‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etcChapitre 36 sur 42 · QUARANTE-DEUXIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUARANTE-DEUXIÈME FAMILLE

CHRYSOMEÉLIENS, CHRYSOMELII. Blanchard, 1845.

Antennes filiformes ou peu renflées à l'extrémité, généralement courtes; corps ramassé, souvent presque orbiculaire, rarement plus ou moins allongé; tête assez petite; bouche à organes disposés pour une nourriture végétale; corselet petit, orbiculaire ou triangulaire; écusson médiocrement ou assex développé; élytres habituellement de la largeur du corselet au sommet, arrondies à l'extrémité; pattes assez gréles, courtes; tarses de quatre articles en apparence : leurs trois premiers ar-

icles garnis de brosses en dessous, et l'avant-dernier bifide.

Les seuls caractères que nous venons d'énoncer peuvent s'appliquer d’une manière générale à l'immense famille des Chrysoméliens, telle que nous l’adoptons avec M. É. Blanchard. Cette division correspond : aux Chrysomelines de Dejean, sauf les Érotyliens ou Clavipalpes qui en sont distraits; aux deux familles des Eupodes et des Cycliques, telles que Latreïlle les a formées dans la deuxième édition du Règne animal de G. Cuvier, 1829; et, en partie, aux Coléoptères subpentamères Phytophages de MM. C. Duméril et Th. Lacordaire. Si, par leur faciès, par l'ensemble de leurs caractères, comme ceux tirés des antennes, du corps et des tarses, et surtout par l’homogénéité de leurs habitudes presque exclusivement phytophages, ces Coléoptères peuvent être réunis dans un groupe primaire, beaucoup de particularités, secondaires il est vrai, tendent à en former des familles distinctes. C’est ce qui a été fait dans ces derniers temps; mais les auteurs ne sont pas d’accord sur les divisions de premier ordre qu'on doit admettre, et, pour ne pas augmenter trop considérablement celles que nous adoptons, nous croyons devoir laisser les Chrysoméliens tels qu'ils sont indiqués par M. E. Blanchard; seulement nous ajouterons que nos subdivisions de tribus, de groupes, etc., ont ici, dans la plupart des cas, une valeur plus élevée qu'ils ne l'ont dans nos autres familles.

Les Chrysoméliens, qui tirent leur nom du genre Chrysomela de Linné, renfermant les espèces typiques, sont des Insectes de taille généralement moyenne, parfois même assez petites, et exceptionnellement grande. Leur forme est en général assez ramassée et même ovalaire; dans le plus grand nombre des cas ils sont parés des couleurs les plus vives, de teintes agréables et voyantes, ont des reflets métalliques, ou présentent sur un fond uniforme des lignes ou des points qui s’en détachent fortement; parfois aussi ils sont noirs ou brunâtres ou d’une coloration sombre. Ces Insectes restent en général immobiles sur les feuilles ou les fleurs, quoique leurs ailes, souvent développées, leur permettent de voler avec facilité; quelques-uns, les Altica, peuvent sauter aisément et avec force. Ils fréquentent habituellement soit les fleurs, soit les feuilles des arbres, et, pendant l'été, sont souvent très-communs sur presque tous les végétaux; tantôt on les trouve isolément, lantôt, au contraire, ils se réunissent en masses énormes et forment des agglomérations considé-

Cr

Fig. LL — Erotylus histrio leg. 2 — Myzomorphus scutellatus

lg. D. — Homoplerus Brasiliensis

COLEOPTÈRES. 553

rables. Contrairement à ce qui a lieu dans la plupart des Coléoptères, beaucoup d'entre eux vivent assez longtemps sous leur état parfait; ils rongent les feuilles des arbres et des plus petits végétaux, et leur nuisent parfois au plus haut degré. C’est ainsi que, pour ne citer que deux exemples, nous dirons que la Lina tremulæ dépouille souvent de toute leur foliaison les jeunes pousses du tremble, et que M. Chevrolat a observé, au Mont-Dore, des Chicoracées hautes d'environ un mêtre qui, ayant été attaquées par des myriades de l’Oreina rimosa, n'avaient plus aucune feuille et étaient dévorées jusque dans leurs tiges.

Les métamorphoses des Chrysoméliens ont occupé un grand nombre d'entomologistes, et, sans citer les noms de tous ceux qui ont étudié spécialement quelques espèces, nous dirons que de Géer, Latreille, MM. Ratzeburg, Westwood, Harris, Th. Lacordaire, Candèze et Chapuis, ont donné des travaux généraux sur ces larves. Elles sont en général de forme raccourcie, tantôt cylindrique, tantôt fortement convexe en dessus, tantôt déprimée; les téguments sont mous ou fermes et coriacés; rarement d'une couleur blanche; elles sont le plus souvent d’une couleur foncée avec des reflets métalliques ou d'une teinte claire avec des points et des lignes de nuances diverses; le corps est habituellement formé de treize segments, en y comprenant la tête, qui est ordinairement petite, et porte des antennes assez courtes, des ocelles et des organes buccaux bien développés; en dessus les trois segments thoraciques sont parfois semblables aux segments abdominaux : dans quelques espèces le corselet se distingue par sa forme, sa couleur et la consistance de son arceau dorsal; et en dessous on peut aisément reconnaître ces segments à la présence des pattes, qui sont grêles, courtes ou médiocrement grandes, mais toujours visibles; les autres segments sont ordinairement munis de mamelons charnus ou écailleux, d’épines ramifiées, de tubercules sétigères, ou bien ils sont simples et de forme variable, et dans le plus grand nombre des larves, le segment terminal se prolonge en dessous en un tube rétractile simple ou bifide, qui sert à la locomotion, et derrière lequel aboutit le canal intestinal. Un fait très-intéressant, relatif à ces larves, se trouve dans les moyens auxquels elles ont recours pour se protéger soit contre les intempéries de l'air ou l’ardeur du soleil, soit contre leurs ennemis: ces moyens consistent dans l'emploi de leurs exeréments, avec lesquels elles recouvrent leur corps et se forment un singulier abri. Ces larves ont une démarche lente et pénible. De même que les Insectes parfaits, elles se nourrissent exclusivement de matières végétales, et plus spécialement des parties parenchymateuses des feuilles ou de la moelle des tiges, et ce n’est qu'exceptionnellement qu'un très-petit nombre d'entre elles est zoophage; habituellement chaque espèce est affectée à une plante déterminée, et le même rameau, qui au printemps nourrit quelques individus à l’état parfait, va bientôt se charger de leurs œufs, et, dans le courant de l'été, sera dévoré par les jeunes larves qui en sortiront; lorsqu'une espèce ne trouve pas le végétal qui lui est affecté par la nature, par un instinct merveilleux, elle va dévorer des plantes voisines scientifiquement du même végétal. En automne, la grande majorité des espèces se dispose à se changer en nymphe, et, dans ce but, les unes s’enfoncent en terre, d’autres gagnent les racines des végétaux aquatiques ou demeurent sur les feuilles, et presque toutes se construisent une coque mince, ovalaire ou arrondie, soit fixée, soit portative. La nymphe, qui apparait bientôt, ne présente rien de bien remarquable; d'abord blanchâtre, elle se colore promptement, et, après un nombre de jours qui varie selon les espèces, mais qui est souvent assez peu considérable, l’Insecte parfait se montre enveloppé dans ses membranes, et sort bientôt tout à fait formé. Celui-ci, dans un nombre très-restreint d'espèces, séjourne pendant tout l'hiver dans la coque nymphale, mais le plus ordinairement il l'abandonne de bonne heure pour chercher sous la mousse ou sous les écorces un abri jusqu'au retour du printemps. On connaît aujourd'hui plus ou moins complétement les larves d’une centaine d'espèces de cette famille, et presque toutes celles qui ont été étudiées appartiennent à des espèces européennes. Les tribus et les groupes formés dans la famille des Chrysoméliens se prêtent peu à l'étude des larves, et si l’on veut les ranger d’une manière naturelle, il faut suivre une division spéciale; c’est ainsi que M. Th. Lacordaire, dans le premier volume de sa Monographie des Coléopières subpentamères de la famille des Phytophages, 4845, proposa la classification suivante : I. Larves allongées, blanchâtres, cylindriques, vivant au collet des végétaux aquatiques; nymphes immergées, renfermées dans une coque fixée aux racines de ces plantes; genres: Donacia et Hæmonia. II. Larves se recouvrant de leurs exeréments : a&, larves courtes, oblongues, de couleur brunâtre, sans instrument particulier pour porter leurs excréments; nymphes subissant leurs trans-

formations en terre; genres : Lema et Crioceris; b, larves ovalaires, larges, épineuses, portant leurs excréments sur une espèce de petite fourche fixée à la face supérieure du segment anal; nymphes épineuses, subissant leurs métamorphoses sur les végétaux; genre Cassida. HE. Larves mineuses : a, larves allongées, presque cylindriques, atténuées à leurs deux extrémités; nymphes subissant leurs transformations dans l’intérieur des feuilles où a vécu la larve, ou en terre; genre: Altica; b, larves oblongues, atténuées à leurs deux bouts, mamelonnées latéralement; nymphes se trouvant, comme les précédentes, dans l’intérieur des feuilles; genre : Hispa. IV. Larves courtes, épaisses, colorées, généralement pourvues d’une fausse patte anale, le plus ordinairement mamelonnées, sécrétant une humeur visqueuse et vivant à découvert sur Îles plantes; nymphes se transformant sur les feuilles ou dans l’intérieur du sol, conservant habituellement la dépouille de la larve adhérente à l'extrémité du corps; genres : Eumolpus, Chrysomela, Gallerura, ete. V. Larves allongées, à peu près cylindriques, blanchâtres, mamelonnées, recourbées sur elles-mêmes à leur extrémité postérieure, logées dans des fourreaux portatifs formés de leurs exeréments, vivant, tantôt sur les plantes, tantôt dans l'intérieur des fourmilières; nymphes subissant leurs métamorphoses dans les mêmes fourreaux et dans les mêmes lieux; genres : Chythra, Cryptocephalus, ete.

Fig. 2176, — Chrysomela violacea. Fig. 277. — Cassida rubiginosa. Fig. 278. — Lina populi. (Larve.) (Larve très-grossie.) (Larve.)

Cette famille ne le cède guère en nombre qu’à celle des Curculioniens : comprend près de dix mille espèces, et aujourd’hui une très-grande quantité de genres. Ces espèces sont répandues dans toutes les régions du globe; l'Europe en renferme un très-orand nombre, l'Amérique est également très-riche sous le même point de vue; toutes les contrées leur sont bonnes, et on en trouve vers le Nord aussi bien que vers le Midi.

Linné n'y formait qu’une quantité excessivement restreinte de genres, dont le principal était celui des Chrysomela; Geoffroy, Olivier, et surtout Fabricius, Illiger et Latreille les subdivisèrent davantage, mais c'est principalement dans ces derniers temps que M. Chevrolat, suivi en cela par Dejean, a admis une quantité excessivement grande de genres. En même temps que ces divers travaux se faisaient, plusieurs naturalistes, parmi lesquels nous nous bornerons à citer MM. Th. Lacordaire et Suffrian, s’occupaient de faire connaître les nombreuses espèces venues de toutes les parties du globe et donnaient des monographies de plusieurs groupes.

1% Sous-Famizze. — CRIOCÉRINES. Méchoires à lobe externe large, guère plus long que l'interne.

