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Pavillon d'opérations
Plan du Rez de Chaussée
Échelle de 0.004. p.m
Fig. 62.
La salle d’opérations de l’hôpital nouveau de Hambourg (fig. 62) destiné à faire face aux exigences d’un service de chirurgie de 441 lits, réunit presque tout l’ensemble des progrès réalisés, soit en Allemagne, soit à l’étranger, à la suite de l’application des méthodes antiseptiques (1).
(1) H. Belouet, loc. cit.
Un bâtiment entier lui est affecté, lequel bien placé au centre de la section chirurgicale, et élevé sur caves d’un rez-de-chaussée et d’un étage, comprend une grande salle d’opérations, une salle plus petite poulies malades septiques, et une fabrique spéciale d’objets de pansement, les chirurgiens de l'hôpital ne se servant exclusivement que des objets de pansement fabriqués sous leurs yeux (1).
Sous-sol. — Dans le sous-sol, auquel on peut accéder directement du dehors, on trouve , outre quelques chambres pour le personnel , des cabinets d’aisance, une salle de bains confortablement établie et munie de lavabo, baignoire, appareils d’hydrothérapie, le tout à l’usage des chirurgiens avant ou après les opérations, la chambre du chauffeur, celle de la chaudière, de même système que les précédentes, et une ou deux pièces dans lesquelles sont lavées et décortiquées à l’acide les éponges et les mousses servant aux pansements, et enfin où sont lavés les vases à solutions.
Les sols de toutes ces pièces sont en ciment, avec écoulement d'eau à l’égoùt, et l’eau chaude (chauffée par la chaudière) y est distribuée à profusion, ainsi que l’eau froide.
Une conduite spéciale de vapeur à haute pression, venant du bâtiment des machines, donne à cet étage un robinet avec jet de vapeur permettant le nettoyage antiseptique des vases et appareils divers.
Rez-de-chaussée. — Par une rampe d’accès, les chariots transportant les malades arrivent facilement aux salles d’opérations.
A gauche en entrant, on trouve la grande salle d’opérations, ouvrant directement sur le vestibule. Cette salle, de 10 mètres sur 5 m. 75 de largeur et 5 mètres de hauteur, en partie située dans le bâtiment, se prolonge extérieurement par une vaste véranda pentagonale. Dans le bâtiment, les murs de la salle sont, ainsi que les plafonds, entièrement recouverts de carreaux en grès vernissé, produisant des surfaces imperméables et remarquablement unies. Les angles horizontaux sont en carreaux arrondis, et les angles verticaux sortants sont protégés par des cornières en fer, peintes en blanc et vernies.
La véranda est entièrement en fer et verre. Les châssis sont ouvrants et à double paroi de glace. Les glaces intérieures sont dépolies jusqu’à 1 mètre environ au-dessus des appuis, situés eux-mêmes à environ 1 mètre du sol. Le plafond de cette véranda est en verre dépoli, mais il est recouvert d’un comble vitré. Les poussières s’amassent sur ce plafond, qui est d’un aspect malpropre et donne si peu de lumière qu’il pourrait être facilement supprimé. L’éclairage plongeant est donc à peu près nul.
Le chauffage de cette salle est obtenu à la fois par le rayonnement du plancher et par l’admission d’air chaud comprimé.
(1) Si cette mesure était adoptée chez nous, elle réaliserait en général une très notable économie.
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On a voulu se servir des appuis des châssis de la véranda pour augmenter la surface rayonnante. A cet effet, on a prolongé dans l’épaisseur de ces appuis les tuyaux du chauffage des planchers, et on les a recouverts d’une tablette et d’un revêtement vertical en verre opale de 0m015 à 0m2 d’épaisseur. Malgré cette épaisseur, le verre n’a pu résister à la chaleur et s’est fendu en de nombreux endroits.
Un poêle à ailettes, placé dans un appui de croisée, complète ce chauffage. Pendant les grands froids, on peut obtenir 30 degrés, température que les chirurgiens allemands ne désirent même pas atteindre en général. On n’a pas cherché à assurer le renouvellement de l’air pendant les opérations autrement que par l’ouverture de quelques carreaux.
L’enseignement, n’étant pas donné dans l’hôpital, il n’y a dans la salle, au moment des opérations, que le patient et le chirurgien avec ses aides.
Grâce aux vastes proportions de la pièce, le renouvellement de l’air peut être suffisamment assuré par l’ouverture de la porte pendant quelques minutes dans l’intervalle des opérations.
Le sol de cette salle est en mosaïque. Il est déjà, dit M. Belouet, fortement crevassé, et les chirurgiens regrettent qu’on n’ait pas employé le grès cérame. Deux ou trois cuvettes, avec grilles à la surface du sol et double siphon au-dessous, assurent l’écoulement des eaux de lavage et des liquides de toutes sortes.
A droite et à gauche de la porte d’entrée sont deux lavabos à deux places. Le dossier et le dessus de ces lavabos sont en verre opale d’un assez heureux effet. Chaque cuvette, très profonde, est pourvue d’un robinet d’eau chaude et d’un robinet d’eau froide. L’eau chaude de ces lavabos n’est pas filtrée, l’eau froide non plus ; elles viennent de la canalisation générale. Scellés aux murs sont trois robinets montés sur fourchettes en cuivre et alimentés en eau chaude , eau froide et vapeur. Des lances pour le lavage des parois, l’emplissage des seaux, des vases, etc., peuvent être adaptées à ces robinets. Un réchaud à gaz fixé au mur peut servir en cas d’accident aux conduites d’eau chaude.
