‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 259 sur 430 · ORYZA. Linné. (Rz · texte numérisé non relu

ORYZA. Linné. (Rz

Épillets uniflores, disposés en panicule; glume à deux valves égales, naviculaires, l'extérieure striée et aristée; grumelle à deux valves carénées; six étamnes; stigmate divisé; caryopse non sillonné.

Le Riz (Oryza sativa, Linné) est généralement regardé comme originaire d'Asie, sans qu'il soit possible de préciser en quel point de cette partie du monde il a pris naissance. C’est une des Céréales dont la culture est la plus répandue. Elle forme la base de l’alimentation des Asiatiques et la nourriture presque exclusive des Indous. Les Grecs et les Romains en recevaient de l'Inde, mais en si petite quantité, qu'on l’employait seulement en médecine. Depuis quatre siècles environ, sa culture s’est répandue en Europe, en Afrique et en Amérique. Bien que le Riz se plaise surtout entre les tropiques, il a pu cependant être naturalisé dans la partie méridionale des zones tempérées; les lieux consacrés à sa culture, ou rizières, sont des marais naturels ou artificiels, dont le sol est presque constamment inondé depuis le semis jusqu’à la récolte. En Chine, on le cultive au milieu des rivières et des lacs, au moyen de radeaux de bambous couverts de terre; les voyageurs sont très-surpris de voir ces moissons flottantes. La culture du Riz, dans les eaux stagnantes, a le grave inconvénient de produire des émanations malsaines; aussi le voisinage des rizières est-il dépeuplé par les maladies. Mais, en Asie, on les dispose de manière à ce qu’elles puissent recevoir une eau courante ou souvent renouvelée, et qu’on laisse écouler totalement à l’époque où se fait la récolte, ce qui empêche toute action délétère.

Le grain renferme quatre-vingt-seize pour cent de fécule, quantité supérieure à celle que renferment les autres graines céréales. On le prépare d’une foule de manières, et il s’en fait une grande consommation; mais on ne peut en faire du pain; nous en avons vu la raison; le levain même qu'on y ajouterait dans ce but ne produirait qu'une fermentation insuffisante. On l’emploie en médecine pour préparer des boissons légèrement astringentes ; en Orient, on en obtient une boisson fermentée qui donne, par la distillation, un alcool bien connu sous le nom d’arrack. On peut en faire une colle qui remplace celle d’amidon, et propre au tissage, ou des pâtes qu'on emploie pour le moulage et la sculpture. Enfin, la paille est utilisée en Italie pour la confection des chapeaux de dames.

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