‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 208 sur 430 · LYCOPODIUM. Linné. (Lycorone · texte numérisé non relu

LYCOPODIUM. Linné. (Lycorone

Capsules de deux sortes : les unes très-petites, globuleuses, s’ouvrant en deux valves, remplies de spores très-ténues; les autres plus grandes, s’ouvrant en trois ou quatre valves, et ne renfermant que trois ou quatre corps plus gros que les spores. -

Les Lycopodes viennent généralement dans les forêts; quelques espèces affectionnent les lieux arides. Un petit nombre se trouve en Europe, la majeure partie en Amérique et dans l'Inde.

Le Lycopode commun (L. clavatum, L.) est l'espèce la plus célèbre de ce genre. Ses spores jaunes et inflammables ont reçu les noms vulgaires de soufre végétal et de Lycopodium dans les pharmacies. Elles forment une poussière très-fine, très-légère, surnageant sur l’eau sans en être pénétrée; sans odeur ni saveur, résineuse et prenant feu avec la vivacité de la poudre, lorsqu'on la projette à travers la flamme d’une bougie; aussi l'emploie-t-on souvent dans les feux d'artifice et sur les théâtres.

Le Lycopode a joui autrefois d’une grande réputation en médecine; on l’a employé successivement et en divers pays pour guérir les maladies du poumon, l’hydrophobie, les ulcères, la plique, etc. Aujourd'hui on n’en fait guère usage que pour guérir les gerçures qui se forment chez les enfants aux plis des articulations; les pharmaciens s’en servent aussi pour rouler les pilules.

C’est vers la fin de l'été que les organes qui produisent cette poussière acquièrent leur maturité et qu’en va les récolter. Pour cela, on coupe les sommités de ces végétaux un peu avant la dissémination, et on les fait sécher sur des tamis ou dans des sacs, en ayant soin de les remuer de temps

à autre, à mesure qu’elles se dessèchent, pour faire tomber la poussière qu’elles contiennent.

Le L. Selago, L., croit dans les montagnes d'Europe ; Linné pense que c’est le célèbre Selago

que les druides vénéraient à légal du Gui et qu'ils recueillaient avec des cérémonies semblables;

mais cela n’est pas bien prouvé. Cette plante est vénéneuse. On emploie comme mordant dans la teinture l’infusion du L. complanatum qui contient du tartrate d’alumine. Le L. denticulatum, W., est une jolie petite plante gazonnante, propre à décorer les rochers humides, les cascades et fontaines

des serres chaudes et tempérées.

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