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AGARICUS. Linné. (Acanic

Point de volva; réceptacle (Champignon) à chapeau lamelleux en dessous; lamelles radiant du centre à la circonférence, simples, parallèles, parmi lesquelles il y en a de plus courtes vers la circonférence, formées d’une membrane à double feuillet qui renferme les capsules (thèques) séminifères et parfois d’un tégument (velum).

Le genre Agaric est le plus nombreux du règne végétal, car il renferme plus de douze cents espèces. Celles-ci, comme toutes les plantes parasites, varient beaucoup dans leur forme, et quelquefois on en a fait plusieurs de la même, observée à différents âges.

Fig. 246 et 247. — Champignon de couches.

Parmi les espèces comestibles de ce genre, la plus connue est le Champignon de couches (A. campestris, L.). Il a une couleur blanchâtre, une odeur et une saveur fort agréables. On en consomme beaucoup à Paris, et c’est le seul qu’il soit permis d'y vendre sur les marchés. Il croît naturellement sur les pelouses sèches et exposées au soleil; mais on l'obtient également par la culture au moyen de couches de fumier sur lesquelles on a jeté du mycelium ou blanc de Champignon; c’est dans les endroits sombres, dans les caves, les carrières abandonnées, que se fait cette culture. Les autres espèces comestibles les plus remarquables sont la Couleuvrée ou Coucoumèle (A. procerus, Pers.), le Mousseron (A. mousseron, Bull.), le faux Mousseron (A. tortilis, D. C.), ete. Dans le Midi on fait une grande consommation de l'A. deliciosus, L., connu sous le nom vulgaire de Pivoulada dé saouxé, et qui, bien que lactescent, est bon à manger.

Le genre Agaric renferme aussi des espèces très-vénéneuses, parmi lesquelles nous citerons la

T'êée de Méduse (A. annularius, Bull.), lOreille d'Gtivier (A. olearius, D. C.), l'Agarie brûlant (4. urens, Bull.), le Morton (A. necator, Bull.), l'Agaric caustique (A. pyrogalus, Bull.) l'Agaric styplique (A. stypticus, Bull.), etc. Bulliard a fait une bonne encre avec l'A airamentarius, Bull. et quelques espèces voisines pourraient être propres au même usage.

Fig. 248 — Avaric de Vittadini.

Certains Agarics présentent au plus haut degré les phénomènes de phosphorescence que nous avons décrits; le plus remarquable sous ce rapport est l’Agaric de l'Olivier; la phosphorescence persiste quelque temps dans l’eau, et se communique aux objets qui touchent le Champignon. Cette propriété était connue des anciens; Pline parle d’un Agaric qui croit dans les Gaules sur la cime des Chênes, et qu’on va chercher la nuit, parce qu'il est lumineux dans l'obscurité.

On rencontre parfois, sur les coteaux arides, des cercles réguliers plus ou moins grands, desséchés dans leur centre, mais dont la circonférence présente une zone de belle verdure, contrastant avec l’aspect brülé de ce qui les environne. L’imagination populaire voit dans ces cercles les traces des pas des fées qui sont venues danser en ces endroits pendant la nuit. Ce phénomène, connu vulgairement sous le nom d’anneaux, ronds ou cercles des fées, est produit par l’Agaricus geotropus. Un ou plusieurs de ces Champignons naissent et se développent dans un point du sol, comme l'ont fort bien observé Wollaston et M. De Brébisson après lui; ils meurent après un certain temps; leurs spores se répandent à l’entour, et se développent plus tard en cercle autour de leurs parents détruits; à la place qu'occupaient ceux-ci, l'herbe pousse plus vigoureuse. La seconde génération de Champignons meurt, après avoir aussi répandu à l'extérieur de nouvelles spores qui ne resteront pas infécondes. L’herbe située au centre du cercle déjà bien établi, et dont l’engrais produit par les Champignons morts avait favorisé le développement, se dessèche faute d’une nouvelle nourriture substantielle, et la verdure se développe seulement en dedans du cercle agrandi des nouveaux Champignons. Le cercle de verdure suit ainsi celui des Agarics, dont le diamètre augmente progressive ment. Chaque année, les cercles s'étendent de six à huit pouces, et l’on peut, d’après cette donnée, conjecturer leur âge. M. De Brébisson a remarqué, sur les monts d’Éraines, des anneaux des fées qui

devaient avoir au moins soixante ans. On remarquera que ces Champignons, qui favorisent si bien la végétation après leur mort, l'arrêtent, ou, pour mieux dire, la détruisent pendant leur vie (1).

9. AMANITA. Fries. (AmaniTE.) Enveloppe double : l'une (volva) universelle, séparée, enveloppant le chapeau, l’autre partielle,

membraneuse, souvent réfléchie en forme d’anneau, presque persistante; chapeau campanulé, puis plan, un peu verruqueux; lamelles rayonnantes à feuillets libres, pressés.

Fig. 251. — Amanite fausse Oronge, 2° état. Fig. 252. — Amanite rugueusc.

Les espèces de ce genre qui ont une volva complète, lâche, et un chapeau strié au bord, sont

(1) Congrès scientifique de France, première session

bonnes à manger; toutes les autres sont nuisibles ou vénéneuses. L’Oronge (A. aurantiaea, Pers.) est un excellent Champignon, d'une odeur très-agréable, et qui ressemble à un œuf lorsque sa volva n’est pas encore ouverte. Les anciens, à cause de sa suavité, lui donnaient les noms pompeux de Prince des Champignons, Champignon des Césars; Martial disait qu'on pourrait plutôt se passer d'or et d'argent que se priver de ce Champignon. La fausse Oronge (A. muscaria, Pers., Agaricus pseudo-aurantiacus, Bull.) est, au contraire, regardée comme vénéneuse. Cependant, Bulliard dit en avoir mangé deux onces sans inconvénient, et Mérat a vu des gardes du corps en consommer beaucoup sans être incommodés. Les peuples du nord de l'Europe et de l'Asie en font usage, sans qu'elle soit mortelle pour eux. Elle les jette seulement dans un état d'ivresse fort analogue à celui que l’opium procure aux Orientaux. Murray suppose qu'on lemployait pour exciter les anciens peuples du Nord pendant leurs invasions.

L'Oronge ciguë (A. bulbosa, Pers.) et l'Oronge ciguë blanche (A. verna, Pers.) sont des espèces très-vénéneuses, qui ressemblent beaucoup, la dernière surtout, au Champignon de couches. Cette ressemblance est la cause du plus grand nombre des empoisonnements par les Champignons. On reconnaîtra l'espèce comestible à ce qu'elle n’a pas de volva à la base, que son anneau est à bords déchiquetés, et que son chapeau se pèle facilement.

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