Cette division, qui répond entièrement aux Evrones de Latreille et à la tribu des Criocémnes de M. LE. Blanchard, renferme des espèces dont les unes (Donacia) se rapprochent tellement des derniers Cérambyciens, que Linné et Gcoffroy les ont placées parmi eux, et dont d’autres (Megascelis, ete.) tiennent de si près aux Chrysomèles, type de Ja sous-famille suivante, que Linné les réunissait dans ce genre. Les organes de la manducation présentent les mêmes affinités : dans les premiers genres, la languette est membraneuse, bifide ou bilobée, de même que celle des Cérambyciens; les mâchoires ressemblent aussi beaucoup à celles de ceux-ci; mais dans les derniers senres, cette languette est presque carrée ou arrondie, et est analogue à celle des Chrysomélines. Cependant les lobes maxillaires sont membraneux ou coriaces, blanchâtres ou jaunâtres : l’intérieur s'élargit vers l'extrémité et n’a pas la figure d’un palpe, caractère qui donne à ces parties plus de

ressemblance avec les mêmes Cérambyciens qu'avec ceux des Chrysomélines. Le corps est plus ou moins oblong, avec la tête et le corselet plus étroits que l'abdomen; les antennes sont filiformes ou vont en grossissant, et sont insérées devant les yeux; la tête rentre en arrière dans le corselet, qui est cylindrique ou en carré transversal; l'abdomen est grand; les articles des tarses, à l'exception du dernier, sont garnis en dessous de pelotes, et l’avant-dernier est bilide ou bilobé; les cuisses postérieures sont très-renflées dans beaucoup d'espèces. Ces Insectes ont des ailes, maisils se tien ent néanmoins le plus habituellement attachés aux tiges ou aux feuilles.

Moins nombreux que les Chrysomélines, et pouvant n'être considérés que comme une tribu des Chrysoméliens, les Criocérines sont partagées en quatre groupes, dont M. Th. Lacordaire a donné la monographie, en 1845, dans le premier volume de ses Coléoptères subpentamères phytophages.

4% groupe, Sacres, à languette grande, échancrée ou bilobée; mandibules entières au sommet, terminées en pointe aiqué; yeux entiers ou échancrés; antennes écartées, insérées au bord antérieur et un peu interne des yeux, épaisses, un peu moniliformes à la base; corselet plus étroit que les élytres; hanches antérieures ovalaires, globuleuses ou coniro-cylindriques; cuisses postérieures souvent très-grandes, très-renflées; abdomen à premier segment du double au moins plus grand que chacun des suivants; tarses à crochets simples; corps assez allongé.

Ce groupe ne renferme qu’une soixantaine d'espèces de taille moyenne ou petite, propres à presque toutes les parties du monde, de couleurs tantôt sombres, tantôt brillantes, et qui sont réparties en neuf genres, surtout caractérisés par leur languette, leurs antennes et leurs cuisses : — Mrcamerus, Mac-Leay, à corps allongé, qlabre en dessus, pubescent en dessous : qui ne renferme que le M. Kinqü, Mac-Leay, d’Australasie. — Prionesrmis, Lacordaire, voisin du précédent; ce groupe ne renferme que le P. funerarius, de la Nouvelle-Hollande. — Canroruacus, Mac-Leay, à corps court, large, robuste : qui, par son genre de vie, a des rapports avec les Bruchides, avec lesquels on le réunit souvent, et ne comprend que le C. Banksiæ.— Drapuaxors, Sch. (Rhynchostomis, Lacord.), à corps oblong : une seule espèce d’Australasie. — Mecyvonera, Hope (Mesaphalacrus, Sturm.), à corps allongé : espèce unique, le Lema oxulcica, Boisd., d’Australasie. — Arazasis, Lacord., à corps oblong : une espèce, l'A. sagroides, de Buénos-Ayres. — SAGRA, Fabr., à languette fendue vers l'insertion des palpes; tête médiocrement allongée; yeux médiocres, étroits, réniformes; antennes robustes, filiformes, courtes; corselet de moitié au moins plus étroit que la base des élytres; hanches antérieures et intermédiaires un peu globuleuses; cuisses postérieures très-grosses dans les deux sexes, toujours dentées en dessous chez les mäles; corps assex allongé, massif, glabre : ce genre, anciennement connu sous le nom d’Aiurnus, se compose de beaux Insectes, pour la plupart de grande taille, et aussi remarquables par leur forme élégante, quoique massive, que par leurs couleurs, qui sont tantôt du plus riche éclat métallique, tantôt moins brillantes et même opaques, mais toujours disposées-uniformément; on en décrit une quarantaine d'espèces, toutes propres aux régions les plus chaudes de l'ancien continent, surtout aux contrées asiatiques, quoique l'on en ait aussi signalées en Afrique et à Madagascar : type, Sagra splendida, Weber, d'un rouge pourpre, de la Chine. — Orsonacna, Latr., à languette membraneuse, très-grande, fortement évasée, échancrée en cœur en avant; tôle presque aussi large que longue; corselet cordiforme; cuisses faibles : postérieures à peine plus grosses que les autres; corps allongé, un peu déprimé : groupe renfermant une vingtaine d'espèces particulières à l'Europe, au nord de l'Asie et à l'Amérique boréale, petites, et dont les couleurs sont très-variables, distribuées par grandes masses et presque toujours mal arrêtées : parmi nos espèces, que l’on trouve sur les plantes, à la manière des Criocères, sont les O. nigricollis, Oliv.; cerasi, Oliv., et humeralis, Fabr., de Paris. —Auerarra, Hope, corps assez long : deux espèces australasiennes.

2e groupe, Doxacrres, à languette médiocre, semi-cornée, entière où très-légèrement échancrée; mandibules échancrées au sommet; antennes un peu rapprochées sur le front, insérées assez loin des yeux, gréles, filiformes; corselet beaucoup plus court que les élytres à la base; hanches antérieures un peu coniques, cylindriques ou contiqués; cuisses simples; abdomen à premier segment très-grand; corps allongé ou oblong.

Les Donacites sont des Insectes de taille moyenne ou assez petite, à élytres mollasses, et qui, par

leurs antennes et quelques autres caractères, se rapprochent assez des Cérambyciens. Toutes les espèces vivent exclusivement dans les plantes aquatiques, aussi bien à l’état de larve que sous celui d'Insecte parfait. Deux genres, Donacia et Hæmonia, quoique exclusivement européens et renfermant une centaine d'espèces, forment ce groupe, et les larves de plusieurs espèces, allongées, blanchâtres, presque cylindriques, vivant au collet des végétaux aquatiques, et les nymphes immergées, renfermées dans une coque fixée aux racines de ces plantes, ont été observées avec soin. Ces larves

ont, suivant MM. Candèze et Chapuis, les caractères qui suivent : tête très-petite, un peu cornée-

jaunâtre; à bouche dirigée en avant et un peu en bas, plus ou moins rétractile dans le segment prothoracique; ocelles au nombre de cinq de chaque côté, arrondis, très-petits dans les Donacies, manquant dans les Hémonies; antennes articulées sur les bords latéraux et antérieurs de la tête, courtes, coniques, formées de quatre articles; plaques sus céphaliques ayant en avant un chaperon transversal bien distinct; lèvre supérieure charnue, très-petite; mandibules courtes, triangulaires, très-petites, arrondies antérieurement; mâchoires libres, charnues, formées d’une pièce cardinale oblique, d’une pièce basilaire renflée, cylindrique, et présentant à leur extrémité interne un petit lobe maxillaire grêle, atténué à son côté externe; palpes maxillaires formés de deux ou trois articles; lèvre inférieure présentant un mamelon charnu, allongé, cintré en avant, de six pièces palpigères charnues, confondues à leur base : palpes labiaux représentés par un petit tubereule et un rudiment de languette simple, charnu; les segments thoraciques sont semblables aux abdominaux, sauf le corselet, qui a son écusson presque corné, d’un jaune brunûtre; pattes courtes, grêles, composées d’une hanche large et courte, d’une cuisse petite, carrée, d’une jambe plus courte encore, et d'un tarse formé par un petit ongle obtus; les segments abdominaux, au nombre de huit seulement, sont charnus, subeylindriques, croissant en largeur jusque vers l’extrémité brusquement rétrécie : les sept premiers segments sont divisés en dessus en deux parties par un sillon transversal, et chaque partie munie d'une large bande de soies courtes, roussâtres, dirigées en arrière : le huitième, rudimentaire et presque tout à fait enchässé dans le septième, a sa face postérieure aplatie, et près de son bord supérieur sont fixés deux crochets trigones, ferrugineux, cornés, dirigés en bas et en avant, l’anus, sous forme d'une fente semi-lunaire, s'ouvre près de la pointe des crochets et ne sert pas à la progression, les stigmates sont très-petits, arrondis, rougeàtres, au nombre de neuf paires. Les larves vivent dans l'intérieur des tiges de diverses plantes aquatiques, et se logent vers leur collet. Parmi les Donacia, on a étudié les métamorphoses de plusieurs espèces, et surtout de la crassipes, dont se sont occupés MM. Aubé et Kælliker; les œufs sont déposés à la face inférieure des feuilles de nénufars, sur un ou deux rangs, au pourtour d'ouvertures creusées probablement dans ce but par l’Insecte parfait; lorsque les jeunes larves sont écloses, elles se transportent au collet des plantes aquatiques, où elles séjournent jusqu’à leur enter développement, qui dure de quatre à cinq mois; en automne, elles gagnent les racines des plantes sur lesquelles elles ont véeu, et se construisent une coque ovalaire qu’elles fixent par son grand diamètre à ces mêmes racines; la nymphe ne présente rien de particulier, et l'Insecte parfait se développe en peu de temps; il passe l'hiver dans sa coque, et ne l’abandonne que vers les mois de mai ou de juin de l’année suivante. Les larves connues des autres espèces sont celles des : sagittariæ, dont M. Éd. Perris a donné une histoire assez détaillée; lemnæ, dont ont parlé MM. Guérin- Méneville et Mulsant, et menyanthidis, dont Germar a décrit la larve et la coque nymphale. Parmi les Hæmonia, MM. Germar et Kunze ont publié des détails sur les transformations de l’equiseti, et M. Th. Lacordaire a décrit la larve de sa Gyllenhalli; cette dernière larve diffère principalement de celles des Donacies par son manque d’yeux et de palpes labiaux; les antennes ont seulement deux articles; elle a neuf paires de stigmates latéraux, dont sept sur les sept premiers segments abdominaux, la huitième sur le mésothorax, ct la neuvième sur le corselet, comme dans certains Lampyrides. M. L. Dufour s’est occupé de l'anatomie du canal intestinal des Donacia simpleæ et discolor. Ce canal égale trois fois en longueur celle du corps entier; l’œsophage traverse le corselet sans perdre sa ténuité capillaire; le ventricule chylifique qui lui succède est assez long pour faire une circonvallation dans l'abdomen, et tout couvert de papilles saillantes; l'intestin grêle est flexueux et peu distinet du cœcum, qui est allongé; les vaisseaux biliaires ne sont qu’au nombre de quatre, etc. Les deux genres de ce groupe sont : 4° les DONACIES, Donacia, Fabr., à lèvre inférieure mermbraneuse, courte, presque carrée; palpes fiiformes; antennes gréles, filiformes, assex longues;

o mandibules courtes, pointues, cornées, arquées; mächoires bifides; yeux petits; tête avancée; co selet plus étroit que les élytres; écusson petit; élytres déprimées, triangulaires; pattes moyennes, cuisses simples, et surtout à tarses médiocres, dilatés, tomenteux en dessous, avec le dernier article plus court que les précédents réunis, et le troisième profondément bilobé; corps moyen, allongé ou oblong. Les Donacies, qui pour Linné étaient des Leptura, et pour Geoffroy des Stenocorus, sont remarquables, non-seulement par leurs formes élégantes, mais encore par les couleurs métalliques brillantes dont presque toutes les espèces sont ornées, couleurs, du reste, très-variables, et qui, dans la même espèce, peuvent offrir toutes les nuances imaginables, depuis le noir bronzé jusqu'au cuivreux et au doré le plus éclatant; on trouve dans nos climats ces Insectes, depuis le milieu du printemps jusqu’à la fin de l’été, sur les plantes aquatiques, et parfois sur celles qui croissent dans les prés et dans les bois humides; exposés à des chutes fréquentes dans l’eau, la nature leur à donné le moyen de les éviter en armant le dernier article de leurs tarses de deux forts crochets, qui leur servent à se cramponner avec force aux feuilles des végétaux : en outre, le dessous de leur corps est revêtu d’une pubescence satinée et hydrofuge sur laquelle l’eau n'a pas de prise, et rend à peu près nulles les conséquences de ces chutes quand elles ont lieu; les Donacies volent rarement, seulement pendant la plus forte chaleur du jour, et leur vol est peu agile, de courte durée, mais le plus habituellement elles restent à peu près immobiles, et se bornent, pour éviter le danger, à contracter leurs pattes et à se laisser tomber au moment où on va les saisir. M. Th. Lacordaire décrit cinquante-six espèces de ce genre, mais l'on en connait aujourd’hui une vingtaine de plus : ces espèces sont surtout répandues dans les régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal, tant en Europe qu'en Asie eten Amérique. Comme types nous citerons trois espèces qui se rencontrent communément dans les environs de Paris : les D. crassipes, Linné; clavipes, Payk.; sagittariæ, Fabr.; 9° les HEMONIA, Latr. (Macroplæa, Samoelle, Hoffm., Meg.), se distinguant principalement des Donacia par leurs tarses allongés, gréles, presque nus en dessous, et à dernier article plus long que les précédents réunis, et le troisième entier : les Insectes de ce groupe vivent également sur les plantes aquatiques, mais ils se nourrissent de végétaux toujours immergés, et, par conséquent, restent plongés dans l'eau : les uns (Equiseti, Curtisii, Chevrolatü), propres aux eaux douces, se trouvent principalement sur les Potamogetons, et les autres (Zosteræ, Gyllhenhalii) n'ont été pris que sur des plantes marines : on en connaît une dizaine d'espèces difficiles à distinguer et à trouver par suite de leur habitat, et propres aux contrées froides européennes et américaines.

