PRIX
de revient par lit.
BerkhamfteaiJ
Cheltenham
Darlingtou
Folkestone
Lewes
Mildlesboroug
Sheffield
Soliliull
Tuubridge
Warrington
Wevmouth
On voit que le cube d’air et la superficie accordés à chaque lit varient dans des limites peu étendues dans les hôpitaux d’isolement en Angleterre.
AUTRICHE-HONGRIE. — Un très ancien règlement autrichien sur les mesures à prendre en cas d’épidémie prescrivait, dans les hôpitaux, la séparation, dans des salles spéciales, des malades atteints d’affection épidémiques. La loi du 30 avril 1870 qui a organisé le service sanitaire ne prévoit rien de défini relativement à l’isolement, mais elle arme suffisamment les autorités pour qu’elles puissent imposer aux hôpitaux la création de services d’isolement.
La loi hongroise de 1876 (1) traite, dans son chapitre IX, des hôpitaux et maisons de santé ; mais elle ne spécifie rien relativement à la création d’hôpitaux ou de pavillons d’isolement.
Il existe pourtant dans les hôpitaux de plusieurs villes autrichiennes ou hongroises des pavillons ou des services isolés. L’hôpital épidémique de Vienne a 120 lits ; il est habituellement réservé à des varioleux ; il y a deux ans, il a été occupé par des cholériques. Dans d’autres hôpitaux de Vienne, il n’y a que des services séparés : service pour le typhus exanthématique dans le Rudolphstiftung ; salles spéciales pour la diph-
(1) A. -J. Martin, Administration sanitaire, etc., toc. cit.
thérie et la scarlatine au deuxième étage du Kronprinz Rudolf-Kinderspital et aussi dans les bâtiments de l’hôpital d’enfants de Saint-Anne : service comprenant 18 lits pour la rougeole et 18 lits pour la scarlatine et la diphthérie avec escalier séparé à l’hôpital Saint-Joseph ; deux salles de 8 lits pour la scarlatine et la diphthérie à l’hôpital d'enfants de la Leopoldstadt ; enfin, il existe dans la banlieue de Vienne, sur la commune d’Hernals, un hôpital épidémique spécial.
La ville de Prague a des pavillons d’isolement à l’hôpital général et à l’hôpital des enfants avec personnel et matériel complètement séparé.
La ville de Budapesth a un pavillon d’isolement à l'hôpital Élisabeth, un service d’isolement à l’hôpital Saint-Jean. L’hôpital spécial pour les maladies épidémiques est à peine terminé. Il comprend 6 pavillons de 30 lits chacun. L’hôpital des enfants a 5 pavillons d’isolement pour la scarlatine, la rougeole, l’érysipèle, la coqueluche, la varicelle,
Les étuves à désinfection des hôpitaux de Budapesth sont du système Schimmel. Il existe des voitures spéciales pour le transport des contagieux. La déclaration des cas contagieux est obligatoire ; la désinfection à domicile est obligatoire aussi, et cette obligation a une sanction pénale assez forte (amende et même prison). La désinfection à domicile est assurée par un service de désinfecteurs municipaux.
BELGIQUE. — Il n’y a pas en Belgique, à proprement parler, d’hôpitaux spécialement et exclusivement réservés au traitement des maladies épidémiques ou contagieuses. Il y a, cependant, à Bruges, dans la ville môme, à 40 et 50 mètres des habitations, un local sur l’installation duquel nous n’avons que des renseignements imparfaits et qui contient 20 lits pour les maladies contagieuses ; à Huy, il en est de même ; à Verviers, un pavillon démontable a été installé pour les affections contagieuses ; mais, depuis trois ans qu’il existe, il n’a pas encore été utilisé. Liège est la seule ville qui possède un hôpital spécial dit de Saint-Julien, ancien béguinage transformé en ambulance, qui ne s’ouvre que temporairement quand se présente des cas de variole ou d’autres épidémies. Dans la plupart des hôpitaux des villes belges, on réserve, pour les affections épidémiques, soit un pavillon isolé, soit un quartier complet, soit seulement une ou plusieurs salles séparées. Quelques communes possèdent des baraquements en bois. D’autres se proposent d’en installer et ont déjà désigné, sur le terrain d’assiette de l’hôpital ou en tout autre point, des terrains propres à recevoir ces constructions. Il existe, dans certaines provinces et notamment dans le Brabant et la Flandre occidentale, des hôpitaux volants en fer que l’administration provinciale met gratuitement à la disposition des petites communes rurales où il n’y a pas d’hôpital, et seulement en cas d’épidémie. Cette mesure est ingénieuse et nous semble digne d’ètre imitée. Signalons enfin une précaution prise à Bruxelles pour éviter la fièvre puerpérale : la ville de Bruxelles a transformé en
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maternités plusieurs maisons situées rue du Grand-Hospice. Chaque maison contient 6 lits. On admet les femmes en couche dans la première, puis dans la seconde ; quand la troisième commence à être occupée, la première est vide et n’est remplie qu’après un certain temps. Il s’établit ainsi un roulement et chaque maison, après une période d’occupation, est désinfectée soigneusement ; la literie est nettoyée et renouvelée.
Règlement de la ville de Bruxelles pour le transport des malades
contagieux.
Article premier. — Il est défendu de faire usage de voitures publiques, de voitures de louage, de remise, de place, pour le transport à l’hôpital de personnes atteintes de maladies contagieuses ou transmissibles.
Art. 2. — Lorsqu’un cocher de voiture publique sera requis de conduire à l’hôpital une personne malade, il se fera délivrer au préalable une attestation médicale constatant que cette personne n’est pas atteinte d’une affection contagieuse ou transmissible. *
Art. 3. — Les maladies réputées contagieuses ou transmissibles sont le choléra, la fièvre typhoïde, la variole, la scarlatine, la rougeole et la diphthérie.
Art. 4. — Le transport des personnes atteintes de l’une de ces maladies s’effectuera par les soins de l’administration communale, au moyen de voitures spéciales exclusivement destinées à cet usage.
Art. 5. — Lorsqu’une personne atteinte d’affection contagieuse ou transmissible devra être transportée à l’hôpital ou ailleurs, le commissaire de police de la division requerra la voiture spéciale, sur la production d’une déclaration médicale indiquant la nature de la maladie. Après chaque transport, la voiture spéciale sera désinfectée au moyen des procédés recommandés par le service d’hygiène et sous sa surveillance.
Art. 6. — Les frais de transport par la voiture spéciale sont à la charge de ceux pour qui elle aura été employée ou de l’administration des hospices et secours s’il s’agit d’indigents. Ces frais seront calculés sur le prix du tarif des voitures de place augmenté de 50 0/0.
Art. 7. — Toute voiture quelle qu’elle soit qui, en contravention de la présente ordonnance, aura servi au transport à l’hôpital d’une personne atteinte de maladie contagieuse ou transmissible, y sera soumise à une désinfection immédiate et complète.
Art. 8. — Les infractions aux dispositions qui précèdent seront punies des peines de police, sans préjudice des mesures que l’autorité locale croirait devoir prendre ou prescrire dans l’intérêt de la santé publique.
ESPAGNE. — Saint-Sébastien. — L’hôpital de Saint-Sébastien est situé à un kilomètre de la ville. Il existe dans l’enceinte même de l’hôpital des pavillons séparés. Un pavillon est exclusivement réservé à la variole ; on achève d’en construire un pour la fièvre typhoïde, tandis que la coqueluche, la diphthérie, la rougeole, la scarlatine, sont seule-
Encydopcdie d’hygiène. — V. 34
ment placées dans des chambres séparées, lorsque le cas l’exige (?) La désinfection des linges et objets de pansement se fait parles fumigations sulfureuses, l’immersion dans une solution de sublimé ou l’ébullition.
Il n’existe pas d’étuve à désinfection. Il n’existe pas de voiture spéciale. Une voiture ordinaire est réquisitionnée dans le besoin par la Junte de Bienfaisance ; cette voiture est désinfectée ensuite par des fumigations sulfureuses et des vaporisations d’acide phénique (1).