Au long du mur, et à hauteur suffisante, sont des vases à solution, avec vidange par le fond, lesdits vases montés sur des cornières en fer scellées au mur.
Des tiges en cuivre fixées au plafond servent de supports aux tubes de caoutchouc venant de ces vases, tubes qui peuvent être amenés audessus des lits d’opérations.
Cette salle contient trois lits. Le principal, placé au centre de la pièce, est fixe ; il est à double fond et chauffé par un tuyau de vapeur avec robinet permettant de graduer le chauffage.
Les deux autres lits sont mobiles. Au pourtour de l’un d’eux est une gouttière ramenant toutes les eaux dans un seau placé au pied.
Le dernier est constitué par une simple glace brute de forte épaisseur, supportée par une armature métallique.
Cette salle est éclairée par le gaz au moyen de lampes genre Wenham et par l’électricité. Les appareils électriques, suspendus par leurs fils au-dessus des lits, se composent de quatre ou cinq lampes à incandescence placées au foyer d’un abat-jour en métal. Des lampes à incandescence, mobiles, avec poignée et enveloppe protectrice en cristal épais, rendent les plus grands services pour les explorations. Le chirurgien peut les placer sur le lit et sur le malade même, et conserver la liberté de ses mouvements.
Communiquant immédiatement avec cette salle par une large baie sans porte est une autre pièce dont les parois sont également revêtues de grès vernissé. Cette salle, dite salles aux instruments , contient, dans quatre grandes armoires en fer et glace, une superbe collection d’instruments toujours prêts à servir. Les armatures en fer de ces armoires sont peintes à l’huile au vernis ton blanc avec filets bleus. Le soubassement contient deux rangées de tiroirs en tôle peinte de même. Les intérieurs de ces tiroirs, renfermant des objets de pansement, sont doublés en glace. Lé dernier tiroir est à 0m20 ou 0m25 du sol, de façon que le dessous de ces armoires puisse être constamment tenu propre. Chauffée comme la salle d’opérations, cette pièce communique par une porte avec le vestibule, et par une porte à guichet avec une grande pièce contiguë renfermant, dans des armoires à claire-voie, tous les objets de pansement, appareils, etc., usités dans la chirurgie moderne. Le sol de cette salle est en mosaïque. Les murs en sont peints à l’huile, et le chauffage assuré par des poêles à ailettes.
En face, de l’autre côté du vestibule, est une grande pièce destinée dans le principe à l’application des bandages plâtrés ou silicatés. Actuellement, cette pièce a été transformée en laboratoire pour le chef de service, laboratoire installé fort simplement, du reste.
A la suite sont deux salles d’attentes, ou mieux, deux salles d’anesthésie pour les malades septiques et aseptiques.
A la suite encore est la salle d’opérations pour les cas septiques. Elle est entièrement semblable à la première décrite, à cela près qu’une cloison parallèle au mur du vestibule détermine à son détriment une sorte de second vestibule servant de vestiaire aux chirurgiens.
Tous les malades sont amenés au pavillon d’opérations dans un brancard à capote et bâche en cuir, parfaitement suspendu à un train de roues fort bien disposé. Ce train de roues y?st assez élevé pour pouvoir passer au-dessus des tables d'opérations et amener le brancard sur cette table. Le transport du malade du brancard sur la table d’opérations, et réciproquement, s’effectue dans les meilleures conditions.
Dans certains cas, le malade est opéré sur le brancard même, auquel vient s’attacher le train des roues, évitant ainsi tout transbordement du patient.
Au premier étage est la fabrique de pansements, occupant (tant au
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sous-sol qu’à cet étage) un personnel delà infirmiers. Dans une première pièce est une sorte de laverie, dans laquelle se terminent les préparations par voie humide des mousselines, mousses, éponges, etc. L’eau froide et l’eau chaude sont distribuées à profusion dans cette pièce, qui est munie d’une étuve-séchoir à vapeur sèche donnant une vapeur de 120°. Dans la pièce à la suite, on prépare tout particulièrement les pansements antiseptiques : coton, mousseline, etc. Un premier séchoir, composé seulement d’une sorte d’armoire en fer avec tuyaux de circulation de vapeur à la partie basse, sert à commencer le séchage des objets de pansement. A la partie supérieure de cette étuve est un compartiment spécial destiné à la stérélisation des instruments. Les instruments stérilisés sont descendus, en boites fermées, dans les armoires aux instruments de la salle d’opérations. Dans une pièce suivante, on termine le paquetage des pansements, et enfin une dernière pièce sert de magasin.
Toutes les peintures sont faites à l’huile. Les sols sont en mosaïque, qui se comporte fort mal sous l’influence de la chaleur des étuves. La vapeur sous pression qui alimente les étuves à stériliser vient directement du bâtiment des machines.
La salle d’opérations de l’hôpital d’Urban, à Berlin, a été également étudiée avec beaucoup de soin, nous donnons ci-contre le schéma de cette construction (fig. 63).
