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SYSTÈME LIGNEUX

Moelle. — Nous avons vu que dans le commencement la moelle est de couleur verte et gorgéc d’eau, ses cellules sont douées alors d'une vitalité puissante. Plus tard, elles se dessèchent, prennent une teinte brunâtre ou blanchätre, et ne renferment plus que de l'air.

La structure de la moelle varie dans les différents arbres, et elle peut fournir de bons caractères pour reconnaître certaines plautes. Dans le Noyer, elle est disposée par plaques; dans les Apocins, elle imite le satin. Elle varie aussi pour la quantité; le Sureau et le Buis présentent, sous ce rapport, des différences remarquables. Quelquefois la moelle se rompt, et présente des lacunes, comme dans l'Angélique.

Son diamètre varie dans les premiers temps; mais, quand les premières couches du bois sont suffisamment lignifiées, il reste invariable.

Fig. 23. — Coupe du Chène-Liége.

Étui médullaire. — Nous savons qu'il se compose de fibres entremêlées à des trachées et fausses trachées; c'est le seul point de la tige où ces derniers organes se rencontrent. L'étui médullaire subit très-peu de changements. Ses trachées conservent le volume qu'elles ont acquis de bonne heure, et elles peuvent se dérouler même dans les tiges assez vieilles.

Bois. — 11 forme la plus grande partie d'une tige déjà un peu âgée, et se compose de fibres et de vaisseaux, rayés ou ponctués, d’un diamètre généralement beaucoup plus grand que celui des trachées.

Puisqu'il s’en forme tous les ans une nouvelle couche, il existe un moyen bien simple de connaître l’âge d'un arbre; et les branches, s'accroissant de la même manière que la tige, peuvent, sous ce rapport, lui être assimilées.

La structure de l’une de ces couches présente, de dedans en dehors, les mêmes éléments que nous avons vus dans les faisceaux fibro-vasculaires. On remarque vers le bord interne les ouvertures d'assez gros vaisseaux, tandis que la partie externe est formée de plusieurs rangs de fibres serrées et très-épaisses. Il s'ensuit qu'une couche va en augmentant de densité du dedans au dehors.

C’est tout l'inverse, si l’on considère l’ensemble des couches; leur densité et souvent leur couleur vout en décroissant du centre à la circonférence; ce double phénomène est dû à l’incrustation des fibres par le ligneux, qui s’accumule surtout dans les couches les plus anciennes.

Le bois forme, dans beaucoup de végétaux ligneux, deux régions bien distinctes. La plus interne est dure, sèche, d’une couleur plus foncée; c’est le duramen, vulgairement appelé bois parfait ou cœur du bois. L'extérieure, au contraire, renfermant le bois le plus jeune, est généralement tendre, d’une teinte plus pâle et imprégnée de séve; c’est l’alburnum ou aubier. On sait combien cette différence est tranchée dans certains bois exotiques, tels que l’Ebène et l’Acajou, où l’aubier est presque blanc, tandis que le cœur est d'un noir ou d'un rouge très-intense. Plusieurs de nos arbres, l’Orme, le Cytise, par exemple, la présentent aussi, quoiqu'à un moindre degré. Mais, dans quelques-uns, la transformation d’aubier en cœur est si lente et si peu sensible, qu'on peut à la rigueur la considérer comme nulle, et dire que ces arbres sont uniquement composés d'aubier; tels sont les bois vulgairement nommés bois blancs, comme les Saules, les Peupliers, etc.

Les couches aunuelles sont d’une épaisseur fort inégale. Celle-ci varie selon la vigueur de la végétation, qui elle-même dépend d'une foule de circonstances secondaires, sol, climat, humidité, etc., qu'il serait trop long d’énumérer. Notons seulement l'une d’elles, l'âge des arbres, qui a une trésgrande influence, et qui, dans l’art forestier, peut fournir de précieuses indications sur l'époque à laquelle il est le plus avantageux d’abattre les arbres. Plusieurs de ces circonstances peuvent aussi faire varier l'épaisseur d’une couche dans les différents points de sa circonférence.

Rayons médullaires. — On distingue les grands rayons, qui, existant dès l’origine de la tige, se continuent sans interruption de la moelle à l'écorce, et les petits rayons, qui ne se sont montrés que dans les années suivantes, et ont leur point de départ dans les couches correspondant à ces années.

