‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 37 sur 42 · QUARANTE-TROISIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUARANTE-TROISIÈME FAMILLE

ÉROTYLIENS. EROTYLII. Lacordaire, 1842.

Corps de forme variable, oblong, ovalaire, elliptique ou hémisphérique; tête petite, enfoncée dans le corselet, rétrécie en avant des yeux en un museau court; labre transversal; mandibules trigones; mächoires à lobe interne petit, linéaire : externe trigone; menton corné, étroit; languette coriacée, dépassant un peu le menton; palpes : maxillaires quadriarticulés : labiaux plus courts, triarticulés; antennes de onxe articles, terminées par une massue comprimée de trois ou quatre articles; yeux arrondis ou oblongs; corselet de forme très-variable; écusson distinct, triangulaire; élytres ovalaires, elliptiques, embrassant l'abdomen; des ailes courtes, à nervures robustes; pattes inermes; tarses poilus en dessous, de cinq articles : le quatrième très-petit, ordinairement nodiforme; abdomen de cinq segments.

La famille des Érotyliens, telle que l’a formée M. Th. Lacordaire dans sa monographie de ces Insectes (1842), correspond en grande partie aux Tétramères clavipalpes de Latreille, mais renferme aussi quelques genres qui étaient placés autrefois parmi les Pentamères. En effet, tous les Érotyliens ont réellement cinq articles aux tarses; seulement tantôt ces articles sont très-manifeste-

ment au nombre de cinq, tantôt, au contraire, il semble n’y en avoir que quatre, parce que le qua-

trième article est excessivement petit, noduleux, et soudé au cinquième. Les limites de cette famille ne sont pas tracées d'une manière bien positive; M. É. Blanchard range parmi ses Érotyliens un certain nombre de genres que n’y admet pas M. Th. Lacordaire; et plusieurs de ces groupes ont été placés par nous dans des familles assez éloignées les unes des autres, comme celles des Nitidulaires, des Monotomiens, ete.; quelques autres groupes n’ont pas encore été décrits. La place que cette famille doit occuper parmi les Coléoptères n’est également pas déterminée suffisamment; les Érotyliens ne doivent probablement pas rester où les mettait Latreille : ils ne doivent pas non plus être rangés entre les Psélaphiens et les Hydrophiliens, comme le propose M. E. Blanchard, et il semble plus naturel de les grouper auprès de divisions qui, comme eux, renferment des espèces fongicoles, soit auprès des Engis et des 1ps, soit dans le voisinage des Scaphidium.

Les Erotyliens sont des Coléoptères de taille généralement moyenne, qui se trouvent dans les

pays chauds; mais ceux qui habitent nos contrées sont beaucoup plus petits. Leur forme est assez variable, et, dans la grande majorité des cas, ils sont arrondis, plus ou moins allongés, et leur corps est parfois plat, souvent bombé, peut même devenir bossu. On en connaît au moins six cents espèces, et sur ce nombre plus des quatre cinquièmes des espèces sont propres à l'Amérique, surtout méridionale, et dans l’ancien monde l'Europe ne renferme qu’une vingtaine d'espèces; viennent ensuite l'Afrique, y compris l’île de Madagascar, l’archipel indien, et surtout l'ile de Java; l'Australasie, et enfin l'Asie, qui, dans la plus grande acception de ce mot, ne comprend cependant que trois espèces. Ces Coléoptères vivent exclusivement, à leur état parfait comme à celui de larve, dans les bolets et autres champignons. Tous exhalent une odeur ayant un peu de rapport avec celle des Helops et des Allecula. Les grandes espèces de l'Amérique du Sud volent facilement pendant le jour, se trouvent fréquemment sur les feuilles et les troncs des arbres; quant aux espèces européennes, on ne les prend que dans, les bolets. On ne connaît les larves que de trois espèces de véritables Érotyliens : celles des Ischyrus quadripunctatus, de Cuba, décrites par MM. Candèze et Cha puis, qui, selon ces auteurs, ont beaucoup d’analogie, tant par leur forme que par leur organisation, avec les larves des Coccinella, celles de l’Ægithus Surinamensis, de l'Amérique méridionale, que M. Th. Lacordaire a fait connaître, et celles de nos Triplax nigripennis, décrites par MM. L. Dufour et Westwood, et russica, indiquées par M. É. Blanchard. A ces larves on peut joindre aussi celles des Enais rufifrons et Myceiæa hirta, indiquées par M. Westwood.

lig. 4. — Crioceris asparagi. (Grossi.) Pig. 2. — Endomychus racsineus. (Grosst.)