En entrant dans le vestibule, on trouve immédiatement, à droite, une salle d’attente ou d’anesthésie pour les malades hommes. C’est dans cette salle qu’on a dû installer, après coup, un appareil à vapeur sous pression pour faire bouillir l’eau nécessaire aux opérations. A la suite est une salle pour les pansements. Comme il n’y a qu’une seule salle d’opérations, le docteur Korte, qui dirige le service, se sert de cette salle, fort exiguë et assez mal éclairée, pour y opérer les cas septiques; mais l’installation y est imparfaite (1).
Les murs sont revêtus de grés vernissés et la pièce est munie d’un lavabo à trois places à dessus d’ardoise avec robinet mélangeur au-dessus de chaque cuvette. Une armoire en fer et verre contient les instruments exclusivement destinés à cette salle. Un réchaud à gaz complète cette installation.
Le chauffage est assuré par un poêle à ailettes.
Sur ce même vestibule ouvre, en face de la salle d’anesthésie des hommes, celle des femmes, par laquelle on a accès à un cabinet pour le chirurgien. Dans ce cabinet est une installation des plus sommaires pour permettre quelques analyses microscopiques.
Tous les sols de ces pièces sont en mosaïque, et les parois peintes à l’huile au vernis.
(1) Belouet, loc. cit.
Dans l’axe du vestibule est la porte de la salle d’opérations.
Cette salle, disposée à peu de choses près comme celle de Hambourg, a 11 mètres de long et environ 5 mètres de hauteur. La plus grande partie est formée par une véranda sur plan polygonal, et pour laquelle on n’a pas jugé indispensables les doubles fenêtres.
Chaque face du polygone se compose d’un châssis vitré de glaces et ouvrant en deux parties sur la hauteur. La partie haute s’ouvre à abattant, et, de plus, est formée de lames de jalousie en glace. Le plafond de cette véranda est vitré.
Les parois de cette salle et les parties de plafond qui ne sont pas vitrées, sont revêtues de grés vernissé. Les appuis de châssis de la véranda sont à environ deux mètres du sol ; ils sont recouverts en ardoise d’environ 30 à 40 centimètres de largeur, ce qui permet de poser sur cet appui, et tout au pourtour à bonne hauteur, les flacons et bocaux de
solutions. Au-dessus de cet appui, et pourtournant toute la salle, sont dix cours de tuyaux de vapeur à basse pression disposés au long des murs. Ces tuyaux, peints à l’huile au vernis et en blanc, ne sont jamais chauffés à plus de 70 degrés. De plus, l’avancée de la tablette en ardoise empêche qu’on approche assez près pour en avoir des inconvénients. Le docteur Korte préconise ce système, dont aucune partie n’est cachée et qui permet un nettoyage facile. Par des robinets, on peut régler ce chauffage, qui est très suffisant malgré la déperdition par les grandes surfaces vitrées à simples châssis.
Le sol est en mosaïque, et, comme à Hambourg, en assez mauvais état. Les eaux s’écoulent par des cuvettes à siphon.
L’éclairage est assuré par quatre lampes à arc suspendues au plafond et par quatre appareils à lampes à incandescence. Sur les trumeaux, deux lampes électriques mobiles rendent les plus grands services pour les explorations de toutes sortes. Deux autres lampes électriques mobiles, avec réflecteur en métal argenté, ont été récemment placées, à la demande du chirurgien.
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En entrant, à gauche, est un lavabo à trois places avec tablettes et dossier en ardoise. Les cuvettes sont à bascule et les robinets à eau chaude et froide sont posés à niveau de ces cuvettes. A la suite de ce lavabo est une tablette en ardoise sur consoles en fer, ladite destinée à recevoir une ou deux cuvettes remplies de liquides antiseptiques : sublimé, carbol, etc., dans lesquels le chirurgien trempe ses mains avant d’opérer. De l’autre côté de la porte, et placé symétriquement, est un vidoir en grès, profond, à deux compartiments et muni d’un appareil en cuivre à trois robinets : eau chaude, eau froide, mélangeur, ce dernier à genouillère. Aux murs sont quelques armatures en fer supportant des bocaux de solutions et un robinet d’eau auquel peut s’adapter une lance.
L’appareil à stériliser les instruments se compose d’un serpentin de vapeur, placé au fond d’un bain-marie où l’on fait en huit minutes bouillir les instruments dans de l’eau additionnée de soude.
La table d’opérations est en métal ; elle est portée par une armature avec pieds à roulettes, mais des patins articulés permettent de lui donner la stabilité nécessaire pendant les opérations. Sur cette table, le coussin est remplacé par une bande de caoutchouc épais. La table à instruments est en glace et métal ; le dessus en glace est mobile. Une prise de vapeur permet, en cas urgent, de stériliser immédiatement les instruments. Une autre permet, en cas d’infection, de remplir de vapeur la pièce tout entière.
A droite de cette salle, et communiquant avec elle par une baie sans porte, est la chambre aux instruments, où l’on trouve, adossée au mur opposé à la fenêtre, une vaste armoire en fer et verre contenant tous les instruments du service ; devant cette fenêtre deux tablettes de verre sur consoles en fer supportent les bocaux à éponges.
En face de cette chambre, et symétriquement placée par rapport au grand axe, est une pièce servant de vestiaire pour les assistants et renfermant des appareils pour le traitement par l’électricité. Certains de ces appareils sont alimentés par l’usine de l’hôpital.