Fig. 279. — Donacia clavipes. Fig. 280. — Crioceris dorycus. Fig. 281. — Sugra cyanca.

3° groupe, CriocériTes, à languette entière ou un peu échancrée en avant; mandibules échancrées ou bifides au sommet; lèvre inférieure courte, carrée; yeux ordinairement échancrés; antennes écartées, insérées au bord antérieur et interne des yeux, assez épaisses, moniliformes, un peu épaissies vers le bout; corselet plus étroit que les élytres à la base; hanches antérieures cylindrico: coniques; abdomen à premier segment légèrement plus grand que les suivants; tarses à crochets soudés à la base, bifides ou simples; corps allongé, ovalaire. P

Les Criocérites, tels que nous les adoptons avec M. Th. Lacordaire, correspondent aux Criocérides de Latreille, sauf que ce dernier auteur y réunissait les Donacies et les Hémonies, avec lesquelles ils se lient intimement, en même temps qu'ils ont des rapports assez manifestes avec les Megalopis. Ces Insectes, propres à toutes les parties du monde, et dont on décrit près de quatre cents espèces, sont assez petits, rarement de taille moyenne, et parés d'assez jolies couleurs.

Presque tous vivent des parties molles des végétaux herbacés, surtout aux dépens des feuilles et des tiges; les Rhæbus seuls sont granivores. Les larves connues de ce groupe causent, par leur voracité, d'assez grands ravages sur les plantes dont elles se nourrissent, et ne se rapportent qu'à deux genres et sept espèces, dont six sont européennes : ce sont celles des Crioceris merdigera, vivant sur les lis, étudiées par Blankaert, Lorenzo Patural, Réaumur, Swammerdam, de Géer et M. Westwood; C. brunnea, dont a parlé M. Boudier père, et qui se rencontrent sur le muguet; 12-punctata, décrites par Frisch; C. asparagi, mieux connues par les travaux de Friesch, Ræsel et de MM. Bouché et Westwood, et se trouvant abondamment sur les asperges, ainsi que la précédente; Lema melanopa, propres aux céréales, et principalement à l’orge et à l’avoine, décrites par Réaumur et MM. Westwood et Cornélius; cyanella, que M. Cornélius a également fait connaître : toutes propres à l’Europe, et trilineata, Oliv., observées aux États-Unis d'Amérique, sur les pommes de terre, par M. Harris. Ces larves ont pour caractères généraux : tête de médiocre grosseur, un peu hémisphérique, écailleuse, lisse, à bouche formée de parties cornées, et dirigée presque verticalement en bas; ocelles au nombre de six de chaque côté, arrondis, inégaux; antennes insérées à l'angle antérieur et externe de la plaque sus-céphalique, dans une petite excavation, de trois articles; chaperon séparé de la plaque sus-céphalique par un léger sillon; mandibules médiocres, peu saillantes, un peu arquées, avec plusieurs dents terminales; mâchoires libres, assez développées; lèvre inférieure comprenant un menton en losange allongé, des pièces palpigères supportant des palpes labiaux uniarticulés, et une languette représentée par un petit tubercule charnu; segments thoraciques plus courts et plus étroits que les abdominaux; corselet recouvert en dessus d’un écusson corné, lisse; mésothorax et métathorax offrant sur les côtés de petites plaques cornées; pattes de médiocre longueur; tarses courts, terminés par un ongle assez crochu, grêle; neuf segments abdominaux, charnus, recouverts d'une peau fine, luisante, divisés chacun en dessus en deux parties par un sillon transversal, ayant des points épais surmontés d’une petite soie, et offrant en dessous des disques servant probablement à maintenir la larve sur les feuilles, soit en faisant ‘office de ventouses, soit par la matière visqueuse dont ils sont enduits; segment anal très-petit; stigmates au nombre de neuf paires. Toutes ces larves ont entre elles la plus grande ressemblance, et ne différent que par quelques particularités de peu d'importance : elles proviennent d'œufs que les femelles collent sur les feuilles des plantes, sont blanchâtres, lentes dans leurs mouvements : une quinzaine de jours leur suffit pour acquérir tout leur développement, et alors elles s'enfoncent dans la terre et s’y pratiquent une retraite, ou sorte de coque de forme ovalaire, lisse et revêtue d'un vernis, dans laquelle elles subissent leurs métamorphoses; au bout de quinze autres jours, l'Insecte parfait en son L'ouverture anale, au lieu d’être située à l’extrémité ou en dessous du dernier segment, comme dans la plupart des autres Coléoptères, l’est en dessus et s'ouvre de façon que les excréments sont poussés successivement en avant à mesure qu'ils sortent, et forment sur les larves une couche plus ou moins épaisse, humide, qui revêt presque entièrement leur corps sans y adhérer. Cette curieuse et sale enveloppe est essentielle à l'animal, car si l'on vient à la détruire, la larve commence à manger avec une voracité inaccoutumée pour se couvrir de nouveau de cet abri protecteur, d'autant plus utile qu’elle vit tout à fait à découvert.

Les genres admis dans ce groupe, au nombre de dix, d’après M. Th. Lacordaire, sont les suivants : Syxora, Eschs., Dej., Lac., renfermant des espèces à corps allongé, glubre ou finement pubescent, avec les téguments peu solides, et ayant des couleurs distribuées par grandes masses, mal arrêtées, le type est leS. betulæ (Crioceris), Fabr., petite espèce du nord de l’Europe, à laquelle sont jointes quelques espèces, toutes de l'Amérique du Nord. —Zeucornora, Kunze, différant surtout du précédent par ses yeux légèrement échancrés et ses hanches intermédiaires séparées : quelques espèces, surtout propres à l'Europe et à la Sibérie (type, notre Auchenia subspinosa, Kunze). — Mecasceus, Dej., Latr., commencant la série des genres qu’il nous reste à étudier, et dans lesquels le coyselet.n’est ni denticulé ni épineux sur les côtés, et qui a spécialement les antennes filiformes, longues, gréles; des cuisses postérieures très-renflées; des tarses à crochets, ete. : ces Insectes, plus grands que nos Criocères, sont au nombre d’une soixantaine, et tous propres aux deux Amériques, où on les trouve isolés ou réunis en petit nombre sur les feuilles des arbustes et des plantes, et non sur les fleurs, et ils ne sautentjamais, malgré le grand développement de leurs cuisses de derrière, —- Pcecronyena, Lacord., très-rapproché des Lema, cinq espèces américaines. —Lena, Fabr., séparé du

Fig. L. — Helodes distincta. [Gvossi. Fig. 2 Alurnus Landsber gi | < OSOSES e

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a. #. — Arescus quadrimaculatus. Fig. à.

groupe précédent par une saillie mésosternale distincte, accolée au métathorax et arrivant à son niveau, et ayant pour caractères spéciaux : {éte terminée en museau quadrangulaire; antennes filiformes, moyennes, de onxe articles: yeux très-gros où médiocres, oblongs, presque globuleux; corselet le plus souvent rétréci sur les côtés; élytres oblonques, beaucoup plus larges que le corselet; pattes moyennes; cuisses peu renflées; tarses à crochets soudés à la base; corps petit, parallèle ou presque pa rallèle, peu allongé, ete. Geoffroy est réellement le créateur de ce genre, qu'il nomma Crioceris; mais malgré l’antériorité qui aurait dû prévaloir, Fabricius l'a changé en cclui de Lema, qui a été assez généralement adopté; ce que nous n’aurions pas faitsi M. Th. Lacordaire n'avait trouvé un moyen de tout concilier en formant un genre Criocère et un genre Lema; ce groupe, quoique considérablement restreint, renferme encore près de trois cents espèces répandues sur tout le globe, mais beaucoup plus abondantes dans le nouveau que dans l’ancien continent; ces espèces semblent ne se trouver habituellement que sur les plantes herbacées, rarement sur les arbrisseaux, et quelques-unes, comme plusieurs de nos espèces indigènes, se réunissent parfois en agglomérations très-nombreuses; ils font entendre un petit bruit lorsqu'on les saisit: parmi les espèces européennes, dont plusieurs se trouvent aux environs de Paris, nous nous bornerons à citer le Lema melanopa, Fabr.; Latreille et M. Guérin-Méneville en avaient distingué un genre Petauristes (Lema varia et postica, Fabr.), différencié par ses cuisses postérieures très-renflées; ses antennes fortement élargies à partir du cinquième article, et ses yeux profondément échancrés, mais qui ne doit pas être adopté. — CRIO- CERIS, Geoffroy, Lacord., se séparant surtout des Lema par ses tarses à crochets non soudés à la base : une soïxantaine d'espèces, propres à tout le globe, et dont le sixième environ se trouve en

Europe, entrent dans ce genre, qui correspond à celui des Auchenia, Thunberg, adopté par quelques auteurs : types, nos Lema merdigera, Linné, long de 0,006 à 0%,007, rouge, se rencontre sur les Liliacées; asparagi, Linné, plus petit que le précédent, jaunâtre, avec des points noirs, sur l’asperge, de même que le 12-punctata, Linné, ete. — Bracaypacryta, Lacord., qui a des hanches antérieures subglobuleuses, séparées par la saillie prosternale : deux espèces, l'une de Java, et l’autre de Madagascar. — Ruxsus, Fischer de Waldheim, à antennes filiformes; pattes postérieures les plus longues de toutes; cuisses renflées; jambes droites : ce genre ne renferme que le B. Gebleri, Fisch., petite espèce propre à la Sibérie, et qui est surtout remarquable en ce que sa larve vit dans les semences d’une plante, de la Mitraria Schoteri. — Eusarrus, Lacord., à més.. sternum formant une saillie perpendiculaire entre les hanches intermédiaires : une espèce (palliatus) de Bolivie. — Arecenera, Lacord., à dernier segment abdominal très-grand : le seul À. cygnoides, découvert dans le Brésil intérieur.

4 groupe, MécaLorites, à lanquette grande, souvent bilobée, parfors entière; mandibules inermes, à pointe entière; palpes à dernier article allongé, acuminé; yeux grands; antennes grossissant plus ou moins de la base à l'extrémité, dentées ou pectinées; tête penchée, déprimée; hanches antérieures et intermédiaires cylindriques, contiqués; abdomen à dernier segment le plus grand de tous; tarses à crochets simples; élytres embrassant habituellement les côtés du corps.

Les Mégalopides sont de jolis Insectes, de taille moyenne, dont on connaît une centaine d’espèces, presque toutes propres à l'Amérique, surtout méridionale, mais dont quelques-unes sont partieulières à l'Afrique australe et au continent asiatique. Tous vivent sur les plantes et les arbrisseaux peu élevés; leur vol est lourd et n’a pas lieu pendant la plus forte chaleur du jour; ils produisent, comme les Lema, un bruit aigu, par le frottement de leur corselet contre le pédoneule de leur mésothorax; quand on les saisit, ils fléchissent un instant leurs antennes, et répandent par les articulations des pattes une liqueur jaune analogue à celle répandue par les Coccinelles.

