ÉPIDERME
On appelle épiderme une couche mince de tissu qui recouvre à peu près toutes les parties du végétal, dont elle se détache assez facilement. On a cru longtemps qu’il faisait partie du tissu sousjacent, dont il ne serait qu'une légère modification due au contact de l’air; mais ceci n’est vrai que pour un certain nombre de végétaux inférieurs.
L'épiderme peut toujours se séparer nettement des tissus qu’il recouvre en faisant macérer ceux-ci; si l'on prolonge cette opération, 1l ne tarde pas à se partager en deux couches distinctes : l’une extérieure, la pellicule épidermique ou cuticule; l’autre intérieure, l'épiderme proprement dit.
Les cellules qui composent l’épiderme sont généralement, et sauf quelques exceptions, beaucoup plus grandes que celles du tissu sous-jacent et de forme très-variable, mais toujours aplatie. Elles sont disposées en une couche unique d'épaisseur uniforme. L’adhérence des parois latérales est beaucoup plus forte que celle des parois extérieure et intérieure: de là résultent l'absence de méats intercellulaires, la solidité de la membrane et la facilité de la détacher en lames plus ou moins grandes.
Fig. 15 — Cellules épidermiques et stomates.
L’épiderme offre un grand nombre de petites ouvertures nommées pores corlicaux, où mieux sL0males. Ce sont de petites bouches placées dans son épaisseur, s’ouvrant à l'extérieur par une fente
ou ouverture ovalaire allongée, bordée d’une sorte de bourrelet formé par un nombre variable de cellules, mais plus communément par deux, qui ont la forme de croissants à extrémités obtuses. Ce bourrelet, qui manque très-rarement, joue le rôle d’une sorte de sphincter qui resserre ou dilate l'ouverture suivant diverses circonstances. Quelques parties paraissent dépourvues de stomates : telles sont les racines, les pétales en général, les vieilles tiges, l’épiderme des fruits charnus, des graines, etc. Le nombre des stomates est souvent très-considérable; on en compte cent soixante mille par pouce carré à la face inférieure d’une feuille de Lilas.
Les poils et les aiguillons (qu'il ne faut pas confondre avec les épines ou piquants) sont encore des dépendances de l’épiderme. Ils sont formés par la saillie d’une cellule ou par la réunion de plusieurs. Quelques-uns, ceux de l'Ortie, par exemple, renferment un liquide particulier; on les nomme poils glanduleux, et ils forment un passage insensible aux glandes. Il est peu de plantes qui soient dépourvues de poils; on en trouve surtout sur celles qui vivent dans les lieux secs et arides.
Fig. 16. — Aiguillons. Fig. 17. — Cuticule.
La cuticule est une membrane continue, et qui ne parait pas organisée. Elle existe dans toutes les
plantes, même dans celles qui sont dépourvues d'un véritable épiderme. Elle se moule exactement sur celui-ci quand il existe.
. Fig. 18. — Poil simple. Fig. 19 — Poil bifurqué. Fig 20 — Poil rameux
LR
Fig. 21. — Poil en étoile Fig. 22 — Poil en pinceau.
Les poils affectent des formes très-variées; ils sont simples, bifurqués, rameux, en pinceau, en étoile, en écusson, ete. Mais la description s'attache surtout à faire connaître l'apparence qu’ils communiquent aux surfaces des divers organes (tiges, feuilles, ete.) sur lesquels ils se trouvent. De là quelques termes dont nous devons faire connaître la signification :
Glabre, état d’une surface dépourvue de tout poil. Glabratus, qui a perdu son poil.
Poilu (pilosus), garni de poils.
Pubescent, garni de poils mous, assez courts et un peu clair-semés, d'un duvet (pubes) comparé celui du menton d’un adolescent.
Velu (villosus), garni de poils doux, longs, un peu obliques. Hérissé (hirsutus), intermédiaire entre cet état et le suivant. Hispide (hispidus, hirtus), couvert de poils roïdes, non couchés. Soyeux (sericeus), garni de poils couchés, soyeux, à reflet plus ou moins brillant. Velouté (velutinus), couvert d’un duvet court, ras, comme du velours. Cotonneux (tomentosus), couvert de poils crépus comme le coton, entremêlés en une sorte de feutre” (Lomentum).
Laineux (lanatus, lanuginosus), couvert de poils longs, mous, entre-croisés, comme la laine (1). Cilié (ciliatus), offrant sur les bords des poils un peu roides et écartés. Barbu (barbatus), à poils disposés par touffes. Aiguillonneux (aculeatus), couvert d’aiguillons, comme le Rosier. Il ne faut pas confondre avec épineux.