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II. — Règlement concernant les visiteurs

1. Le droit de visiter les malades dans ces hôpitaux est limité aux plus proches parents ou aux amis des patients dangereusement malades. Ces derniers, dans ces conditions, ne pourront recevoir plus d’une visite par jour; les visites n’ont lieu qu’avec la permission du Directeur, et ne dureront pas plus d’un quart d’heure, excepté dans les cas très urgents, où l’on permettra l’admission de deux visiteurs avec une prolongation de la durée des visites.

2. Avis sera envoyé aux plus proches parents connus ou aux amis intimes des patients dangereusement malades, que ces derniers peuvent être visités. Cet avis sera accompagné d’une copie du présent règlement.

3. Une liste des malades dangereusement atteints sera envoyée chaque jour à 1 heure de l’après-midi par le directeur au concierge, afin de permettre à celui-ci de répondre aux demandes.

4. Les visiteurs sont avertis qu’ils courent un grand risque en entrant dans l’hôpital. Personne ne devrait songer à entrer dans les salles d’un hôpital de varioleux sans avoir été antérieurement revacciné avec succès ; s’il demeure dans la maison où la variole s’est déclarée, il est invité à s’adresser tout d’abord au vaccinateur public (dont l’adresse se trouve chez tous les fonctionnaires de la paroisse), afin que les autres habitants de la maison puissent être vaccinés.

5. On recommande aux visiteurs : a. de ne pas entrer dans les salles quand ils sont en mauvais état de santé, ou quand ils sont épuisés de fatigue ; b. de prendre de la nourriture avant d’entrer dans l’hôpital ; c. d’éviter de toucher le malade, de s’exposer à son haleine, ou aux émanations qui se dégagent de sa peau; d. de s’asseoir sur une chaise à côté du lit, à une certaine distance du malade, et de ne pas toucher les garnitures du lit.

6. Les visiteurs seront invités à, passer un wrapper (qui leur sera fourni à l’hôpital) pour protéger leurs vêtements pendant leur séjour dans les salles, et à laver leurs mains et leur figure avec de l’eau phéniquée et du savon avant de sortir de l’hôpital, ou à employer tout autre mode de désinfection qu’il plaira au Directeur d’imposer.

7. On recommande instamment aux visiteurs de ne pas entrer dans un omnibus, un tramway ou toute autre voiture publique, immédiatement en sortant de l’hôpital.

Hôpitaux frottants. — Nous n’avons rien à dire des hôpitaux d’infectieux de Londres au point de vue de la construction et de l’emménagement. Ils ne présentent rien de particulier. Par contre, il est utile de dire quelques mots des hôpitaux flottants.

C’est en 1884 qu’on installa pour la première fois un hôpital flottant à Londres. A cette époque, un batiment déclassé, Y Atlas fut acheté par le Conseil Métropolitain, et dans le pont, l’entrepont et le faux-pont on trouva 3 salles qui purent recevoir 50 lits chacune. La même année, un second batiment, le Castalia entra en service. Il est ancré à quelque distance de Y Atlas dont il est séparé par le batiment administratif l’ Endymion.

Le malade qu’on prend à son domicile ou dans un des hôpitaux de Londres est couché dans une voiture spacieuse et conduit à l’embarcadère du steamer Red-Cross, aménagé pour 30 malades et divisé en deux compartiments réservés, l’un aux hommes et l’autre aux femmes. Le voyage de transport dure une heure 1/2 environ environ, et les malades sont débarqués sur des brancards et reçus dans les hôpitaux flottants.

« Ici, comme dans les autres hôpitaux, disent MM. Lutaud et Hogg, le malade est baigné avant d’entrer dans le batiment. Cette mesure qui peut paraître contestable à quelques esprits prévenus, est admise sans discussion en Angleterre » (1).

Les salles des navires qu’on a utilisées sont un peu basses de plafond, mais sur le pont du Castalia on a construit de véritables pavillons d’isolement qui sont autant de petites maisons avec un cube d’air considérable et une ventilation très bien assurée. Des cheminées d’appel ventilent le faux pont et l’entrepont en même temps qu’elles servent à la ventilation des constructions élevées sur le pont. Les anciennes machines à vapeur des navires Atlas et Castalia ont été utilisées pour le chauffage.

Le personnel, quand il descend à terre, trouve sur la rive un batiment de désinfection par lequel il doit passer pour se baigner et changer de vêtements.

Un hôpital flottant du port de Tyne pourrait servir de modèle aux villes maritimes qui peuvent disposer de vieux batiments. Les salles de malades qui contiennent chacune 6 lits sont dans un bâtiment de bois à double parois, recouvert de bois et de zinc, et construit sur le pont.

Hôpitaux spéciaux pour les infectieux en dehors de Londres. — Un grand nombre de villes anglaises ont des hôpitaux d’infectieux composés de pavillons isolés à 1 ou 2 étages, construits en fer et briques ordinairement, sauf pour les pavillons temporaires où l’on emploie le bois. On a proscrit toute saillie dans les murs extérieurs et tout ornement capable de retenir les poussières. Le plus souvent le chauffage et la

(1) Lutaud et Hogg, loc. cit.

HOPITAUX ET HOSPICES

ventilation sont assurés par des cheminées. Le drainage, les water-closets y sont très soignés. La literie est tantôt composée de matelas de balle d’avoine qu’on brûle après le départ du malade, et tantôt de matelas de crin et en sommiers métalliques. La désinfection par la chaleur se pratique le plus souvent. Enfin, les précautions édictées à Londres pour le personnel et pour les visiteurs, se retrouvent généralement dans les hôpitaux d’isolement en province.

Voici, d’après Lutaud et Hogg, un tableau intéressant sur quelques hôpitaux de districts :

VILLE?

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