Les genres de ce groupe peuvent être subdivisés ainsi qu’il suit : 4° espèces à languette profondément divisée en deux lobes; yeux pourvus d’une orbite en arrière : Masrosrerus, Lacord., une soixantaine d'espèces propres à l'Amérique méridionale, — Howaroprenus, Perty, deux espèces brésiliennes (tristis, Perty, et heteroproctus, Lacord.). — Acaromerus, Lacord., une trentaine d'espèces du Brésil, de Cayenne et du Mexique. — Teuwxasris, Lacord., quatre espèces propres à Java. — MEGALOPUS, Fabr., genre typique, dans lequel les élytres sont déhiscentes à l'extrémité, ayant une aire élevée à la base : M. Th. Lacordaire n'y range plus que quinze espèces, toutes de l'Amérique du Sud, particuliérement du Brésil, remarquables par leur corps allongé, étroit; ct

leurs cuisses postérieures renflées : type, M. nigricornis, Fabr. — 2° Espèces à languette fortement bilobée; yeux non pourvus d'une orbite en arrière : ne renfermant que le seul genre Pæœar- Loorrxa, Hope, cinq ou six espèces propres à l'Afrique australe, au Sénégal et à Sierra-Leone.

2e Sous-Famizze. — CHRYSOMÉLINES. Mächoires à lobe externe, étroit, cylindrique, plus long que l'interne.

Cette division, qui répond entièrement aux Cxeziques de Latreille, est beaucoup plus considérable que la précédente, et renferme des espèces ayant encore les trois premiers articles des tarses spongieux ou garnis de pelotes en dessous, avec l’avant-dernier partagé en deux lobes, et les antennes filiformes ou un peu plus grosses vers le bout. Ces espèces ont un corps ordinairement arrondi, avec la base du corselet de la largeur des élytres, dans celles, en petit nombre, où ce corps est oblong; leurs mâchoires ont le lobe externe de forme étroite, presque cylindrique, et d’une couleur foncée, et présentant l'apparence d’un palpe, tandis que le lobe interne est plus large et sans onglet écailleux. Chez quelques espèces étudiées anatomiquement par M. L. Dufour, on sait que le tube alimentaire est trois fois au moins plus long que le corps; que l’œsophage se renfle le plus souvent en arrière du jabot; que le ventricule chylifique ou estomac est habituellement lisse; que les canaux biliaires sont au nombre de six, ete. Les larves offrent des particularités assez remarquables. A l'état parfait, ces Insectes sont généralement de petite taille, souvent ornés de couleurs métalliques et brillantes, et ont le corps ras ou sans poils; les femeiles sont très-fécondes; presque tous sont lents, timides, *se laissent tomber à terre quand on veut les saisir, repliant leurs antennes et leurs pieds tontre le corps; plusieurs sautent très-bien, et d’autres répandent une liqueur particulière.

N DRUNESANT Fig. 282. — Chlamys fulgida Fig. 283. — Arescus caudatus. Fig. 284. — Clythra quadri- (Profil.) maculata.

Ze tribu, Hisrines, à mächovres à lobe externe long, gréle; mandibules terminées en pointe; orps oblong.

Cette tribu, très-voisine de celle des Cassidites, à laquelle elle était anciennement réunie sous la dénomination commune de Cassidaires, est composée principalement, suivant M. Chevrolat, d'une trentaine de genres et de plus de trois cents espèces, propres à tous les pays, mais surtout assez abondamment répandues en Amérique, tandis qu'on n’en signale que trois seulement en Europe. Leur corps est habituellement oblong, ovalaire, convexe, presque toujours épineux entièrement ou partiellement, et leur taille est souvent de 0,004 à 0%,005 de longueur sur 0,002 à 0,003 de largeur, diminue ou s'accroît de 0%,003 à 0,055 sur 0",002 à 0,014; leur tête ést découverte; leurs épaules sont exceptionnellement dilatées et comme ailées; les antennes, mutiques à la base, variant de longueur et de grosseur, ont une massue articulée, cylindrique, aplatie, dilatée, acuminée, et c'est d’après la forme de ces articles que sont formés la plupart des genres.

Les larves de quatre espèces américaines de l'ancien genre Hispa, se rapportant pour la plupart aux genres actuels des Uroplata et Microrhopala, celles des rosea, querciforlius, suturalis et vittata vnt été décrites par M. le docteur Harris, et ont au premier aspect quelque analogie avec certaines larves de Callidium. Ces larves sont d’un blanc jaunâtre, sauf la tête, les pattes, les tubercules latévaux; la plus grande partie des arceaux dorsaux du corselet et du segment terminal qui sont bruvtres; elles vivent, comme celles des Altica, dans le parenchyme des feuilles, et y accomplissent ve même leurs métamorphoses; la nymphe du suturalis a été observée dans des feuilles d'un Robinia.

Chez ces larves, la tête est cornée, petite, en partie rétractile, portant des antennes à peine visibles, des mandibules assez fortes, triangulaires, un peu dentées intérieurement; le thorax est formé de segments semblables à ceux de l'abdomen; le corselet est large, recouvert d’un écusson corné; les pattes sont peu développées, terminées par un ongle simple; les segments abdominaux portent chacun un tubercule assez saillant; il y a huit paires de stigmates.

Dans la plupart des genres les antennes ont onxe articles, et, d'après la disposition des élytres, on peut y former quatre divisions particulières. A. Espèces à élytres plus ou moins oblongues, allongées, aplaties, convexes, non épineuses : genres, ALURNUS, Fabr., à antennes à premier article conique, suivant cylindrique, dernier pointu : Insectes de grande taille, ovalaires, ornés de belles couleurs, et propres à l'Amérique méridionale; type, À. grossus, Fabr., de Cayenne. —Bornionops, Clhevr., du continent indien. — Cepuarorera et Lepromorpua, Chevr., à corps très-allongé, effilé : de gracieuses espèces de l’Amérique du Sud. — Anescus, Perty (Chelobasis, Gr.), remarquable par son corps presque ovalaire, aplati : et ayant pour type l'A. caudatus, du Mexique. — Cnyrronyeuvs, Gyil. — Oxvcrpnarus, Guérin, à téte prolongée en avant en une forte pointe : type, O. cornigera, d’Australasie. — B. Espèces ayant des élytres à côtes : genres, CHALEPUS, Thunb. (Scelænopla, Chevr.), d'assez nombreuses espèces du Brésil et régions voisines. — Amsopera, Chevr., des Indes orientales. — Acenrrurrers, Chevr., ete. — GC. Espèces à élytres aplaties, élargies, tronquées à l'extrémité, le plus ordinairement dentées ou denticulées sur les bords externes : plusieurs genres, démembrés des Hispa, pour la plupart américains, et dont le principal est celui des ODONTOTA, Chevr. (Anoplistis, Kirby). — Les autres sont ceux des Merazycera, GonopHora, ONCHOCEPHALA, Pracuyconma, Ceparoponra et Microponra, Chevr. — D. Espèces à élytres ovalaires, entièrement couvertes d’épines : ne comprenant que le genre typique de la tribu, celui des HISPES, Hispa, Linné, à antennes épaisses, cylindriques, avec les articles légèrement coniques; corselet et élytres hérissés de pointes, branchues, ainsi que les antennes; pattes simples, mutiques : ainsi restreint, ce genre ne renferme plus qu'une quarantaine d'espèces, en général noirâtres, la plupart exotiques, et surtout particulières à la côte de Guinée et au Sénégal. Trois d’entre elles, très-petites, sont européennes: ce sont les : H. atra, Linné, que l’on trouve à Paris sur des plantes qui croissent dans le sable; H. testacea, Fabr., de l'Europe australe, et aptera, Bonnelli, d'Italie.

Dans le seul genre Payzoconvna, Chevr., les antennes ne présentent que dix articles.

Pans un autre genre, celui des Prarvrrra, Guérin, les antennes n'ont que neuf articles.

Dans deux genres : Euprioxora et Micronnopazra, Chevr., les antennes sont de huit articles.

Enfin dans le genre Uropara, Chevr., groupe américain, à corps aplati, les antennes n'ont plus que sept articles.

Outre ces coupes génériques, nous pourrions encore citer celles des : Cælænomenodera, Blancb.; Dichræa et Estigmena, Hope; Cullistola, Promecothera, Octotoma et Cladophora, Dej., ete.

2 tribu, Cassinines, à mâchoires avec le lobe externe long, gréle; corps orbiculaire; mandibules courtes, en palettes dentées.

Cette division renferme environ cinq cents espèces, propres à toutes les parties du monde, surtout abondantes dans l'Amérique du Sud, petites on moyennes, peu nombreuses en Europe, et réparties en une trentaine de genres. Ces Insectes, en général à corps aplati, large, sont aussi remarquables par la variété de leurs formes, dont quelques-unes même très-bizarres, que par la vivacité et l'éclat souvent métallique de leurs couleurs; et, sous ce dernier rapport, quelques-unes de nos espèces indigènes paraissent rivaliser avec les exotiques, mais elles perdent leur éclat en mourant, ce qui n’a pas lieu pour les espèces des pays chauds. Elles se trouvent sur les fleurs et sur les feuilles des arbres, et parfois en réunions nombreuses. Les larves d’un assez grand nombre d'espèces de Cassida ont été décrites, et principalement beaucoup d'indigènes, telles que celles de l'Austriaca, par M. Bach; celles des chloris, denticollis, equestris, ferruginea, languida, rubiginosa, sanguinosa, vibex, par M. Cornélius; celles de la murræa, par Goëdart, Lyonnet, Kirby, Gravenhorst et M. Pfumer; celles de la maculata, par Kirby et M. L. Dufour; celles de la nebulosa, par M. Guérin-Méneville; celles de la 14-maculata, par Latreille; celles de la tigrina, par Friesch, de Géer, Gravenhorst et Schotz; et surtout celles de la viridis, qui ont occupé

successivement PBlankaert, Ræsel, Goëdart, Réaumur, de Géer, Lyonnet, Herbst, Kirby, Strom, Latreille, MM. Westwood, Gravenhorst et Schotz, L. Dufour, ete.; parmi les exotiques, Gravenhorst et Schotz ont indiqué celles de la Bengalensis, et M. Westwood, celles de l'ampullu, d'Haïti. Ces larves ont une forme ovalaire, un peu rétrécie en arrière et déprimée; comme celles des Crioceris, elles se recouvrent de leurs excréments, mais ceux-ci sont disposés d'une manière différente : la fourche que porte le segment terminal se replie vers la partie antérieure de l'Insecte, de manière à former avec le corps un angle ouvert en avant : l’anus est perforé près de cet appendice, et, lorsque la larve rejette ses excréments, ils sont retenus par la fourche, et, par suite de leur accumulation, ils sont poussés en avant, se collent les uns aux autres, et forment ainsi une espèce de toit, contenant parfois les dépouilles des mues, sous lequel la larve disparaît presque en entier. La forme des appendices caudaux, la forme et la disposition des fèces présentent des variétés nombreuses et particulières à chaque espèce. Ces larves, qui, chez nous, vivent sur un assez grand nombre de feuilles de diverses plantes, telles que les artichauts, les chardons, les menthes, etc., ont pour caractères communs: tête presque globuleuse, petite, cornée, presque cachée par le corselet; plaque sus-céphalique un peu convexe, impressionnée; lèvre supérieure arrondie, bien développée; antennes triarticulées, insérées sur les parties latérales et antérieures de la tête; ocelles au nombre de quatre de chaque côté; mandibules très-courtes; segments thoraciques souvent bien distincts de ceux de l'abdomen, recouverts en dessus d’écussons coriacés; corselet très-grand, formant la partie la plus avancée du corps, rugueux, impressionné, ayant quatre prolongements latéraux inégaux; pattes trèscourtes, fortes, épineuses; huit segments abdominaux, munis de chaque côté d’un appendiceépineux, etle dernier portant en outre à sa partie supérieure un appendice plus ou moins profondément bifurqué; anus s’ouvrant à la face supérieure du segment terminal, assez prolongé; huit paires de stigmates, souvent portées sur un prolongement charnu, saillant. Ce n’est qu'après avoir changé plusieurs fois de peau que la larve se transforme en nymphe sur la feuille même où elle a vécu. Celle-ci a aussi une queue fourchue, mais dont les deux branches sont inermes, et beaucoup moins longues que celles de la larve, et c’est par cette queue, qui reste engagée dans la dépouille de la peau réduite en peloton, qu'elle est fixée contre la feuille où la transformation s’est faite. Cette nymphe, plus courte que la larve, est de forme ovale aplatie; elle a un ample corselet, presque semi-lunaire, dont le contour est bordé d’un rang d’épines courtes et simples; l'abdomen est garni latéralement d'appendices ou de lames plates, ete. Au bout d’une quinzaine de jours l’Insecte parfait en soït.

