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enveloppe extérieure ou brou est blanchâtre et a la chair d'une savcur si âcre et d’une astringence tellement prononcée, qu’il est impossible de la manger crue et sans apprêts. Elle s'ouvre en deux valves à la maturité du fruit, du sommet à la base, et laisse voir la graine, qui n’est autre chose que la noix muscade revêtue de son arille. Gelui-ci, à l'état frais, a l'apparence d’une membrane charnue, laciniée, à fibres ramiliées et anastomosées, présentant l'aspect d'un réseau à mailles irrégulières d'un rouge écarlate très-vif. En vieillissant, il prend une teinte orangée, devient fragile et même corné. Sous le macis se trouve une autre enveloppe dure, mince, noire ou brune et recouvrant l'amande connue sous le nom de muscade. Cette dernière a la chair très-dure, blanche, huileuse, très-odorante et parsemée de veines grosses ramifiées.
Fig 32, — Muscadier aromatique.
Le Muscadier, originaire des Moluques et particulièrement des îles de Banda, parait avoir été ignoré des anciens. Chez les modernes, les Arabes l'ont connu les premiers, et depuis l'emploi de la muscade a passé d'Orient en Occident, où elle est de nos jours l’objet d’un commerce très-important. Son action tonique et stimulante sur les organes digestifs, sa saveur chaude et faiblement piquante, son goût agréable, son parfum fin et pénétrant, expliquent la faveur dont elle jouit dans divers climats. Ainsi, dans les pays chauds, elle entre dans presque toutes les boissons et est l’assaisonnement nécessaire d'un grand nombre de mets. Les Indiens la mâchent souvent, soit seule, soit mélée à d'autres substances, elle est pour l'art culinaire un condiment précieux. On la prépare pour les besoins de l’économie domestique avec. de la saumure ou bien avec du sel et du vinaigre, mais pour s’en servir ou l'a fait cuire auparavant dans de l’eau sucrée après l'avoir dessalée. Son brou se mange confit, en compote ou en marmelade, La muscade entre dans diverses préparations pharmaceutiques.
Le macis a été recommandé comme un excellent masticatoire dans les paralysies des muscles du visage. Les huiles que l’on en retire servent à faire des onctions sur les membres paralysés.
Quoique la muscade soit depuis longtemps l'objet d’un commerce considérable, nous ne connaissons parfaitement le Muscadier que depuis un petit nombre d'années. C’est Céré, directeur du Jardin des Plantes à l'Ile de France, qui, par des communications faites à Lamarck, a fait connaitre nonseulement la fructification du Muscadier aromatique, mais encore divers détails d'organisation concernant plusieurs autres espèces du même genre. Le macis de la muscade a été cité dans tous les traités de botanique comme un exemple classique et remarquable d’arille. D’après le savant Mémoire de M. Planchon, sur les vrais et les faux arilles, la citation ne serait pas heureuse et l'enveloppe moyenne de la muscade ne serait qu’un faux arille ou arillode.
Le Muscadier est use des richesses commerciales de la Hollande. Le peuple batave en a monopolisé le négoce de bonne heure et l’a toujours conservé depuis. On à tenté d’en importer la culture à l'Ile de France et à l’île de la Réunion, où il fut introduit par Poivre en 1774, et depuis dans diverses îles de l'Amérique; mais les résultats n’ont pas répondu aux espérances qu'on en avait conçues. Cependant les Anglais en ont fait des plantations considérables au Bengale et à Sumatra. Les noix muscades qui se vendent en Europe atteignent chaque année le chiffre de deux cent cinquante mille livres, et, pour éviter la dépréciation de cette marchandise, les Hollandais, lorsque les récoltes sont très-abondantes, ne gardent que la quantité consommée annuellement et détruisent le surplus.
On distingue deux variétés de muscades. Les royales ou femelles sont grosses, arrondies, pesantes, finement marbrées, gris clair et d'une qualité supérieure, tandis que les mâles ou sauvages, moins estimées, sont plus allongées, plus légères et plus colorées. On retire de ces noix, et surtout du macis, où elles sont plus abondantes, deux sortes d'huiles : l’une, qui s’obtient par expression, est fixe, jaune, odorante et d’une consistance butyracée : elle est connue sous le nom de baume ou de beurre de muscade; l’autre, appelée huile de muscade, est le produit de la distillation.
Les espèces qui approchent le plus du Muscadier aromatique par leurs propriétés et qui, à ce titre, doivent d'être citées, sont les M. tubiflora et lepidota, Blume, qui habitent la Nouvelle-Guinée.