La désinfection à domicile est obligatoire ; elle est faite par un personnel spécial nommé par le Conseil d’hygiène.
Malaga. — Rien n’est prévu pour l’isolement des contagieux, ce qui se pourrait aisément faire cependant, l’hôpital étant à pavillons séparés. Pas d’étuves. Pas de voiture ; on réquisitionne au besoin un fiacre, mais on ne le désinfecte pas.
GRÈGE. — Athènes. — La ville d’Athènes, pour une population de près de 85,000 habitants, n’£P que 2 hôpitaux contenant en tout 230 lits. Il n’existe ni hospices, ni maisons pour les incurables, ni hôpitaux d’enfants. Nous ne parlons là que des hôpitaux civils. Il existe une clinique d’accouchements ; c’est une maison quelconque où se trouvent 8 lits. Une maison semblable, un peu plus grande, sert à enfermer 20 ou 30 prostituées malades et porte le nom un peu pompeux de Clinique des maladies syphilitiques. 11 existe enfin un hospice des enfants trouvés qui, malgré le zèle de son directeur, notre savant ami le docteur Zinnis, laisse beaucoup à désirer.
Il n’existe pas, dans les hôpitaux d’Athènes, de lits affectés à des catégories déterminées de maladies contagieuses. Il y a, à l’hôpital de X Evangelismos, un pavillon isolé contenant 6 lits, où l’on place les malades qui ont contracté dans l’hôpital même une maladie contagieuse.
Pour la variole, il n’y a pas d’hôpital spécial ; la police loue, en temps d’épidémie, une maisonnette plus ou moins éloignée de la ville où les varioleux sont séquestrés jusqu’à guérison. Il n’existe pas d’étuves à désinfection dans les hôpitaux ; le transport des contagieux ne se fait pas par voitures spéciales. La désinfection à domicile à la suite de cas contagieux est recommandée, mais elle est laissée tout à fait facultative.
ITALIE. — Quoique le gouvernement italien soit armé, par les lois du 20 mars 1865 et du 22 juin 1874, pour ordonner l’isolement des malades affectés de maladies transmissibles et quoique le règlement du 6 septembre 1874 ordonne que les malades contagieux soient séparés des
(I) Dans les voitures publiques, à Madrid , se trouve affichée une pancarte rappelant qu’il est interdit aux voitures publiques de transporter les malades atteints d’affections épidémiques sous peine d’une amende pour le cocher et pour le malade.
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autres clans les hôpitaux et maisons de santé et qu’il y ait pour cela un matériel à part, il existe un très grand nombre d’hôpitaux en Italie qui n’ont encore ni pavillons d’isolement, ni même un service isolé, ni même parfois une salle séparée. Il y a plus, c’est que 387 hôpitaux sur 1,066 qui existent, nominalement , en Italie (car près d’un dixième de ces hôpitaux ne fonctionne pas), refusent absolument toute maladie contagieuse.
Selon Félix, il existerait à Gênes des pavillons isolés ; il y en aurait à Venise, à Alexandrie ; il existerait à Milan deux hôpitaux spéciaux pour les affections contagieuses ; et pourtant nos renseignements personnels, très récents et quasi-officiels, ne sont pas d’accord avec ceux de notre excellent confrère de Roumanie. Le résumé de nos principaux documents qui se trouve ci-après montre l’état actuel de plusieurs villes importantes et nous savons d’autre part, d’après la publication que la Société Royale italienne d'hygiène a faite en 1885 sur les Institutions Sanitaires en Italie , qu’il n’y avait qu’un seul hôpital, à Pérouse, qui soit exclusivement affecté aux contagieux.
Cela ne veut pas dire que les hygiénistes Italiens sont restés inactifs et insoucieux de cette question de l’isolement. De grands progrès ont été faits ; l’intéressante enquête qui se poursuit sur les œuvres de bienfaisance sous la direction de M. Rodio, directeur général de la statistique, permettra de relever les points faibles et de montrer où il importe de porter les premiers efforts.
Des hôpitaux spéciaux d’isolement convenablement conçus sont à l’étude à Livourne, à Rome, à Milan ; il existe déjà un hôpital de varioleux à Naples, un à Venise. Les villes de Gênes, Naples, Venise, Ravenne, Faënza, Lugo, Massa, Lombarda, Bergame, Pesaro, Voltri, sont munies de tentes Tollet. Chacune de ces villes a 2 tentes de 16 lits, sauf Bergame, Pesaro et Voltri qui n’ont qu’une seule de ces tentes. Le transport des malades ne se fait plus uniquement par la confrérie de la Miséricorde ; plusieurs villes ont des voitures municipales spéciales. Dans beaucoup de villes aussi on a rendu la désinfection à domicile obligatoire soit dans tous les cas, soit seulement pour le choléra ou pour la variole.
Gènes. — Pas d’hôpitaux ni de pavillons spéciaux. Salles réservées à l’hôpital central, mais contiguës aux autres salles. Une ambulance isolée avait été ouverte au bord de la mer pour le choléra. Étuve à vapeur. Voitures spéciales. Désinfection à domicile obligatoire.
Pise. — Pas d’isolement en temps ordinaire; en temps d’épidémie, on ouvre comme hôpital provisoire l’ancien couvent de Santa-Croce, situé en dehors de la ville, à un demi-kilomètre des remparts. Désinfection périodique des salles avec le chlore ou l’acide phénique ou au sublimé. Pas d’étuves. Le transport est fait par les frères de la Miséricorde, qui
ont des voitures spéciales, ce qui ne présente pas évidemment les garan lies d’un service municipal. Désinfection obligatoire seulement pour le choléra; néanmoins, l'office d’hygiène ne rencontre pas une oppposition fréquente aux mesures de désinfection.
Venise. — Pas de pavillons séparés à l’hôpital, seulement des salles réservées. Toutefois, on construit en ce moment un pavillon destiné à l’isolement, et qui contiendra 150 lits. De plus, il existe, depuis trois ans, un hôpital pour les varioleux dans la ville même, et, dans la petite île de la Giudecca, à Santo-Cosmo, il existe un hôpital actuellement vide, et qui peut, en vingt-quatre heures, être mis en état de recevoir les malades frappés par le choléra ou toute autre grande épidémie. Les linges et objets de pansement sont détruits par le feu ou traités par une lessive bouillante avant d’être envoyés au nettoyage. Il existe une étuve Schimmel qui appartient à la municipalité : nous ne savons pas si cette étuve est mise d’une façon permanente à la disposition de l’hôpital. Le transport des malades à l’hôpital se fait par des barques spéciales qui n’ont pas d’autre usage.
Livourne. — Il n’y a à Livourne qu’un seul hôpital situé dans la partie la moins salubre de l’ancienne ville. Pas de pavillons d’isolement. Une salle de 50 lits est réservée pour les contagieux. Baraquements en dehors de la ville pour les cholériques. Pourtant, un projet d’hôpital contenant 400 lits et des pavillons isolés est à l’étude depuis longtemps et ne parait pas prêt d’être construit. Le linge est passé à l’acide phénique. Les parois des salles sont fréquemment lavées aussi avec ce désinfectant. Pas d’étuves. La municipalité a des voitures spéciales, mais ici comme à Pise et dans beaucoup d’autres villes italiennes, on a surtout recours, pour le transport des malades, à la Confrérie de la Miséricorde. La désinfection à domicile n’est obligatoire que pour le choléra et la variole.
Milan. — Pas de pavillons isolés; seulement des salles spéciales à l’hôpital Majeur pour la variole, la diphtérie, la rougeole, la scarlatine, la coqueluche.
