PIHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX DE VÉGÉTATION
COLORATION DES VEGÉTAUX.
Les plantes ou les parties de plantes qui ont crû à l'obscurité complète sont blanches. Dans cet état, on dit qu’elles sont étiolées. La lumière les colore diversement, et agit avec plus ou moins d'intensité, selon les espèces. Une lumière artificielle suffit pour obtenir la coloration, mais non le dégagement d'oxygène. Ce dernier résultat est dù uniquement à la lumière solaire. Une fois la plante colorée, elle ne peut plus retourner à l’état d’étiolement.
La fixation du carbone sous l'influence de la lumière parait être la cause principale, mais non exclusive, de la coloration, soit que la matière colorante se forme alors, soit que, déjà formée, elle se colore. Les plantes parasites qui ne décomposent pas l'acide carbonique ne sont pas vertes : telles sont les Guscutes et les Orobanches.
La couleur dominante dans les feuilles est la verte; mais cette couleur passe tôt ou tard à des teintes jaunes et ensuite au rouge vif, comme dans le Sumae, ou bien à la teinte brune appelée feuille morte. Quant aux feuilles colorées, on en distingue plusieurs classes : 4° celles qui offrent une teinte pourpre, laquelle est généralement produite par la présence d’un acide (Arroche rouge); 2° les feuilles à teintes jaunes, dont la couleur est due à l'absence de la chlorophylle; 3° les feuilles blanches, dans lesquelles l'air s’est introduit entre l’épiderme et le tissu sous-jacent (Chardon-Marie); 4° celles qui offrent des reflets métalliques, dus à la réflexion de la lumière (quelques Passiflores) ; 5° enfin, les feuilles panachées; elles sont l'effet de véritables maladies qu’on rend héréditaires pour obtenir des plantes d'ornement : telles sont les variétés de Buis, d’Ifs, de Houx, etc., dites panachées. Il y a des feuilles qui sont vertes en dessus et rouges en dessous, comme celles des Begonia, du Tradescantia discolor, etc. Enfin, nous n’avons pas besoin de rappeler la différence plus ou moins grande qui existe à l’état normal entre les teintes des deux faces d'une feuille verte.
Les bractées et calices sont fréquemment verts, quelquefois jaunâtres ou rouges; on sait d’ailleurs que la couleur des pétales est très-variée, et qu’il en est de même des sépales quand la corolle manque. Les organes sexuels sont presque toujours jaunes:
Les fruits suivent des phases de coloration analogues à celles de feuilles, car souvent ils passent du vert au jaune, au rouge et aux teintes bleuâtres. On peut croire que la quantité d'oxygène qui s'introduit dans le tissu des fleurs et des fruits influe beaucoup sur leur coloration; mais on ne doit pas s'étonner de la variété des teintes, car il se produit pendant la floraison et la maturation beaucoup d'actions chimiques différentes, et les matières sécrétées doivent influer considérablement sur la couleur des tissus.
Les teintes des fleurs peuvent être divisées en deux grandes séries, selon qu'elles sont plus ou moins oxygénées que le vert : la série jaune ou xanthique, la série bleue ou cyanique. On peut en représenter ainsi les principaux termes :