Le docteur Korte se plaint, avec raison, que ces deux dernières pièces n’aient de dégagement que par la salle d’opérations. U voudrait qu’une porte permît à chacune d’elles de communiquer avec le vestibule, et désirerait enfin une salle spéciale, assez vaste et bien éclairée, pour les opérations septiques. Ces modifications rendraient les dispositions de l’ensemble beaucoup plus irréprochables.
Premier étage. — Un escalier mène au premier étage, où se trouvent deux pièces dans lesquelles on fabrique une partie des pansements et où est installée une étuve à vapeur sous pression pour stériliser pansements et instruments, Des expériences ont prouvé que cet appareil pouvait en dix minutes élever de 101 à 103 degrés la température intérieure d’un paquet de bandages. Le surplus de cet étage est occupé par les réservoirs d’eau chaude et froide.
Le chauffage de tous les locaux de ce bâtiment est assuré par des poêles à tuyaux verticaux.
Nous avons reproduit, avant celui de l’hôpital d’Urban, le bâtiment d’opérations de l’hôpital neuf de Hambourg parce qu’il est un des mieux compris, mais il convient de faire remarquer que l’enseignement n’étant pas donné dans cet hôpital la salle d’opération ne reçoit que le chirurgien et ses aides. Le problème est alors relativement facile à résoudre.
HÔPITAL STANTOINE
SaJIe d'opérations
Fig. 64. — 1, étude Wiesnegg ; 2, tatde verre et laiton ; 3, chauffoir ; 4, table verre carrée ; 5, table verre carrée ; 6, tablette verre fixée au mur ; 7, lavabo à 2 cuvettes ; 8, réservoir d’eau ; 9 appareil à chauffer l’eau ; 10, table en noyer sur pied ; 11, table verre et laiton ; 12, réservoir à eau chaude; 13, autoclave ; 14, réservoir en verre pour eau filtrée ; 15, filtre; 16, pupitre avec tabouret ; 17, chauffe linge ; 18, appareil tubulaire à surchauffer l’air ; 19, tablette verre fixée au mur ; 20, lit d’opérations, roulant. — A, porte en tôle ; B-C, armoires vitrées ; D, réservoir d’eau ; E, seau émaillé ; F, entrée des élèves ; GG, gradins.
Mais s’il s’agit d’un amphithéâtre où les élèves doivent assister à l’opération faite par le maître, s’il faut rechercher dans cette condition particulièrement difficile les moyens de favoriser l'aseptie et l’antiseptie, la difficulté devient plus grande. On a tenté pourtant, non sans succès, de résoudre le problème, dans la construction des amphithéâtres d’opérations de l’hôpital Saint-Antoine à Paris (fig. 64).
Les salles d’opérations de Saint-Antoine ont été construites en 1888-89 par M. Grandjacquet, architecte de l’hôpital, sur les indications [tout-es
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spéciales de M. le docteur Ch. Monod qui, sur la demande de M. Peyron, directeur de l’Assistance publique, en avait rédigé le programme.
Tout en ménageant l’emplacement nécessaire pour l’enseignement, emplacement il est vrai très restreint, puisqu’une quinzaine d’élèves au plus, peuvent y trouver place, on a cherché à réaliser les conditions de l’antiseptie la plus rigoureuse.
L’hôpital Saint-Antoine comprend deux services de chirurgie. Chacun d’eux est pourvu d’une salle d’opérations.
La salle d’opérations est séparée des salles du service par un vestibule à grandes portes opposées ; il est précédé d’une antichambre qui renferme un lit à opérations roulant, une armoire contenant les pansements, une vitrine renfermant le jeu complet des instruments réservés spécialement aux opérations effectuées dans le pavillon, et une table pour la préparation du matériel avant chaque opération.
Les opérateurs pénètrent dans la salle d’opérations par cette antichambre ; les spectateurs ont accès dans une tribune par un escalier extérieur et se tiennent sur des gradins en dalles de verre , séparés par une barrière fixe de la salle d’opérations.
Le sol de la salle d’opérations est en carrelage céramique impénétrable aux liquides ; les parois sont en glace jusqu’à hauteur d’homme et dans les parties élevées en enduit dur à peinture spéciale supportant des lavages journaliers.
Au centre du dallage un siphon est destiné à l’écoulement des eaux ; un réservoir de chasse automatique situé dans l’antichambre le lave à des intervalles réguliers, réglés à volonté.
Tous les angles sont arrondis et revêtus de tôle émaillée au grand feu.
La salle reçoit les eaux de source au travers d’une batterie de filtres Chamberland qui dessert un réservoir en glace, une chaudière à gaz et les lavabos à eau chaude et froide. Une lance est disposée pour les grands lavages journaliers.
L’éclairage est fait par des lampes à l’albo-carbon qui donnent une lumière intense d’une blancheur parfaite et d’une fixité absolue.
La tuyauterie de l’eau et du gaz est en cuivre nikelé.
