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ORGANES COMPOSÉS

Les organes élémentaires, dont nous venons d'exposer les principales modifications, forment, en se combinant entre eux, les organes composés, qui à leur tour constituent par leur réunion le végétal entier. La marche la plus convenable pour étudier ces organes, c’est de les prendre à leur état primiüf et de les voir se développer peu à peu.

Tous les végétaux, comme tous les êtres organisés, commencent par une cellule, quelle que doive être plus tard leur organisation définitive. Cette période est la vie embryonnaire du végétal, pendant laquelle il est intimement lié à celui qui lui a donné naissance. Quelques végétaux déjà cités, les Protococcus, ne dépassent pas ce degré de développement. Dans la majeure partie du règne végétal, cette cellule est bientôt entourée par d’autres qui viennent se grouper autour d’elle; tantôt elles forment une masse homogène, sans distinction de parties, comme dans les spores des Cryptogames, tels que les Champignons, les Mousses, les Fougères, etc.

Mais, dans le plus grand nombre de végétaux, on voit la petite masse homogène dont nous venons de parler s'organiser, et des parties, des régions différentes, s’y dessiner nettement. On peut y distinguer déjà un axe et des appendices latéraux, en nombre variable, et qui souvent acquièrent un volume énorme; telles sont ces deux masses, planes à l’intérieur, convexes au dehors, que l’on observe très-facilement dans le Haricot, la Fève, l'Amande, etc. Ces appendices latéraux ont reçu le nom de cotylédons (du grec zorun, écuelle) à cause de leur forme la plus générale, ou de feuilles séminales, parce que ce sont les premières qui doivent se développer sur le végétal. Ils ne sont pas toujours aussi faciles à distinguer que dans les exemples que nous venons de citer; mais ils le deviennent tou-

(1) Jussieu, Élements de Botanique.

jours plus ou moins par la germination. Bien que la majeure partie des végétaux pourvus de cotylédons en aïent deux, il y en a cependant un très-grand nombre qui n’en possèdent qu'un, tels sont le Blé, l'Orge, les Palmiers, etc.

Fig. 25. — Embryon d’Erable germant,

Les Pins, Sapins, les arbres résineux en général et quelques autres paraissent offrir un nombre de cotylédons supérieur à deux, et qui peut aller jusqu’à quinz>. Mais, dans ces derniers temps, M. Duchartre s’est assuré que c'étaient en réalité deux cotylédons très-profondément divisés.

D'après ce que nous venons de dire, on voit que l'on peut diviser kes végétaux en trois grands groupes ou embranchements :

1° Les Acotylédonés, dans lesquels le corps reproducteur n’offre pas de cotylédons; ex.:les Algues, les Champignons, les Mousses;

2 Les Monocotylédonés, dont la graine est pourvue d’un cotylédon; ex. : le Blé, la Tulipe, le Bananier ;

5° Les Dicotylédonés, dont la graine a deux cotylédons; ex. :le Rosier, la Renoncule, le Pin.

Ces trois divisions très-naturelles sont généralement admises aujourd'hui, et nous verrons qu'à ce premier caractère en correspondent d’autres non moins remarquables. On emploie quelquefois, pour abréger, les expressions Acotylés, Monocotylés, Dicotylés. On désigne aussi ces deux dernières classes par le nom collectif de végétaux embryonés ou pourvus d’un embryon, par opposition aux Acotylés, qui sont dits Inembryonés ou dépourvus d'embryon.

Mais l'embryon, outre les cotylédons, renferme avec eux un axe qui a reçu aussi les noms de blastème et de plantule; il se compose de trois parties :

La radicule, ou partie inférieure, terminée en pointe, regardant toujours le côté extérieur de la graine, et destinée à devenir la racine;

La tigelle, partie moyenne qui sera plus tard la tige;

La gemmule où plumule, partie supérieure offrant les rudiments dés premières feuilles ou feuilles primordiales.

Le point, ou plutôt le plan, intermédiaire entre la tigelle et la radicule a reçu les noms de collet et de nœud vital.

La tige, la racine, les feuilles ont reçu le nom collectif d'organes fondamentaux ; ce sont eux, en effet, qui par leurs modifications forment tous les autres organes.

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