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À. MALADIES CAUSÉES PAR LES FLUIDES IMPONDÉRABLES

1. Chaleur. — Un excès de chaleur excite une grande transpiration, et nuit particulièrement aux organes délicats, tels que les jeunes pousses, les ovaires, etc., en les desséchant; s’il s'y joint la. sécheresse de l’air, beaucoup de végétaux périssent, surtout dans les terres purement glaiseuses ou siliceuses. Il n’est pas rare, après un été brülant, de voir, dans les forêts de Sapins, des RAGE immenses couverts d'arbres desséchés jusque dans les racines.

Le froid suspend la végétation quand il est modéré; s’il devient excessif, il anéantit l'excitabilité et détruit l’organisation, resserre le tissu et occasionne des déchirements internes. Durant les grands hivers, les arbres des forêts éclatent quelquefois avec un bruit semblable à celui d’une arme à feu. Le

(1) Acvnoxse pe Cannozze, Introduction à la Botanique. (2) Muwrr, Physiologie végétale.

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froid est dangereux, surtout quand les végétaux entrent en séve, parce qu'il congèle les suës et occasionne la rupture des cellules.

Lorsque la gelée atteint l’aubier, elle le désorganise et empêche qu’il ne passe à l’état de bois. Cette couche imparfaite est recouverte, à la nouvelle séve, par une couche ligneuse, et demeure pour toujours enclavée dans le tronc. Get accident se nomme gélivure. Quand le froid fait éclater les arbres, il produit le cadran ou cadranure, si les déchirements s'étendent du centre à la circonférenge; et la roulure, s'ils isolent les couches ligneuses les unes des autres.

Si l'humidité se joint au froid, les jeunes bourgeons se couvrent de givre, qui fond aux premiers rayons du soleil; mais le tissu trop tendre est déjà désorganisé; il noircit et tombe en pourriture. C’est pourquoi les lieux bas et humides sont peu favorables aux végétaux hâtifs. On donne à cette maladie le nom de brülure. <

La neige, au lieu d'augmenter l'effet du froid sur les plantes, préserve, au contraire, celles qu’elle recouvre. C’est ainsi que, dans les années très-froides, toutes les plantes couvertes de neige se conservent parfaitement. Mais, quand elle arrive tard, elle peut contribuer à des phénomènes frigorifiques qui ont une influence funeste sur les fleurs comme sur les organes de la végétation (1).

2. Lumière. — L'excès de lumière est quelquefois nuisible; il produit sur les Hortensias, par exemple, un effet analogue à l’étiolement. Mais c’est surtout le défaut de lumière qui produit de fàcheux effets, la pàleur, la chlorose et, enfin, l’étiolement. Presque tous les végétaux privés de l’action directe de la lumière sont blanchâtres et languissants. Leurs membranes restent minces et diaphanes; les tiges s’allongent sans se fortifier; les feuilles sont rares et petites; les fleurs s’épanouissent à peine et sont décolorées; le pollen est sans vertu, et les fruits avortent. Cet étiolement est d’ailleurs nécessaire pour rendre comestibles certains végétaux.

L’étiolement explique pourquoi les arbres que l’on plante dans les clairières des forêts ou dans les vides des vieux quinconces ne réussissent pas toujours. C’est encore à des étiolements partiels que sont dues la plupart des panachures.

3. Électricité. — Si l'électricité, en proportion modérée, est favorable à la végétation, il n’en est pas de même (et nous n’avons pas besoin d’insister là-dessus) quand elle produit des météores, tels que la grêle ou la foudre; les effets n’en sont alors que trop connus.

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