Le chauffage comporte deux appareils :
1° Un calorifère situé dans une cave voisine envoie l’air chaud dans la salle au travers de cent trente tubes en métal dont les orifices juxtaposés affleurent le mur de la salle et peuvent être fermés par des portes en cuivre nickelé, au-dessous de ces tubes est disposée une batterie de quarante-cinq becs de Bunsen dont le gaz, brûlant dès l’instant où Ton ouvre les battants, porte les tubes à une température assez élevée pour assurer une complète stérilisation de l’air qui les traverse ;
2° Une armoire métallique chauffée au gaz pour le linge.
Le mobilier comprend :
Une table à opérations, roulante, d’un modèle spécial à l’hôpital ;
Encyclopédie d’hygiène. — V. 30
Quatre tables étagères roulantes en cuivre et glace ;
Deux tablettes en glace à supports de nickel ;
Une petite table d’un modèle spécial à l’hôpital pour les opérations du bras et de la main, à niveau variable ;
Une étuve à air sec avec thermomètre métallique (modèle spécial à l’hôpital) pour stériliser tous les objets solides depuis les instruments jusqu’aux cuvettes :
Une étuve Weisnegg à régulateur pour la stérilisation des instruments;
Une étuve autoclave pour la stérilisation des pansements par voie humide ;
Une chaudière pour stériliser l’eau à pansements (modèle spécial à l’hôpital) ;
Un porte-pulvérisateur à niveau variable (modèle spécial à l’hôpital) :
Un tabouret à vis pour l’opérateur ;
Un pupitre pour les registres des opérations faites dans la salle.
§ XL — Annexes «livei-» des services hospitaliers.
Administration. — Economat. — Pharmacie. — Un certain nombre d’annexes nécessaires à un hôpital ne nous arrêteront que quelques instants. 11 est évident que les services de l’économat et de la comptabilité doivent être placés dans une partie centrale. L’étendue que ces services doivent avoir varie avec la population de l’hôpital, et suivant que cet hôpital reçoit des civils et des militaires, ou seulement des civils. Il est bon en tout cas que l’économe ait ses magasins pour ainsi dire sous la main et qu’il les puisse facilement surveiller. Il ne faut pas cependant qu’ils soient trop ramassés, comme cela a lieu dans certains établissements allemands (1).
C’est dans cette partie des services que peuvent être logés la bibliothèque, les archives, la salle de réunion de la Commission administrative.
Soit dans cette partie des bâtiments, soit en un autre point central par rapport au service des malades doit se placer la pharmacie avec son laboratoire et sa tisanerie ; c’est par des guichets ouverts sur cette tisannerie que doivent partir les tisanes et toutes les préparations pharmaceutiques remises aux surveillants et aux surveillantes, qui ne doivent jamais pénétrer ni dans la pharmacie, ni dans le laboratoire.
A ces annexes des services hospitaliers, il faut joindre un parloir, qui doit autant que possible être situé près de l’entrée.
(I) Voir plus loin la description de l’hôpital de Hambourg et de l’hôpital Urban (Berlin).
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Chapelle. — S’il entre dans les plans de l’Administration d’avoir une chapelle, elle ne doit pas être trop grande, ni affecter ces airs de cathédrale qui écrasent les humbles constructions des pavillons, et où les pierres et les écus s’entassent au détriment, bien souvent, de la fortune des pauvres.
Il faut songer d’ailleurs que la plupart des malades ne peuvent s'y rendre, qu’elle est seulement à l’usage des convalescents qu’on ne saurait contraindre à assister aux offices.
Elle ne doit en aucun cas être à la disposition du public. Ce mélange, qu’on trouve trop souvent dans certains hospices, de convalescents et de valides venus du dehors est une cause possible de contagion. C’est, en tous cas, un prétexte à tolérer dans l’établissement des allées et venues qui nuisent au bon ordre.
La place de la chapelle n’est pas à l’entrée de l’hôpital, mais au fond, assez proche du dépôt mortuaire.
Dépôt mortuaire. — La disposition du dépôt mortuaire est variable suivant les nécessités locales et suivant l’importance de l’hôpital. Si l’hôpital est situé dans une ville qui soit un centre d’enseignement, il doit être pourvu d’un laboratoire; Dans le cas contraire, il suffit qu’on trouve dans le pavillon isolé qui doit être réservé pour ce dépôt :
1° Une salle de dépôt, où les sujets sont transportés après le décès et lorsqu’ils ont passé dans la salle le temps prescrit par les règlements ;
2° Une salle mortuaire, convenablement disposée, où le corps est transporté lorsque les familles demandent à le voir;
3° Une pièce pour les autopsies. Celle-ci doit être éclairée par le haut, pourvue de tables à dissection, avec un système d’irrigation commode placé au-dessus de la table, et un écoulement facile pour les eaux, à l’aide d’un tuyau à inflexion syphoïde. Ce cabinet est muni d’étagères pour les instruments, d’une vasque de pierre avec son robinet, pour laver à grande eau les pièces anatomiques, et d’un lavabo pour les médecins ;
4° Un appentis pour renfermer les bières, la sciure de bois, les liquides désinfectants, etc.
Ces quatre pièces se développent autour d’une cour qui communique avec l’extérieur par la porte du fond et d’où partent les enterrements.
Cette porte doit s’ouvrir directement à l’extérieur de l’hôpital, autant que possible sur une autre voie que celle qui donne entrée à l’établissement. Elle peut être dissimulée, dans un coin de terrain d’assiette, par un rideau d’arbrisseaux.
