‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 42 sur 633 · MORUS. Tournefort. (Munier · texte numérisé non relu

MORUS. Tournefort. (Munier

Fleurs monoïques. Les màles en chatons cylindriques, pendants. Calice à quatre divisions profondes et concaves. Quatre étamines à filets subulés, élastiques. Fleurs femelles en chatons arrondis. Ovaire surmonté de deux styles terminés par des stigmates simples. Périanthes devenant pulpeux et constituant autant de baies monospermes placées sur un réceptacle commun.

Originaires du Levant et de la Chine, les Mûriers sont surtout cultivés pour leurs feuilles, qui servent à nourrir les vers à soie. Leurs fruits sont édules, adoucissants, laxatifs et rafraichissants. Ces arbres renferment en outre dans leurs sucs de la mannite et de l’acide succinique. — Le M. nigra, L., ne s'élève pas très-haut. Son tronc épais, recouvert d’une écorce rude, se divise en branches longues et entrelacées, portant des feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, aiguës et dentées. Le fruit est ovale, presque noir et très-agréable au goût. Le suc des mûres laisse sur le linge des taches assez difficiles à enlever. On lemploie pour colorer les vins, les liqueurs et certaines confitures. On en fait aussi un sirop très-utile pour les inflammations de la gorge et les ulcérations de la bouche. — Le M. blanc, préféré pour l'éducation des vers à soie, fut apporté en Grèce sous l'empereur Justinien. Il passa ensuite en Italie, d’où il fut introduit en France vers la fin du quinzième siècle. Henri IL et Henri IV, sentant tout le prix qu'on pouvait retirer pour l’industrie manufacturière de cet arbre précieux, s’efforcèrent de le multiplier. Après eux, Golbert continua leur œuvre, et, grâce à ses soins, il se répandit dans la Provence, le Languedoc, le Vivarais, le Lyonnais, etc. Sous Louis XV, on en établit des pépinières dans l’'Angoumois, le Berri, le Poitou, la Bourgogne, et les produits qu'elles donnèrent furent distribués gratuitement aux particuliers. Grâce à cette protection constante et éclairée, la culture du Mûrier blanc atteignit un développement capable d'alimenter la production de nos belles et importantes fabriques de soieries. L’écorce de cet arbre pourrait remplacer Le Chanvre, et l’on rapporte que la découverte de cette propriété est due au hasard. Olivier de Serres ayant fait préparer des écorces de Mûrier pour en fabriquer des cordes, un coup de vent les enleva du lieu où elles étaient placées et les jeta dans une mare à quelque distance de là. Retirées seulement au bout de quelques jours, elles furent lavées et séchées, et présentèrent alors des fils aussi délicats que ceux du

Lin, et dont l’auteur cité fit confectionner une toile assez bonne. \

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