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PISTIL

Le pistil ou gynécée, organe femelle situé au centre de la fleur, se compose d’une ou de plusieurs feuilles diversement modifiées et réunies, distinctes ou soudées, et qui ont été appelées feuilles carpellaires ou carpelles. Ces feuilles diffèrent des autres en ce qu’elles sont repliées sur elles-mêmes, de manière à ce que leurs bords se touchent et portent des organes particuliers nommés ovules, qui deviendront plus tard les graines. La cavité formée par cette feuille ou par la réunion de ces feuilles a reçu le nom d’ovuire. La nervure médiane se continue le plus souvent en forme de petite colonne ou style, qui se dilate à sa partie supérieure pour former le stigmate. Le style peut être si court qu’il paraît nul, et alors le stigmate est sessile. Ces deux derniers organes sont constitués en grande partie par un tissu particulier, le tissu conducteur.

Le style est terminal s’il naît au sommet de l'ovaire, latéral ou basilaire sil naît sur le côté ou à la base. Quand le pistil est formé de plusieurs feuilles, les styles peuvent être libres ou plus ou moins adhérents entre eux. Ils sont simples ou ramifiés; en un mot leur forme est très-variable; leur surface est souvent couverte de poils collecteurs, ainsi nommés parce qu'ils servent à retenir et à rassembler les grains de pollen. Dans les Iris, les styles revêtent une forme pétaloïde qui les rend difficiles à reconnaître au premier abord.

La même variété de forme ou d’adhérence se retrouve dans le stigmate; il est souvent plumeux, comme dans les Graminées.

Fig. 105. — Stigmate plumeux.

Une modification très-remarquable est celle du Pavot, où le stigmate a la forme d’un bouclier ou d'une roue à plusieurs rayons, recouvrant l'ovaire sur lequel il est immédiatement appliqué.

L'exemple du Pavot, joint à quelques autres, prouve que le style et Je stigmate sont formés quelquefois, non par le prolongement de la nervure médiane, mais par le limbe lui-même

Fig. 106. — Stigmate sessile,

Occupons-nous mamtenant de l'ovaire, qui est la partie la plus importante du pistil; il en occupe toujours la partie inférieure. Son caractère essentiel est de présenter, quand on le coupe longitudinalement ou en travers, une ou plusieurs cavités nommées loges, dans lesquelles sont contenus les rudiments des graines ou les ovules.

La forme la plus générale et la plus habituelle de l'ovaire est d’être ovoïde; cependant il est plus ou moins comprimé et allongé dans les Crucifères, les Légumineuses, etc.

Il est le plus souvent libre au fond de la fleur, c’est-à-dire que sa base correspond au point du réceptacle où s’insèrent également les étamines et les enveloppes florales, sans qu'il contracte d’adhérence avec le calice, comme on le voit dans le Lis, la Tulipe, etc. Dans ce cas, il est aussi appelé supère.

Mais quelquefois on ne le rencontre pas dans le fond de la fleur; il semble placé entièrement audessous du point d'insertion des autres parties, c’est-à-dire que, faisant corps par tous les points de sa périphérie avec le tube du calice, son sommet seul se trouve libre au fond de la fleur. Dans ce cas l'ovaire a été appelé adhérent ou infère; exemple : les Iris, les Narcisses, etc.

Lors donc qu'au fond d’une fleur on ne trouvera pas l’ovaire, mais que le centre en sera occupé par un style et un stigmate, on devra examiner si au-dessous du fond de cette fleur on ne voit pas un renflement particulier, distinct du sommet du pédoncule. Si ce renflement, coupé en travers, offre une ou plusieurs cavités contenant des ovules, on sera dans la certitude qu'il existe un ovaire infère.

La position de l'ovaire infère ou supère fournit les caractères les plus précieux pour le groupement des genres en familles naturelles.

Toutes les fois que l'ovaire est infère, le calice est nécessairement monosépale, puisque son tube est intimement uni avec la périphérie de l'ovaire. Quelquefois celui-ci n’est pas entièrement infère, c'est-à-dire qu’il est libre par son tiers, sa moitié ou ses deux tiers supérieurs. Le genre Saxifrage offre ces diverses nuances. D’autres fois plusieurs pistils réunis dans une fleur sont attachés à la paroi interne d’un calice très-resserré à sa partie supérieure, en sorte qu’on le prendrait pour un ovaire infère. On le‘nomme ovaire pariétal; exemple : la Rose (1).

