VIOLA. Tournefort. (Viocerte
Plantes herbacées. Galice à cinq sépales, prolongés à leur base au-dessous de leur point d'attache. Corolle étalée, à cinq pétales inégaux, l’'inférieur creusé en éperon à sa base. Etamines à anthères 1 o presque sessiles, conniventes, en forme de cône au centre de la fleur. Style recourbé.
Fig. 102. — Pensée sauvage
La Violette odorante (V. odorata, L.) est une plante vivace, commune dans les bois ombragés et cultivée dans les jardins, où elle fleurit de très-bonne heure. On sait que son parfum agréable fait découvrir cette plante sous l'herbe, où elle semble se cacher, ce qui l’a fait considérer de temps im-
mémorial comme l'emblème de la modestie. Ses fleurs sont très-employées en médecine; on les donne le plus souvent en infusion comme adoucissantes et calmantes. On en retire une eau distillée qui est antispasmodique; on en prépare aussi un sirop très-agréable, d’une belle couleur violette, qui Sert à édulcorer certaines tisanes, et que les chimistes emploient comme réactif pour reconnaître la présence desalcalis, qui le verdissent. La Violette tricolore (W. tricolor, L.) est très-répandue dans nos jardins, où on la désigne sous le nom de Pensée; elle a donné par la culture un très-grand nombre de variétés. La variété sauvage, dont quelques auteurs ont fait une espèce (W. arvensis, D. C.), est une plante annuelle commune dans les champs cultivés; elle possède à peu près les mêmes propriétés que l’espèce précédente. On cultive dans les jardins la Pensée vivace (V. grandiflora, L.).
La Violette ipécacuanha (VW. ipecacuanha, L.), type du nouveau genre Zonidium, croît dans les terrains sablonneux des bords de la mer, au Brésil, à la Guyane et dans les Antilles. On a cru pendant fort longtemps que l’Ipécacuanha du Brésil, apporté en Europe par la voie du commerce, était uniquement fourni par ce végétal. Le fait est que sa racine, connue sous le nom d’/pécacuanha blanc, est souvent employée pour sophistiquer le véritable Ipécacuanha, dont elle partage jusqu'à un certain point les propriétés, mais qui est fourni par un végétal de la famille des Rubiacées.
114" FAMILLE. — BIXACÉES.
Arbrisseaux à feuilles alternes, simples, entières, souvent coriaces, persistantes et dépourvues de stipules. Fleurs pédonculées, axillaires, hermaphrodites ou dioïques. Calice de trois à sept sépales distincts ou légèrement soudés à la base. Corolle de cinq ou sept pétales alternant avec les sépales, quelquefois nulle. Étamines en nombre défini ou indéfini, à filets libres, insérés, ainsi que la corolle, autour d’un disque hypogyne et annulaire, qui manque rarement. Ovaire sessile ou stipité, globuleux, généralement uniloculaire, et renfermant un assez grand nombre d’ovules attachés à des placentas pariétaux dont le nombre est le même que celui des stigmates ou des lobes du stigmate. Fruit généralement uniloculaire, indéhiscent ou déhiscent, à valves portant chacune un placenta sur le milieu de leur face interne. Graine à tégument propre ordinairement charnu. Embryon droit, entouré d’un endosperme charnu.
Cette famille se compose d'arbres ou d’arbrisseaux croissant dans les régions tropicales des deux continents. On peut y réunir les Flacourtianées, qui en diffèrent par des caractères peu importants. On trouve dans les Bixacées quelques plantes alimentaires ou médicinales, et d’autres qui fournissent des matières colorantes.