‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 523 sur 633 · PRUNUS. Linné · texte numérisé non relu

PRUNUS. Linné

Arbres ou arbrisseaux quelquefois épineux. Fleurs blanches, solitaires, géminées ou disposées en fascicules, en corymbes ou en grappes. Drupe globuleuse ou oblongue, succulente, ordinairement colorée, glabre on couverte d’une efflorescence glauque, plus rarement pubescente, veloutée. Noyau globuleux, oblong ou comprimé, lisse ou à peine rugueux, jamais sillonné.

Ce genre est encore de ceux où l’on distingue plusieurs sections principales, regardées par quelques auteurs comme des genres particuliers. Il y en a trois, savoir :

1° Les Cerisiers (Cerasus). Fleurs en fascicules, en corymbes ou en grappes. Pédicelles frucufères longs. Drupe glabre, jamais couverte d’une efflorescence glauque.

2° Les Pruniers (Prunus). Fleurs solitaires ou géminées. Pédicelles fructifères courts. Drupe glabre, couverte d'une efflorescence glauque.

5° Les Abricotiers {Armeniaca). Fleurs solitaires où géminées. Pédicelles fructifères épais, trèscourts. Drupe pubescente, veloutée.

Le Cerisier commun (P. cerasus, L., Cerasus vulgaris, Mill.), originaire du royaume de Pont, fut apporté à Rome par Lucullus, soixante-treize ans avant Jésus-Christ. C’est un arbre assez élevé, dont. la culture à tiré un certain nombre de variétés, dont plusieurs peuvent difficilement être rattachées à un type certain et doivent probablement être regardées comme des hybrides. La cerise est un fruit excellent, dont on fait des compotes, des confitures et des liqueurs, entre autres le célèbre marasquin de Zara. Le bois du Cerisier et celui des espèces suivantes sont très-employés dans l’ébénisterie.

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Le Merisier (P. avium, L., C. avium, Mœnch.) est très-commun dans nos bois. Ses fruits ont la chair plus ferme et plus sucrée que les cerises. C’est à cette espèce que se rapportent les guines ct les bigarreaux. Le kirsch ou kischenwasser et le ratafia de Grenoble sont faits avec des merises. Le Cerisier à grappes (P. padus, L., C. padus, D. C.) est un arbrisseau très-élégant, dont l'écorce a été proposée comme succédané du‘ quinquina. Le Gerisier de Sainte-Lucie (P. mahaleb, L., C. mahaleb, Juss.) croit dans nos bois, comme le précédent; ses fruits fournissent aux teinturicrs une couleur pourpre. Le Laurier-Gerise ou Laurier-Amande (P. lauro-cerasus, L., C. lauro-cerasus, Juss.) est un grand et bel arbrisseau qui peut devenir dangereux par la forte proportion d'acide prussique qu'il renferme; ses feuilles servent à parfumer différents mets.

Le Prunier cultivé (P. domestica, L.) était connu des anciens, et Pline en énumère un grand nombre de variétés. Les prunes sont susceptibles des mêmes usages que les cerises. De plus, on les sèche pour les transformer en pruneaux. Le bois est employé dans l'ébénisterie. La gomme qui suinte de l'écorce peut remplacer la gomme arabique. Le Prunier sauvage (P, insititia, L.), cultivé, comme le précédent, dès la plus haute antiquité, offre également un grand nombre de variétés. Parmi les plus remarquables, nous citerons les prunes de reine-Claude, Sainte-Catherine, quetsche, damas, mirabelle, ete. Le Prunier épineux ou Prunellier (P. spinosa, L.) ressemble, quand il est en fleurs, à l'Aubépine. Il croît en buisson dans les haies et les bois; ses rameaux sont terminés en pointe à leur sommet. Ses fruits, de la grosseur d'une petite cerise, sont d’une äpreté extraordinaire. Cependant ils s’adoucissent un peu lorsqu'ils ont été frappés par la gelée, et sont alors recherchés des enfants. L'écorce peut servir à la teinture ou au tannage des cuirs; on l’a regardée aussi comme succédané du Quinquina. Mais elle est inférieure, sous ce rapport, à celle du P. coccumiglia, Ten., arbrisseau très-commun en Calabre, où les habitants en ont constaté l'efficacité dans les fièvres intermittentes. Le Prunier de Briançon (P. brigantiaca, Vill.) fournit, par l'expression de l’amande, une huile assez fine, bonne à manger, et susceptible d’être employée aux mêmes usages que l'huile d'amandes douces. Le P. cerasifera, Ehrb., a des pédicelles fructifères égalant environ la longueur du fruit, qui est globuleux, de la grosseur d’une cerise et d'une saveur acerbe.

L’Abricotier commun (P. Armeniaca, L., Armeniaca vulgaris, Lamk.) est, comme son nom l'indique, originaire de l'Arménie; Allioni prétend qu’il est sauvage aux environs de Montferrat, en Piémont. On le cultive dans tous les jardins. Son fruit est fort bon, sans avoir cependant la saveur délicate de la pêche. On les prépare de diverses manières. Les amandes ont une amertume assez prononcée : on les emploie avec leur enveloppe ligneuse pour préparer une liqueur de table fort estimée, l’eau de noyaux. Le bois, jaunâtre et veiné, est employé par les tourneurs.

SEPTIÈME TRIBU. — CHRYSOBALANÉES.

Fleurs plus ou moins irrégulières. Ovaire unique, libre, contenant deux ovules dressés. Style filiforme, naissant presque de la base de l'ovaire. Fruit drupacé.

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