1 groupe, Iuarminires, à corselet échancré, laissant la tête entièrement découverte.

Les Imathidites, beaucoup moins nombreux que les Cassidites et ordinairement plus petits, ont, comme eux, le corps manifestement circulaire; mais, par suite de l’échancrure antérieure du corselet, leur tête est tout à fait découverte. Ges Insectes sont de couleurs peu brillantes, et aucun d’entre eux n’est propre à l'Europe.

Le genre typique est celui des IMATHIDIUM, Fabr., à antennes longues, gréles, filiformes; corselet large; élytres arrondies, à bords plans : plusieurs espèces, principalement de l'Amérique méridionale, et ayant pour type l'I. fasciatum, Fabr., de Cayenne. — Les autres genres, démembrés pour la plupart des Cassida, sont ceux des : Spuæropazeus, Chevr., du Brésil. — Carorepra, Hope (Craspedonta, Chevr.); Prioprera, Hope (Basiprionota, Ghevr.), et Hopzronora, Hope (Notosacantha, Chevr.), des îles et du continent indiens. — Tuyrcomorpua, Dej., du Cap. — Derocranra, Dej., du Brésil. — Porruyrasris, Hope (Hæmisphærota, Ghevr.), de l'Amérique boréale. — Carropsis, Dej., de Cayenne. — Omoreina, Chevr., de Saint-Domingue. — CarvprocepnaLa, Chevr. — Secenis, Hope (Acromis, Chevr.). — Omorrara, Hope (Echoma, Chevr.).—Tauroma, Hope (Omocera, Chevr.). — Porycenarca, Chevr. —Oxvnonera, Hope (Discomorpha, Chevr.), tous de l'Amérique méridionale.

2° groupe, Cassinires, à corselet recouvrant entièrement la tête.

Le caractère que nous venons d'indiquer, et qui est très-facile à saisir, est le seul qui distingue ces Insectes de ceux du groupe précédent. Leur tête est très-petite et déprimcée; leur corps est étroit et aplati en dessous; leurs pattes, courtes et rétractiles, Sont cachées entièrement, et même débordées par le corselet; leurs élytres sont très-dilatées, et forment par leur réunion une sorte de toit ou de bouclier sous lequel l'Insecte se trouve abrité, un peu comme une Tortue l'est dans sa carapace. .

COLÉOPTÈRES. 345 Ils sont très-nombreux, abondamment répandus sur les végétaux, communs partout, parés de brillantes couleurs, de taille moyenne dans les pays méridionaux, et petite dans nos contrées.

Le genre typique est celui des CASSIDES, Cassida, Linné, à antennes gréles, avec leurs cinq derniers articles un peu épaissis; corselet très-arrondi; corps aplati, circulaire ow ovalaire, comme dans tous les autres genres du groupe, d’où a été tirée leur dénomination, du latin cassis (casque); et le nom vulgaire de Scarabées tortues : ces Insectes se servent peu de leurs pattes, et restent habituellement immobiles sur {es plantes dont ils se nourrissent, et avec lesquelles ils se confondent quelquefois par leur teinte identique; c’est en été et sur les plantes basses qu'on les trouve; on ne laisse plus dans ce genre qu’une cinquantaine d'espèces, dont plus de moitié appartiennent à l’Europe, et les autres à l'Afrique et à l'Amérique, aux Indes orientales et à la Nouvelle-Hollande; parm les espèces qui habitent les environs de Paris, nous indiquerons la Cassida viridis, Linné, longue de 0,005, entièrement d’un joli vert; murræa, Linné; nobilis, Fabr., ete. — Les autres genres, presque tous de l'Amérique du Sud, principalement communs au Brésil, surtout caractérisés par l'organisation des antennes, du corselet et des élytres, et offrant des formes habituellement ova-

laires, quoique parfois plus ou moins allongées ou raccourcies, sont les suivants : Evcexysa, Chevr.

— Gyrroxora, Chevr. (Mesomphalia, Hope).— Boranocnara, Chevr. (Pæcilopsis, Hope). — CueurmorrHa, Chevr. — Iscuyrosonyx, Chevr. — Cypnorrera, Hope (Elytrogona, Chevr.). — Hyrosa, Chevr.— Puysonora, Chevr. — Asreniza, Ghevr. — Decoyara, Chevr. (Aspidimorpha, Hope). — Owaspines, Chevr. — Boraxora, Hope (Dorynota, Chevr.). — Basipra, Chevr., du Cap. — Carro- Eycra, Chevr. — Oxvpera, Hope (Discomorpha, Chevr,). — Carracyera, ete.

Fig. 285. — Hispa atra. Fig. 286. — Cassida oblonga. Fig. 287. — Labidostomis (Clythra (Très-grossi.) (Grossi.) forcipifera. (Grossi.)

5° tribu, Curysomérires, à méchoires à lobe externe très-gréle, palpiforme; antennes très-écartées à leur point d'insertion; palpes à avant-dernier article mince; mandibules pointues.

Cette tribu, la plus nombreuse de toutes celles de la famille, renferme les espèces véritablement typiques. On en trouve partout; leur taille, quoique assez variable, est en général médiocre; leur forme est ovoïde ou allongée ; leurs couleurs sont habituellement vives et variées. Ce sont des Co léoptères qui volent rarement, marchent lentement et comme avec peine, et qui, le plus souvent, se tiennent sur les plantes dont ils tirent leur nourriture. Leurs larves sont également phytophages; elles ont six pattes bien développées, et, à l'extrémité du corps, présentent un prolongement anal qui leur sert de support et fait l'office d’une septième patte.

4® groupe, CLvrunites, à tête enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; menton très-large; lèvre petite, engagée dans le menton; antennes pectinées; languette petite, cornée, entière, arrondie; corselet de La largeur des élytres à la base; pattes petites; tarses à crochets variables; corps allonge.

Cette tribu a tellement de rapport avec celle des Chlamytes, que M. Th. Lacordaire les réunit ensemble; elle se rapproche également beaucoup des Cryptocéphalites; mais tandis que chez ces derniers les antennes sont toujours allongées, filiformes, chez les Clythrites elles sont constamment dentées surune portion plus ou moins étendue de leur longueur. Par les Lamprosoma, ces Insectes se lient

également aux Eumolpus. Leur forme est généralement un peu plus allongée que celle des autres Chrysomélides; ils sont médiocrement agiles; volent cependant assez bien, et fréquentent plutôt les arbres et les arbustes que les végétaux herbacés : en Europe, les diverses espèces de chènes semblent les attirer particulièrement. Les métamorphoses de plusieurs espèces de Clythrites sont connues, et leur histoire présente des faits complétement analogues à ceux que nous offrent les espèces que l'on a étudiées des groupes de Chlamytes et des Cryptocéphalites, et ont pour particularité commune de vivre dans des fourreaux qu'elles traînent après elles. Ces larves ont pour caractères : tête assez grosse, presque circulaire en dessus, un peu déprimée, cornée; ocelles au nombre de six de chaque côté; antennes triarticulées, insérées sur le bord antérieur externe de la plaque sus-céphalique : celle-ci sans chaperon distinct; lèvre supérieure très-courte; mandibules faibles, petites; mächoires soudées avec la lèvre inférieure; segments thoraciques semblables aux abdominaux, sauf le corselet, qui est recouvert en dessus d’un écusson corné; pattes assez longues, n’ayant pas à la partie interne cette membrane molle, spongieuse qui se voit chez beaucoup de Ghrysoméliens; segments abdominaux, au nombre de neuf, tous charnus, très-convexes en dessus; anus se présentant sous la forme d'une fente transversale; neuf paires de stigmates. Ces larves, surtout celles des Clythra, qui ont été étudiées par Zschorn, MM. Gené, Chevrolat, Rosenhauër, Erichson, Siebold, Th. Lacordaire, H. Lucas, etc., sont d’un blanc jaunâtre, avec la tête, l’écusson, le corselet et l'extrémité des pattes d'un rouge brunâtre; le corps est recouvert cà et là de quelques poils, un peu moins rares sur les parties antérieures; l'abdomen est fortement épaissi et replié sur lui-même dans sa moitié postérieure, de sorte que l’anus s'avance vers la dernière paire de pattes. Les fourreaux dans lesquels demeurent ces larves sont de forme ovoïde ou cylindrique, diversement ornés et conformés : noirâtres ou brunätres, plus convexes en dessus qu’en dessous, coupés obliquement de haut en bas et d'avant en arrière à leur partie antérieure, plus larges à la partie opposée, et recouverts de poils plus ou moins longs, et ces fourreaux sont formés des exeréments des larves. Les Insectes parfaits s’accouplent dans les mois de juin et de juillet; la femelle pond de vingt à trente œufs ailongés, cylindriques, jaunâtres, luisants, et, les retenant entre ses tarses postérieurs, elle les entoure d'une couche d’excréments irrégulièrement disposée, et qui, plus tard, doit former le fourreau de la jeune larve. Celle-ci éclôt quatorze à dix-huit jours après la ponte, mais n’atteint son développement complet qu'après deux ou trois étés. Jamais ces larves n’abandonnent leurs fourreaux; elles l'emportent avec elles quand elles veulent changer de place; et lorsque, par l’elfet de la croissance, ils deviennent trop petits, elles l'agrandissent en y ajoutant de nouvelles pièces; lors des mues, elles en ferment l'ouverture par un opercule composé de la même matière que le fourreau; elles agissent de même lorsque le temps de la métamorphose en nymphe s'approche, et, assure-t-on, se retournent dans leur loge : c’est-à-dire que, par un mouvement de bascule, la tête se trouve placée vis-à-vis du fond, ce qui permet à l’Insecte parfait de sortir avec plus de facilité. Les larves des Cryptocéphalites se trouvent dans leur jeune âge sous les haies, dans le gazon, ete., où elles se nourrissent de feuilles sèches, mais, parvenues à un certain développement, elles vont sur les buissons chercher les feuilles fraiches : elles sont donc franchement phytophages. La manière de vivre des Clythrites n'est pas établie avec la même certitude; et, quoique Hubner ait nourri jusqu'à son entier développement une larve de Clythra longimana avec des feuilles du Trifolium montanum, quelques espèces paraissent dévorer des substances animales, qui, pour les espèces vivant dans les fourmilières, comme, par exemple, le Clythra quadripunctata, leur serait apportée par les Fourmis.

A. Cuvrmrires vrais, à antennes libres au repos, comme dans les autres sous-groupes, excepté chez les Lamprosomites; mâchoires à lobe interne lamelliforme, non bifurqué; yeux entiers où faiblement échancrés; crochets des turses simples, ainsi que les Mégalostomites; saillie prosternale nulle ou n'existant rarement qu'à l'état de vestige; pygidium distinct; pattes s’'allongeant plus ou moins d'arrière en avant: sexes assez dissemblables.

Ces Insectes varient de la forme cylindrique ou cylindrico-conique à la forme oblongue ou oblongo-ovale; ils sont, au moins dans nos pays, d'une teinte générale jaune ou rougeàtre, et présentent des points ou des lignes d’un noir brillant. On en connaît près de trois cents espèces, dont un tiers environ appartient aux faunes méditerranéenne, européenne et asiatique, un autre tiers à l'Afrique, et le dernier au continent et à l'archipel indien, à l'Amérique et à l'Australasie.

