles, souvent échancré en devant; feuillet intermédiaire de la massue antennaire en partie cachée dans la contraction, et non visible dans toute la longueur de sa tranche; palpes : maæillaires à dernier article ovale, à peine plus long que les deux précédents : labiaux de trois articles, le premier plus long que le deuxième, et le troisième gréle, très-court; corselet creusé à la base de deux fossettes; yeux à demi divisés; écusson visible, petit; corselet aussi long que large; élytres larges, presque parallèles, sans épipleures; suture des flancs de l'antepectus non distincte; pattes très-robustes; jambes postérieures à extrémité inférieure pointue; tarses antérieurs nuls au moins dans les mâles : articles des postérieurs presque parallèles. — Les Onitis sont en général d’assez grande taille, de forme carrée et plus ou moins déprimée en dessus. Leurs couleurs, assez variées et parfois en partie métalliques, ne sont jamais très-brillantes, et la structure de leurs téguments subit de nombreuses modifications. De même que les Copris, ils habitent les matières excrémentitielles de l'Homme et des animaux, creusant dans le sol, sous ces substances sordides, des cavités assez profondes destinées à leur servir de retraite pendant le repos et d’abri dans les moments de péril : c'est là que vivent les larves, au milieu des provisions nutritives que les parents ont eu la précaution d'y placer. Leurs espèces, au nombre d’une soixantaine, habitent principalement autour du bassin de la Méditerrannée; il y en a très-peu aux Indes orientales, et, hors de ces pays, on n’en indique qu'une d'Australie et une de l’Amérique septentrionale. Les espèces francaises, exclusives aux régions du Sud, sont les Onitis Olivieri, Illiger; Melibæus, Oliv., et Jon, Oliv. 2 BUBAS, Mes., Mulsant, qui, outre plusieurs caractères importants, se distinguent surtout des Onitis, en ce que l’écusson n'est pas distinct; on ne connaît de ce genre que deux espèces, les B. Bison, Linné, et Bubalus, Oliv., répandues tout autour du bassin de la Méditerranée, et qui sont d'un noir légèrement brillant, d'assez grande taille et très-voisines l'une de l’autre.
Se groupe, Onrnopxaeires : palpes labiaux filiformes, à deuxième article au moins aussi long que le premier : troisième à peine distinct ou nul; tête libre au repos, excepté dans un genre : celle-cr et le corselet cornus ou tuberculés; antennes de huit ou neuf articles; jambes intermédiaires et postérieures plus où moins robustes, dilatées à l'extrémité : hanches antérieures coniques, saillantes; tarses diminuant graduellement de la base au sommet : toujours des tarses antérieurs. — Les Coléoptères de ce groupe sont assez nombreux spécifiquement et surtout individuellement, et habitent les diverses contrées du globe. Ils sont généralement petits et de couleurs assez sombres, uniformes; quoique quelques-uns aient des teintes variées et assez vives. Ils vivent dans les bouses, où leurs larves trouvent une abondante nourriture; quelques espèces construisent des boules à peu près à la manière des Ateuchus, mais très-petites même en raison de leur propre taille; d’après M. Kolenati,
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une espèce d'Onthophaqus, particulière au Caucase, n'ayant probablement pas l’industrie de se fabriaquer une boule stercoraire pour y déposer ses œufs, sait s'emparer de celles des Gymnopleurus, et elle en fait le berceau de ses larves. D'après les auteurs modernes, le nombre des genres de ce groupe est d’une quinzaine, que M. Th. Lacordaire réduit aux cinq que nous indiquerons.
Le genre typique est celui des ONTHOPHAGES (Onthophagus, Latr., Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, t. MT), ayant pour caractères : corps ovale ou oblong, un peu déprimé; chaperon ordinairement semi-cireulaire avec ou sans échancrure, parfois ogival dans les mâles; menton transversal, échancré en avant; antennes de neuf articles, à massue à feuillet intermédiaire entièrementvisible par sa tranche dans la contraction; palpes : maxillaires à dernier article presque cylindrique, aussi long que les deux autres pris ensemble : labiaux de deux articles, le deuxième plus long que le premier; corselet presque en croissant, très-échancré antérieurement, souvent aussi large que les élytres; écusson non visible; pas de vide scutellaire; élytres courtes, peu convexes: pattes médiocres; jambes antérieures quadridentées : postérieures à extrémité inférieure ciliée; tarses : antérieurs existant toujours : postérieurs à articles presque parallèles.