Sous aucun prétexte on ne doit tolérer que le dépôt mortuaire soit placé dans le bloc des contractions. 11 importe que les administrateurs des hospices consultent pour la position à donner à cette annexe l’avis du corps médical (1).
(1) Il n’y a pas plus de deux ans que l'un des plus importants hôpitaux d'un département
Buanderie. — La buanderie doit être munie de tous les appareils et procédés de désinfection les plus perfectionnés. Elle comporte la réception du linge sale, la salle pour le lavage, la salle des lessiveuses, les séchoirs soit à air libre soit à air chaud.
La buanderie peut avoir une grande importance quand elle est commune à plusieurs établissements, comme à Lyon où les hôpitaux et hospices sont desservis par une buanderie centrale.
Dans certains établissements importants le linge sale après avoir quitté les salles par des trémies spéciales, estporté par des vagonnets au dépôt où ce linge est d’abord reçu et désinfecté. A l’Asile National du Yésinet le bâtiment du linge sale est bien isolé de la buanderie ; c’est dans ce bâtiment qu’est l’étuve. Dans les pavillons de contagieux il conviendrait de passer les objets contaminés, linges et draps, à l’eau bouillante soit dans des chaudières ordinaires, soit dans des trempeurs du système Geneste et Herscher.
Bains et hydrothérapie. — Lavabos. — Nous avons dit que parmi
les annexes de chaque salle de malades doit se trouver une petite salle de bains. Il convient qu’il y ait là une ou deux baignoires fixes et une baignoire mobile. Si la salle est petite, qu’elle ne contienne qu’un petit nombre de malades ou si, l’espace faisant défaut, il ne peut être placé qu’une seule baignoire il faut que celle-ci soit mobile, montée sur roulettes caoutchoutées, afin qu’elle puisse aisément et sans bruit être transportée au lit d'un malade en cas de besoin.
Cette disposition d’annexes pour les bains près de chaque salle de malades permet de réduire considérablement le bâtimept des bains généraux d’un hôpital.
« Les salles de bains, disait J. Rochard (1), doivent contenir des cabinets pour bains ordinaires, des cabinets pour bains médicamenteux, pour bains de vapeur, avec lit de repos et une salle d’hydrothérapie. Cette dernière, ainsi que les cabinets pour bains de vapeur, peut être commune, parce qu’on peut assigner aux deux sexes des heures différentes pour les fréquenter et que leur installation est coûteuse. Les cabinets pour bains ordinaires et pour bains médicamenteux doivent être disposés en deux séries complètement isolés et placés de chaque côté du bâtiment. Les murs doivent être revêtus de carreaux de faïence jusqu’à une hauteur convenable. Les baignoires sont séparées par des cloisons peu élevées ou par des rideaux. A une des extrémités se trouvent les chaudières pour l’eau et pour la vapeur. Si la juxtaposition de la cuisine et des salles de
du nord de la France avait son dépôt morluaire sous une salle de chirurgie. Nous ne votflons pas citer explicitement un autre établissement où ce dépôt était au rez-de-chaussée au-dessus d’un sous-sol réservé à la boucherie et à la charcuterie.
(1) Société de médecine publique (1883).
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bain pouvait permettre de réaliser une économie sur le combustible, il n’y aurait aucun inconvénient à les rapprocher.
« La salle d’hydrothérapie doit comporter deux douches ascendantes, une douche en cercle, une douche écossaise et des jets directs de force et de dimensions graduées. Les mêmes dispositions se retrouveront dans l’organisation du service externe, quand il en existera un. »
Ce ne sont là que des indications. Il va de soi que le luxe plus ou moins grand du service des bains varie avec les ressources dont on dispose. Dans les petits hôpitaux et hospices mal dotés les cabinets de bains peuvent être simplement peints à l’huile mais à base de zinc, surtout dans les cabinets réservés aux bains sulfureux.
Ce qui importe c’est qu’on ne trouve plus dans l’avenir, comme aujourd’hui, de petits établissements qui n’ont même pas une baignoire ! Ce qu’il faut demander encore c’est que ceux qui en ont s’en servent plus souvent. Il y a tel hospice à notre connaissance où les vieillards et les infirmes ne sont jamais baignés à moins qu’ils ne tombent malades et que le médecin ne prescrive formellément un bain. — Il va de soi que la prescription du médecin est indispensable dans les hôpitaux, pour les malades ; mais dans les hospices l’usage des bains doit être une question de règlement et être aussi tout à fait régulier. Il en est de même dans les orphelinats où, trop souvent, les bains ne sont donnés qu’une ou deux fois chaque année.
Nos grands hôpitaux et hospices ont tous des services balnéaires et hydrothérapiques. Il en est de même des Asiles d’aliénés qui présentent souvent des dispositions très intéressantes dont nous aurons à parler dans le chapitre spécial consacré à ces malades.
A Paris tous les hôpitaux et hospices de l’Assistance publique sont pourvus de services de bains avec hydrothérapie. Les installations de bains les plus récemment faites ou refaites sont les mieux agencées et les plus conformes aux besoins de l’hygiène et du traitement par l’hydrothérapie. Ce sont celles de l’hôpital Saint-Louis, l’hôpital Laënnec, l’hôpital de Lourcine, l’hospice de la Salpêtrière et l’hospice des Énfants Assistés.
