‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 74 sur 633 · EUPHORBIA. Linné. (Euvrnorge · texte numérisé non relu

EUPHORBIA. Linné. (Euvrnorge

Involucre caliciforme, à quatre à cmq divisions, portant entre chacune d'elles et au sommet un appendice coloré en forme de croissant (Pétales, Tourn., L.). Fleurs monospermes. Les mäles en nombre variable, monandres, à filets articulées, insérés vers la base de l'involucre, et accompagnées d’écailles très-petites. Fleur femelle solitaire, centrale. Ovaire supère pédicellé, Trois styles bifides. Capsule à troïs coques monospermes, bivalves.

Fig 33, Épurgc,

Ce genre considérable, ainsi nommé d'Euphorbus, médecin de Juba, roi de Mauritanie, qui le premier, dit-on, se servit du suc d'Euphorbe pour guérir Auguste, contient aujourd’hui près de trois

cents espèces eparpillées sur toute la terre. Parmi celles qui habitent l'Europe, nous remarquerons l'Euphorbe des marais (£. palustris, L.), qui croit fréquemment dans les marais et sur le bord des eaux. — L'E. lathyris (Épurge). Ses coques renferment ‘des graines ovoïdes, rugueuses, réticulées, dont on extrait une huile purgative qui pourrait remplacer celle de croton. Chaque pied peut donner au moins cent cinquante grammes de cette substance. Le suc de l'Épurge est un drastique violent.

Fig. 54. — Euphorbe officinal.

Nous avons encore dans nos environs une foule d'espèces intéressantes, telles que les Æ. peplus, L.; helioscopia, L.; exigua, L.; les E. cyparissias, L., et sylvatica, L., etc. — Le sud de la France el une partie des contrées méridionales de l'Europe nous offrent encore d'autres espèces dignes d’attirer notre attention, LE. characias, L., présente de nombreuses tiges épaisses, hautes de près de

trois pieds et habite les lieux montueux et ombragés des côtes maritimes. L’Æ, paralis, L., croit dans les sables au bord de la mer. Les mêmes localités produisent les Æ. pithyusa, L.; peplis, L., etc.

Si nous passons des Euphorbes herbacées de nos régions à celles qui croissent sous d’autres zones, ces dernières nous présenteront des espèces arborescentes et charnues dont plusieurs, remarquables par le vif éclat de leur involucre paré de brillantes couleurs, sont cultivées dans nos serres. — L'. splendens, arbrisseau à tige droite, garnie de feuilles oblongues, d’un beau vert. Ses fleurs sont portées sur de longs pédoncules d’un rouge écarlate, Trouvée à Madagascar, en 1829, par M. Bréon, qui l’introduisit dans l’île Bourbon, elle fut rapportée de cette colonie en France par M. Neumann, en 1824. — LE. pulcherrima, Willd., arbuste de cinq à huit pieds, belle plante, originaire du Mexique, est connue depuis 1836, époque où elle fut introduite par M. le docteur Blaquière. — L’Æ. Jacquiniæ flora, arbrisseau de huit à douze pieds, peu rameux. Les fleurs nombreuses présentent cinq appendices pétaloïdes d’un rouge brillant. — L’'E. variegata, Nutt., se fait remarquer par ses bractéoles agréablement nuancées de vert et de bleu, et par ses capsules velues. Elle croît à la Louisiane, et est encore peu connue en France. — L’E. punicea, Swartz, se distingue des espèces précédentes par ses involucres d’un vert pourpré, velus intérieurement, et accompagnés de bractées d’un rouge ponceau très-brillant. L'ovaire pédicellé, et d’un pourpre plus où moins foncé. Habite la Jamaïque. Nous terminerons l'examen des espèces d'ornement en citant encore les £. heterophyllæ meloniformis, caput Medusæ, L., balsamifera, cotinifolia, canaliculata, nertfolia, ete.

L'E. ipecacuanha, qui croit en Amérique, passe pour être un des meilleurs succédanés de lIpecacuanha. Les racines de cette plante peuvent remplacer ce dernier médicament. — Parmi les espèces charnues, qui toutes ont le port et l'aspect des Cactus, nous trouvons au premier rang l'E. officinarum, L., haut de cinq pieds environ, consistant en une tige presque simple, charnue, sillonnée dans toute sa longueur par des angles qui, sur leur crête, portent de petits tubercules armés d’aiguillons, roides et géminés. — On retire de cette plante, ainsi que des £. Antiquorum, L., et Canariensis, la résine connue, dans les pharmacies, sous le nom d’euphorbium. Cette substance, qui découle de la tige de ces végétaux, s'épaissit, se condense et se concrète au contact de l'air. Dans cet état, elle ressemble à la cire jaune, et se montre sous la forme de petits globules fragiles, friables et lisses. L'Euphorbium est un poison violent, d’une saveur âcre et brûlante. Autrefois on l'employait assez fréquemment à l'intérieur; on ne s’en sert plus aujourd’hui que comme épispastique.

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