Les Onthophagus habitent tontes les régions du monde, aussi bien dans les contrées froides et tempérées que dans les méridionales, et si ceux qui se trouvent dans les deux premières sont de couleur sombre, brunâtre ou noirâtre, et de petite taille, ceux des dernières peuvent briller du plus vif éclat et acquérir une taille moyenne. Leurs différences sexuelles sont très-manifestes, et portent principalement sur l’armature de la tête et du corselet. Comme l'indique leur nom, tiré des mots grecs 060, bouse, crottin, et »x70:, mangeur, le plus grand nombre des espèces se trouvent dans les bouses des animaux, où elles sont habituellement réunies en une immense quantité d'individus; quelques-unes recherchent aussi les matières animales plus ou moins putréfiées. Ils ne s’enfoncent pas dans la terre comme les Copris; à l'époque de la reproduction, les femelles enterrent seulement plus ou moins profondément des boules de substances stercoraires dans chacune desquelles elles ont déposé un œuf. Les espèces d'Europe sont assez homogènes, mais les exotiques présentent parfois des caractères dont on a cherché à tirer parti pour la création de divers genres aux dépens d’un groupe qui renferme à peu près deux cents espèces; C’est ainsi qu'Erichson a voulu y former cinq divisions à quatre desquelles il a assigné des noms, ce sont les: Chalcoderus, Monapus, Philaæ et Phalops. Quant aux espèces francaises, les seules dont nous voulions parler, elles sont au nombre de quatorze, selon M. Mulsant, ce sont les : Onthophaqus tages, Oliv.; lemur, Fabr.; maki, Niger; nuchicornis, Linné; fracticornis, Preys; nutans, Kabr.; cœnobita, Merbst; vacca, Linné; taurus, Linné; Schreberi, Linné; semicornis, Panz.; furcatus, Fabr.; ovatus, Linné, et emarginatus, Mulsant, dont plusieurs sont propres à la faune parisienne.
Un genre Eurysternus, Dalm. (Æschrotes, Mac Leay), propre à l'Amérique du Sud et au Mexique, où il représente nos Onitis, se distingue surtout des précédents par l'absence d'écusson.
Deux autres genres se rapprochent encore des Onthophages, mais s’en distinguent facilement en ce que leurs antennes n'ont que huit articles au lieu de neuf. Ce sont : 1° les ONITICELLUS, Ziegler, Lepell. et Serv., dans lesquels l’écusson est visible, et qui, selon M. Th. Lacordaire, renferment une quarantaine d'espèces, loutes propres à l’ancien continent, à l’exception d'une seule (Cubiensis, Cast.), particulière à l'île de Guba : ces Insectes, auxquels on peut provisoirement réunir le genre Scaptodera, Hope, sont, au moins pour ceux d'Europe, de petite taille et d'une teinte testacée livide, avec des taches ou petites lignes parfois noirâtres, parfois, au contraire, plus pàles que le fond; deux espèces habitent les régions méridionales de la France, ce sont les : Oniticellus pallipes, Fabr., qui est répandu en même temps dans une partie de l'Afrique et de l'Asie, et flavipes, Fabr. Et 2° les Drepanocerus, Kirby, dans lequel il n’y a pas trace d'écusson, et qui, jusqu'ici, ne renferme que deux espèces (Kèrbyi, Kirby, et furcifer, Cast.), qui proviennent des environs du cap de Bonne-Espérance.
Enfin M. Roth indique sous le nom d’Ixodina un genre d'Abyssinie, ayant pour type et espèce unique l'I. Abyssinica, et qui tend à établir le passage des Drepanocerus aux Oniticellus.
. Tetribu, Apnonines : organes buccaux en entier ou incomplétement débordés par le chaperon:
lanquette membraneuse, habituellement. à deux lobes; mächoires cornces, dentées, ciliées, à lobes
coriaces et inermes; mandibules et labres cachés sous le chaperon ou visibles et de structure vace 14
riable; antennes, insérées sous le chaperon, de neuf articles : à massue courte, épaisse, de trois articles; hanches intermédiaires obliques, contiguës en arrière; parapleures métathoraciques simples; ventre offrant six segments tous simples.
Fig 96.— Chiron digilatum. Fi. 97. — Ægialia arenaria.
