ZIZYPHUS. Tournefort. (JusuB1Er
Arbustes ou arbrisseaux à feuilles alternes. Fleurs solitaires axillaires. Galice à cinq divisions étalées. Corolle à cinq pétales squammiformes, insérés sur un disque glanduleux calicinal. Cinq étamines, insérées de même. Ovaire entouré par le disque; deux styles ; deux stigmates. Fruit charnu, ovale, contenant un noyau à deux loges monospermes.
Le Jujubier commun (Z. vulgaris, Lam., Rhamnus zizyphus, L.) est un arbrisseau épineux, de quinze à vingt pieds de haut, originaire d'Orient, et particulièrement de la Syrie, aujourd’hui cultivé et naturalisé dans les contrées méridionales de l'Europe. Ses fruits sont appelés jujubes; quand ils
sont frais, leur chair est ferme, mais sucrée et assez agréable. On les mange en cet état dans le midi de la France et en Orient; ceux que nous employons ici ont été séchés au soleil. Les jujubes, unies aux dattes, aux figues et aux raisins secs, constituent les fruits mucoso-sucrés ou béchiques, dont la décoction forme une tisane adoucissante. Elles entrent dans plusieurs préparations dites pectorales, entre autres dans la pâte de jujubes. Le bois du Jujubier est dur, pesant, roussâtre ; il prend un beau poli : on l’emploie à des ouvrages de tour. D'après Pline, le Jujubier à été apporté à Rome du temps d’Auguste, et s’est répandu de là sur les bords de la Méditerranée. Il était autrefois si commun en Barbarie, surtout aux environs d'Hippone, que la ville moderne de Bone porte encore aujourd'hui chez les Arabes le nom de ville aux jujubes ; il y est aujourd’hui beaucoup plus rare.
C’est à une espèce de ce genre, le Z. Lotus, Desf., que l’on doit rapporter une des espèces de Lo- 1os des anciens, le Lotos en arbre, qui croit dans l’ile des Lotophages, dans la Cyrénaïque (aujourd'hui ile de Djerbi et petite Syrte, dans les États de Tunis). Clusius, Bauhin, Linné et autres avaient adopté cette opinion ; Desfontaines est le premier qui ait déterminé exactement le végétal qui produit, selon Homère, ces fruits doux comme le miel, qui faisaient oublier aux étrangers leur patrie.
144" FAMILLE. — CÉLASTRINÉES.
Arbustes et arbrisseaux à feuilles alternes, quelquefois opposées. Fleurs axillaires disposées en cymes. Calice à quatre ou cinq divisions étalées, légèrement soudées en tube à la base. Corolle à quatre ou cinq pétales plans, légèrement charnus, insérés sous un disque périgyne et pariétal, qui entoure l'ovaire. Quatre ou cul étamines, alternant avec les pétales, insérées sur les bords ou la face supérieure du disque. Ovaire libre, à trois ou quatre loges, contenant chacune un ou plusieurs ovules insérés à l'angle interne. Fruit quelquefois drupacé, sec, plus souvent capsulaire à trois ou quatre loges, s’ouvrant en trois ou quatre valves qui portent chacune une cloison sur le milieu de leur face interne. Graines quelquefois recouvertes d'un arille charnu. Embryon axile, droit, entouré d’un endosperme charnu.
Cette famille, formée aux dépens de la précédente, a des analogies avec elle, ainsi qu'avec les Ilicinées, les Pittosporées et les Hippocraticées. La plupart des Cotes renferment des matières àcres, amères, dont l’action est purgative et émétique; quelques-unes portent des fruits charnus comestibles et des graines dont on retire une huile grasse. Ces plantes habitent particulièrement les régions tropicales de l'hémisphère austral; elles sont aussi rares vers les pôles que vers l'équateur. Le plus grand nombre croît aux environs du cap de Bonne-Espérance. Fr