DIVERS MOYENS DE REPRODUCTION SANS FÉCONDATION
Le végétal est, dans la plupart des cas, constitué par une réunion d'individus; la tige se répète dans les ramifications de divers ordres, et l'on ne doit pas dire, ainsi que le fait observer avec juste raison M. Auguste De Saint-Hilaire, qu'un arbre se divise en rameaux, mais bien qu'il se multiplie. La séparation de ces divers individus fournit done un moyen naturel de multiplication des végétaux. Les jardiniers font une application journalière de ce fait lorsqu'ils séparent en plusieurs parties un végétal qui croît en touffes, ce qu'ils appellent multiplication par éclats de pied.
Fig. 133 — Miltonia cuneata.
Le végétal a d’ailleurs la propriété, lorsque sa vitalité se trouve excitée dans quelques points du tissu cellulaire, de reproduire les parties qui lui manquent; tantôt c'est le système ascendant qui reproduit le système descendant, comme lorsqu'une branche de Saule, mise en terre, pousse de nouvelles racines. D’autres fois c’est l'inverse; ainsi, une plante fourragère vivace, la Luzerne, par exemple, repousse de nouvelles tiges après qu’elle a été fauchée; il en est de même des arbres de nos forêts, autres que les résineux. Ces productions sont dues à l’évolution des bourgeons latents qui, cachés sous l'écorce, restent à l’état inerte tant que les sucs nutritifs sont absorbés par la cime et les rameaux du végétal, et ne se développent qu'après que ceux-ci ont été supprimés.
La marcotte, la bouture, la greffe, tels sont les procédés de la classe de ceux qui nous occupent les plus employés dans la culture pour multiplier les végétaux.