DE TERRAIN
Total.
HOPITAUX ET HOSPICES
A l’étranger, on a dans ces dernières années parfois largement dépassé ce chiffre (1).
L’hôpital Saint-Wladimir, construit en 1870 dans la banlieue de Moscou, pour 180 malades seulement, couvre une surface de 133,449 mètres carrés, ce qui fournit 740 mètres à chaque malade. Cela est peut être excessif. Quelques hôpitaux étrangers, non des plus mauvais, ont, pour chaque malade des surfaces bien moindres, qui oscillent entre 80 et 100 mètres carrés ; — par exemple l’hôpital cantonal de Zurich a 800,000 mètres carrés de surface totale, ce qui fait pour chaque malade 100 mètres. L’hôpital militaire de Berlin (près Tempelhof) donne 122 mètres carrés par malade ; l’hôpital Friedricshain 150 mètres carrés ; l’hôpital de Dusseldorf seulement 80 mètres carrés.
La surface attribuée à chaque malade, si on envisage la surface totale d’un hôpital, ne suffit pas à assurer la salubrité de l’établissement. Indépendamment de diverses considérations très importantes et notamment de la disposition générale des bâtiments, du cube d’air des salles et d’autres points de détails dont nous aurons à parler tout à l’heure, il serait imprudent d’accumuler au même point, même sur un terrain très étendu, une quantité considérable de malades. Les exemples qu’on connaît de telles agglomérations comme par exemple le grand hôpital de Vienne, ne sont pas à imiter. A plus forte raison ne doit-on pas songer à des hôpitaux plus nombreux et si on cite quelquefois les hôpitaux ou les américains avaient réuni, pendant la guerre de sécession, -plusieurs milliers de blessés, il s’agissait en somme d’hôpitaux temporaires et non d’hôpitaux permanents. La Société de chirurgie, la Société de médecine publique, ne veulent pas que le nombre des malades dépasse 500 dans un même établissement; Michel Levy fixait comme maximum 400 lits, Marjolin 300, Verneuil 200. Tous les travaux faits depuis cinquante à soixante ans sur les hôpitaux ont montré qu’il y avait une moindre mortalité dans les petits hôpitaux que dans les grands.
D’autre part, il n’est pas sans péril de diminuer indéfiniment le nombre des lits d’un hôpital, car si, selon la belle formule de Leroy, un hôpital est une machine à soigner les malades, il faut que cette machine soit complète, qu’il n’y manque aucune pièce importante, et les très petits hôpitaux, dans notre pays surtout et avec la conception routinière d’une assistance basée sur les générosités privées, ne sont pas assez riches pour être outillés convenablement.
§ IV. — Disposition générale «les constructions-
La disposition générale actuellement acceptée par les hygiénistes pour les constructions hospitalières est celle des pavillons isolés et autant que
(1) Article Hôpitaux du Dict. Encycl.
possible à simple rez-de-chaussée. Le pavillon à rez-de-chaussée et un étage, si surtout le rez-de-chaussée est affecté à des salles de jour, peut aussi permettre de réaliser les conditions d’une sage hygiène.
On objecte que le pavillon à rez-de-chaussée simple, qui est préférable, est aussi plus cher et qu’il nécessite un plus vaste terrain d’assiette. M Tollet a montré (1) que cette opinion était inexacte ou à tout le moins exagérée ; que si on veut espacer les pavillons à une distance qui soit deux fois leur hauteur il faut, à très peu près, autant de terrain dans les deux cas (2).
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Fig. 35. — Hôpital de 300 lits. (Pavillons sans étage).
Comparons, dit-il (fig. 35 et 36), deux hôpitaux pour 300 lits : l’un avec pavillons sans étage : l’autre avec un étage superposé sur un premier.
Pour loger 300 malades dans l’un :
Il faut 12 pavillons de malades ou blessés à 22 lits,
ensemble 264 lits.
3 pavillons de contagieux de 12 lits, ensemble .... 36 »
Total 300 lits.
(1) Bull. Soc. Mêd. Publique , 1883.
(2) Les pavillons doivent être non seulement isolés mais suffisamment distants et cette distance ne doit pas être moindre de deux fois la hauteur des pavillons. C'est même là une distance tout à fait ininima et il vaudrait mieux qu’elle put être portée à 3 fois la hauteur.
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HOPITAUX ET HOSPICES
Dans l’autre, il ne faudra que :
G pavillons de malades ou blessés à 44 lits, ensemble. 264 lits.
3 pavillon-s de contagieux à 12 lits, ensemble 36 »
Total égal 300 lits.
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Fig. 36. — Hôpital de 300 lits. (Pavillons avec un étage).
Les pavillons sans étages (fig. 37) ayant 11 mètres de hauteur y compris un soubassement A de 3m20 de hauteur à aération libre et qui pourra être utilisé en temps de guerre, l'espacement entre deux pavillons consécutifs devra être de 25 mètres.
