FAMILLE. — LILIACÉES
Cyn. : LILIACÉES, ASPHODÉLÉES et ASPARAGINÉES, Jussieu; SMILACÉES et HÉMÉROCALLIDÉES, R. Brown,
Plantes herbacées, vivaces ou frutescentes, ou grands arbres, à racine bulbifère ou fibreuse, à - feuilles alternes, opposées, verticillées ou toutes radicales, quelquefois très-petites et réduites à des écailles, d'autres fois fistuleuses ou charnues; fleurs hermaphrodites ou unisexuées, tantôt solitaires et terminales, tantôt disposées en épi, en grappe, en panicule ou en ombelle, quelquefois enveloppées d’une spathe avant l’anthèse; périanthe en général coloré, pétaloïde, à six divisions, rarement huit, étalées ou dressées, libres, et, dans ce cas, formant deux verticelles alternes, ou soudées plus ou moins, et formant quelquefois un calice tubuleux; six étamines, à filets libres, rarement monadelphes, insérés à la base des sépales libres, ou au sommet du tube formé par leur soudure; ovaire libre, trigone, à trois loges, contenant un nombre variable d’ovules disposés sur deux rangs et attachés à leur angle interne, rarement à une seule loge; style simple, terminé par un stigmate trilobé; rarement trois styles ou un stigmate sessile; fruit capsulaire ou bacciforme, à trois loges polyspermes; graines à tégument crustacé où membraneux; embryon entouré d’un sado charnu ou corné.
Les Liliacées forment une famille très-naturelle, mais dont les limites ont été posées différemment par les botanistes qui $’en sont occupés. À l'exemple des auteurs les plus accrédités, nous réunissons ici les Liliacées, Asphodélées et Asparaginées de L. De Jussieu, ainsi que les Smilacées et les Hémérocallidées de M. Robert Brown. En effet, ces diverses familles offrent absolument la même organisation dans toutes leurs parties, et ne différent que par des caractères qui permettent de les considérer comme de simples tribus. L'insertion des étamines présente, du reste, quelques différen-
-ces dans les genres qui composent ce vaste groupe.
Les Liliacées sont répandues dans tous les pays, mais Dé Ru à dans les régions
chaudes et tempérées de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique. C’est là qu’on trouve les genres les
plus remarquables par la beauté et la grandeur de leurs fleurs. Certaines tribus, telles que les Xérotées, les Aloïnées, les Hémérocallidées, peu ou point représentées dans Le Nord, deviennent de plus en plus nombreuses à mesure qu'on s'approche de l'équateur. La même progression se fait remarquer dans les espèces arborescentes, qui appartiennent presque toutes à la tribu des Asparagées. Cette famille est une de celles qui renferment le plus grand nombre de plantes cultivées, ce qui modifie puissamment sa répartition géographique.
Les Liliacées renferment un grand nombre d'espèces employées dans la médecine et l’économie domestique. Plusieurs d’entre elles contiennent, dans leurs parties souterrainés, de la fécule amylacée et du mucilage, qui en font des végétaux très-nourrissants. Quelquefois il s’y joint une substance amère ou âcre, gommo-résineuse qui leur donne des propriétés médicales très-prononcées; elles sont alors stimulantes. Ce principe se trouve surtout dans les feuilles et dans les écailles des bulbes, qui, au fond, sont des organes analogues; son abondance dans quelques espèces peut en rendre lusage dangereux; cependant, aucune des plantes de cette famille n’est véritablenient vénéneuse.
Mais c’est surtout comme plantes d'ornement que les Liliacées sont recherchées; Linné les appelait les nobles du règne végétal. Ces plantes, toutes vivaces, se cultivent, en grande partie, en pleine terre, en massif, en bordures, ou répandues çà et là dans les grands jardins pour y produire de l’ef- Jet. En général, elles demandent peu d’eau, et préfèrent un sol sablonneux. Beaucoup d’entre elles perdent leurs feuilles, et ne laissent aucune trace quand elles en sont dépouillées; si elles sont en pleine terre, on doit alors marquer leurs places, tant pour les reconnaître que pour ne pas s’exposer à les couper en les bêchant.
PREMIÈRE TRIBU. — XÉROTÉES.