Il est question de construire, hors de la ville, à 2 kilomètres 1/2, un hôpital spécial pour les maladies contagieuses avec pavillons isolés, salles d’observations, baraquements pour les cas imprévus. La phthisie et la fièvre miliaire seraient comprises dans les maladies qui seraient isolées. Les linges et objets de pansement sont désinfectés par des solutions chlorurées ou phéniquées. Une fois par semaine, on lave le sol des salles des hôpitaux et hospices avec un liquide désinfectant. Étuves à désinfection de Bosissio et Nathan. Voitures spéciales désinfectées après chaque voyage. Désinfection à domicile obligatoire.
Rome. — Pas d’hôpitaux spéciaux. Pavillons d’isolement et, plus souvent, salles spéciales communiquant avec les salles des malades ordinaires. ÉtuA'es de la maison Porta, de Milan. Voitures municipales spéciales pour le transport des contagieux. Désinfection à domicile obligatoire.
PAYS-BAS. — La déclaration des maladies contagieuses, l’isolement des malades, les précautions du transport, sont prévues par la loi du 4 décembre 1872 (1).
Les conditions de la désinfection sont formulées dans une instruction annexée à ladite loi et rédigée conformément à l’article 25.
L’article 7 de cette loi dit que « dans chaque commune, l’autorité « municipale est tenue de prendre des dispositions pour créer des « établissement dans lesquels les individus atteints de maladies conta- « gieuses seront isolés et traités... »... « plusieurs communes pourront « s’entendre à cet effet »,
Nous ignorons si cette loi est très rigoureusement appliquée ; mais nous savons qu’il existe des pavillons isolés à La Haye, à Utrech, à Amsterdam, à Rotterdam, line mesure prise par les hôteliers d’Amsterdam nous semble intéressante à signaler ici. En attendant que l’hôpital projeté pour les maladies épidémiques soit construit, les hôteliers ne savent ou faire transporter ceux de leurs clients qui viennent à tomber malades ; on ne peut songer à les mettre dans les salles mal isolées, mal confortables qui, dans les hôpitaux actuels, sont destinées à l’isolement des contagieux, il y a là une question de convenance en même temps qu’une question d’hygiène et même une question industrielle et commerciale.
Nous ne voulons pas rechercher laquelle de ces considérations a décidé les hôteliers d’Amsterdam à se syndiquer pour installer une maison d’isolement, une sorte de maison de santé ou leurs clients retrouvent le confort des meilleurs hôtels. L’idée est des meilleures et vaudrait d’être adoptée par les hôteliers de nos stations thermales et des plages les plus fréquentées.
Amsterdam. — En général, il existe dans les hôpitaux d’Amsterdam des locaux ou des baraques destinés à isoler les contagieux. Toutefois, les conditions de l’isolement sont défectueuses, et les médecins s’en plaignent assez vivement; aussi, est-il question de la construction d’un grand hôpital spécial. Les plans sont préparés, les devis dressés, les fonds sont prêts. Il est vraisemblable que les travaux ne tarderont guère. Les précaution de désinfection sont en général soigneusement prises : solutions de sublimé ou d’acide phénique pour les linges et hardes. Etuves à désinfection à air chaud.
(1) A. -J. Martin, loc. cit.
Voitures spéciales pour le transport des contagieux. Désinfection à domicile, obligatoire seulement en cas de décès.
La Haye. — La Haye possède sept hôpitaux parmi lesquels cinq ont des locaux isolés pour le traitement des maladies contagieuses. Sur ces cinq hôpitaux, un n’a que des chambres d’isolement contiguës aux autres salles ; un possède à la fois des chambres d’isolement et un pavillon ; deux possèdent des pavillons isolés dans l’enceinte même de l’hôpital, enfin le dernier (hôpital communal) a six pavillons d’isolement hors de l’enceinte de l’hôpital ; quatre de ces pavillons contiennent douze lits, deux contiennent seulement trois lits.
Les linges et objets de pansement sont détruits par le feu ou désinfectés. Il existe des étuves dans trois hôpitaux.
Les médecins ne visitent les contagieux qu’après les autres malades. Ils sont ensuite soumis à la désinfection. Les infirmiers ne peuvent quitter leur service qu’après avoir pris un bain et endossé de nouveaux vêtements.
Rotterdam. — S’il n’existe pas, à proprement parler, des hôpitaux spéciaux pour les affections transmissibles, il existe, en dehors de la ville, sur un terrain contigu à celui de l’hôpital, mais enclos, 4 pavillons pour les maladies sporadiques, contenant chacun 11 lits, soit 44 lits ; plus, un pavillon de 60 lits pour le choléra et un de 23 lits pour la variole.
Un autre pavillon, contenant 34 lits, est réservé pour tout événement imprévu. — Les linges et objets de pansements sont trempés dans une solution d’acide phénique à 5 0/0 avant que d’être envoyés au lavage. — Le lavage des parois et la désinfection des salles ne se font pas d’une manière régulièrement périodique. — Il existe des étuves du système Schimmel. — Une voiture spéciale appartient à l’hôpital et est envoyée sur la demande dès médecins pour le transport des contagieux. — Cette voiture est, après chaque voyage, désinfectée par sulfuration.
ROUMANIE. — A Bucharest, les hôpitaux Philantropia, Maternitate et Colentina possèdent des pavillons et des baraques spéciales pour l’isolement des infectieux. A l’hôpital des enfants, on ne reçoit pas de malades affectés de maladies transmissibles ; ils sont isolés dans les baraques de l’hôpital Colentina. En cas d’épidémie de choléra, on transporte les cholériques à l’hôpital Saint-Pan télémon, situé hors des barrières de la ville, et dans un hôpital provisoire qu’on se propose d’installer. Le nouvel hôpital militaire central a trois pavillons pour l’isolement des infectieux.
Le programme pour la construction des hôpitaux ruraux, publié par le ministère de l’intérieur, en 1887, prescrit la création de petits pavillons d’isolement pour les infectieux avec des infirmiers spéciaux, installés
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dans l’enceinte de l’hôpital rural, mais suffisamment séparés et éloignés du reste de l’hôpital.
RUSSIE. — Saint-Pétersbourg. — Un hôpital spécial, composé de baraques, est réservé aux adultes atteints d’affections contagieuses. A l'hôpital d’enfants du prince Pierre d’Oldenbourg, qui a été construit sur les indications de M. le docteur Rauchfuss, il existe un isolement complet pour la diphthérie, la variole, la scarlatine, la rougeole ; de plus, cet hôpital contient des salles spéciales pour l’ophthalmie purulente, pour les teignes, pour la coqueluche.
Moscou. — La ville de Moscou est certainement une des plus riches en établissements hospitaliers ; elle possède 8,163 lits d’hôpital pour une population de 800,000 habitants, c’est-à-dire 1 lit pour 97 habitants.
Pourtant, il n’y a pas d’hôpitaux spéciaux pour les affections contagieuses. Tous les hôpitaux ne reçoivent pas les malades atteints de ces affections et, dans ceux où ils trouvent un refuge, ils sont soignés soit dans des bâtiments isolés, soit dans des salles ou des chambres contiguës à des locaux occupés par des malades ordinaires.
Il n’y a que des salles ou des chambres d’isolement dans les hôpitaux suivants : Hôpital militaire, Hôpital Paul Ier, Hospice des Enfants trouvés, Hôpital de l’Ecole impériale technique, Hôpital Bakrouchine, Hôpital des ouvriers section de la Jaouza.
11 y a des pavillons d’isolement à l’hôpital des ouvriers, section de la Basmannaïa, au premier hôpital de la ville, au deuxième hôpital de la ville, à l’hôpital d’enfants Saint-Vladimir, dans l’ancienne section pour ouvriers de l’hôpital Catherine, à l’hospice Marie. La désinfection du linge et des objets de pansement se fait par le sublimé dans tous les hôpitaux de Moscou.
Il n’existe d’étuve qu’à l’hospice des Enfants trouvés ; c’est une étuve à air chaud.
Il n’y a pas de voitures spéciales pour le transport des contagieux. La désinfection n’est obligatoire que dans les hôtels meublés, les auberges, les dortoirs publics. Elle est facultative dans les domiciles privés, mais l’exécution des précautions prescrites par les médecins rencontre rarement une opposition des habitants.