Tous ces services ont été installés avec les perfectionnements et les développements que comportent aujourd’hui les nouveaux programmes.
Ils ne diffèrent entre eux que par l’étendue des localités et le nombre des baignoires et appareils.
Nous donnons ci-après la description du service de l’hôpital Saint-Louis, qui sert à la fois aux bains internes et externes et est le plus important des établissements hospitaliers (1).
il) Administration générale de l' Assistance publique à Paris en 1889. — Montevrain, imprimerie de l’école d’Alembert, 1889.
Ce service comprend, savoir :
Salles d’attente 2
Grandes salles de 30 baignoires 2
Petites salles de 10 baignoires 2
Salles de 10 baignoires pour la gale 2
Salles de frotte pour la gale 2
Étuve pour le chauffage du linge 1
Salle de bains de vapeur 1
Salle de douches de vapeur 1
Salle de sudation 1
Salle de bains hydrofères . . 1
Piscine avec pièce pour déshabilloir 1
Déshabilloir pour les salles d’hydrothérapie 1
et diverses salles ou cabinets, où sont installés les appareils variés de l’hydrothérapie (douches en lance, douches en pluie, douches ascendantes, douches écossaises, bains de cercle, bains de siège, etc., etc.)
Indépendamment des services de bains, il existe dans un certain nombre d’établissements parisiens, dans le voisinage de chaque service de malades, un cabinet renfermant deux baignoires, dont une, mobile et à roulettes, est susceptible d’être roulée jusqu’au lit des malades non transportables. Ces baignoires sont alimentées par un réservoir d’eau chaude et d’eau froide dépendant de l’office.
Chaque salle des services hospitaliers doit avoir aussi ses lavabos. Il en existe de toutes sortes, et on peut dire de tout luxe. Les meilleurs systèmes sont souvent les plus simples et sont en tous cas ceux qui permettent le moins la transmission des infections d’un malade à un autre. A Paris le système qui est aujourd’hui préféré par l’administration de l’assistance publique est un système à eau courante qui ne comporte pas de cuvettes. Il est formé d’une armature en fonte, supportant une plaque de revêtement vertical en marbre et deux autres plaques en marbre inclinées et disposées de manière à laisser, entre elles, un petit espace ou interstice pour le passage de l’eau qui s’échappe des robinets. Une rigole d’écoulement pour l’eau est ménagée sous les plaques.
Ce système a sur celui dit « cuvette basculante » le double avantage de pouvoir être nettoyé facilement et de ne pas permettre la contamination d’un malade par un autre, au moyen de la communauté de cuvette. Chaque malade se lave au robinet et à l’eau courante, au lieu de se laver dans une cuvette, et l’eau qui lui a servi s’écoule immédiatement au lieu de séjourner dans la cuvette. Pour que ce système soit parfait, il faut que la rigole soit nettoyée d’une façon intermittente par une chasse d’eau et que les plaques de marbre Soient aisément démontables.
Dans les orphelinats, nous conseillons volontiers la cuvette individuelle, de tôle émaillée, que Penfant va remplir lui-même à un robinet commun
HOPITAUX ET HOSPICES
et dont il jette ensuite l’eau salie dans un vidoir. Ces cuvettes peuvent être placées soit sur une table garnie de toile cirée, soit sur des tablettes de pierre ou de marbre installées le long des murs. Elles doivent être assez basses pour que l’enfant puisse se pencher aisément et tremper son visage complètement. Il serait désirable que cette installation ou toute autre analogue, pût être imposée comme une condition de toute autorisation d’ouvrir un orphelinat et il conviendrait aussi qu’on prît, dans ces établissements, l’habitude d’exiger que les enfants, garçons ou filles, fissent leur toilette le buste nu comme font les élèves dans les écoles anglaises. Enfin, nous ne concevons pas les lavabos soit dans les orphelinats de filles, soit dans les services hospitaliers de femmes, sans des cabinets de toilette munis de tout ce qui est nécessaire pour une toilette plus complète., et plus intime. La maison nationale de convalescence des femmes au Yésinet est parfaitement installée à ce point de vue et l’orphelinat Stappaert, qui appartient aux hospices de Lille, a pris aussi, d’après nos conseils, des dispositions pour permettre aux jeunes filles de prendre des habitudes de propreté indispensables.
Cuisines. — La position, l’arrangement et l’aménagement de la cuisine n’ont pas dans tous les établissements hospitaliers une égale importance. Dans les grands établissements sa position centrale s’impose, soit dans un pavillon spécial, soit dans un bâtiment commun avec d’autres services généraux.
« La cuisine, disait J. Rochard dans son rapport à la Société de médecine publique, doit être vaste. Il faut qu’on puisse circuler facilement autour du grand fourneau central. Elle doit avoir une cheminée pour la préparation de certains mets, des rôtis, par exemple. Les fenêtres sont très grandes, avec des vasistas et une lanterne pour faire échapper la fumée et les vapeurs; indépendamment des fenêtres, il y a des guichets pour la distribution des aliments, les infirmiers ne devant pas entrer dans la cuisine.
