FAMILLE. — CHAMPIGNONS
Syn : HYMÉNOMYCÈTES, Fries.
Réceptacle charnu, spongieux, subéreux ou gélatineux, de forme variée, globuleux, en coupe, rameux ou pourvu d’un chapeau formé de fibres solides ou vésiculeuses; recouvert diversement par une membrane (hymenium) composée en grande partie par les sporidies, nues ou contenues dans une capsule membraneuse (thèque); quelquefois enveloppé dans un sac ou tégument qui s'attache au rebord du chapeau (velum) on qui le contient tout entier (volva), sessile ou porté par un pied (stipes). — Végétaux croissant sur la terre, le fumier, le bois mort, etc., jamais sur les plantes vivantes.
Le tissu des Champignons est formé, non pas par de la fungine, comme on l’a cru, mais par de la cellulose. Ils croissent très-vite et ont une existence passagère; leur décomposition présente des phénomènes et des produits analogues à ceux des animaux. Leur couleur est très-variée et quelquefois très-brillante, mais jamais verte. Le mycelium, qu'on peut voir assez souvent sur les surfaces humides et obscures, sur les planches de nos caves, par exemple, est un réseau filamenteux, une sorte d’arbre souterrain qui n'apporte au jour que les organes de la reproduction, de là la disposition en cercle qu'ils affectent souvent. En général, tous les Champignons que nous voyons naître à côté l’un de l’autre appartiennent à un seul individu.
Les Champignons présentent des espèces vénéneuses et des espèces comestibles; mais les unes et les autres se trouvent si irrégulièrement distribuées dans la famille, et les caractères qui séparent les espèces sont souvent si difficiles à saisir, qu’un petit nombre de personnes, celles seulement qui en ont fait une étude spéciale, peuvent distinguer avec certitude les bons et les mauvais Champignons. Souvent la même espèce, innocente à un certain âge, est dangereuse à une autre époque. Le genre de préparation culinaire influe beaucoup aussi sur les propriétés des Champignons. Quelques auteurs, Bory De Saint-Vincent entre autres, assure que tous peuvent être mangés; nous croyons néanmoins qu'il est prudent de s’en abstenir.
Bien qu'il n’y ait pas de caractères généraux qui puissent servir à distinguer avec certitude les Champignons comestibles et vénéneux, on peut dire qu’en général il faut rejeter tous ceux qui sont remplis d’un suc laiteux, le plus souvent âcre; ceux qui ont des couleurs tristes, éclatantes ou bigarrées, dont la chair est pesante, coriace, filandreuse ou très-molle; ceux qui viennent à l'obscurité, dans les caves ou sur les vieux troncs; ceux dont l’odeur est vireuse ou dont la chair cassée se colore à l'air, enfin ceux que les insectes ont abandonnés après les avoir mordus.
C’est surtout dans les genres Agaricus, Amanita, Boletus, Clavaria, Helvella, Merullius, Morchella, que nous rencontrons les principaux Champignons comestibles; les genres Agaricus et Amanila renferment, en outre, la plupart des Champignons dont on doit se défier.
L'action produite par les Champignons vénéneux est variable suivant [es espèces; ordinairement elle consiste en nausées et vomissements; puis surviennent des défaillances, des anxiétés, un état de stupeur et souvent la mort au milieu des convulsions. Le remède à donner en cas d’empoisonnement est un vomitif promptement administré pour expulser le Champignon, puis des purgatifs avec des adoucissants en boissons. Les convalescences sont ordinairement fort longues. On détruit les qualités malfaisantes de certains Champignons en les faisant cuire ou saler, ou infuser dans le vinaigre, ce qui prouverait que dans les empoisonnements il faudrait se garder de faire prendre du sel ou du vinaigre, qui, dissolvant le princive vénéneux, le répandraient avec beaucoup plus de rapidité dune tests Pie nomie.
En général les Champignons sont une nourriture indigeste dont les personnes à estomac faible doivent s'abstenir, Cela est vrai même des Morilles et du Champignon de couches, qui ne sônt pas le moins du monde vénéneux. On a cherché à mettre à profit pour la médecine les propriétés délétères des Champignons, mais l'on n’a encore que des données peu étendues à ce sujet.
PREMIÈRE ÆTRIBU. — FONGINÉES.
Champignons de forme variée, charnus ou subéreux; hymenium distinct, limité; sporules dans des thèques.