Les principaux hôpitaux de Moscou possèdent, pour leurs salles d’isolement, un personnel spécial de médecins et d’infirmiers qui ne communique pas avec le personnel des autres salles.
Odessa. — Il n’y a, à Odessa, des salles d’isolement que dans un seul hôpital. Ces salles contiennent 14 lits pour la diphthérie, 6 pour la scarlatine, 8 pour la variole, S pour la rougeole, 20 pour l’érysipèle.
Il y a, de plus, dans l’enceinte même de l’hôpital de la ville, des
baraquements pour les cas de typhus. Le nombre de ces baraques peut être augmenté selon le besoin.
Le linge des contagieux n’est pas blanchi avec celui des autres malades: il existe une buanderie spéciale. Pendant l'été, les malades sont couchés sous destentes dans les jardins de l’hôpital et l’on profite de ce moment pour blanchir les murs et plafonds à la chaux, laver les planchers à l’acide phénique, après avoir d’ailleurs soumis les salles à la sulfuration. Ce sont des précautions analogues qui sont prises à l’hôpital militaire de Moscou.
Il existe des étuves à désinfection à la vapeur (système Geneste et Herscher). Il n’existe pas de voiture spéciale pour le transport des contagieux, sauf en cas d’épidémie.
La désinfection à domicile, qui n’est pas obligatoire en temps ordinaire, le devient en temps d’épidémie. La ville est partagée en sept quartiers. Un médecin spécial dirige, dans chaque quartier, les mesures d’assainissement, fait détruire par le feu les hardes, les vieilles tentures, et blanchir les murs à la chaux. Le sol est lavé avec une solution de sublimé au millième. Si ce sol est en terre battue, comme il arrive assez souvent, on enlève une couche de terre de 4 à 5 centimètres, on arrose de pétrole la terre ainsi enlevée et on y met le feu.
Varsovie. — Dans presque tous les hôpitaux, il existe des locaux séparés pour les maladies transmissibles : dans les hôpitaux anciens, ce sont des salles dans les bâtiments mêmes de l’hôpital ; dans les établissements de construction récente, se sont des pavillons isolés, mais dans l’enceinte même de l’hôpital.
Les linges et objets de pansement sont désinfectés par l’eau de Javel, la vapeur de chlore, l’acide phénique ou par l’étuve.
Il existe en effet un grand établissement de désinfection près de la ville (Grochow) et des étuves surchauffées dans presque tous les hôpitaux. La ville doit prochainement installer des étuves ambulantes (système Bacou, de Berlin) ; la désinfection est facultative.
SERBIE. — En Serbie, où l’on est si sévère pour la déclaration des cas contagieux, où le médecin a le devoir légal d’avertu* l’autorité, et où celle-ci fait immédiatement apposer sur la maison du malade un écriteau indicateur comme en Hollande, l’isolement des contagieux hospitalisés n’est pas prévu dans de très bonnes conditions. Il n’y a en effet, à Belgrade , qu’un hôpital de 210 lits, composé d’un grand bâtiment et de 2 baraques, dont les salles ne sont pas destinées d’avance à telle ou telle maladie. Quatre petites chambres, faisant partie du bâtiment principal, sont cependant réservées pour la variole ; de plus, une maison, qui est séparée du bâtiment central de l’hôpital par la largeur de la rue, a été emménagée pour recevoir 30 lits pour les fièvres éruptives et la diphtérie,
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Enfin, il existe en dehors de la ville, à un demi-kilomètre environ, deux baraques qui peuvent être occupées en temps de choléra.
' On voit que ces conditions d’isolement sont assez défectueuses. On prend bien soin pourtant que le personnel du service des contagieux ne communique pas avec l’extérieur. Ce personnel porte, pendant le service, de longues blouses qu’il doit quitter en sortant ; de plus, il est astreint à se laver les mains au sublimé et à se désinfecter par la vapeur de chlore.
La désinfection à domicile est obligatoire. Elle est pratiquée par les médecins du service municipal.
SUÈDE ET NORVÈGE. — En Suède, une ordonnance royale du
19 mars 1875 prescrit que les malades atteints de choléra, de typhus, de fièvre typhoïde, de variole, de scarlatine, de diphtérie, de dysenterie, doivent être soignés dans des hôpitaux d’isolement à moins que l’isolement à domicile puisse être assuré suffisamment. 11 faut, dans ce cas, l’avis du Conseil local d’hygiène. Une ordonnance analogue existe en Norvège.
La Suède a 92 villes. Plus de 50 de ces villes ont actuellement des hôpitaux, des pavillons ou des services d’isolement à titre permanent.
Dans toutes les villes un peu importantes de la Norvège, il existe aussi des hôpitaux ou pavillons d’isolement. Un grand hôpital spécial pour les affections épidémiques et contagieuses est en construction aux portes de Christiania.
Citons aussi les hôpitaux spéciaux pour l’isolement des lépreux qui existent à Bergen, Trondhjem et Molde.
Stockholm. — La ville de Stockholm se préoccupe beaucoup en ce moment de réformer l’organisation de ses hôpitaux en ce qui concerne les affections contagieuses, et les autorités municipales sont actuellement saisies d’un projet complet élaboré par l’un de nos correspondants, notre collègue le docteur Klas Linroth, médecin en chef du service de santé à Stockholm.
D’après ce projet, les affections contagieuses seront soignées dans trois hôpitaux spéciaux contenant respectivement 148 lits, 57 lits et 18 lits. Une station de désinfection sera installée en ville. Il faut espérer que le cube d’air qui sera attribut à chaque malade sera plus considérable qu’il n’est aujourd’hui, puisqu’il est seulement de 14 à 20 mètres cubes dans les hôpitaux anciens et de 20 à 25 dans les plus récents.
Actuellement, l’isolement n’est pas parfait, mais il est déjà très bien compris : baraques dans les hôpitaux, salles isolées, hôpitaux spéciaux pour la variole et le typhus exanthématique ; il se trouve ainsi 30 lits pour les varioleux, 54 lits pour les diphtériques, 30 lits pour le choléra.
20 lits pour le typhus ; la rougeole, la scarlatine, la coqueluche, la
phtisie, la fièvre typhoïde ne sont pas isolées. Les précautions de désinfection sont prises avec un grand soin : les linges sont, avant lessivage, passés dans une solution de sublimé ; les chambres ou salles sont désinfectées tous les quinze jours par la sulfuration. Tous les hôpitaux sont pourvus d’étuves à vapeur surchauffée ; un seul a encore une étuve à air chaud. Le transport des contagieux a lieu par des voitures spéciales qu’on demande par le téléphone, soit au bureau de police, soit au bureau du service sanitaire. Ces voitures sont, après usage, lavées au sublimé.
La désinfection n’est pas obligatoire : il existe pourtant un établissement qui en facilite singulièrement l’emploi. Cet établissement qui est installé près de l’hôpital où sont soignés les diphtériques et les typhiques comprend quatre chambres, une cuisine, une salle de bain, une étuve à vapeur surchauffée. On y reçoit et on y loge les parents de personnes atteintes de maladies contagieuses, pendant le temps nécessaire à la désinfection de leur domicile. Leurs vêtements et effets de literie sont passés à l’étuve.
Gothembourg. — Gothembourg possède un hôpital spécial pour les affections épidémiques et contagieuses composé de 5 pavillons. Cet hôpital est situé dans la ville à 100 mètres des habitations.
L’un des pavillons, destiné à la variole, est situé dans la partie du terrain d’assiette la plus éloignée des autres constructions ; il comprend 20 lits. Un pavillon d’observation comprend 6 chambres d’isolement à un lit. Deux pavillons contiennent chacun 34 lits en deux parties séparées, soit quatre fois 17 lits qui sont destinés à la scarlatine, la fièvre typhoïde, la diphtérie. (La rougeole et la coqueluche ne sont pas isolées). Enfin, un pavillon de 20 lits est réservé aux convalescents et aux habitants des demeures infectées qu’on recueille là pendant l’application des mesures de désinfection.