Fig. 5. — Dasycerus marginaltus (Gross.

Fig. 4. — Chrysomela cerealis. [ürossL) Fic. D. — Galeruca tanaceti. {Grossi

1 tribu, Énorvumes ou Érotyliens vrais, Lacord., à mâchoires ayant le lobe interne biépineux; museau cunéiforme ou quadrangulaire; menton tricuspide en avant; élytres de la largeur de la tête à la base; tarses subpentamères chex tous; corps généralement ovalaire.

Cette tribu, à peu d’exceptions près, ne renferme que des espèces américaines, et principalement des provinces méridionales; elle est très-riche en espèces, et comprend les genres Omororezus, Hope, Lacord. (Ellipticus et Calenus, Dej.), une dizaine d'espèces. — Bacis, Chevr., quelques espèces. — ScapHinoworrHus, Hope, Lacord. (Iphiclus et Barytopus, Dej.), une quinzaine d'espèces. — Eurvcarnius, Lacord., une seule espèce. — Zonarius, Hope, Lacord. (Barytopus et Oligocorynus, Chevr.; (Alloitelus, Hope), une dizaine d'espèces. — ÉROTYLE, Erotylus, Fabr. (Erotylus et Hypselonotus, Hope), c'est le groupe typique de la famille, et, quoique considérablement restreint, M. Th. Lacordaire en décrit encore une soixantaine, tandis que Duponchel, dans la monographie des Érotyles, publiée en 1823, qui comprenait alors toute la tribu, n’en décrivait que quatre-vingt-dix ; toutes sont du Brésil, de la Guyane, de Bolivie, de Colombie et du Mexique. Ces insectes sont les plus remarquables de tous les Érotyliens par leur taille, l'éclat de leurs couleurs, leurs formes parfois singulières, et par un faciès spécial; comme types, nous citerons les Erotylus histrio, sphacelatus, giganteus, Fabr. — Bracuyspæænus, Lacord., groupe comprenant plus de cent cinquante espèces, assez disparates et subdivisées sous-génériquement par M. Th. Lacordaire en : Mecaprorus (Delphus et Brachymerus, Dej.); Hasropacryzus, Acronorus, Sreroconus, Guérin; lemipus, Dej.; Morpnoines, Hope (Sænomorphus, Amphilocus, Dej.), Æciraomorpus, Senexoxus, Qocasrer, Banyropus, Dej.; Bracuywerus, Dej. (T'ypocephalus, Dej.; Tetraphyllus, Cast.). — ÆGITHUS, une trentaine d'espèces, dont la plus connue est la Surinamensis, Fabr.; Coccrmorpnus, Hope, Lacord. (Strongylomorphus, Chevr.). — Cvccoworruvs, Hope, Lacord., une douzaine d'espèces, et Eupuanistes, Lacord., de Colombie. — Tnonivs, Lacord., une espèce. — Auracocueus, Chevr., une dizaine d'espèces de Java, du Cap, et une des Alpes de la Croatie (Triplax violacea, Germ.).

Fig. 291. — Sphæniscus erotyloides. Fig. 292. — Triplax russica. Fig. 29, — Eumorplius marginatus.

9e tribu, TripLacies ou ÉRoTyLIENS ENGiDIFoRMES, Lacord., à mdchotres à lobe interne umiépineux ou inerme; museau cunéiforme, non rétréci à la base; tarses pentamères ou subpentamères; corps souvent plus ou moins allongé.

Cette tribu, presque aussi considérable en genres et plus considérable en espèces que la précédente, renferme les plus petites espèces, et surtout celles que l’on rencontre en Europe; mais les américaines prédominent encore.

