DACRIDIUM. Solander
Fleurs dioïques. Les mâles, en chatons ovoides, courts. Fleurs femelles solitaires et sessiles, placées dans une foliole ramulaire terminale. Graine entourée d’une cupule charnue.
Lig. 40, — Dacrydium cupressunum. :
Les Dacridium sont de grands arbres d’où découle uñe résine sous la forme de globules. Leurs rameaux dressés ou pendants présentent de petites feuilles aciculées semblables à celles de certains Lycopodes. — Le D. cupressinum, Soland. (Halina cupressina, Spreng.), arbre “élevé, à branches pendantes, est caractérisé par un aspect roussâtre. Il croît à la Nouvelle-Zélande, où il forme d’épaisses forêts sur les côtes sud-est. Dans ses voyages, Cook se servit de ses jeunes pousses amères et résineuses pour en faire une espèce de bière qui combattit avantageusement les progrès du scorbut parmi ses équipages. — Le D. Colensoi, Hook., habite le nord de la Nouvelle-Zélande, où il est
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même très-rare. Les indigènes le vénèrent et lui attribuent des qualités indestructibles. Lorsqu'ils en rencontrent un pied, ils le réservent avec soin pour y creuser le sépulcre d'un de leurs chefs. — Le D. elatum, Will., moins remarquable que les précédents, est originaire de l'Inde.
4%. TAXUS. Tournefort. (Ir.)
Fleurs dioïques formées d'écailles imbriquées. Les mâles : huit à dix étamines à filets réunis en colonne. Anthères disposées en cercle, s'ouvrant en dessous. Fleurs femelles : écailles persistantes, petites, formant un réceptacle orbiculaire. Ovule ovoïde. Graine dressée, entourée d’une cupule charnue.
Le T'axus baccata, L. (If), est un arbre de quarante-cinq à soixante pieds de haut, dont le tronc est recouvert d'une écorce brune se détachant par plaques. Ses rameaux nombreux portent des feuilles planes, linéaires, aiguës, d’un vert sombre uniforme. Ses fleurs petites et subsessiles produisent des graines entourées d’une cupule charnue, rouge, de la grosseur d’une petite cerise. L'If qui habite les montagnes de la Suisse, de la Savoie, la Provence, ete., croit lentement ct peut vivre une longue suite de siècles. L'Angleterre, dit-on, en possède qui sont contemporains de Jules César et parmi lesquels on cite celui de Fortingal en Écosse, qui n’a pas moins de cinquante-deux pieds de circonférence. Son bois, rougeâtre, dur, pesant, compacte, facile à travailler, peut recevoir un beau poli et prend très-bien le noir. On utilise cette dernière qualité, qui lui permet d’imiter ébène, pour la fabrication d'objets de fantaisie, tels que des vases, des tabatières, des étuis, etc. En général, l'IF convient pour tous les ouvrages qui exigent de la force et de la duréè. L'aspect triste et mélancolique de cet arbre, la teinte perpétuelle et monotone de son feuillage, lui valurent chez les anciens, qui en peuplaient les rivages du Styx et de l'Achéron, le droit d’être associé au Cyprès dans les cérémonies funèbres. Les feuilles de l'If sont réputées vénéneuses et malfaisantes pour les animaux. Ray rapporte que des jardiniers, occupés à tondre un If très-touffu dans le jardin de Pise, ne pouvaient continuer cette besogne plus d’une demi-heure sans éprouver de violents maux de tête. D’après le jésuite Schott, si l’on en plonge des rameaux dans de l’eau dormante, ils assoupissent le poisson qui se laisse prendre sans difficulté. Les fruits ne sont dangereux ni pour l’homme, ni pour les animaux. Les amandes sont employées pour la nourriture et l’engrais de la volaille. Par expression, elles pourraient donner une assez bonne huile. L'If se prête avec une docilité excessive à toutes les formes que le ciseau veut lui faire prendre, et, à une autre époque, les pares et les jardins étaient remplis de ces arbres, taillés en pyramides, en obélisques, en vases, etc., comme on peut le voir encore aujourd’hui dans le pare de Versailles.