L’hôpital des contagieux de Gothembourg a une étuve système Schimmel modifié par Ramsing et Leth.
Une voiture spéciale pour le transport appartient à l’hôpital. La commission sanitaire peut transporter à l’hôpital les malades qui ne peuvent être soignés à domicile sans danger pour le voisinage ; il est rare que cette mesure rencontre une opposition sérieuse. De même, la désinfection à domicile se fait sans difficulté par des agents spéciaux ; elle est d’ailleurs obligatoire aux termes d’un décret du 19 mars 1875.
Christiania. — Il existe des hôpitaux spéciaux, disséminés dans plusieurs parties de la ville pour les diverses maladies contagieuses.
La rougeole et la coqueluche ne sont point admises dans ces établissements, mais on les traite autant que possible dans des salles séparées des hôpitaux généraux. Ces hôpitaux disséminés dans la ville ne satisfont pas le corps médical de Christiania, et c’est pourquoi on construit en ce
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moment en dehors de la ville, à 200 mètres des habitations, un hôpital composé de pavillons isolés pouvant recevoir en tout 400 malades. Le cube d'air par lit sera de 45 mètres. Toutes les précautions relatives à la désinfection y seront soigneusement prises. D’ailleurs, tous les hôpitaux de Christiania sont munis d’étuves à vapeur et le linge y est désinfecté avant lessivage. Les salles sont désinfectées périodiquement par la sulfuration. Le grand hôpital de Christiania possède 5 voitures spéciales pour le transport des varioleux. Ces voitures sont désinfectées après chaque transport, et les matelas et couvertures qui ont servi pendant le transport sont passés à l’étuve.
Les personnes qui font partie du personnel des hôpitaux de contagieux ne peuvent sortir de V établissement qu' avec V autorisation du médecin et seulement après avoir pris un bain et revêtu des habits non suspects.
La désinfection à domicile est obligatoire. D'ailleurs les maladies contagieuses ne peuvent être traitées à domicile que dans le cas de parfait isolement.
SUISSE. — La loi fédérale du 2 juillet 1886 oblige les cantons à créer des hôpitaux d’isolement, à organiser des moyens de transport pour les malades, à mettre des locaux à la disposition des personnes saines quand on est obligé de faire évacuer une maison infectée.
Nous ne saurions dire quelles applications cette loi a déjà reçues ; le nombre des hôpitaux d’isolement doit être bien restreint encore et l’isolement peu assuré. L’isolement, convenablement fait à Genève et à Lausanne, est très insuffisant à Zurich ; il est plus complet à Bâle.
Bale. — L’hôpital ne reçoit que les premiers cas de maladies exotiques et épidémiques. Si une épidémie se déclare, on a recours à l’hôpital de l’État, qui reçoit et isole les maladies épidémiques.
Il n’existe d’hôpital spécial que pour la variole. Cet hôpital compte 80 lits ; il est situé dans la ville.
Le linge et les objets de pansement sont lavés à l’acide phénique. Pas d’étuves à désinfection. Des voitures spéciales appartenant à l’État (département sanitaire) transportent les contagieux.
La désinfection à domicile est obligatoire seulement pour la variole. Elle est facultative pour les autres maladies.
Maladies à isoler. — Il résulte des documents ci-dessus et de l’en quête faite en 1887 par la Société de Médecine publique (1) qu’il n’existe pas en Europe un seul pays où la question de l’isolement des contagieux eût été complètement et rigoureusement résolue. — Cette enquête a permis à ses auteurs de constater que chaque pays a, sur ce
(1) Dubrisay et Napias, Enquête sur les hôpitaux d’isolement en Europe.
point, ses opinions, ses préjugés, ses habitudes, et que l’accord n'est pas fait même sur les maladies qu’il convient d’isoler.
Si partout on veut isoler le choléra, la diphtérie, la variole, il existe encore des pays qui n’isolent pas la scarlatine, d’autres plus nombreux qui n’isolent ni la rougeole, ni la coqueluche. Là où régnent le typhus pétéchial et le typhus récurrent, on sent la nécessité d’isoler les personnes atteintes de ces maladies : dans quelques pays, on isole aussi les malades de fièvre typhoïde, ce qui est exagéré. Plusieurs pays (Danemark, Norvège, Hollande) isolent les dyssentériques : les phthisiques sont isolés dans d’autres pays d’une façon plus ou moins sérieuse (Leipzig et aussi plusieurs villes de l’Italie). Les lépreux sont isolés en Norvège, la varicelle est isolée en Hongrie.
Nous pensons avec Vallin que la liste des maladies qu’il faut isoler doit être plutôt restreinte qu’étendue outre mesure ; et celle que luimême avait dressée en 1878 peut être aujourd’hui allégée par la suppression des affections puerpérales transmissibles et ne comprendre plus que : la variole, la scarlatine, la rougeole, la diphtérie, le typhus, le choléra.
Encore devons-nous dire qu’il est regrettable que nous ayons à faire figurer la variole dans cette énumération. C’est une chose qui fait peu d’honneur à l’esprit humain qu’il faille aujourd’hui, à la fin du xixe siècle, à une époque où plus de science devrait amener avec soi plus de raison, dans des pays qui se piquent de civilisation, songer à construire des hôpitaux coûteux pour isoler les varioleux alors que, si la vaccination et la revaccination étaient imposées par la loi — une vraie loi de salut public — et convenablement pratiquées, il devrait suffire, dans une grande ville comme Paris, de réserver quelques lits dans un baraquement qui ne s’ouvrirait qu’accidentellement et dans le cas où il se présenterait une variole imprévue chez un voyageur arrivant de quelque lointain pays.
Il faudrait prévoir enfin, sinon l’isolement, au moins le classement dans des salles à part des malades phtisiques.
L’Italie, l’Espagne, le Portugal ont des services hospitaliers spéciaux pour les phtisiques. L’Angleterre a, depuis le commencement du siècle, songé à créer des hôpitaux pour cette catégorie de malades ; le plus ancien de ces établissements remonte à 1814. L’Allemagne possède l’intéressant établissement de Falkenstein, qui n’est qu’une maison de santé pour l’application d’un système thérapeutique et non pas un hôpital d’isolement.
En France nous n’avons pas encore d’hôpitaux spéciaux à proprement parler pour la phtisie. Il faut citer cependant un asile pour les enfants phtisiques, dirigé à Argelès par la veuve du docteur üouillard, l’hôpital payant pour les institutrices phtisiques, fondé et entretenu à Menton par une Société protestante. L’asile de Villepinte (Seine-et-Oise) pour les jeunes filles poitrinaires, le petit hôpital d’Ormesson; mais nous n’avons
que cela et c’est bien peu. Il n’y a pas encore un grand établissement d’assistance publique pour les phtisiques qu’on reçoit difficilement dans les hôpitaux généraux des grandes villes, où les lits manquent toujours, surtout en hiver. Les hôpitaux Laënnec et des Mariniers, à Paris, reçoivent environ 400 phtisiques, et s’ils sont plus isolés là que dans les hôpitaux généraux, ils sont encore confondus avec les chroniques.
La présence des phtisiques dans les salles communes constitue pourtant un danger facile à comprendre, et sur lequel nous n’avons pas à insister. La création d’une petite salle séparée, bien aérée et chauffée avec un matériel convenable pour la désinfection des crachoirs, ne serait pas un progrès impossible à réaliser presque partout (1).
§ IV. Hôpitaux, et dispensaires d’enfants. — Hôpitaux marins.
Hôpitaux d’enfants. — Les hôpitaux destinés aux enfants ne présentent, au point de vue de la construction et de l’emménagement, aucune différence essentielle avec les hôpitaux ordinaires.
Les mêmes principes hygiéniques leur sont applicables. Seulement il faut se souvenir, dans leur construction, que les principales, les plus communes parmi les maladies de l’enfance, sont précisément des maladies contagieuses, et qu’un hôpital d’enfant doit être avant tout un hôpital d’isolement.