A. Espèces à lobe interne des mächoires uniépineux; élytres en général plus larges que le corselet à la base. Genre unique : ENCAUSTES, Dej., Lacord., une douzaine d'assez grandes et belles espèces, qui, sur un fond noir, sont ornées de taches fauves assez variées, propres à Java, etc.

B. Espèces à lobe interne des mâchoires inermes; élytres de la largeur du corselet à la base; se divisant en : «@, espèces à tarses subpentamères. Genres : Cyrromorpuus, Dej., Lacord., deux espèces de Java et une du Bengale. — Lyras, Chevr., une vingtaine d’assez grandes espèces, toutes de l'Amérique méridionale. — TRITOMA, Fabr., à corps ovale, atténué à ses deux extrémités, plus ou moins convexe, petit, ete. : une douzaine d'espèces, presque toutes des États-Unis et une d'Europe, le T. bipustulata, Oliv. — TRIPLAX, Payk., à corps peu convexe, oblong. assez allongé ou presque

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parallèle, ou court et ovalaire; antennes assex robustes. Ce groupe comprend de petits Insectes bruns ou noirätres, qui se trouvent dans les bolets, les troncs d'arbres cariés, sous les. vieilles écorces, volant parfois à l'entrée de la nuit : une vingtaine d'espèces, dont la plupart sont européennes, mais dont quelques-unes proviennent de l'Amérique du Nord, du Brésil, de Madagascar, ete. : le type est notre T. russica, Linné. — Amezvopus, Chevr., Lacord., groupe remplaçant les Triplax au Sénégal, au Bengale et à Java. — Oocyanus, Hope, Lacord., de l’île de Cuba. — MycopnrenUs, Lacord., deux espèces d'Amérique. —Mycorrerus, Chevr., Lacord., une centaine d'espèces américaines. — Iscuyrns, Chevr., Lacord., une soixantaine d'espèces américaines, grandes, noires, avec des bandes rouges ou fauves, ayant un faciès particulier. — Psecapmacus, Percheron, une vingtaine d'espèces de l'Amérique, grandes ou moyennes, allongées, noirâtres, tachetées de rougeûtre; b, espèces à tarses pentamères. Genres : DACNE, Latr., Lacord., à corps allongé, presque parallèle où cunéiforme, rarement cylindrique; antennes à massue large : ce groupe n'est réellement pas le genre Dacne de Latreille, car les espèces qu'il y rangeait font actuellement partie du genre Engis, et M. Th. Lacordaire y place une dizaine de grandes et belles espèces, assez semblables à celles des genres précédents par les couleurs, et qui sont particulières aux deux Amériques, au Sénégal et à Madagascar : le type est l'Engis fasciata, Fabr., des États-Unis. — Eriscara, Dej., Lacord., de moyenne et de petite taille; tous, à l'exception d’un seul, ornés sur les élvtres de taches où bandes fauves sur un fond noir : une vingtaine d'espèces de Java, de la Nouvelle-Ilollande, de Madagascar, du Sénégal. — Triprarowa, Westwood, trois grandes espèces de Java.

A la suite des véritables Érotyliens nous devons indiquer des groupes dont quelques-uns ont avec eux certains rapports, et doivent probablement y être réunis, et dont les autres en sont plus distincts et devront, soit former des familles distinctes, soit rentrer dans certaines divisions primaires que nous avons fait connaître.

Parmi ses Érotyliens, M. É. Blanchard établit un groupe des Encinires, à tarses de cinq articles non dilatés et palpes à premier article peu ou point aplati, et, outre les Dacne et Triplatoma, il y range, probablement à juste raison, les ENGIS, Payk., à corps oblong, allongé; antennes courtes e renfermant deux assez petites espèces, qui, en Europe, semblent remplacer les Érotyles américains; ce sont les Æ. humeralis, Fabr., et E. rufifrons, Fabr.; les Cryprormacus, Herbst, qui sont des Trichoptérygiens; les ANTUEROPHAGUS, Knoch, à antennes très-épaisses, avec les articles s'élargissant vers le sommet : petites espèces bolétophages européennes, et les Toricrus, Germ., à antennes courtes, de neuf articles, avec une massue globuleuse : groupe formé d’une espèce de Nubie.

