MANIHOT. Plumier. (Janipna. Kunth
Fleurs monoïques. Périanthe campanulé. Les mâles : dix étamines insérées sur un disque charnu, festonné. Filets libres, distincts, dont cinq alternativement plus longs. Fleurs femelles : ovaire à trois loges uniovulées. Style court. Trois stigmates multilobés. Capsule à trois coques bivalves.
Arbres et arbrisseaux caractérisés par la présence d’un suc laiteux abondant dans toutes leurs parties, leurs feuilles alternes et palmées, et leurs fleurs presque toujours d'un brun jaunâtre, en grapdes paniculées, axillaires ou terminales. L'espèce la plus intéressante, le M. utilissima, Pohl (Jatropha Manihot, L.), est un sous-arbrisseau connu vulgairement sous le nom de Manioc, à tige noueuse, remplie de moelle. Sa racine, qui acquiert un volume considérable, renferme une farine abondante appelée cassave, journellement employée, en Amérique et dans les régions chaudes du globe où cette plante est cultivée, à des usages alimentaires. Pour se servir des racines du Manioc et écouler le suc laiteux et vénéneux qu'elles contiennent, il faut les soumettre à la cuisson ou les exposer préalablement à l'air. Ces opérations suffisent pour volatiliser le principe délétère qu’elles puisent à l’état frais dans le liquide blanc dont elles sont gorgées, et prévenir tous les dangers qui pourraient résulter de leur emploi, et dont on peut se rendre compte en pensant que quelques gouttes appliquées sur la langue d’un chien lui donnent la mort en quelques minutes. Plus généralement on pèle d'abord ces racines, puis on les ràpe, ‘et, après avoir lavé le produit de ces diverses manipulations, où le soumet à l'action d’un pressoir. De la farine ainsi préparée on fait des pains qui ont un goût très-agréable La fécule de Manioc, qui s'obtient pendant le lavage sous forme de dépôt blanchâtre, est renommée pour sa légèreté et ses qualités nutritives. Desséchée sur des plaques chaudes, elle constitue le tapioka ou sagou blanc, aliment très-sain que l'estomac digère avec beaucoup de facilité.