Ce n’est pas à ce point que nous en sommes, hélas ! Beaucoup d’hôpitaux de notre pays n’ont môme pas un service spécial pour les enfants et, à plus forte raison, un pavillon séparé. Nos hôpitaux d’enfants, construits à une époque où les doctrines actuelles sur les maladies infectieuses n’existaient pas encore, sont dans un état d’infériorité qu’il faut nettement avouer, malgré qu’on ait fait tout le possible pour y organiser des salles ou des pavillons isolés.
Toutefois, il faut convenir que grâce à ces organisations faites selon le possible, grâce surtout aux précautions et aux soins du personnel hospitalier de Paris, les hôpitaux d’enfants de la capitale rendent des services très considérables et chaque jour mieux entendus.
A Paris, les hôpitaux d’enfants sont destinés aux jeunes malades âgés de 2 à 15 ans.
Au-dessus de 15 ans le malade doit être dirigé sur un hôpital d’adultes. Cependant, le traitement commencé dans un hôpital d’enfant est continué, même lorsque le malade a dépassé la limite d'âge réglementaire.
On reçoit aussi les petits malades au-dessous de 2 ans qui ne peuvent trouver place dans les services de crèches des hôpitaux généraux, soit
(1) Consulter Revue d'hygiène, décembre 1892.
par suite du décès de leur mère, soit par suite de l’impossibilité dans laquelle se trouve celle-ci d’entrer avec eux dans les crèches.
Hôpital Trousseau. — Les bâtiments de l’hôpital Sainte-Marguerite, fondé en 1660 par M. et Mme d’Aligre, rue de Charenton, et affecté avant la Révolution à la maison des Enfants trouvés, ont été convertis, en 1853, en un hôpital d’enfants, inauguré sous le nom d’hôpital Sainte-Eugénie et qui a pris, en 1880, le nom de Trousseau. Des services d’isolement y sont destinés aux diphtériques, aux teigneux, aux rubéoleux et aux scarlatineux. Le dernier de ces services est placé dans un pavillon (système André) qui constitue un type intéressant mais coûteux, de construction hospitalière en bois. L’administration projette, en outre, l’installation de nouveaux bâtiments séparés pour les varioleux et aussi pour les douteux ; ces derniers services recevront provisoirement les enfants atteints d’une maladie non encore caractérisée, jusqu’au jour de la révélation de cette maladie.
L’hôpital Trousseau possède 463 lits, savoir : médecine, 367 lits (aigus 193, chroniques 174); chirurgie, 96 lits. La dépense annuelle de cet hôpital est de 406,510 fr. ; le prix de revient de la journée est de 2 fr. 80.
Hôpital des Enfants-Malades (1). — Lauguet de Gergy, curé de Saint-Sulpice, avait fondé, en 1732, avec le patronage de Marie Leczinska, femme de Louis XY, sous le nom de Maison de TEnfant-Jésus, un orphelinat destiné à l’éducation de 28 filles pauvres de la paroisse et desservi par des religieuses de Saint-Thomas-de-Villeneuve.
Cet immeuble attribué à l’administration des hospices, à la Révolution, fut transformé, par un arrêté du Conseil général des Hospices du 8 mars 1802, en un hôpital destiné au traitemennt des enfants malades des deux sexes.
Un pavillon d’isolement, séparé du reste de l’hôpital par de vastes jardins, est affecté au traitement de la diphtérie. Un pavillon (système André) est appelé à recevoir les scarlatineux.
En projet, un pavillon pour les douteux , sorte de lazaret où les enfants menacés d’une maladie contagieuse séjourneraient jusqu’à ce que cette maladie se soit déclarée.
Un traitement externe, comportant la délivrance gratuite de médicaments, bains et douches, y est établi pour les affections de toute nature.
Il y existe aussi un traitement spécial pour la teigne.
Nous signalerons comme présentant un intérêt scientifique le service de clinique où M. le professeur Grancher a appliqué, comme nous l’avons dit plus haut, en médecine, la méthode antiseptique, jusqu’à présent réservée aux services de chirurgie.
(1) V Administration de l’assistance publique de Paris en 1889 (ouvrage déjà cité plusieurs fois;.
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L’hôpital des Enfants-Malades a 593 lits, savoir : médecine, 489 (aigus 287, chroniques 202)-; chirurgie, 104. La dépense annuelle est de 457,150 fr. : le prix de revient de la journée : de 2 fr. 36.
Hôpital de Forges. — Cet établissement, inauguré en 1859, est spécialement affecté au traitement des enfants tuberculeux des deux sexes. Il est situé en pleine campagne, dans un pays très sain. Abrité du nord, il se trouve largement exposé au soleil. La mortalité n’y atteint pas 1 0/o- H contient 222 lits et occasionne à l’administration de l’Assistance publique de Paris une dépense annuelle de 124,050 fr., ce qui établit le prix de journée à 2 fr. 05.
Hôpital de la Roche-Guyon. — Cet établissement est destiné au traitement des enfants convalescents provenant des deux hôpitaux d’enfants de Paris. Il a été fondé par le comte Georges de La Rochefoucauld, décédé le 3 décembre 1861.
Ce bienfaiteur avait, par testament olographe en date du 22 octobre 1853, légué la nue-propriété de la maison à la communauté des sœurs de Saint-Vincent de Paul, et, à défaut de celle-ci, à l’administration générale de l’Assistance publique ; l’usufruit devait dans tous les cas appartenir au duc et à la duchesse de La Rochefoucauld, père et mère du testateur.
La congrégation ayant répudié la disposition faite à son profit et le duc et la duchesse de La Rochefoucauld ayant, de leur côté, renoncé à l’usufruit établi en leur faveur, l’administration s’est trouvée appelée à entrer en possession immédiate de la maison de La Roche-Guyon. Le duc et la duchesse de La Rochefoucauld, s’associant aux volontés de leur fils, ont ajouté au legs la donation du mobilier et des parties accessoires de l’immeuble qui leur appartenaient en propre.
Un décret du 21 janvier 1863 a autorisé l’administration à accepter ces libéralités.
Cet établissementcontient 100 lits. La dépense annuelle est de 68,300 fr. ; le prix moyen de la journée, 2 fr. 12.
Enfin, l’Assistance publique de Paris possède à Rerck-sur-Mer un important établissement dont nous parlerons plus loin à propos des hôpitaux marins.
Hôpital d'enfants de l'Empereur et de l'Impératrice Frédéric.
— A Rerlin, un établissement récent, pour le traitement des enfants malades, a bien le caractère qui convient à ce genre d’établissement ; c’est, non pas un hôpital général avec pavillons d’isolement pour les cas épidémiques, mais un hôpital épidémique avec un service de médecine ordinaire et un service de chirurgie (fig. 75).
Nous en donnons ci-après la description que nous empruntons in extenso au travail que nous avons déjà cité de H. Relouet.
Echelle 0001 PM
Fig. 75. — Plan d’ensemble de l’hôpital de l’Empereur et de l’Impératrice Frédéric.
La Ville de Berlin n’ayant pas les ressources nécessaires pour créer un hôpital d’enfants, dont le besoin se faisait de plus en plus vivement sentir, une association de particuliers se forma en 1883 pour combler cette lacune. Un comité, présidé par M. le professeur Wirchow, étudia un programme d’hôpital d’enfants sur un terrain de 19,000 mètres superficiels, gracieusement mis à la disposition de l’association par la municipalité de Berlin, qui, par la suite, contribua pécuniairement aux frais d’installation.
Dès l’abord, on s’occupa exclusivement des maladies contagieuses, et c’est, en effet, par la policlinique et quatre pavillons de contagieux que les travaux furent commenéés en 1888, lorsque le comité eut réuni les fonds suffisants.
Pour ne pas donner à cet hôpital le caractère exclusif d’hôpital de contagieux, et aussi pour secourir efficacement une partie des enfants non contagieux devant se présenter journellement à la policlinique, le comité décida, en 1888, de compléter cet hôpital par l’adjonction d’un bâtiment devant renfermer des malades ordinaires de médecine et de chirurgie, et enfin une crèche.