Fig. 1. — Cassida (Eugenysa) grossa Mig. 2. — Odontoscelrs fuliginosa. {ürosst

Fig. 5. — Cryplocephalus cicatricosus Grossi «] à PA Ÿ % té f E H 7 \ | ' \ : (4 | | à ÿ % Fig. #4. — Dorypiorus junctatissimrs Fig. 5. — Eumolpus fulgidus

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Quoique nombreux en espèces, ce groupe est très-difficile à partager en genres; cependant M. Chevrolat à cru devoir en créer une vingtaine; mais M. Th. Lacordaire, dans le tome deuxième de sa Monographie des Coléoptères subpentamères phytophages, n’a pas adopté ces divers genres, et, pour lui, le genre CLYTHRA de Laitcharting reste intact et forme le sous-groupe entier; mais, par suite de diverses particularités, il est arrivé à y former trente-neuf sous-genres, dont plusieurs correspondent aux genres de M. Chevrolat. Ces sous-genres sont les suivants: Teinocera, Drége; Lophobasis, Smeia, Miopristis : ne renfermant tous que quelques espèces de l'Afrique australe; Labidostomns, Ghevr., une quarantaine d'espèces, qui se trouvent depuis la Sibérie orientale jusque sur les bords de la Méditerranée en Europe et en Asie; comme type nous citerons seulement la Clythra longimana, Linné, qui habite une grande partie de la France; Calyptorbina, deux espèces de l’Europe orientale et de l'Algérie; Atelechira, Antipa, Phænicodera, Barybæna, tous de l'Afrique australe; Marolenes, Chevr., une seule espèce propre à la faune méditerranéenne; Plecomera, Nosognatha, Crabronites, Camptalenes, Ghev.; Gyriodera, Merilia, tous africains, et surtout du Sud; Anomoia, Chevr. (Anomæua, Lacord.), des espèces des États-Unis d'Amérique et du Mexique; Titubæa, des espèces essentiellement européennes, comme la 6-maculata, Fabr.; Barathræa, deux espèces algériennes; Lachnaia, Chevr. (Lachnæa, Lacord.; Camprolenes, Chevr.), une quinzaine d'espèces essentiellement propres à la faune méditerranéenne ; Ætheodactyla, une remarquable espèce de la côte de Malabar; Clytra, Laichart., Chevr., Lacord , trente espèces répandues en Europe, en Asie, en Afrique, type la C. quadripunctata, Linné, qui se rencontre sur les chênes; Diapromorpha, une dizaine d'espèces du sud de l'Afrique, de la Guinée et du continent indien; Peploptera, des espèces africaines; Aspidolopha, des îles et du continent indiens; Gynandrophthalma, une soixantaine d’espèces américaines, indiennes, africaines et européennes, dans lesquelles rentrent en partie ou en totalité les genres Anomoia, Tachypetes, Melitonoma, Cyaniris, Smaragdina, Ghevr., et Coptocephala, Kollar;, Ætheomorpha, un petit nombre d'espèces de l'Égypte, de l'Australasie, ete.; Mochira, des Indes orientales et du Sénégal; Anisognatha, des environs d'Angola; Cheilotoma, Chevr., ayant pour type le C. bucephala, Fabr., propre au midi de l'Europe; Coptocephala, Chevr., de la faune méditerranéenne : type, C. scopolina, Linné; Ceratobasis, des Indes orientales; Pantocometis, une belle espèce de Pondichéry; Physauchenia, de la Chine; Labidognatha, une espèce de la côte de Guinée; Melitonoma, Chevr., une dizaine d'espèces, surtout africaines; Dauria, Chevr., quelques espèces du Cap, de Java, etc.; Diapericera, une:jolie espèce du Cap. — Les larves de douze espèces de Clythra ont été étudiées; ce sont celles, parmi les Clythres vrais, des : quadripunctata et læviuscula; parmi les Lachnées, palmata, tristigma, vicina; parmi les Coptocéphales, quadrimaculata et floralis; parmi les Labidostomes, longimant, humeralis, distinguenda, meridionalis, et parmi les Titubées, 8-signata ; les auteurs qui s'en sont occupés sont Schaller, Fabricius, Hubner, Latreille, Gené, MM. Schmidt, Maerkel, Vallot, Rosenhauer, Th. Lacordaire, Léon Dufour, H. Lucas, Westwood, Candèze et Chapuis, ete.

B. Barres, à farses avec les crochets appendiculés ou à la fois bifides et coudés. Insectes à corps entièrement noir ou métallique, avec des bandes ou des taches fauves. On y groupe une centaine d’espèces, presque toutes exclusivement américaines, et surtout des contrées méridionales.

On ne les rangeait habituellement, avec Dejean, que dans le seul genre BABIA, Chevr., mais M. Th. Lacordaire v forme les dix genres suivants : Acrpaura, Chevr. (Tellena); Divoruraacma, Pæsvues, Dacnnys, Bagra, Sreneoma, Uronera, Ararea, Ischiopacuys, Chevr.; Saxinis.

C. Mécarasronires, ayant les caractères des Clythrites vrais, si ce n’est que la saillie prosternale est toujours distincte. Une soixantaine d'espèces, toutes américaines.

Le genre typique est celui des Mecarasromis, Chevr., à tête très-grosse; antennes à dernier article échancré ; mandibules très-grandes, dentées ; tarses à avant-dernier article court, subdivisé en : Minturmia, Megalastomis, Scaphigenia, Heterostomis. — Les autres genres, démembrés de celui-ci par M. Th. Lacordaire, sont ceux des : Protophana, Euryscopa, Coscinoptera et Thomesi.

D. Lamprosomires, dans lesquels les antennes sont reçues au repos dans des rainures du corselet, ce qui les distingue surtout des groupes précédents pour les rapprocher des Chlamytes, dont ils se séparent nettement par leurs yeux très-faiblement échancrés et leur corps arrondi.

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Le genre typique, et celui qui renferme la grande majorité des espèces, surtout brésiliennes, est celui des LAMPROSOMA, Kirby, auquel on associa les Lycuvopmars et Spnærocuzamys, Lacord.

2€ groupe, Curamyres, à tte enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; antennes courtes, en dents de scie, recues au repos dans des rainures du corselet; yeux grands, fortement échancrés; élytres laissant le pygidium à découvert, fortement lobées à la base; pattes d’égale longueur, contractiles; tarses à crochets toujours appendiculés.

Les Chlamytes constituent l’un des groupes les plus nombreux de toute la famille; ils ont une forme habituellement arrondie, et leurs élytres sont le plus souvent marquées de pointes enfoncées profondément; quelques-uns rivalisent, sous le rapport des couleurs, avec les Coléoptères les plus brillants : on remarque chez eux des teintes brillantes, rouges, bleues, jaunes, métalliques, dorées ou argentées, ete. Ils vivent isolément ou épars en petit nombre sur les feuilles des arbres; leur démarche est très-lente, et ordinairement ils restent immobiles, ne volant pas, se laissant tomber quand on veut les saisir. Les larves du Poropleura monstruosa, du Brésil, ont été décrites par M. Burmeister, et présentent la plus grande analogie avec celles de la Clythra quadripunctata. Regardés pendant très-longtemps comme exclusivement propres à l'Amérique, surtout méridionale, on a constaté dans ces derniers temps qu'il en existait au Cap, dans l'Inde et à Java.

Le genre typique est celui des CHLAMYS, Knoch, le plus nombreux de tous, car il renferme près de deux cents espèces sur deux cent cinquante environ, et ayant pour caractères : antennes dentées au moins à partir du cinquième article : les cinquième à dixième formant rarement une massue proprement dite; pattes courtes, épaisses; ils sont généralement de taille moyenne; deux cependant, les C. monstruosa et bana, sont assez grands. — Les autres genres sont ceux des: PseupocuLamys, Draspis, CarciNogæxa, Exema, Hyueres et PoroPceura, Lacord.

3° groupe, CnyrrocÉéPuaLiTEs, à tte enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; antennes filiformes, élytres recourbées en général à leur extrémité.

Les Cryptocéphalites sont des Chrysoméliens de taille petite, à corps court, ramassé; à tête presque complétement cachée par le corselet (d’où a été tirée leur dénomination des deux mots grecs zpurtos, caché; zsgan, tête). Très-voisins des Clythrites, ils s’en distinguent surtout par leurs antennes filiformes, grêles, rarement renflées vers l'extrémité, quelquefois aussi longues ou même moitié plus longues que le corps. On les trouve sur les feuilles des plantes et des arbustes, et on en connait plusieurs centaines d'espèces, dont beaucoup sont très-jolies par suite des dessins à teintes agréables qu’elles offrent sur le fond assez sombre de leurs élytres; dont les autres sont entièrement parées de couleurs vives, voyantes, et enfin dont quelques-unes ne sont pas très-brillantes : on en rencontre presque partout, mais l’Europe et l'Amérique en sont surtout très-riches, tandis que l'Afrique et l'Asie en renferment beaucoup moins. Les larves, qui vivent de bois humide et semblent cher- cher un abri sous les pierres quand elles vont se transformer en nymphes, vivent dans un fourreau composé de leurs exeréments mêlés de parties ligneuses, et ressemblant tellement à ceux des Clythres, qu’on a parfois réuni ces deux groupes d’Insectes sous le nom commun de Tubifères : Hubner, Zschorn, MM. Thian, Percheron, Suffrian, ete., se sont occupés de ces larves en général, et spécialement Gyllenhall a fait connaître la larve du Cryptocephalus labiatus; Gené, celles du C. 12-punctatus; et M. Rosenhauer, celles des C. bipunctatus, coryli, sericeus, moræi, vittatus, pini, gracilis, minutus et hieroglyphicus.

Le genre typique de ce groupe est celui des CryprocéPaaes où GRIBOURIS, Cryptocephalus, Geoffr., à forme presque cylindrique; téte circulaire, aplatie, très-enfoncée dans le corselet; antennes filiformes; yeux oblongs, latéraux, échancrés; corselet convexe; élytres arrondies sur chaque extrémité; cuisses assez renflées : on connait plus de deux cents espèces de Gryptocéphales, toutes de petite taille, et surtout abondantes en Europe et en Amérique, contrairement à ce qu'en disent Geoffroy et Olivier, ces Insectes ne sont pas très-nuisibles aux plantes; dans ces derniers temps, M. Suffrian en a publié une bonne monographie en ce qui concerne les espèces européennes; parmi ces dernières, nous nous bornerons à indiquer le Grisourr soyeux, Cryptocephalus sericeus, Linné, long de 0,007 à 0,008, granuleux, d’un beau vert brillant, doré en dessus : se trouve très-communément sur les fleurs dans toute l’Europe. — Les autres genres, tous dus à

M. Chevrolat, et fondés sur des espèces exotiques, sont ceux des : Cannus, Ononroneres, Paysicerus, Pacuysracus, Srricopnonus, Proropnysus, Homaropes, Disorus et Moxacnus.

4° groupe, Eumorrires, à tête un peu dégagée du corselet; menton très-court; lèvre inférieure assez longue, arrondie en avant; antennes à derniers articles plus grands que les autres ; corselet à tarses munis d'une membrane onguiculée; corps ovalaire, plus où moins allongé.

Les Eumolpites sont formés aux dépens des deux genres Eumolpus et Colaspis des anciens auteurs, et avaient reçu de M. Chevrolat, créateur du groupe et de presque tous les genres, le nom de Colaspides. Ces Insectes, de taille petite, et plus rarement moyenne, vivent réunis en troupes sur des plantes basses et des arbustes qu’elles choisissent de préférence. Bien que quelques espèces soient peu brillantes, pubescentes, velues, pulvérulentes, les Eumolpites sont en général revêtues de couleurs éclatantes et métalliques : indigo, émeraude, améthyste, rubis, or, argent, ete., et habituellement répandues uniformément; les anciens Eumolpes sont pointillés et ponctués d’une manière espacée, tandis que les anciens Golaspis, avec des points plus rapprochés, offrent souvent des côtes longitudinales. Plusieurs espèces sont très-nuisibles à l'agriculture: c’est ainsi que dans le midi de la France l'Eumolpus (Bromius) vitis fait beaucoup de mal à la vigne, et que le Colaspis (Colaphus) barbarus détruit des pièces entières de luzerne. Les larves de l'E. vitis ont été étudiées par Latreille, Walckenaër, M. Guérin-Méneville, et celles du C. barbarus, principalement par MM. Joly et L. Dufour. Ces larves, noirâtres et entièrement lisses, ressemblent beaucoup à celles des Chrysomélites et Galérucites, et, comme elles, vivent complétement à découvert sur les feuilles des végétaux; leurs mœurs sont en général les mêmes que celles des Criocérides : cependant elles n'ont plus de disques charnus à la face ventrale, et le palpe labial est biarticulé. La femelle dépose habituellement ses œufs, vers la fin de l'automne, au pied des plantes, et au printemps la jeune larve va dévorer les feuilles à mesure qu’elles se développent. On signale près de huit cents espèces de ce groupe, dont la moitié environ habite l'Amérique, tandis que l’autre moitié a été constatée en nombre décroissant dans les autres parties du globe.