Les pavillons à un étage (fig. 38) ayant une hauteur de 22m507 y compris soubassement et comble, l’espacement devra être de 45 mètres. On remarquera, d’ailleurs, qu’au point de vue de l’aération extérieure et de l'action bienfaisante du soleil, des bâtiments de 22 mètres de hauteur espacés à 45 mètres sont souvent dans des conditions moins bonnes que des bâtiments de 11 mètres espacés de 25 mètres ; car des écrans aussi éle-
Fig. 37. — Pavillon sans étage v£s laissent trop souvent les parties basses (système Follet) avec soubasse- , . . r , ,
ment des batiments et les cours séparatives en
Il est loin d’en être ainsi à l’Hôtel-Dicu de Paris, déjà si critiquable à d’autres égards ; ni même à l’hôpital Lariboisière où les pavillons hauts de 56 à 57 mètres sont séparés par un espace de 20 mètres.
dehors de l’influence des courants atmosphériques et il s’y forme des remous aériens.
Toutefois admettons la proportion posée en principe.
Dans les deux plans comparés, tous les bâtiments, autres que les pavillons des malades, ont été conservés en même nombre, avec les mêmes surfaces; les chemins, jardins, etc., ont les mêmes largeurs. Dans les deux cas, les pavillons de contagieux sont sans étages.
Pour l’un, il faut, non compris le boulevard extérieur, un espace rectangulaire de 200 x
230 mètres 46.000mc
Pour l’autre, la superficie ne se réduit qu’à 200 mètres x 200 mètres — 40 . 000mo
Différence 6.000mc
Soit environ un huitième.
Un reproche qu’on a fait aussi aux pavillons isolés, c’est de rendre la surveillance difficile et d’augmenter les frais d’exploitation, mais Richard fait justement observer que : tandis que dans les grands établissements massifs d’autrefois, avec leurs dédales de couloirs, d’ailes, de cours, où le personnel se croisait dans tous les sens, la surveillance était difficile et les responsabilités impossibles à établir, dans les bâtiments restreints et juxtaposés, ayant chacun son personnel distinct et constituant une unité administrative et disciplinaire bien nette, le contrôle est aisé et les responsabilités difficiles à éluder. Il faut ajouter que les communications téléphoniques permettent aux parties les plus éloignées d’être sans cesse en communication avec la direction, et qu’un système de rails facilite les transports de la lingerie, du vestiaire ou de la cuisine dans toutes les salles avec une grande commodité.
Dans une intéressante étude sur les plans généraux des Hôpitaux, G. Tollet a recherché pour un certain nombre de types la longueur des parcours entre le centre des salles des malades et les services généraux.
Cette étude est curieuse à plus d’un titre. Elle rappelle que si le plan d’ensemble des anciens hôpitaux est irrégulier, on trouve dès le xvie siècle, avec Philibert Delorme, la forme cruciale. Les architectes italiens de la Renaissance qui construisirent les hôpitaux de Milan et de Florence, donnaient à la masse architecturale la forme rectangulaire, mais réunis-
Fig. 38. — Pavillon à un étage avec soubassement et comble.
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saient les salles centrales, en forme de croix, à un dôme commun plus élevé qui devait sans doute faire office de ventilateur. Soufflot, au xvne siècle, paraît s’ètre inspiré des mêmes principes en construisant l’Hôtel-Dieu de Lyon (1).
Aujourd’hui ces blocs sont condamnés, on ne veut plus d’énormes agglomérations de malades, le maximum des lits doit être de 500, de 000 au plus, et ce n’est guère, dans les temps récents, qu’au moment de la guerre de Sécession, qu’on a vu sans étonnement les Américains construire de vastes hôpitaux baraques pour 1,000, 2,000 et même 4.000 malades, sur des surfaces qui occupèrent jusqu’à 50 hectares.
Ces baraquements furent d’ailleurs agglomérés selon les formes les plus variées (angulaires, comme à Hampton ; rectangulaires comme à Mower; circulaires, à Sedwick, Hicks, Ham, Jefferson: elliptiques, à Macdougal, etc.).
Mais l’hôpital moderne rationnel de 500 lits comporte une surface bâtie de 10,000 mètres carrés, soit un hectare, et composée des bâtiments suivants, d'après l’opinion de Tollet.
16 pavillons doubles de malades, blessés et convalescents, dont 2 de
rechange :
Soit 10 pavillons occupés par 38 lits 380 lits.
— 3 pavillons doubles de contagieux
ayant chacun 30 lits 90 —
Maternité et son infirmerie 20 —
Pavillon de malades payants. . 10 —
Total 500 lits.
Ces bâtiments pourraient admettre 600 lits si on occupait les deux pavillons de rechange et une partie du rez-de-chaussée. Or, prenant pour base de la densité de la population de l'hôpital 150 mètres carrés de terrain par tête, soit 9 hectares pour 600 lits, Tollet a examiné la longueur des parcours sur 25 combinaisons principales et sur 7 formes plus ou moins originales d’hôpitaux étrangers. Pour les 25 combinaisons en question, il a dressé le tableau suivant :
(I) Le système crucial avec ou sans parallélogramme unissant les branches (le la croix, se retrouve en plusieurs hôpitaux de l’étranger (Saint-Louis de Gonzague, à Turin) et de notre pays (hôpital de Carcassonne, hospice général de Douai, etc.).