VERATRUM. Linné. (Varame
Périanthe à six divisions égales, colorées; six étamines; pistil composé de trois ovaires distincts. avortant dans quelques fleurs; trois styles courts; fruit capsulaire, composé de carpelles bivalves, polyspermes; graines ovales, oblongues, membraneuses; fleurs disposées en panicule.
Fig. 295. — Varare cévadille,
Le Varaire blanc (V. album, Linné), plus connu sous le nom vulgaire d'Hellébore blanc, est une plante vivace, äfleurs verdâtres, qui croit dans les pâturages élevés de l'Auvergne, du Jura, des Alpes, etc. Sa racine, réduite en poudre, est un médicament drastique des plus violents; elle doit cette propriété à un principe particulier nommé vératrine. Ses effets délétères ont frappé les hommes de presque toutes les époques. Les émanations en sont quelquefois si fortes, qu’elles causent des vomis-
sements à ceux qui sont chargés de la cueillir. La poudre est un violent sternutatoire; les diverses parties de la plante empoisonnent le bétail et les oiseaux. Comme ce médicament est très-dangereux, on doit en réduire les doses, et le mieux serait de le bannir de la pratique médicale, ou de ne l'employer qu’à l'extérieur pour tuer les insectes, ou enfin dans l’art vétérinaire. On l’employait surtout dans les hydropisies. Quelques auteurs ont cru y retrouver le célèbre Hellébore des anciens, si vanté contre la folie; mais, depuis le voyage de Tournefort dans le Levant, on sait que celui-ci doit être rapporté à une plante de la famille des Renonculacées.
Le Varaire noir (V. nigrum, Linné) est une espèce très-voisine, presque une variété du précédent, dont il ne diffère que par la couleur de ses fleurs; ses propriétés sont les mêmes.
La Cévadille (V. sabadilla, Retz), plante vivace, originaire du Mexique, est aussi un médicament dangereux, qu'on a employé quelquefois contre le ténia. Quelques praticiens prudents en proscrivent l'usage interne; on l’a vue, appliquée même à l'extérieur sur la tête, sous le nom de poudre de capucin, produire des vertiges, des convulsions et même la mort.