TULIPA. Tournefort. (Tuurre
Fleurs solitaires à l'extrémité d’une hampe presque dépourvue de feuilles, et naissant d’une rosette de feuilles radicales; périanthe campanulé, à six divisions dressées, sans fossette nectarifère; fruit capsulaire, oblong, offrant trois angles émoussés; graines aplaties.
La Tulipe des fleuristes (T. gesneriana, Linné), indigène de la région méditerranéenne, a fourni la majeure partie des variétés cultivées de Tulipes, variétés que l’on compte aujourd'hui par centaines. On les distingue en Tulipes bizarres, qui, sur un fond coloré, réunissent une, deux ou trois autres couleurs, et en Tulipes à fond blanc ou flamandes, qui sont seules cultivées dans l’ancienne Flandre. Les amateurs recherchent généralement les Tulipes dont la tige est droite, ferme, et d’un beau vert; dont la fleur est proportionnée à la tige, bien faite, plus longue que large, et pas trop évasée, qui a des sépales (divisions du périanthe) arrondis à la partie supérieure, épais et brillants, des couleurs vives, nettes et bien tranchées. L’épaisseur des sépales est un indice que la fleur se : conservera plus longtemps. Il faut à la Tulipe une terre franche, légère et substantielle, dans laquelle on n’emploie que du terreau de feuilles bien consommé. Les vieux gazons et les plâtras bri- . sés et mêlés dans la terre lui conviennent. Elle réussit également bien dans les terres préparées pour les Jacinthes.
Indépendamment des Tulipes panachées à fleurs simples, qui sont les plus estimées, on en cultive une douzaine d'espèces à fleurs doubles, les unes d’une seule couleur, jaune, blanche, etc., les autres panachées. Elles font un bel effet dans les massifs. Il y en a aussi dont les sépales excessivement allongés sont déchiquetés d’une manière bizarre, et les couleurs très-éclatantes; telles sont la Flamboyante, la Dragonne, le Mont-Etna, ete. (4).
Les Orientaux aiment les Tulipes avec passion; mais personne n'a poussé la manie de ces fleurs plus loin que les Hollandais et les Flamands; l'expression de fou-tulipier est devenue proverbiale; on a vu chez eux des oignons se payer à des prix fous.
La Tulipe sauvage (T°. sylvestris, Linné) possède un bulbe qui devient comestible quand on en a dissipé l’âcreté par la cuisson.
Fig. 556. -— Tulipe odorante.