» Les dépendances doivent également être grandes, très claires, très accessibles. Elles comprennent : 1° une pièce dans laquelle se fait le lavage de la vaisselle, et dont le sol dallé ou cimenté est incliné de façon à rendre l’écoulement des eaux et le nettoyage faciles; 2° un office avec des armoires pour le matériel et les provisions de petit volume ; 3° la panneterie. Dans le sous-sol se trouve la cave proprement dite, ainsi qu’une pièce destinée à renfermer les provisions qu’il faut tenir au frais pendant l’été ; le soupirail en est fermé par une toile métallique. »
C’étaient là des conseils excellents qui n’ont besoin que d’être complétés. Indépendamment de la disposition des combles en lanterneau, il faut que la ventilation des cuisines soit assurée, dans certains cas, en faisant passer les conduits de fumée au centre d’une cheminée ventilatrice. Le sol doit être imperméable, les parois garnis de carreaux de
faïence ou de poteries vernissées qui permettent un lavage à la lance et au balai. Les éviers, avec écoulement convenablement siphonés doivent avoir au-dessus des robinets permettant d’établir d’énergiques courants d’eau.
La cuisson des aliments se fait à la vapeur dans beaucoup de grands hôpitaux modernes, et ce mode de cuisson est considéré comme donnant de bons résultats. Il est surtout commode pour les ragoûts et les soupes. Il ne dispense pas d’avoir un fourneau pour un certain nombre d’aliments qui ne peuvent être cuits à la vapeur (côtelettes, biftecks, omelettes, etc).
Au nouvel hôpital militaire de Bourges, l’installation de la cuisine peut être citée comme un modèle : les préparations culinaires se font à la vapeur dans des marmites à double fond au nombre de IG, placées sur quatre rangs ; les plus grandes contiennent 150 litres, les plus petites 6 litres seulement. Des robinets mobiles d’eau chaude sont disposés entre chaque série de quatre marmites. Ces dernières sont suspendues sur pivots et on peut les incliner sans le moindre effort soit pour les vider, soit pour les nettoyer. Un vaste chauffe-plats chauffé à la vapeur permet de conserver à une température convenable les aliments cuits prêts à être distribués. Un réservoir d’eau chaude surmonte le générateur, ses conduits aboutissent aux robinets des marmites et aux pierres à laver la vaisselle.
Dans beaucoup d’hôpitaux de notre pays, on utilise encore les fourneaux dits économiques, qui sont alimentés à l’aide de charbon. Ces appareils sont munis de quatre foyers qui peuvent être isolément chauffés. Au-dessus des foyers placés aux deux extrémités du rectangle sont des plaques de fonte qui reçoivent directement l’action du charbon incandescent, et c’est sur ces plaques que se placent les ustensiles de cuisine, poêles, casseroles ou coquemars. Les deux foyers latéraux échauffent directement quatre grandes chaudières à bouillon, et deux vastes réservoirs d’eau chaude s’alimentont d’eux-mêmes et maintenus à un niveau constant à l’aide d’un ingénieux mécanisme. Des robinets de déversement d’eau chaude se trouvent au bas du fourneau et servent à vider ces réservoirs. De grands robinets à cou de cygne en cuivre déversent, dans les chaudières à bouillon, l’eau que leur apporte un tuyeau de conduite creusé sous dalles. Des échaudoirs faisant suite aux chaudières de bouillon reçoivent indirectement la chaleur des foyers ; enfin quatre fours et quatre étuves sèches sont ménagés dans des points rapprochés de ceux-ci et servent les uns au rôtissage des viandes et des fruits, les autres à l’entretien de la chaleur des mets. Ce rôtissage à l’étuve est, il faut le reconnaître, bien inférieur an rôtissage à la broche devant un feu vif, qui permet aux viandes de conserver leur arôme; toutefois, quand il est soigneusement surveillé, il donne encore un rôti très appétissant.
Dans certains hôpitaux, on a appliqué le chauffage au gaz à la cuisine. Cette solution est peut-être la meilleure dans certaines villes où le gaz est à bas prix, mais ce sont là des solutions toutes locales et très variables.
HOPITAUX ET HOSPICES
Dans quelques hôpitaux, on met en usage dans les cuisines des appareils particuliers qui ont pour but d’économiser la main-d’œuvre et le temps : tels sont les hachoirs, les presses-mécaniques, les coupe-légumes, les coupe-pains et les coupe-soupes. Ce dernier appareil, adopté dans les hôpitaux militaires, se compose d’une boîte quadrangulaire en bois qu’une planche longitudinale divise en deux compartiments inégaux ; le supérieur contient un tiroir dans lequel on introduit le pain à fragmenter, qui glisse sur cette planche à la faveur d’un mouvement imprimé à une vis sans fin par une manivelle tournée à bras. Le pain est ainsi incessamment poussé vers une roue en fonte munie de quatre lames d’acier à tranchants aigus et qu’anime un mouvement rapide de rotation. Des trous ménagés dans cette roue laissent passer les lèches aussitôt qu’elles sont taillées et elles tombent dans le compartiment inférieur de la boîte. Par ce mécanisme, le pain se taille avec une vitesse et une régularité remarquables. A l’hôpital de Hambourg, la machine à confectionner les saucisses occupe dans le bâtiment de la cuisine une place importante (1).
Enfin, parmi les appareils dont une cuisine doit être outillée, il convient de citer ceux, de modèles très nombreux, qui servent à tenir les mets suffisamment chauds pendant leur transport de la cuisine aux divers pavillons.