Cet établissement, dit M. Belouet, étudié dans tous ses détails avec le soin le plus scrupuleux, a profité naturellement de tous les progrès réalisés jusqu’à ce jour, surtout dans les hôpitaux de Berlin. On peut affirmer qu’il les résume tous et qu'il pourrait, au point de vue pratique surtout, être considéré comme le type du genre, si l’emplacement dont il dispose était plus considérable.
Le parti des pavillons isolés, élevés seulement d’un rez-de-chaussée, parti qui s’imposait avant tout dans ce cas particulier, sera toujours difficile à réaliser dans les capitales, où les grands terrains à bâtir sont introuvables ou hors de prix.
Situé au nord de la ville et dans un quartier encore peu peuplé, cet établissement profite actuellement des vastes espaces non construits qui l’environnent. Il est heureusement placé à l’angle de deux rues, ce qui pourra lui assurer une circulation d’air suffisante dans le cas où des constructions élevées viendraient à l’enserrer sur les deux autres côtés.
Une fois terminé (le bâtiment d’administration et les quartiers de médecine et de chirurgie s’achèvent en ce moment), il devra contenir 258 enfants, disposant dans les salles d’environ 8 mètres superficiels et de 32 mètres cubes d’air par lit.
Ces enfants ne sont reçus que jusqu’à 14 ans. Au-dessus de 5 ans, les sexes sont séparés.
Les lits se répartissent ainsi :
Pavillon de la diphtérie
— de la scarlatine
— de la rougeole
— de la coqueluche
Encyclopédie d’hygiène. — V.
Pavillon de policlinique 6 lits (quarantaine).
— d’administration 12 — (crèche).
— — aile droite.. 60 — en 2 étages (médecine).
— — aile gauche. 60 — (chirurgie).
D’après les exigences formelles du programme, l’axe des pavillons de
contagieux doit avoir la direction nord-sud, et l’axe du bâtiment d’administration la direction est-ouest, car on désirait, dans ce bâtiment, des pièces au nord, notamment la salle d’opérations.
Tous les bâtiments sont construits solidement en brique. Un emploi assez heureux de la pierre, de la brique de couleur, de la terre cuite, et même de la faïence, donne à l’ensemble une gaieté fort à sa place dans un hôpital d’enfants.
Policlinique. — Le bâtiment de la policlinique, qui est en quelque sorte la clé de cet hôpital, est placé à l’angle de deux rues, avec entrée particulière sur l’une d’elles (fig. 76 et 77).
L’idée qui a présidé à l’étude du plan est :
1° Que les enfants venant à la consultation ne puissent en aucun cas se trouver en contact avec les contagieux, et qu’ils puissent recevoir sur place une partie des soins qu’exige leur état, ou être dirigés immédiatement sur les services de médecine et de chirurgie de l’hôpital ;
2° Que les enfants présentant des symptômes irrécusables de maladies contagieuses puissent attendre dans des salles spéciales la visite du médecin, et de là être dirigés sur les pavillons spéciaux ;
3° Que les enfants suspects puissent être gardés en observation sans aucun contact avec les deux premières catégories de malades.
Ce pavillon, élevé sur sous-sol d’un rez-de-chaussée et d’un étage, est disposé ainsi qu’il suit :
Dans le sous-sol, à l’extrémité gauche, est la cuisine de l’établissement, dont le hall, assez élevé, vient s’adosser au pignon du bâtiment. Cette cuisine, avec ses dépendances, est installée suivant les données les plus confortables. La cuisson des aliments s’y fait en grande partie à la vapeur. Ce service n’a aucune communication avec celui de la policlinique ; on y accède par l’extérieur, Il est néanmoins regrettable qu’une cuisine générale se trouve dans un bâtiment où l’on reçoit journellement des malades et surtout des malades contagieux. On s’explique difficilement que, conformément aux dispositions heureusement adoptées dans d’autres types d’hôpitaux, le service de la cuisine n’ait pas été réuni à celui des machines et de la buanderie.
Dans les parties du sous-sol non occupées par la cuisine, on a logé le concierge et d’une partie dupersonnel.
Au rez-de-chaussée, dès que les malades ont pénétré dans le vestibule, ils sont introduits un à un dans une pièce munie d’un lavabo et des instruments nécessaires. Ils sont examinés par l’assistant de garde. —
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Les non-suspects sont envoyés immédiatement dans la salle d’attente. Cette pièce, d’environ 7m 50 sur 5m 80, est munie de bancs assez confortables. Elle communique directement avec une salle d’examen où ont lieu alternativement les consultations de médecine et de chirurgie. Cette salle, traitée comme une salle d’opérations ordinaire, avec parois revêtues,
Policlinique.
Fig. 76 et 77.
Rez-de-chaussée, — I, entrée vestibule ; 2, grille d’isolement ; 3, salle d’examen ; 4, yeux, oreille, larynx; 5, salle de triage ; 6, attente diphtérie ; 7, scarlatine; 8, rougeole ; 9, coqueluche.
1er étage. — 1, chambre (I lit) ; 2, logement du médecin ; 3, bains w.-c.; 4, office, bains ; 5, serviteurs.
sur lm 70 de hauteur, en grès vernissé blanc et bleu, du plus heureux aspect, et sol en grès cérame, est munie d’un lavabo à deux cuvettes à eau chaude et froide et mélangeur, de robinets d’eau et de vapeur, d’un mobilier en fer et verre pour les instruments, les pansements et quelques médicaments, et d’une table d’opérations en métal et glace.
A la suite de cette pièce en est une autre plus petite, installée de même, contenant l’outillage nécessaire pour les maladies des yeux, des oreilles et du larynx.
Ouvrant également sur la salle d’attente, on trouve une pièce renfermant deux lits de repos pour les enfants ayant subi un examen fatiguant ou une légère opération, et qui cependant ne devront pas être conservés à l’hôpital.
A l’autre extrémité de la salle d’attente, et également en communication directe avec elle, est une pièce renfermant deux water-closets et une petite salle de bains.
Les parois de ces pièces sont revêtues de grès vernissé ou de faïence sur lm 70 de hauteur ; le sol est en grès. Les appareils et water-closets sont d’un bon modèle, et la baignoire est outilllée pour y donner des bains et douches de toutes sortes, même de vapeur.
Les enfants en sortant de la salle d’examen, qui a une porte spéciale sur le vestibule, rentrent dans leur famille ou bien sont dirigés sur les services de médecine et de chirurgie. Dans ce dernier cas, le médecin, qui est en communication téléphonique avec tous les services, appelle une infirmière, qui vient chercher les malades.
En sortant de la chambre de triage, les enfants suspects sont dirigés sur quatre petites salles d’attente, munies chacune d’un lavabo et d’un matériel d’examen et affectées spécialement : la première, à côté de la salle de triage, à la scarlatine ; celle en face, sur le vestibule, à la diphtérie ; celle à droite de l’escalier, à la coqueluche, et la dernière à la rougeole. Un assistant, spécialement chargé des contagieux, vient examiner ces enfants dans les différentes pièces, et dirige les cas bien caractérisés sur les pavillons d’isolement en appelant, de chacun d’eux, par le téléphone, une infirmière, qui vient chercher le malade.
Le vestibule, au droit de la porte de la salle de triage, est barré par une grille en fer empêchant toute communication avec cette dernière partie du service.
Les cas douteux sont transportés à l’étage supérieur, où se trouvent six chambres d’isolement à un lit, l’office, une chambre pour deux diaconesses, une salle de bains, des water-closets, et un logement d’assistant. Tous ces services sont établis très confortablement et sur les données déjà décrites. Le sol, sauf pour les pièces carrelées en grès cérame et les logements, est partout en mosaïque. L’électricité pour l’éclairage n’est pas encore établie. Actuellement, l’éclairage est assuré par le gaz.