Les deux genres principaux sont ceux des : 1° EUMOLPE, Eumolpus, Kugellan, à antennes lonques, allant un peu en grossissant, formées d'articles plus ou moins coniques; palpes assez évais, à derniers articles ovalaires; mâchoires bilobées; tête moyenne; corselet plus étroit que les élytres, qui sont grandes; pattes fortes; corps convexe, ovalaire : ce groupe, qui pour M. Chevrolat ne renferme que des espèces exotiques, comprend, selon M. É. Blanchard, non-seulement des espèces américaines de grande taille et de couleurs brillantes (type, E. Surinamensis, Fabr.), mais encore des espèces plus petites, pour la plupart propres à l'Europe, dont le type est l'EumoLre DE LA vien, vulgairement appelé Ecrivain, Eumolpus (Bromius, Chevr.) vitis, Fabr., long de-0",003 à 0,004, noirâtre, à élytres ferrugineuses; commun dans nos vignobles du Midi; 2° COLASPIDE, Colaspis, Fabr., à antennes longues, filiformes; mandibules cornées, arquées, bidentées; mächoires coriaces, bifides; lèvre cornée; tête inclinée; yeux arrondis; corselet transversal; élytres grandes, embrassant l'abdomen; pattes assex longues; corps ovalaire : ce groupe est très-nombreux en espèces, toutes de taille moyenne, et surtout propres à l'Amérique méridionale, mais dont quelques-unes sont d'autres pays, tel est le C. barbara, Fabr., noir, du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique.

Selon M. Chevrolat, les Eumolpites doivent être subdivisés ainsi : 1° Espèces à pattes simples. A. Antennes de douxe articles distincts; genres : Merazonicna, Coraspis, Prioxopera, CHaLcoPHanA, Preuraucaca, Lernonora, Enusa, MELINA, SpHæropracis, Guyanica, Cuarcorracis, Nopa, SrroNGyLo- TansA, Tuyna, Taysse, Cuazcopnana, Cast. (Acis, Chevr.); Tricnosioza, Brevicorasris, Cast. (Hersilia, Dej.); Meracuroma, Tyropnonus, Bromius, Exnocepnarus, Eumorpus, Eurvope, GLyprosceris. — B. Antennes de onxe ou douxe articles : le dousième fortement soudé avec le onxième; genres : SreNoniLOBA, Paces, LamProrHECA, SPuærosris, SuiNrHEeroPHvrA, Corapuus, Meg. (Colaspidema, Cast.); Dia, Dej. (Colaspidea, Cast.); Conxnones, Hope (Platycorynus, Chevr.); Canysocuus, LeproPTERuS, Pacuynopuonus et Rumixa. — 2° Espèces à cuisses ou tibias munis d'une épine ou d'un éperon. A. Antennes de douxe articles; genres : Hererasis et Amasra. —B. Antennes de onxe articles; genres : Eusracuys, Dej. (Pseudocoluspis, Gast.); Ononnnora et Myocnocs.

ô groupe, CunysomÉLiTEs, à tte plus dégagée du corselet; palpes de quatre articles : le dernier

court, glandiforme; yeux petits, latéraux, étroits; lèvre inférieure assez longue, carrée; antennes ayant leurs derniers articles presque aussi courts que les autres; corselet moins large que les élytres, transversal où quadrilatère; élytres globuleuses, ovalaires, convexes, enveloppant entièrement le

corps; abdomen de cinq segments; pattes moyennes ou assez fortes; cuisses un peu renflées; turses

de cinq articles plus ou moins distincts; corps orbiculaire.

Le genre Chrysomela de Linné, quelques genres qui en ont été démembrés par Fabricius, llliger et Latreille, et surtout les divisions génériques nombreuses formées dans ces derniers temps, principalement par M. Chevrolat, constituent l'immense groupe des Chrysomélites, contenant près d'un millier d'espèces. Ces Insectes, en général de forme arrondie, de taille moyenne, rarement petite où grande, sont pour la plupart ornés de riches couleurs d’or, de cuivre rouge, de bronze, de vert métallique, de bleu plus ou moins foncé, d'azur, de violet, de vert, de rouge, d'argent nacré, etc., et ce n’est guère qu'exceptionnellement que certaines espèces sont noirâtres. Ils sont phyllophages, vivent en agrégations, et demeurent en repos pendant le jour, fixés aux feuilles, aux tiges, au pied des arbres qu'ils choisissent de préférence, ou cachés sous les écorces, sous les petites pierres des terrains arides, etc., et ce n’est que la nuit que la plupart se mettent en mouvement. Du reste, ils volent mal. Quand on les saisit, ils rendent par la bouche une liqueur roussâtre, abondante; ils roidissent leurs pattes, se tenant immobiles et comme morts. A l’état parfait, comme à celui de larve, ils dévorent les feuilles des plantes basses et des arbres, mais l’on a de beaucoup exagéré le mal qu'ils font à l’agriculture. Les larves, assez semblables à celles des Eumolpites et des Galérucites, sont nues, grosses, ovalaires, vivant fixées aux feuilles au moyen d’un mamelon charnu situé à l'extrémité de l'abdomen; elles ont six pattes écailleuses articulées, assez longues; leur tête est arrondie, écailleuse, munie d'antennes très-courtes; de mâchoires assez dures, et de petits palpes. La dernière métamorphose s'opère tantôt sur les feuilles et tantôt dans la terre. Les nymphes sont ovalaires, quelquefois engagées par l'anus dans la peau de la larve réduite en pelote : ces nymphes restent de quelques jours à quelques semaines avant de se changer em Insecte parfait. Un assez grand nombre de larves sont actuellement connues, et.elles se rapportent aux genres : Timarcha, Chrysomela, Lina, Gastrophysa, Phratora, Helodes, Gonioptera et Spartophila.

Les Chrysomélites sont disséminés sur tous les points du globe; plus des deux tiers cependant appartiennent à l’Europe et à l'Amérique, et l’autre tiers se rapporte à l'Asie, à l'Afrique et à l'Australasie; elles se rencontrent à toutes les élévations, et quelques espèces n’habitent que les plus bautes montagnes; tel, en Europe, le genre Oreina. — On peut les subdiviser en :

1° Espèces chez lesquelles les turses ont des crochets.

A. Élytres soudées, globuleuses; genres : TIMARCHA, Meg., Latr., à antennes moniliformes; palpes à dernier article long; tarses très-longs; corps très-convexe, privé d'ailes sous les élytres : un assez grand nombre d'espèces d'Europe, du nord de l'Afrique, ete. : types, T. tenebricosa, Linné, et coriaciu, Fabr., communs dans nos environs. La larve de la première espèce a été étudiée par Schæffer et M. Westwood, et est remarquable par son corps très-court, fortement convexe en dessus. — Iscana, Dej., du Cap. — Cvrronus, Latr. Type, rotundatus, Dej., du midi de la France.

B. Elytres non soudées, sans ailes en dessous ; genres : Exvsrropaæra, du Brésil. — Euparocua, Dej., de Colombie.

C. Des ailes sous les élytres; genres : DORYPHORA, llliger, à antennes ayant des articles un peu coniques, épaissies vers le bout; palpes à avant-dernier article plus grand que le dernier; mésosternum prolongé en une longue pointe; tarses à deuxième article petit; corps très-convexe, orbiculaire : ces Insectes, qui acquièrent parfois une grande taille et sont ornés de couleurs vives et variées, sont très-nombreux spécifiquement, et surtout propres à l'Amérique méridionale : type, punctata, Fabr. — SrriGosa, Dej., du Brésil intérieur. — Larinomera, Leprinorarsa, Myoconna et Pocyeramma, du Mexique.— Deurerocapra et ProseiceLa, Dej., de Cayenne. — Zxcocramma, de Colombie. — CarciGra- A, du Brésil. — CHRYSOMÈLE, Chrysomela, Linné, à antennes très-peu épaissies vers l'extrémité, composées d'articles légèrement coniques; palpes terminés par un article large; corps trèsconvexe, arrondi : ce genre renferme encore près de deux cents espèces, propres à tout le globe, mais surtout très-abondantes en Europe; M. Suffrian a publié en Allemagne une monographie des espèces européennes, et M. Léon Fairmaire a donné une traduction abrégée de ce travail; les larves

de !a fulgida ont été décrites par M. Leitzner, celles de l'hwmoptera, par de Géer, et celles des violacea et Americana, par MM. Chapuis et Candèze; comme types spécifiques, nous citerons seulement les C. graminis, jolie petite espèce d’un vert métallique brillant, qui se trouve dans les clairières de nos bois sur les menthes, et Americana, Fabr., qui, malgré son nom, se rencontre dans le midi de la France. — Leucocera, de Saint-Domingue. — Arecana, du Cap. — Snones et Pixis, Dej., tous deux du Brésil. — PLaciopera, ayant pour type une espèce (cochleariæ, Fabr.) assez péu rare en Europe.— Periscapra, du Cap. — Micrornera, Dej., du Brésil. — LINA, Meg., Dej. (Malacosoma, Dillw.), à antennes ayant leurs cinq derniers articles élargis; élytres peu convexes, élargies postérieurement : ce groupe renferme beaucoup d'espèces européennes et américaines; le type est notre C. populi, Linné, long de 0,008 à 0,010, bronzé, avec les élytres rougeâtres, vit en famille sur le peuplier : sa larve, étudiée par Goëdart, Frisch, Albin, Lyonnet, de Géer, Schæffer, MM. Westwood, Klingelhœfer, est assez allongée, d’un gris verdâtre sale, et dévore en grand nombre les feuilles du peuplier : d’autres larves ont été étudiées, telles sont celles de nos L. tremulæ, ænea, Escheri et de la scripta, des États-Unis, dont MM. Candèze et Chapuis disent quelques mots. — Orera (Chrysochloa, Hope), type, la belle C. speciosa, Fabr., des Alpes françaises. —- Promecus, Dej., d'Amboine. — Auracosceuis, du Mexique. — HÉLODES, Fabr., à antennes ayant leurs premiers articles cylindriques : les cinq derniers courts, très-élargis; corps oblong : types, deux espèces de nos environs, les C. phellandrii, Fabr., dont la larve, observée par M. Boié, vit dans la tige creuse du Sérum latifolium, près du collet, et C. aucta, Fabr., dont MM. Chapuis et Candèze ont trouvé la larve sur la Ranunculus flammula. — Euconyena et PLanoceres, du Brésil. — Gasrropnysa, ayant pour types les C. polygoni et le raphani, Fabr.,.qui sont très-communes dans toute l’Europe, et dont la larve du premier, d'après MM. Candèze et Chapuis, vit sur le Polygonum avicularæ. — Paxpon, Latr. (Entomoscelis, Chev.), type C. Adonidis, Fabr., de l’Europe et de l'Asie. — Lropzasis, Dej., une espèce brésilienne. — Cenrnosceuis, du Cap. — Sparrorxica, type, C. litura, Fabr., d'Europe.

Fig. 288. — Galeruca Brasiliensis. Fig. 289. — Timarcha turbida. Fig. 290, — Altica (Longitarsus) dorsalis.

90 Espèces chez lesquelles les crochets des tarses offrent un onglet plus court que le crochet externe. Genres : Payronecra, Kirby (Gonioctema, Chevr.) : types, C. 10-punctata, Oliv., et vincinalis, Fabr., de plusieurs provinces européennes. — CaroweLa, Hope (Australica, Chevr.).