Les Aphodides, sauf une seule exception, sont tous des Insectes de petite taille, et à corps eylindrique ou oblong. Les organes buccaux présentent encore quelques-uns des caractères des Coprides, mais ils tendent à se modifier et à ressembler à ceux des derniers Scarabéiens. Les yeux ne sont plus que faiblement partagés en deux. Les antennes sont assez semblables à celles des Coprides, mais leur massue n’est jamais concave. L’écusson, qui existe presque toujours, est constamment assez petit. Les élytres recouvrent presque complétement le pygidium. Les hanches antérieures sont obliques, toutefois elles sont transversales dans les Aulocnemis; les postérieures sont en général légèrement élargies et recouvrent le premier et même le second anneau de l'abdomen. Les cuisses et les jambes sont très-robustes, et les tarses ne manquent jamais aux pattes de devant. L’abdomen n’est jamais allongé. Les différences sexuelles sont assez peu remarquables; néanmoins la tête offre parfois, dans le sexe mâle, de un à quatre tubercules, qui existent aussi dans quelques cas chez les femelles, mais qui sont beaucoup moins apparents.
Ces Insectes sont essentiellement coprophages, et, comme les Coprides, sont chargés par la nature de détruire les parties les plus fluides ou les moins consistantes des matières excrémentitielles au milieu desquelles ils se rencontrent constamment, et souvent en très-grand nombre. Quelques-uns vivent dans l’occasion ou semblent même préférer les matières animales en voie de décomposition. Il en est qui habitent aussi dans la terre, le sable, les débris des végétaux et autres substances analogues. La plupart ont une activité diurne, et d’autres sont principalement crépusculaires. Le corps de ces Coléoptères est généralement revêtu de couleurs peu brillantes : de teinte ordinairement rouge ou noire; les élytres de plusieurs sont d'un jaune livide avec ou sans taches noires. Les femelles ne construisent pas de coques ou de boules stercoraires pour servir d'habitation à leurs descendants; elles se contentent de déposer leurs œufs au milieu des tas ou parcelles de bouse, de fumier ou de détritus de végétaux. C'est là que ces œufs éclosent et que les larves qui en sortent se pratiquent habituellement une espèce de niche dans laquelle elles subissent plus tard leurs dernières métamorphoses, et où elles trouvent une abondante nourriture.
Les larves de huit espèces de cette tribu ont été plus ou moins complétement décrites par les auteurs; toutes se rapportent à des espèces européennes du seul genre Aphodius, et présentent des antennes de einq articles, des mandibules obtusément tridentées, des pattes formées de cinq pièces, la dernière petite, en forme d’ongle, et dont les segments qui forment le corps sont divisés supérieurement en bourrelets transversaux. Ces larves sont celles des Aphodius fossor, Linné, que MM. Candèze et Chapuis ont fait complétement connaitre, fimetarius, Linné; bimaculatus, Fabr.; pecari, Fabr.; inquinatus, Fabr., indiquées principalement par M. Mulsant, et dont la première (fimetarius) avait précédemment occupé Frisch et Erichson; conjugatus, Panz., mentionné par Koy et Boheman, de Haan et Erichson; nigripes, Fabr., citée par de Haan, et lividus, Oliv., dont s'est occupé M. Bouché. La larve de l'A. fossor, qui est entièrement d’un blane bleuâtre, et longue
d’un peu plus de 0,020, se trouve communément au printemps enfouie à peu de profondeur dans
la terre, sous les bouses sèches de l'année précédente, et ses transformations s'accomplissent assez rapidement. La tête est brune, portant une courte impression longitudinale à sa partie supérieure,
COLÉOPTÈRES. 107 et çà et là quelques poils assez longs. Les antennes sont longues, à premier artiele cylindrique, tronqué obliquement au bout, deuxième de même longueur et plus gros, troisième le plus long de tous, et le cinquième petit, acuminé. Le chaperon est en trapèze, séparé du front par un sillon transversal bien marqué. La lèvre supérieure est arrondie, vaguement trilobée ou poilue. Les mandibules sont longues, grêles, noires, granuleuses au sommet. Les lobes des mächoires sont séparés, aigus à leur extrémité. Les palpes maxillaires ont trois articles: le deuxième légèrement plus grand que le premier et le troisième petit, conique : les labiaux, petits, ne présentent que deux articles, le premier globuleux et l'autre fusiforme. La lèvre inférieure est formée d'un menton trapézoïdal. Les segments thoraciques sont semblables aux abdominaux : ces derniers au nombre de neuf et couverts de bourrelets transversaux. Les pattes sont très-écartées à leur base : la première paire plus courte que les autres, composée d’une cuisse forte, d’un trochanter petit, donnant attache à une jambe longue et allant en s’élargissant jusqu’au sommet, et d’un tarse peu développé. Les stigmates sont disposés de la même manière que dans les autres larves de Scarabéiens. La larve de l’Aphodius fimetarius, qui, ainsi que l'indique le nom spécifique, se trouve dans les fumiers, où elle est abondamment répandue, est semi-cylindrique, ridée, courbée en dedans, d’un blane sale sur les anneaux thoraciques et sur les côtés des premiers segments de l'abdomen, d’un gris ardoisé sur la ligne dorsale de ceux-ci, et graduellement sur toute la surface des derniers; la tête est convexe, d’un roux jaunâtre; les antennes sont aussi longues que la tête, à dernier article court; les mandibules sont cornées, noires, surtout à l'extrémité, tridentées; les mâchoires sont profondément bifides, ciliées intérieurement; les palpes maxillaires ont quatre articles, et les labiaux trois; les pieds sont d’un blanc rougetre. Les autres larves sont assez semblables aux deux que nous venons de décrire et pe présentent que de légères différences spécifiques. Les nymphes ont été peu observées, et semblent ne rien offrir de bien particulier.
