‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 69 sur 430 · B. MALADIES CAUSÉES PAR LES AGENTS EXTÉRIEURS · texte numérisé non relu

B. MALADIES CAUSÉES PAR LES AGENTS EXTÉRIEURS

4. Air. — L'air, par lui-même, n’a pas d’action nuisible sur la végétation; si, dans certaines localités, sur les bords de la mer, aux environs des marais, des volcans, etc., il s'oppose au développement d’un grand nombre de végétaux, cela tient aux substances salines ou autres qui y sont tenues en suspension. Les vents mêmes ne sont réellement nuisibles aux arbres que lorsqu'ils les courbent ou les brisent par leur violence. Les arbres exposés aux vents modérés sont en général plus robustes; en effet, l'agitation de l'air, hâtant l’évaporation des fluides, augmente la transpiration des parties herbacées, et par conséquent l'absorption des racines, d’où il suit que l'assimilation des molécules nutritives est plus abondante et plus prompte.

2. Eau. — L'air agit aussi sur les plantes par l'humidité qu’il renferme; son action se combine alors avec celle de l’eau. 11 est presque inutile de faire observer que chaque plante a besoin, à chaque époque de sa vie et selon la température du moment, d’une quantité plus ou moins considérable de ce liquide. Les végétaux qui reçoivent de l'eau en excès sont attaqués de pléthore; ceux qui n’en reçoivent pas assez souffrent, se rabougrissent, et périssent même si ce manque d’eau est poussé à sa dernière limite. Dans le premier cas, l’eau remplit les vaisseaux sans s’y élaborer; les huiles et les résines ne se forment point; les fruits sont sans saveur; les graines ne mürissent pas; les feuilles

* (1) Duxar, Académie des sciences de Montpellier.

tombent; les racines se couvrent de moisissures et pourrissent. Les tiges des plantes aquatiques ont des lacunes remplies d'air qui semblent les préserver de ces accidents.

Si l’eau est chargée de principes putrides, elle occasionne des dépôts, des excroissances fongueuses, des plaies, des ulcères, des écoulements purulents, et une sorte de gangrène. ]l en est à peu près de même quand elle séjourne sur la blessure d’un arbre; il s’y forme un chancre ou une carie qu gagne de proche en proche.

Les pluies peuvent, lorsqu'elles tombent au moment de la fécondation, produire la couture, c’est-àdire entrainer le pollen et rendre les plantes stériles (1).

Mais la grande sécheresse de l'air et de la terre est encore plus nuisible à la végétation que l'excès d'humidité.

Fig. 1438 — Clématite violette.

3. Sol. — La nature du sol est une des principales causes de maladie. Un sol très-maigre ne porte que des individus chétifs; les arbres qui y naissent, n'y trouvant point d’aliment, éprouvent avant l'âge les infirmités de la vieillesse; leur écorce se couvre d’érosions cancéreuses; leurs branches se dessèchent; leur tronc se dégarnit, ou, comme on dit, se couronne. Souvent aussi il se produit des avortements; les branches des individus mal nourris, au lieu de porter un bouton à leur extrémité, s’al-

longent en une pointe acérée.

(1) Mineez, Physiologre végétale.

Dr

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