ESPRITS, EAUX-DE-VIE ET SPIRITUEUX
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Ainsi, en dix ans, la consommation de l’alcool pur est passée de 1,444,386 hectolitres à 1,539,395 hectolitres, c’est-à-dire qu’elle a augmenté de 6,17 p. 100. Dans le même laps de temps la consommation de l’absinthe est passée de 57,732 hectolitres à 127,888 hectolitres, c’est-àdire qu’elle a augmenté de 55,47 p. 100. En effet, l’absinthe est devenue une boisson à la mode. Autrefois, les hommes seuls se livraient à cette boisson, et parmi les hommes les buveurs les plus incorrigibles ; aujourd’hui les femmes l’ont adoptée (1). Or, de toutes les boissons alcooliques, l’absinthe et ses similaires sont les plus nuisibles, celles qui exercent les plus grands ravages dans l’organisme.
Après avoir constaté la progression continue de la consommation de l’alcool, il faut en rechercher les conséquences. La plus importante, celle qui a tout d’abord appelé l’attention sur les funestes effets de l’alcoolisme, c’est l’augmentation du nombre des aliénés. Depuis un demi-siècle cette augmentation est constante. Sans doute elle a surtout pour cause générale la vie enfiévrée moderne, mais l’alcoolisme y contribue ausâi. Voici d’abord le tableau du nombre des aliénés, de 1835 à 1894 (Voir page 700).
De 1835 à 1839 le nombre moyen des aliénés a été de 3,42 pour 10,000 habitants ; en 1894 il a été de 15,63 pour 10,000 habitants. C’est par une progression lente, mais incessante, que cette énorme proportion a été atteinte.
(1) Dans la population ouvrière féminine ou croit généralement qu'avec une forte « cuite d’absinthe on peut se débarrasser d’un enfant, dans les premiers mois de la grossesse.
HYGIÈNE INTERNATIONALE ET ADMINISTRATIVE