Les espèces particulières à cette tribu sont nombreuses, et paraissent propres à presque toutes les régions du globe: mais, contrairement à ce qui a lieu dans les Coprides, c’est principalement dans les contrées septentrionales et tempérées qu’on en rencontre en plus grande abondance que dans les contrées chaudes. Le nombre des genres, assez peu considérable, selon la plupart des auteurs, l’est contrairement beaucoup suivant d’autres, qui ont créé un assez grand nombre de coupes génériques, principalement avec les espèces françaises ou européennes. Le genre typique, celui des Aphodius, a été fondé par Illiger aux dépens des Scarabæus, de Linné. Les autres genres, qui n’ont pas toujours tous été placés dans la même division, sont dus à Latreille, à Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, à Gyllenhal, à Dejean, à M. Westwood, à Klug, à Mac Leay, et surtout à M. Mulsant.
Un groupe que M. Th. Lacordaire range parmi les Aphodides, mais qu'Erichson placait avec les Coprides, et qui, par l’ensemble de ses caractères, établit le passage des uns aux autres, est celui des Aulocnemis, Klug, qui ne renferme que deux espèces (opatrina et exarata), propre à Madagascar.
Le genre APHODIE (Aphodius, Iliger, Die Kæf. Reuss.), üré du mot grec 4530, excrément, a pour caractères : corps cylindrique ou un peu convexe; menton plan, carré ou trapézoïde, plus ou moins échancré en avant; languette bilobée, à lobes péniculliformes; palpes : labiaux à dernier article presque conique, aussi long ou un peu plus court que le deuxième : maxilluires à deuxième et quatrième articles, les plus longs de tous, presque éguux; mâchoires à lobes membraneux; mandibules en forme de lamelles cornéo-membraneuses et cachées dans la cavité buccale; labre non viswble; tête peu convexe, transversale, demi-cireulaire et souvent sinuée dans son milieu en avant; yeux faiblement divisés; antennes à premier article très-lonq, les cinq suivants de grandeur variable : massue courte, épaisse; corselet transversal, rebordé, presque droit sur les côlés, un peu échancré en avant, et légèrement arrondi ou presque droit à la base; écusson de grandeur et de forme variables; élytres plus où moins cylindroïdes recouvrant le pygidium en arrière; pattes assez robustes; jambes antérieures tridentées : les autres dilatées, h'onquées et ciliées au bout, à éperons longs et aigus; tarses assez longs, grèles : le premier article des quatre postérieurs plus ou moins allongé, et à crochets petits.
Les Aphodius sont extrêmement nombreux et répandus sur toute la surface du globe, mais nulle part ces espèces ne sont plus multipliées ni plus fécondes que dans les régions froides et tempérées de l'ancien continent. L'Europe moyenne en possède seule près de cent espèces, dont soixante-dix-neuf
sont décrites dans la faune entomologique d'Allemagne, et cinquante et une dans selle de France de M. Mulsant; le nord de l'Europe en nourrit également une vingtaine; les autres espèces sont asiatiques, des Indes orientales et de la Chine, de l'Arabie, de diverses parties de l'Afrique, de l'Australie, de l'Amérique du Nord et des Antilles, de l'Amérique du Sud, de l'ile de Taïti, ete. Ce sont des espèces de petite taille, et les plus grandes atteignent à peine une taille moyenne. Leurs couleurs, la structure des élytres et la pubescence varient considérablement; néanmoins la grande ma jorité des espèces sont noires ou brunes et glabres, sauf quelques poils en dessous. Ges Insectes recherchent de préférence les excréments des animaux herbivores, où ils pullulent pour la plupart; mais divers d’entre eux préfèrent cependant soit les matières animales et les fumiers provenant de la litière des animaux, soit le terreau riche en principes organiques végétaux décomposés. En Europe, ils comptent parmi les Coléoptères les plus printaniers; pendant le jour ils restent ordinairement dans leurs retraites; mais, le soir, principalement à l’approche du coucher du soleil, on les voit voltiger en grand nombre : leur vol n’est pas très rapide, et ils rasent le plus ordinairement la terre.