La division des Irsires, également rangée dans les Érotyliens par l’auteur que nous venons de nommer, et caractérisée par ses antennes ayant leurs deux ou trois derniers articles en massue, corps déprimé, nous paraît un assemblage de genres assez hétéroclites; en effet, on y place les 1ps, Fabr. (qui ont quelque ressemblance, il est vrai, avec les Érotyliens); les Prostomis, Latr.; les Trogosita, Fabr., et les Nemosoma, Desm., qu'à l'exemple d'Érichson nous mettons parmi les Nitidulaires; les Bitoma, Herbst, et Langelandia, Aubé, que nous avons classés dans la famille des Monotoniens; les Colydium, Fabr., qui font partie de nos Mycétophagiens; les Hecora, Fabr., à massue antennaire épaisse, comprimée, triarticulée, et les LANGURIA, Latr., à corps linéaire, très-long, atténué postérieurement; antennes ayant une massue large, oblongue, de trois articles; tarses de quatre articles : qui étaient pour Latreille des Clavipalpes, tous étrangers à l'Europe.

Les MonoromTes constituent presque exclusivement notre famille des Monotomiens.

Enfin les Exnouycmes, du même entomologiste, forment la famille qui va suivre.

Il nous reste encore à dire quelques mots de genres dont M. É. Blanchard fait une division de ses Dermestiens : celle des Anrninrnes, caractérisés par les tarses de quatre articles, et le corps orbiculaire, et que Latreille placait avec les Tétramères elavipalpes et les Trimères aphidiphages.

Les premiers, qui constituent la famille des Ansorommes d’Erichson, placée entre les Trichoptérygiens et les Nitidulaires, sont les genres AGATHIDIUM, Iliger (Anisotoma, Fabr.), à corps presque globuleux; antennes à massue triarticulée; tarses de quatre articles, simples : ce sont de très-petits Insectes, dont les pattes très-contractiles leur permettent aisément de contrefaire le mort; ils se trouvent dans les champignons ou sous les écorces des arbres, habitent surtout l'Europe, et ont

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donné lieu à la création de plusieurs groupes distincts, tels que ceux des Agaricophagus, Hydnobius, Schmidt, etc.; la larve de l'espèce la plus connue, l'A. seminalum, Linné, a été, malgré sa petitesse extrême (0,003), décrite bien complétement par M. Éd. Perris. — Lreiones, Latr., à corps ovale; massue antennaire de cinq articles; jambes épineuses : démembrés du genre précédent, les Léiodes renferment aussi des espèces nombreuses européennes : l’une d’entre elles (L. cinnamomea, Kabr.) se trouve fréquemment dans les truffes; une autre (humeralis, Fabr.) a été étudiée par Erichson, sous le rapport du développement embryonnaire. — Praacrus, Payk., à corps hémisphérique; massue antennaire de trois articles : Insectes européens, très-petits, vifs dans leurs mouvements, se trouvant sous les écorces, et parfois sur les fleurs. — Crampus, Fischer, petit groupe, propre à l’Europe, parfois rapproché des Clypéastres, et dont M. Éd. Perris a étudié la larve de l'espèce typique (E. enshamensis, Westw.).

Les seconds, ou les Ciypéasrres, qu'Erichson, comme Latreille, rapproche des Coccinelliens, mais dont la place sériale est loin d’être bien déterminée, comprennent surtout les CLYPEASTER, Andersch., à corps aplati; massue antennaire de trois articles; tête cachée sous un corselet presque semi-circulaire; tarses de trois articles : de très-petites espèces européennes, vivant sur les fleurs, et dont Héeger a étudié incomplétement la larve du C. lateralis, Marsh. — Onrnoprenus, Stéph., à corps presque ovalaire; massue antennaire de deux articles : les quelques espèces de ce groupe, un peu plus grandes que les Clypéastres, n'ont été observées que dans nos pays; on doit à M. Ed. Perris la descripuon complète de la larve de l'O. picens, Stéph.

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