TIGE DES DICOTYLÉDONES
Tout végétal se composant, dans le principe, uniquement de tissu cellulaire, la tige doit participer à cette organisation si simple. C’est en effet ce qui a lieu. Dans les premiers temps, on y chercherait vainement des fibres et des vaisseaux; ce n'est que plus tard que ces nouveaux organes se montrent en cercle dans l'épaisseur du tissu, qu'ils séparent en deux parties, l’une intérieure, qui est la moelle; l'autre extérieure, qui est l'écorce.
Fig. 24 et 25. — Coupe d’une tige de dicotylédone de l’année.
1°" état. 2° état.
Si nous examinons alors la tige de dedans en dehors, nous y trouvons : 4° un cylindre de tissu cellulaire verdâtre, la moelle; 2% des faisceaux disposés en cercle, composés de fibres et de vaisseaux, et appelés pour cette raison faisceaux fibro-vasculaires; 3° une zone de tissu cellulaire vert, qui représente l'écorce; 4° enfin l’épiderme. Les plantes herbacées ne dépassent pas ce degré d'or-
ganisation, et l'élément fibro-vasculaire s'y trouve ordinairement en très-faible proportion relativement au parenchyme.
La tige des arbres et des arbrisseaux offre une organisation semblable dans la première année de son développement; mais, dans les années suivantes, elle subit de notables modifications.
Fig. 26. — Coupe d’une tige de dicotylédone de l’année. 3° état.
Examinons plus en détail la structure d’une tige de l’année, et, pour cela, coupons-la transversalement. La moelle, qui atteint ou dépasse la moitié du diamètre total, est composée, au centre, de cellules grandes, lâchement unies, incolores; à la circonférence, de cellules plus petites et colorées
en vert. ?
Fig. 27. — Coupe verticale très-grossie. 3° état.
Les faisceaux fibro-vasculaires présentent la figure d’un coin à tranchant arrondi. Leur tissu est beaucoup plus compacte que celui de la moelle. Les fibres qui les constituent sont entremêlées, dans la couche la plus voisine de la moelle, avec des trachées (l’ensemble a reçu le nom d'étui médullaire); dans le reste du faisceau, avec des vaisseaux ponctués; enfin, dans la couche la plus extérieure, avec des vaisseaux laticifères.
Une zone de tissu cellulaire verdâtre sépare du faisceau cette dernière couche, qui est l'écorce ou du moins sa partie fibro-vasculaire, le liber. Plus en dehors vient le parenchyme cortical, composé ici de deux couches, l’une de couleur verte, enveloppe herbacée ou cellulaire; l'autre de couleur gé-
névralement brune, ayant une consistance analogue à celle du Liége, enveloppe subéreuse; enfin, tou à fait en dehors, l'épiderme.
Nous pouvons donc distinguer déjà dans une tige d’un an deux systèmes : le système ligneux, comprenant la moelle, l'étui médullaire, la couche fibro-vasculaire du bois; le système cortical, composé de la couche fibro-vasculaire de l'écorce ou liber, de l'enveloppe herbacée, de l'enveloppe subéreuse et de l’épiderme. Nous venons de voir qu'ils sont séparés par une couche cellulaire; à l'endroit où se trouve cette couche, se formeront l'année suivante une couche de bois semblable à la première, sauf les trachées, et une autre couche d’écorce; le même phénomène se reproduira la troisième année et le$ années suivantes.
Cherchons maintenant à compléter cette esquisse rapide par l'examen d'une tige ligneuse âgéc déjà d'un certain nombre d'années; nous examinerons ces diverses parties, en ailant du centre vers la circonférence.