3° Espèces ayant les crochets des tarses doubles. Genres : Puyicocuanis, Dalman, de la Nouvelle- Hollande et de Java. — Pararora (Phytodecta, Kirby), ayant pour type une petite espèce du midi de la France, la C. vitellinæ, Linné, dont Rœsel et Westwood ont décrit la larve. — Apauxa, Latr. (Trochalonota, Chevr.), et Panpora, Dej., du Brésil.

4 Espèces chez lesquelles les crochets des tarses sont doubles; les élytres non ailées en dessous, et les tibias terminés par un ongle crochu. Genre: Ampaiceyrra, Eschs., ne renfermant qu’une espèce de la Californie, qui a le faciès d'un Byrrhus.

Deux derniers genres, à antennes très-grèles, filiformes, dont la manière de vivre diffère notablement de celles des autres, sont les suivants: Ponponria, Dalm. : quelques espèces des Indes orientales et de Java. — PAROPSIS, Oliv. : une longue série de brillantes espèces, toutes de taille moyenne ou assez grande, habitant exclusivement l’Australasie.

4e tribu, Gacerucines, à mächoires ayant le lobe externe très-gréle, palpiforme; antennes assez longues, cylindriques, très-rapprochées à leur point d'insertion; palpes ayant l'avant-dernier article très-grund; cuisses ordinaires ou r'enflées; corps ovoïde, ovalaire ou hémisphérique.

4er sroupe, GaLÉRUQITES, à cuisses postérieures sans renflement, impropres au saut.

Les Galérucites diffèrent des Alticites par un corps plus allongé, plus déprimé, de couleurs variées, tendres; par des antennes d’égale grosseur, filiformes, rarement épaisses; par des pattes plus longues, plus grêles, avec les cuisses postérieures minces, et par des crochets tarsiens plus grands, presque toujours doubles, etc. Quelques-unes sont aptères, et celles qui ont des ailes en font rarement usage. Les Galérucites se rencontrent toujours en grand nombre, tantôt réunies, tantôt isolées sur diverses plantes ou arbres particuliers à chaque espèce, dont elles rongent les feuilles. Les larves de quelques Galeruca (tanaceti, alni, nymphæa, capreæ, viburni et rustica), une de Luperus, etc., ont été indiquées par de Géer, Rœsel, Latreille, MM. Westwood, lornung, Bouché, Ratzeburg, etc. : elles sont de forme allongée, plus linéaire que celle des Chrysomela, à bouche composée comme celle des Crioceris, mais à plaque céphalique ne présentant qu'un seul ocelle de chaque côté et à coloration sombre. La larve de la G. rustica, que l’on rencontre en grande abondance sur la centaurée des prés, présente des prolongements cylindriques assez relevés et hérissés de longs poils. Ces larves sont presque toujours cachées, agglomérées sous les écorces ou aux racines des plantes, et parfois répandues sur les feuilles. Selon M. Chevrolat, la larve de la G. nymphæa vit sous l’eau, sur le Potamogeton.

Les Galérucites, dont on connait huit à neuf cents espèces répandues dans toutes les régions du monde, mais surtout abondantes en Amérique et en Europe, ont une taille variant entre 0,005 à 0%,045 de longueur, sur 0%,0045 à 0,009 de largeur. Anciennement compris dans les genres Galeruca et Luperus, ces Insectes ont été partagés en beaucoup de genres par M. Chevrolat.

Genres ADORIUM, Fabr. (Oides, Weber), à corps ovoide : des Indes orientales; type, À. bipunctatum, Fabr. — CorynopaLra, d'Amérique. — Rnomsopazra et Ocurarea, des Indes orientales. — CazLiperra et Porvccana, du Sénégal. — Puvsopazra, Dej., de Java. — Arcosonyx (Hysomorpha, Dej.).— Hannocera, Dej.; CœLomera, Arracnya et ScHemaryza, de l'Amérique du Sud.— ADIMONIA, Laich., à antennes ayant les articles globuleux; corselet court, très-large; élytres élargies postérieurement : quelques espèces communes en France; telle est l'A. rustica, Fabr. — GALERUQUE, Galeruca, Geoffr., à antennes presque filiformes; corselet large; élytres oblongues : un grand nombre d'espèces surtout européennes et américaines : type, G. calmariensis, Linné, longue de 0",005 à 0%,007, noirâtre, avec les élytres jaunâtres; se trouve en si grande quantité sur les ormes, pendant certaines années, que le feuillage de ces arbres ne tarde pas à être détruit. — GarropisrriA, AuLAco- PHorA et Dracanrua, d'Amérique. — Oornera, de la Guinée. — Rapninoparpa, des Indes orientales, ete. — Gromena, de Java. — Ceropnvza, Ceroroma, Ecrnroruvra, MazacosomA (Malacoptera, Hope), à élytres oblonques, molles : d'Europe (telle que la M. Lusitanica, Fabr.), d'Asie et d'Afrique. — Exora, Diasnorica, principalement américains. — AceLasrica, à élytres ovales : quelques espèces surtout européennes, dont la plus commune est notre A. alni, Fabr. — Orrcocera, du Sénégal. — Aporuyrra, Eucrana, Myocera, de l'Amérique méridionale. — LUPERUS, Geoffroy, à antennes gréles, filiformes, à peu près de la longueur du corps; corselet carré; élytres peu larges, oblongues : une quarantaine d'espèces principalement d'Europe et d'Amérique, à faciès de Criocères, type, L. rufipes. — Payicosorrica, groupe démembré du précédent. —Monorerra, beaucoup d’espèces africaines, asiatiques et australasiennes, remarquables par leurs cuisses postérieures un peu renflées à la base; type, Chrysomela bioculata, Fabr., du Cap.

2° groupe, Azricires, à cuisses postérieures peu renflées, propres au saut.

Les Alticites, que M. Chevrolat nomme Anisopodes, se distinguent des Galérucites ou 1sopodes, par leur corps court, ovalaire, globuleux, hémisphérique, glabre, orné de couleurs variées; par les crochets des tarses petits, souvent doubles, égaux; par des pattes trapues : les postérieures un peu plus longues que les autres, avec les cuisses excessivement renflées : cette dernière paire de pattes est disposée pour faire exécuter à l’nsecte un saut en parabole, et qui peut l’élever à plusieurs centaines Ale fois la hauteur de l'individu. Ce saut s'opère à l’aide d’un mouvement rapide de rappro-

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COLÉOPTÈRES. 551 chement et d'extension des cuisses, et de l'impulsion donnée à l’onglet qui termine les tibias postérieurs. Il est peu de plantes qui ne soient attaquées par une ou plusieurs espèces d’Alticites, dont la présence est ordinairement décelée par denombreuses déchiquetures faites au revers des feuilles, et leurs dégâts sont souvent tels, par suite de leur abondante reproduction, que les plantes n’offrent quelquefois plus aucun signe de végétation, et que la destruction de ces Insectes eux-mêmes s’ensuit naturellement. Les œufs, déposés sur les plantes, d’un blanc sale, éclosent l’année suivante, ou même à l'automne, peu de temps après le développement des graines des végétaux ou du renouvellement de la végétation. Les larves vivent tantôt à découvert sur les feuilles des plantes, ou le plus habituellement dans le parenchyme de ces mêmes feuilles: elles sont loin d'être suffisamment connues, en ce qui concerne les espèces, malgré les travaux de Frisch, Réaumur, Olivier, Latreille, MM. Brullé, Ratzeburg, Guérin-Méneville, Lequeux, Westwood, Silliman, Bouché, Chapuis et Candèze, etc., qui ont étudié spécialement les larves des À. nemorum, erucæ, hemispherica, oleracera, etc. Ces larves sont de forme allongée, linéaire ou presque cylindrique, couvertes de soies ou de poils plus ou moins serrés, le plus ordinairement de couleur jaune sale, et marquées de points et de plaques de nuances plus sombres. Elles ont une tête de grosseur médiocre, arrondie; pas d’ocelles; des antennes petites, triarticulées; une plaque sus-céphalique offrant un chaperon distinet; les mâchoires libres; le corselet offre une plaque écailleuse en dessus; les pattes sont de médiocre longueur, ete. Pour se métamorphoser, ce qui arrive en été, les larves qui, comme l'oleracera, vivent à l’air libre, se fixent par l'extrémité anale; celles qui, de même que la nemorum, se trouvent dans l'épaisseur des feuilles, s’y creusent une loge, où elles subissent leurs transformations.

Les Alticites connues aujourd'hui sont au nombre de plus de mille; toutes sont petites, principalement celles de nos pays, et leur longueur varie entre 0,004 et 0,043, sur une largeur de 0®,00075 à 0%,001; presque toutes sont ailées, mais, pour se préserver de leurs ennemis, elles font plutôt usage de leur appareil saltatoire que de leurs ailes. L'Europe et l’Amérique renferment la plus grande quantité des espèces. Toutes comprises jadis dans le genre Altica, Latreille, M. Chevrolat surtout, et quelques autres naturalistes y ont formé plusieurs subdivisions.

Genres : Ocrocoxares, Drapiez. — Spnæronycuus, Dej. — Moxopzarus, Ranormerus, Paysimerus, Omororus, Œnrpopes, Illiger; Dasywarcus, Pacuyoxvenus, tous de l'Amérique, surtout méridionale. — Lirnovoma, type, G. marginella, Fabr., d'Espagne. — Puaysonyenis, Dej., du Sennaar. — (EDIONY- RHIS, Latr. : plus de cent espèces, grandes, en général américaines. — Prena, de l'Amérique équatoriale, de même que les Omornorra, Aspnæra, Aspiceca, Lirosonyena. — Prorricoxa, de Madagascar. — Puycasra et Hemrpyxis, Dej., des Indes orientales, etc. — Spnxroweropa, de Java. — Leropouis, AxroruEara, Asrozisma, Cœporis de l'Amérique. — Pairocaus, Dej., de la Nouvelle-Guinée. — GrarTopErA, une cinquantaine d'espèces de tous les pays; trois d'Europe, dont le type est l’oleracea, Linné, très-petite, très-commune en Europe, très-nuisible aux plantes potagères de la fa-

mille des Grucifères, ete. — Cramornora, Dipnauraca, Oxycoxa, Romarocera, Moxomacra, SrrapuLa, Lacparica, Gacosceuis, Disonycnra, Sysrema, de l'Amérique du Sud. — ALTISE, Altica, Linné, à

antennes gréles, longues, avec les articles un peu coniques; cuisses postérieures oblonques, avec les tarses courts, à dernier article simple : le genre Altica, que l’on écrit parfois Haltica, comprenait la plupart des groupes d'Alticites, et son nom a même disparu de la nomenclature; la division restreinte a recu la dénomination de Crepinonera, Chevr.; ce genre comprend beaucoup d'espèces pour la plupart propres à l'Europe et à l'Amérique; le type est notre petite Altica brassicæ, Fabr., abondante sur les choux, qu’elle détruit parfois complétement: Illiger avait subdivisé autrefois les Altises en Alticæ physapodes, ædipodes, cæsæ, sulcicolles, saltatrices, striatæ, longitarses, cryptocephalæ, ete.; M. Allard s'occupe en ce moment de la monographie des espèces européennes et algériennes de ce genre et de celle des groupes voisins. — Payirorrera, groupe américain et européen (type, notre À. nemorum, Fabr.).— Xyrnroxa — Loxerransus (Teinodactyla, Chevr.; Thyamis, Kirby), un grand nombre d'espèces de nos pays (sisymbrii, Fabr.), d'Amérique, etc. — Axcausa, d'Europe. — Dinouia, d'Amérique. — Psyzriones, Latr. (Monomacra, Meg.), surtout riche en espèces d'Europe (type, chyrocephala, Linné). — Precrrosceus, d'Europe, comme l'A. dentipes, Oliv., des États-Unis d'Amérique. — Baranomorpna, d'Amérique. — Srnæroromis, Dej., une espèce d’Australasie. — Apreropepa, Popacrica, de toutes les parties du monde, et ayant pour types nos Crioceris fuscipes et fulvipes, Fabr. — Arcopus, Cozrones, Norozox4, de Cayenne et du Brésil, etc.

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