‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 406 sur 633 · CUCUMIS. Linné. (Concousre · texte numérisé non relu

CUCUMIS. Linné. (Concousre

Fleurs monoïques. Calice tubulo-campanulé, à cinq divisions subulées. Corolle plissée, à six divisions. leurs mâles : cinq étamines triadelphes. Fleurs femelles : ovaire surmonté d’un style court, à trois stigmates épais et bilobés. Péponide à trois ou six loges. Graines ovales, aplaties, à bords amincis. « | Les Concombres sont des plantes annuelles, à feuilles alternes, pétiolées, entières, ou lobés, et

tas à

dont les fleurs jaunes sont portées sur des pédoncules axillaires, solitaires et uniflores. Parmi les espèces intéressantes, nous remarquerons le C. melo, L. (Melon), originaire de l'Asie tropicale, connu en Europe depuis un temps immémorial. Il fut d'abord cultivé en Espagne, puis en Italie, et de là passa en France à l’époque: où Charles VIT entreprit la conquête du royaume de Naples. Ses fruits, réservés exclusivement à des usages alimentaires et distingués par leur chair fondante et sucrée, leur saveur, leur odeur et leur parfum, étaient connus des Romains, et Pline nous apprend que Tibère les estimait fort. La culture de cette plante, sous des latitudes et dans des circonstances différentes, a donné naissance à trois races principales : 1° les Melons brodés; 2° les Melons de Malte, et 3° les Melons cantaloups. Ces derniers, ainsi nommés de Cantalupo, maison de plaisance des papes à cinq lieues de Rome, où ils furent sans doute remarqués pour la première fois, sont seuls à Paris l’objet d’une culture étendue et d’un commerce

“assez important. Ils se reconnaissent à leurs côtes saillantes, à leur écorce épaisse et verruqueuse, et

à leur chair fine exhalant un parfum suave et délicat. Le Melon renferme beaucoup d’eau et de mucilage, et possède des propriétés adoucissantes et rafraichissantes; mais il est un peu froid, et ne doit pas être pris en trop grade quantité par les estomacs faibles ou lents à digérer, les convalescents et les vieillards. Un moyen d’obvier aux perturbations qu'il peut produire dans les voies digestives consiste à ne le manger qu’associé à certains condiments, tels que le sel, lé poivre, l'huile, le vinaigre, la cannelle, ete. Les graines du Melon contiennent une huile douce qui les fait souvent employer en émulsions, notamment dans l’irritation des organes urinaires et les fièvres ardentes. Le Concombre (C. salivus, L.) cultivé communément dans nos jardins est peu nutritif, et ne se mange guère que cuit. Ses jeunes fruits, cueillis verts et confits dans le vinaigre, constituent les cornichons, condiment agréable fort en usage dans nos cuisines. On prépare avec la pulpe une pommade utile dans certaines affections cutanées, et qui, en outre, a la propriété d’adoucir la peau. Cette même pulpe s'applique aussi en cataplasme sur les brûlures superficielles, et comme topique sur la tête dans la frénésie, les fièvres ataxiques et la méningite. Cette espèce est, dit-on, originaire des Indes; d’autres, au contraire, prétendent qu’elle nous vient du Levant. On distingue encore dans ce genre le C. fleæuosus (Concombre serpent), caractérisé par la forme allongée et flexueuse de ses fruits. On le cultive comme plante

d'agrément ; le CG. anguria (C. arada), dont les fruits, gros comme une noix et hérissés, peuvent être

confits, ainsi que ceux du précédent; le C. prophetarum (Goncombre prophète), à fruits globuleux, petits, tachetés, hérissés ; le C. dudaim (Concombre dudaim), à chair odorante et très-insipide, etc.

A1. CUCURBITA. Linné. (Courcs.)

Fleurs monoïques. Corolle campanulée, à pétales soudés entre eux et avec le calice. Fleurs mâles : Calice hémisphérique, campanulé. Cinq étamines triadelphes. Filets libres à la base, rapprochés et réunis au sommet. Anthères courbées à la base et au sommet, droites et planes dans leur partie moyenne. Feurs femelles : calice obové, découpé, rétréci ou campanulé vers la pointe et après l’anthèse. Filets stériles, courts. Ovaire surmonté d’un style terminé par trois stigmates épais et bilobés. Péponide de trois à cinq loges molles, membraneuses. Graines nombreuses, elliptiques, comprimées, entières où un peu échancrées et bordées.

Ce genre, qui renferme une vingtaine d'espèces, est composé de plantes herbacées, annuelles, Dtoleuses. rampantes où grimpantes, munies de vrilles se transformant quelquefois en feuilles. Ces dernières, variables par la forme, portent, ainsi que toutes les autres parties de ces végétaux; des poils courts et roides. Les feuilles axillaires, et presque toujours solitaires, plus ou moins évasées, sont jaunes ou blanches. Leurs fruits, affectant souvent des figures bizarres, sont très-volumineux et atteignent parfois un poids de cinquante kilos. Plusieurs d’entre eux, employés comme aliments, sont l'objet de cultures importantes. Les Cucurbita, cultivées depuis des siècles en Europe, ont produit un grand nombre de variétés, et sont toutes originaires des régions chaudes du globe sans qu'on puisse cependant aujourd’hui indiquer d'une manière positive leur patrie réelle. Le Cucurbita pepo, L. (Potiron), présente un fruit énorme, globuleux, jaune, aplati et un peu enfoncé aux extrémités, marqué de côtes, et creux à sa maturité. Sa pulpe, ferme et d'un grain assez fin, sert à préparer des potages d'un goût trèssagréable. On en fait aussi des tourtes, des tartes et des crèmes qui sont assez

estimées. Le Cucurbita oblonga (Potiron commun ou citrouille) n'est qu'une variété du précédent, dont il diffère par la forme oblongue de son fruit. On rapporte également aux Potirons et à la Citrouille les nombreuses variétés de Giraumonts, caractérisés par les différentes formes de leurs fruits, et parmi lesquelles nous citerons le Giraumont noir, à peau et à puipe très-ferme, le Giraumont rond et le Giraumont moyen, à bandes et à mouchetures nuancées de Jaune et de vert, connu vulgairement sous le nom de Concombre de Malte ou de Barbarie. Le Cucurbita melo pepo, L. (Pastisson, Bonnet de prêtre, ete.), regardé par les uns comme une espèce, tandis que d’autres le considèrent comme une monstruosité ou une variété se perpétuant de graines, a une pulpe fine, très-bonne étant frite. Le C. verrucosa, Duch. (G. de Barbarie), se mange frit comme le précédent, surtout avant sa maturité. Le C. pyridaris, Duch. (Gourgoudette fausse poire), est une plante grimpante, grêle, cultivée pour la décoration des orangeries et des cheminées. Le C. colocyntha, Duch. (Orangin, Coloquinelle), a l'apparence de l'orange et est souvent mêlé avec ce dernier fruit dans les desserts. Cette plaisanterie réussit presque toujours.

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