On a dû chercher, dans un groupe aussi nombreux, à former des subdivisions spéciales, qui ont été élevées au rang de genres; mais, comme les caractères sur lesquels ces subdivisions sont fondées semblent secondaires, ces groupes ne sont regardés par Erichson que comme des sous-genres, et M. Th. Lacordaire ne les admet même pas, se basant sur ce que ces subdivisions, dues à M. Mulsant, et fondées uniquement sur des espèces françaises, ne peuvent contenir qu'un très-petit nombre des autres espèces européennes et exotiques, et que dès lors il faudrait eréer un grand nombre de subdivisions particulières pour ces dernières. Quoi qu’il en “soit, M. Th. Lacordaire réunit aux Aphodies les genres suivants de M. Mulsant, que nous allons nommer, en indiquant les espèces les plus connues, toutes propres à la France, et se trouvant pour la plupart dans toutes les parties de l'Europe : Colobopterus, ayant pour espèce unique le C. erraticus, Linné; Coprimorphus : type, C. scrutator, Herbst; Eupleurus : type, subterraneus, Linné; Otophorus : type, hkæmorrhoidalis, Linné; Teuchetes : espèce unique, T. fossor, Linné; Aphodius : des espèces nombreuses, comme les A. scybalarius, Fabr.; conjugatus, Panz.; fimetarius, Linné; ater, Geoffr.; granarius, Linné; bimaculatus, Fabr.; quadrimaculatus, Linné; sordidus, Fabr.; merdarius, Fabr.; lividus, Oliv., ete.; Acrossus : types, rufipes, Linné.; luridus, Fabr., ete.; Melinopterus : type, M. prodromus, Brahm.; Trichonotus : espèce unique, T. scropha, Fabr.; Heptaulacus : les H. sus, Herbst; nivalis, Muls., et testudinarius, Fabr.; Plagiogonus : espèce unique, P. arenarius, Oliv., et Oxyomus, ayant pour espèce principale l'O. porcatus. — Ge dernier groupe, dont on signale quelques espèces exotiques, et qui a été indiqué, mais non décrit par Eschscholtz et M. de Castelnau, est adopté par quelques auteurs, car il offre un faciès particulier, qui est dû aux côtes dont sont munies les élytres.
Les genres admis par M. Th. Lacordaire, et qui se rapprochent plus ou moins des Aphodius, sont les suivants : — Ryparus, Dej., West., ne renfermant que le R. Desjardinsii, de l'ile Maurice, qui, par suite des côtes dont il est revêtu en dessus et par sa forme, ressemble un peu à un Élophore.— Ammaæcius, Muls., à corps court, convexe, ovalaire, comprenant de nombreuses espèces noires, fortement striées.sur les élytres, avec les intervalles entre les stries plus ou moins carénés et crénelés, vivant dans les régions méridionales de l’Europe et septentrionales de l'Afrique, principalement dans les endroits sablonneux, et fréquentant les bouses desséchées et les crottins de Moutons, ayant pour type et espèce unique française l’A. elevatus, Fabr.— Euparia, Lepell. etServ., offrant une épine terminale en dehors des jambes postérieures, et constitué avec de nombreuses espèces, toutes américaines, mais paraissant plus abondantes dans le Midi que dans le Nord. — Rhyssemus, Muls., ayant de un à quatre sillons transversaux sur le corselet, et en outre offrant certains caractères tirés de la bouche: quelques petites espèces surtout particulières à l'Europe méridionale, se trouvant dans les détritus des végétaux en décomposition, et dont la plus connue, répandue partout, est le R. asper, Fabr., noirâtre, avec des aspérités bien marquées. — Psammodius, Gyllenh., ayant
le menton légèrement transversal; lobe externe des mächores corné, arqué et terminé par trois ou
quatre dents; dernier article des palpes labiaux ovalaire et arqué : celui des maæxillaires fusiforme; mandibules et lubre cachés dans la cavité buccale : Les premiers presque membraneux, avec la base et la dent molaire cornées, ete.; ainsi caractérisé, ce groupe renferme les genres suivants de M. Mulsant, qui ont été fondés sur des particularités tirées de la structure des pattes, ete. Platyomus, ayant pour type le P. sabulosus, Dej., Muls., des parties tempérées et septentrionales de la France,
Fig. 1. — Popilia bipunctatu. Fig. 2
lig. 3. — Anisonyx lynx.
Fig. 4. — OEsalus scaraboides. Fig. 5. — Camptocerus œneipennis