‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 54 sur 633 · CANNABIS. Linné. (CHanvre · texte numérisé non relu

CANNABIS. Linné. (CHanvre

Fleurs dioïques, en grappes. Les mâles : périanthe à cinq divisions réfléchies. Cinq étamines à filaments courts. Anthères oblongues. Fleurs femelles : périanthe monophylle, entier, fendu d'un seul côté. Ovaire surmonté de deux styles à stigmates simples. Capsule crustacée, subglobuleuse, monosperme, bivalve, et recouverte par le périanthe. |

Le Cannabis sativa, L, (Chanvre cultivé), est une plante généralement connue par les qualités textiles des fils de son écorce, qui la rendent l’objet de cultures importantes et étendues. On sait que ces fils, doués d’une ténacité remarquable, servent à la fabrication de toiles, de cordes, etc. Outre ces applications économiques, qui suffiraient à elles seules pour faire sentir toute l'importance de cette espèce, le chènevis, ou graine du Chanvre, à aussi son utilité, moins grande il est vrai, mais cependant incontestable. En France et dans les pays voisins, on s’en sert habituellement pour la

Fig. 2. — Pin à longues feuilles.

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nourriture de la volaille, Dans certaines contrées du nord de l’Europe, telles que la Lithuanie, la Livonie, ete., les paysans font frire ces graines et les emploient comme aliment. On en retire encore une huile très-bonne pour l'éclairage, et dont la pharmacie fait usage dans plusieurs préparations.

Fig. 28 — Chanvie.

— Le Chanvre était connu dans la Grèce et à Rome, et les anciens en confectionnaient des cäbles, des cordages, des filets, etc. Cultivé en France depuis bien longtemps, son application à la fabrica tion des toiles remonte à un âge déjà éloigné de nous. Mais les procédés employés alors étaient bien imparfaits. Ce n’est guère qu’à partir de Henri Il qu on les perfectionna, et l'histoire de ce temps cite le fait de la possession de deux chemises de chanvre par Catherine de Médicis comme une chose curieuse et nouvelle. — Le Chanvre a encore des propriétés narcotiques qui se révèlent par une odeur forte et vireuse agissant puissamment sur nos organes, et capable de causer des éblouissements, des vertiges et une sorte d'ivresse, aux personnes qui s'arrêtent quelque temps au milieu d’une chènevière. Gette puissance narcotique est bien plus sensible dans le C. Indica, espèce qui croit dans le Levant, et dont les feuilles servaient au vieux de la montagne, ou prince des assassins, à préparer le haschich. C'est avec cet aliment enivrant qu'il plongeait de fanatiques disciples dans def extases prodigieuses, où, en récompense du bonheur éphémère qu’il leur procurait, il exigeait le sacrifice de leur existence pour l'accomplissement des crimes que sa haine ou sa cupidité avaient résolus. De nos jours, ! les Orientaux font du C. Indica et de ses diverses parties un abus journalier qui presque toujours produit le délire, lhébétement, la consomption, et aboutit enfin à la mort.

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