REA
BOTANIQUE, pe
prépare la liqueur de table connue sous fe nom de curaçao. Ses fleurs servent à préparer l'eau distillée, mais elles ont un usage plus poétique : considérées comme l'emblème de la virginité, elles couronnent le front des nouvelles mariées. Enfin, toutes les parties de cet arbre sont fréquemment employées en médecine : les fruits comme toniques, stimulants ou rafraîchissants; les feuilles et les fleurs comme calmantes et antispasmodiques. L'Oranger est une ressource précieuse pour la thérapeutique, et on a dit avec raison que, s’il manquait à la médecine, il serait difficile à remplacer.
Le Limonier (Citrus medica, L.), vulgairement Citronnier, est originaire des contrées de l'Inde situées au delà du Gange; il a été transporté par les Arabes dans l'Asie Mineure, l'Europe méridionale et le nord de l'Afrique. Get arbre est plus élancé que l'Oranger, et ses fruits, d’un jaune clair, à peau plus ou moins fine, sont ovoïdes et terminés supérieurement par un mamelon conique; ils renferment une pulpe pleine d’un suc acide et agréable. Ce fruit, connu sous le nom de citron, est à peu près la seule partie dont on fasse usage. Sa saveur, due à l'acide citrique, le rend rafraîchissant par excellence. Le suc, mêlé avec de l’eau et du sucre, forme la limonade, boisson tempérante et trèsagréable, dont l'usage est fort répandu, surtout pendant les chaleurs de l'été; elle convient, comme l'orangeade, dans les irritations gastriques peu intenses. La limonade cuite est faite en versant de l'eau bouillante sur un limon coupé par tranches. On prépare aussi avec le sue de limons un sirop qui a les mêmes usages, et du péricarpe on extrait une huile essentielle qui a des propriétés légèrement excitantes.
C’est de la Médie et de la Syrie que le Citronnier a été d’abord apporté en Grèce et en Italie; c'est pourquoi ses fruits sont appelés en latin Mala medica, Mala syriaca. Les anciens se servaient de ce fruit pour se préserver des enchantements; ils lemployaient même dans plusieurs cérémonies religieuses. Un auteur raconte qu'aux Indes les femmes qui se brûlent après la mort de leurs maris tiennent des citrons en allant au bûcher; cette coutume est très-ancienne, Athénée en parle. Dans le Holstein, dit le même auteur, les hommes mariés portent un citron à la main dans les funérailles, et les garçons une branche de romarin. Les Romains n’ont mangé du citron que du temps d’Apicius, qui le mit à la mode; cependant la plupart des anciens, au dire de Bomare, détestaient son odeur. Les écoliers de l'Université offraient jadis, au mois de juin, des citrons à leurs professeurs. Les femmes de la cour avaient l'habitude d'en porter sur elles, et les mordaïent de temps en temps pour se par- . fumer l’haleine et se rendre les lèvres vermeilles.