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ORGANES ÉLÉMENTAIRES

La cellule ou utricule, dans son plus grand état de simplicité, est un petit sac, de forme ovoïde ou ronde, fermé par une double membrane. Cette cellule peut s’allonger, de manière à ce que sa longueur égale plusieurs fois son diamètre; ses deux extrémités sont alors généralement terminées en pointe; dans cet état, elle constitue une fibre. Enfin, elle peut s’allonger encore, de telle sorte que le champ du microscope ne puisse plus embrasser ses deux extrémités; elle prend alors le nom de vaisseau. Mais celui-ci, comme nous allons le voir tout à l'heure, peut avoir une autre origine.

Fig. 4. — Cellule ronde. Fig. 2. — Cellule elliptique.

Les cellules, les fibres, les vaisseaux, tels sant donc les trois organes élémentaires qui, par leur réunion, constituent tous les tissus végétaux. On comprend, du reste, que la distinction entre eux n'est pas nettement tranchée, et qu'ils peuvent passer de lun à autre par des degrés insensibles.

UTRICULES ou CELLULES.

La cellule, avons-nous dit, à son état primitif, présente une forme globuleuse. C'est cette forme que l’on observe dans les végétaux les plus simples, formés de cellules isolées, ou réunies de manière à former un tissu lâche, comme les Algues inférieures. Plusieurs d’entre elles consistent en une seule cellule, tels sont les Protococcus, ces curieux végétaux qui colorent en rouge les neiges des Alpes ou les eaux de la mer Rouge.

Fig. 5. — Tissu cellulaire lâche. Fig. 4. — Cellules rapprochées, polyédriques.

Mais, quand le tissu formé par ces cellules se resserre davantage, leurs parois s’aplatissent, et elles prennent alors des figures plus ou moins variées, mais généralement polyédriques. Le plus souvent, elles affectent la forme d’un dodécaèdre, d’autres fois, celle d’un cube ou d’un dé, d’une colonne prismatique à quatre pans, d’un parallélipipède aplati, etc. Lorsqu'elles sont plus pressées dans certains sens que dans d’autres, les surfaces droites et courbes peuvent se combiner, et l’on a alors des cellules en forme de cylindre ou de tonneau.

Pour reconnaître la forme des cellules, il n’est pas toujours nécessaire de les voir isolément. Une coupe verticale ou horizontale en donne une idée suffisante. Si, par exemple, nous prenons une cel-

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Fig. 7. — Coupe transversale.

Fig. 5. — Cellule dodécaédrique. Fig. 6. — Coupe longitudinale.

lule dodécaédrique (fig. 5), en la coupant longitudinalement, elle donnera un hexagone (fig. 6), ta dis que, transversalement, ce sera un carré (fig. 7).

On se tromperait, du reste, beaucoup, si l’on croyait que les cellules présentent des formes gécmétriques parfaitement régulières. Elles ne le sont que d'une manière approximative.

Les cellules rameuses, ramifiées ou étoilées présentent des formes plus irrégulières encore que celles que nous venons de signaler, Quelques botanistes pensent qu’elles proviennent de plusieurs cellules simples qui se seraient soudées entre elles et dont les cloisons intermédiaires auraient disparu. Les différents noms de ces cellules indiquent suffisainment leur forme, qu'il n’est pas besoin de décrire ni de figurer.

Lorsque les cellules sont unies assez lâchement pour conserver plus ou moins la forme ronde, elles laissent nécessairement entre elles des intervalles; ce sont ces intervalles que l'on a désignés sous le nom de méats interutriculaires ou intercellulaires. Mais, dans les cellules ramifiées, qui se touchent en général par leurs extrémités, ces intervalles sont bien plus considérables et reçoivent le nom de lacunes; on nomme aussi en général lacunes tous les vides d’une certaine étendue provenant de ia destruction des cellules; on en trouve un exemple remarquable dans la tige fistuleuse des Graminées, et chacun sait les dimensions qu'elles prennent dans les Roseaux et surtout dans les Bambous.

L'ordre dans lequel les cellules sont placées les unes par rapport aux autres est plus ou moins régulier; quelquefois elles sont placées sur la même ligne; d'autres fois, le milieu d’une cellule correspond aux extrémités de l’autre, comme dans les pierres qui constituent les assises d’un mur.

Le tissu résultant de la réunion des cellules se nomme tissu cellulaire ou utriculaire, ou bien encore parenchyme; cependant on applique plus particulièrement ce dernier nom au tissu formé de cellules polyédriques; et on donne ceux de mérenchyme au tissu formé de cellules arrondies, de prosenchyme à celui qui est constitué par des cellules allongées ou des fibres.

Dans toute masse tissulaire, les parois membraneuses qui séparent les cellules les unes des autres sont formées de deux feuillets appartenant chacun à une des deux cellules contiguës.

Le tissu cellulaire peut être considéré comme celui qui sert de base à l’organisation végétale.

L'aspect extérieur des cellules n’est pas toujours le même. Quelquefois leur paroi est nue, et alors les cellules sont dites unies. Mais le plus souvent la membrane qui la forme présente des traces diverses, qui ont reçu différents noms. Ainsi les cellules ponctuées sont parsemées de points plus ou moins régulièrement disposés. Les cellules rayées offrent de courtes lignes horizontales. Les cellules annulaires sont entourées de cercles ou d’anneaux plus ou moins rapprochés. Dans les cellules spirales, on voit une sorte de fil ou bandelette qui forme plusieurs tours de spire. Enfin un réseau dont les mailles sont de dimension variable est dessiné sur la surface des cellules rériculées.

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