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FRUIT

Après la fécondation, il se passe de grands changements dans les diverses parties de la fleur. Les enveloppes florales et les organes sexuels mâles se flétrissent et tombent ordinairement; l'ovaire seul persiste généralement, et, en continuant à s’accroître, il devient le fruit; la feuille carpellaire forme

Fig. 108 bis. — Aconit.

«le péricarpe, et l’ovule forme la graine. Quelquefois l’une de ces deux parties se développe aux dépens de l’autre; ainsi, dans les arbres fruitiers cultivés, le péricarpe acquiert une dimension plus

grande, tandis que là graine diminue ou avorte. Mais le plus souvent ces deux parties se développent simultanément et dans la même proportion.

Nous devons trouver dans le fruit une structure analogue à celle de la feuille, puisque le fruit n’est qu'une feuille repliée; il y a en effet l'épicarpe, épiderme inférieur devenu extérieur; l'endocarpe, épiderme supérieur desenu intérieur; le mésocarpe, tissu parenchymateux interposé entre les deux épidermes.

Ces trois parties, en se développant, ne conservent pas ordinairement la même consistance, et se modifient en devenant soit plus charnues, soit plus ligneuses, etc. Aussi n'est-ce pas toujours la mème partie que nous mangeons dans les fruits, car ce n’est pas toujours la même partie qui devient charnue et comestible. C’est le réceptacle dans la figue, le calice dans la pomme, le mésocarpe dans la pêche, le péricarpe entier dans les groseilles, la graine dans l’amande, les haricots, les petits pois, le tégument charnu de la graine dans la grenade, les fibres charnues dans l'orange, etc.

Fig. 109, — Orange (Iespéridic). Fig. 410. — Pomme.

Le péricarpe ne provient pas toujours tout entier des feuilles carpellaires, mais souvent aussi du tube du calice accru et confondu avec elles; c’est ce qu’on voit très-bien dans la Poire, la Pomme, la Nèfle (1), où de petits faisceaux fibro-vasculaires verdâtres séparent ce qui appartient à la feuille carpellaire d'une part et au calice de l’autre.

L'union des deux bords soudés de la feuille carpellaire est souvent indiquée par une ligne extérieure, par un sillon, lorsque ses bords se sont un peu réfléchis vers la cavité de la loge, comme on peut le voir dans le Baguenaudier, l’Abricot, ete. On a donné le nom de suture interne ou ventrale à ce sillon, et celui de suture externe ou dorsale au sillon qui se trouve au dehors du fruit et représente la nervure médiane.

D'après ce qui précède, il est clair qu’il existe entre les fruits un nombre prodigieux de différences; aussi le nombre des termes employés pour désigner les diverses classes de fruits va-t-1l sans cesse en augmentant, et la confusion commence-t-elle à s'établir dans leur classification. Essayons de présenter ce sujet avec toute la simplicité que comporte un ouvrage élémentaire.

On appelle fruit simple celui qui provient d'un pistil unique renfermé dans une fleur; tel est celui du Pêcher, du Cerisier, etc. =

On appelle au contraire fruit composé ou syncarpé celui qui provient de plusieurs pistils renfermés dans une même fleur : par exemple la Fraise, la Framboise, le fruit des Renoncules, des Clématites, etc.

Enfin on donne le nom de fruit agrégé à celui qui résulte d’un nombre plus ou moins considérable de pistils réunis et souvent soudés ensemble, mais provenant tous de fleurs distinctes trèsrapprochées les unes des autres, et qui fréquemment se sont soudées de manière à former un seul corps que l’on considère communément comme un fruit unique, comme celui du Mûrier, de l'Ananas, les cônes des Pins et des Sapins, etc.

Suivant la nature de leur péricarpe, on a distingué les fruits en secs et en charnus. Nous devons faire remarquer que, dans quelques-uns de ces derniers, la partie charnue n’appartient pas au péricarpe, mais aux enveloppes florales, aux bractées, ou même au pédoncule, qui ont pris un développement extraordinaire. Ce ne sont donc pas à la rigueur de véritables fruits charnus ou à péricarpe* charnu. Ainsi, dans le Mürier, c’est le calice qui est charnu; dans les Genévriers, ce sont les

(Ü) En général, dans tous les fruits résultant d’un ovaire composé et adhérent,

bractées; l'involucre commun dans la Figue, le Gontra-Yerva, l'Ambora; le pédoncule, dans la noix d’Acajou.

Les fruits peuvent rester parfaitement clos de toutes parts, ou s'ouvrir en un nombre plus ou moins grand de pièces nommées valves; de là la distinction des fruits indéhiscents et des fruits déhiscents. Ces derniers, quand ils sont secs, portent également le nom de fruits capsulaires.

Nous nous contenterons de définir les termes les plus usités en renvoyant, pour de plus amples détails, au tableau synoptique ci-après.

La gousse ou légume est un fruit simple et sec qui s’ouvre en deux valves par le milieu des deux sutures.

Fig. 111. — Gousse. Fig. 412 et 113.— Gousses articulées. Fig. 114. — Gousse cloisonnée.

Le drupe est un fruit simple ou composé, qui, charnu à l'extérieur, présente intérieurement un ou plusieurs noyaux uniloculaires ou à plusieurs loges.

La baie est un fruit succulent, simple ou composé, dans lequel il n'existe pas de noyau

La capsule est un fruit composé sec, à une ou plusieurs loges, et déhiscent.

Fig. 115. — Capsule.

(we)

La silique est un fruit sec et biloculaire où les semences sont attachées, dans chaque loge, sur les deux bords d’une fausse cloison, et quis’ouvre en deux valves.

Fig. 116. — Silique. Fig 118. — Samaure.

Fig. 120 — Sicône Fig. 121. — Cône.

fe +

CE a ne ete , ...…. Drupe. . . — Pécher.

indéhiscent. . . . . ; en un point. . . Achœne. . — Renoncule. à adhérent | ; sue partout. .... Cariopse.. — Blé.

simple. . étendu en membrane... . . Samare. . — Frêne. pr par la suture ventrale. . . . . . . . . Follicule.. — Hellébore. delscent, M... 0:

par les deux sutures. . .: . . . . . . . Gousse.. . — Pois. SNS CIOISONS Reed Rs Lehe sie Baie. . . . — Groseillier. charnu, indéhiscent. rudimentaires. . . . . . . Péponide.. — Melon. css à cloisons. membraneuses. . Hespéridie. — Oranger. — . » .

gs entières { cornées. . . . . Pomme.. . — Pommier. composé ; : 7 P ligneuses. . . . Nuculaine. — Néflier.

par des dents terminales. . . . . . .. Capsule. . — Pavot.

‘ sec, déhiscent. . . .{ par une fente circulaire. -: : . . . . Pixide. . . — Jusquiame par des fentes longitudinales. . . . . . Silique.. . — Giroflée. extérieur, entourant les fruits. . . . . Sicône.. . — Figuier.

agrégé, à réceplacles . . . . . . ‘ae

agrege, ie CHADUSRAe T nite Sorose. . . — Maürier. central L j ; On CURE Cône.. . . — Pin.

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