L’ovaire infère étant celui qui fait corps par tous les points de sa périphérie avec le tube du calice, il découle de là une loi générale à laquelle on n’a point fait attention; c’est que la position infère de l'ovaire exclut nécessairement la multiplicité des pistils dans la même fleur. En effet, dans le cas d’ovaires pariétaux, on voit qu’ils ne touchent au calice que par un seul point :il est de toute impossibilité que cet organe en enveloppe plusieurs par toute leur périphérie. Donc ces ovaires ne sont pas infères, mais seulement pariétaux. #

Une autre modification, l'ovaire gynobasique, s'observe dans les Labiées, les Borraginées, etc. L'ovaire appliqué sur un disque hypogyne, qui, dans ce cas, a reçu le nom particulier de gynobase.

(1) Ricuarn, Nouveaux Éléments de Bolanique.

est plus ou moins profondément partagé en un certain nombre de lobes correspondant à celui des loges, et son axe central est tellement déprimé qu’il paraît en quelque sorte nul, et que le style semble naître immédiatement du disque, en sorte qu'à époque de la maturité chacune des parties ou coques dont se compose l'ovaire se sépare ct semble en quelque sorte constituer un fruit parüculier

Fig. 107. — Ovaire gynobasique.

L'ovaire est sessile au fond de la fleur quand il n’est élevé sur aucun support particulier; il pau être stipité quand il est porté sur un podogyne très-allongé, comme dans le Cäprier.

Fig. 108. — Podogyne.

Coupé transversalement, l'ovaire offre une ou plusieurs cavités ou loges contenant les ovules. Dans

le premier cas, il est uniloculaire; dans le second, bi, tri-, quadri-, quinque-, multiloculaire, selon le nombre de ces loges

Les loges sont séparées par des cloisons; celles qui ne pénètrent pas jusqu'au centre de l'ovaire sont dites cloisons incomplètes; les unes et les autres sont en nombre égal à celui des styles et des stigmates.

Chaque loge d'un ovaire multiloculaire doit être en général considérée comme un carpelle; néanmoins, dans les Labiées et les Borraginées, il y a deux carpelles et quatre loges. Elle peut contenir un ou plusieurs ovules, et on la dit, selon les cas, uni-, bi-, tri-, multi-ovulée. Quand les ovales sont en petit nombre, leur position fournit des caractères assez importants; mais on comprend qu’il ne saurait en être de même quand ce nombre devient considérable.

L'ovule, devant se développer pour devenir une graine, a besoin de vivre quelque temps de Ja vie de la plante à laquelle il est attaché. Cette union se fait au moyen d’un petit cordon formé d’un tissu conducteur nommé funicule, et qui rattache l'ovule à un autre cordon, le placenta. De ce dernier terme on a formé celui de placentation, qui signifie la disposition des ovules dans un ovaire, soit simple, soit composé, et par conséquent aussi celle des placentas.

Généralement le placenta se confond avec le bord de la feuille carpellaire. Ainsi, selon que ces feuilles se replieront d’une manière plus ou moins complète, selon que leurs bords se toucheront ou resteront libres, on aura un ovaire à une ou plusieurs loges. Dans le premier cas, les placentas et par conséquent les ovules seront insérés à l'angle interne des loges, et tous les placentas soudés entre eux formeront un axe. Dans le second cas, les placentas et les ovules seront insérés sur les parois d’un ovaire à une seule loge. De là deux premiers modes de placentation, l'axile et la pariétale. Comme exemple de ces deux modes, on peut citer la nigelle, la pomme, l'orange, où la placentation est axile; le Pavot, la Giroflée, les Orchidées, où elle est pariétale.

Il peut y avoir des ovaires à une seule loge avec placentation axile : cela a lieu lorsque l'ovaire est constitué par une seule feuille carpellaire, comme on le remarque dans les Légumineuses (Pois, Fève, Iaricot, etc.).

Un troisième mode est la placentation centrale; ici les ovules sont réunis en une sorte de faisceau et insérés sur un plateau ou un axe très-court qui part de la base d’un ovaire à une seule loge, mais sans s'élever jusqu'au sommet; telle est la Nielle. Il ne faut pas confondre cette placentation avec la placentation qu'on pourrait appeler pseudo-centrale, et qui est une placentation axile dont les cloisons se sont rompues.

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