SYSTÈME CORTICAL.

Dans les premiers temps, le système cortical n’est pas apparent; ce n’est que plus tard qu'il se distingue du système ligneux. Il offre une organisation qui a quelque analogie avec celle du premier, il a une partie cellulaire et une partie fibreuse; mais la position de ces parties est inverse, en raison même de leur mode de développement, qui a lieu de dedans en dehors pour le bois, de dehors en dedans pour l'écorce. :

Liber ou fibres corticales. — Presque en contact avec les faisceaux fibro-vasculaires du bois, et séparés seulement par une mince lame de tissu cellulaire, se trouvent les faisceaux fibreux de l'écorce. Les fibres qui les composent sont celles qui offrent Le plus de ténacité; débarrassées, par la macération dans l’eau, du tissu cellulaire adjacent, elles fournissent ces fils si fins et si solides qui servent à la fabrication des tissus et des cordages. Nous avons déjà cité à ce sujet le Chanvre et le Lin; ajoutons-ÿ un exemple remarquable pris parmi nos arbres, le Tülleul, dont le liber peut être séparé en lames délicates et fournir une matière textile. |

Il se forme tous les ans, en moyenne, une couche de liber, correspondant à une couche d’aubier, mais beaucoup plus mince. C'est à cette structure en couches superposées comme les feuillets d’un livre que cet organe doit le nom de liber. On le nomme encore endophlœum (ed, en dedans; Plous, ÉCOrCe), à cause de sa position.

Enveloppe herbacée. — Elle est appelée aussi enveloppe cellulaire, couche verte et mesophlæum (u:50, milieu; gr, écorce). Elle est composée de cellules à parois épaisses, lâchement unies, et par conséquent laissant entre elles des méats ou des lacunes.

Enveloppe subéreuse. — On la connaît plus vulgairement sous le nom de liége; elle est aussi désignée par ceux de suber, de couche subéreuse et d'epiphlæum (er, sur; gcws, écorce). Sa couleur est brune. On la trouve très-développée dans l'Orme et l'Érable champêtre, mais surtout dans le Chêne- Liége, d'où elle a tiré son nom.

Épiderme. — C'est la partie la plus extérieure de la tige; nous l'avons du reste fait connaître avec assez de détails pour qu’il soit inutile d'y revenir. Son existence est tout à fait temporaire. En effet, par suite du développement du bois et de l'écorce, les couches les plus anciennes de celles-ci étant sans cesse repoussées au dehors et exposées aux agents atmosphériques, ne pouvant d'ailleurs se prêter à une extension indéfinie, se désorganisent peu à pèu; elles se détachent par plaques, comme dans le Platane, par lanières, dans le Bouleau et le Merisier, ou se déchirent en réseau irrégulier, comme dans la généralité de nos arbres.

On comprend très-bien que l’épiderme, en raison de sa structure plus délicate et de sa position . tout à fait extérieure, soit le premier détruit. Alors la couche de tissu cellulaire située immédiatement au-dessous se modifie au contact de l'air, et devient une espèce de nouvel épiderme, dont quelques auteurs lui ont en effet donné le nom, mais que M. Mobhl a désigné avec plus de raison sous celui de périderme.

On peut maintenant se rendre facilement raison de certains faits dont on est tous les jours témoin. Chacun sait que les lettres et les figures tracées sur l'écorce des arbres ne conservent pas leur forme; mais que, la hauteur restant la même, la largeur augmente continuellement, ce qui les rend méconnaissables au bout d’un certain temps; que ces figures finissent même par être complétement détruites avec les couches corticales: qu'un objet planté dans un arbre et pénétrant jusque dans le bois en est peu à peu complétement recouvert, etc.

Lenticelles. — On a désigné sous ce nom, et plus anciennement sous celui de glandes lenticulaires, des excroissances qui se montrent sur les jeunes écorces, et se développent avec les tiges, mais moins en hauteur qu’en longueur et épaisseur. Ces excroissances appartiennent à l'enveloppe cellulaire, et forment une sorte de hernie en dehors de l'enveloppe subéreuse. On a cru pendart quelque temps que les lenticelles donnaient naissance à des racines adventives; cette opinion est complétement abandonnée aujourd'hui.

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