Diphtérie. — Le pavillon de la diphtérie et celui de la scarlatine sont absolument semblables comme dispositions. Ce furent, du reste , les deux premiers construits (fig. 78 et 79).
D’après les données du programme, ce pavillon devait avoir une indépendance absolue. 11 devait, par conséquent, renfermer les logements de l’assistant et du personnel. De plus, dans le pavillon même, on devait assurer autant que possible l’isolement des malades, suivant les
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différents degrés de gravité de leur affection. Enfin, il fallait assurer la désinfection facile du personnel et des visiteurs sortant du pavillon.
Pour réaliser ces desiderata , on prit le parti de construire un bâtiment élevé d’un sous-sol, avec pavillon de tête élevé également sur sous-sol d’un rez-de-chaussée et d’un étage. L’entrée de ce bâtiment se trouve sur la façade nord et dans le grand axe du pavillon. On arrive dans le
Pavillon des diphtériques .
1T Etage
Fig. 78 et 49.
service en passant sous la première révolution de l’escalier. Au droit de la première marche de cet escalier, conduisant à l’étage supérieur, est une grille en fer constamment fermée. En avant de cette grille, et dans le vestibule même, on trouve, à gauche, une porte donnant accès à la loge de la portière, loge qu’il faut traverser pour entrer dans le service. De cette loge, on passe dans une vaste pièce appelée écluse et divisée par des cloisons de 2m 50 environ de hauteur en quatre compartiments.
Le premier de ces compartiments renferme un lavabo avec une armoire-vestiaire destinée à recevoir les effets que doivent y déposer les
arrivants. Dans le compartiment suivant, on trouve les blouses qu’on doit revêtir pour pénétrer dans le service. Les deux derniers compartiments renferment un lavabo spécial à eau chaude et froide, avec solutions antiseptiques, et enfin une salle de bains parfaitement organisée ; le tout spécialement à l’usage des médecins, qui, après de graves opérations, peuvent avoir besoin de se désinfecter complètement avant de rentrer dans l’hôpital.
Pour les visiteurs ordinaires et une partie du personnel, les précautions, à la sortie, consistent simplement à laisser dans le premier vestiaire les blouses du service et à passer dans le second, où ils reprennent leurs vêtements et trouvent un lavabo pour se laver les mains, non seulement au savon, mais encore dans une solution antiseptique. Personne ne peut entrer ou sortir sans passer par cette écluse.
A droite de l’escalier, on trouve l’office. L’appareil à réchauffer est assez vaste. Une marmite à double fond permet de faire bouillir très rapidement de l’eau pour les divers usages. Une grande armoire vitrée contient non seulement toute la vaisselle, mais encore les marmites et ustensiles de cuisine. Une trappe ouvrant dans l’appui de la fenêtre permet de recevoir les plats et marmites arrivant de la cuisine générale. Les aliments sont immédiatement versés dans les vases appartenant au service. De cette façon, aucun des ustensiles de la cuisine générale ne séjourne dans le pavillon. Par cette trappe, on passe aussi les médicaments, le linge propre et en général tous les objets de volume moyen, de façon à toujours éviter tout contact entre le personnel du pavillon et celui des services généraux.
A la suite de cette office est une petite salle d’opérations remarquablement installée et éclairée par trois fenêtres à châssis en fer. Les murs sont revêtus de carreaux de faïence sur deux mètres de hauteur, le surplus peint à l’huile; le sol, en grès cérame, avec écoulement d’eau. Un éclairage puissant, actuellement au gaz, est installé au-dessus du lit d’opérations et sur les parois. L’armoire aux instruments est en panneaux de faïence, avec châssis en fer et verre.
Adossé au mur est un lavabo avec eau chaude et eau froide ; à côté, un robinet pour le lavage à la lance, un robinet de vapeur et un appareil à stériliser les instruments. En face de l’escalier est un large corridor séparant en deux parties le bâtiment sur toute sa longueur, et ventilé et éclairé par un lanterneau.
Division des opères et des cas dangereux. — Ouvrant sur ce couloir, à droite et à gauche, on trouve d’abord deux petites salles de huit lits chacune pour les enfants opérés. A la tête de chacun de ces lits est un robinet de vapeur, qui permet de maintenir les enfants dans une atmosphère chaude et humide, et un appareil pour les inhalations. Les portes et fenêtres de ces salles sont en fer, avec panneaux vitrés en glace.
A la suite et ouvrant sur le même corridor, on trouve, à droite, une chambre de surveillante avec châssis ouvrant dans le mur pour la surveillance de la première salle de huit lits, puis une chambre d’isolement à deux lits.
Enfin, à gauche, une seconde chambre d’isolement, à deux lits et une chambre de garde pour infirmière, avec lavabo et baignoire. Un châssis pratiqué dans le mur de cette dernière pièce permet la surveillance de la seconde salle de huit lits.
L’ensemble des localités ci-dessus décrites forme la division des opérés et des cas graves. Cette division est séparée du reste du bâtiment par une porte en fer barrant le corridor, et qui doit ne s’ouvrir que pour le personnel.
Division des cas légers et des convalescents . — En continuant dans le corridor, on trouve, à droite et à gauche, deux salles de huit lits, dont Tune, celle de droite, est divisée en deux parties, pouvant au besoin être effectivement séparées. Ces salles reçoivent les cas légers non opérés et les opérés en voie de guérison. A la tète de chaque lit est un robinet de vapeur. A la suite, et ouvrant toujours sur ce même couloir, on trouve, à droite, une chambre de surveillante et, y attenant, une salle de convalescents renfermant six lits; à gauche, des water-closets, une salle de bains et une salle de réunion et de jeux pour les enfants de cette dernière division.
A l’extrémité sud du bâtiment et en communication avec la salle de réunion, est' une grande marquise vitrée pouvant s’ouvrir largement en été, et où les enfants se tiennent lorsque la guérison est à peu près complète. Cette marquise s’ouvre sur le jardin.
A l’étage supérieur, au-dessus des pavillons de l’extrémité nord, on trouve des logements pour six diaconesses, deux infirmières et un médecin assistant.
Coqueluche et rougeole. — Dans les pavillons de coqueluche et de rougeole, on n’a pas cru utile de maintenir le corridor central, ce qui a permis de rétrécir la partie élevée seulement d’un rez-de-chaussée. On dispose dans ces pavillons :
D’une salle de 12 lits ;
De deux salles d’isolement de quatre lits ;
De deux salles d’isolement de deux lits ;
Et d’une salle de convalescents de six lits.
La salle de douze lits, pour les cas ordinaires, sépare les chambres d’isolement de la chambre des convalescents. — Le système d’écluse pour l’entrée et la sortie est le même qu’au pavillon de la diphtérie.
Les sols de tous ces pavillons sont en grès cérame. Les cabinets, salles de bains, etc., sont revêtus en faïence blanche et bleue sur lm70 de
hauteur. Les portes sont encadrées de chambranles en brique moulurée et vernissée blanche et bleue, d’aspect agréable. Les murs sont peints, ainsi que les boiseries en blanc et bleu à l’huile au vernis. Toutes les portes sont vitrées à la partie supérieure.
Bâtiment d' administration. — Ce bâtiment se compose d’un corps principal renfermant, au rez-de-chaussée, les bureaux des entrées, des employés et des médecins, directeur, assistant de garde, etc., etc. ; au premier étage, une crèche de douze lits, et enfin, au second, des logements pour le directeur, des assistants et du personnel.
L’aile gauche, consacrée à la chirurgie, contient, en deux étages, 60 malades répartis en six salles de dix lits, et, dans une partie formant avant-corps et surélevée d’un étage, des logements pour le personnel. Elle est reliée au corps principal par une construction basse contenant une galerie de communication avec vaste terrasse au devant, et une salle d’opérations avec véranda en fer et verre, exposée au nord et réunissant tous les perfectionnements décrits dans les établissements précédents.
L’aile droite, consacrée à la médecine, est entièrement semblable. Elle renferme une salle d’orthopédie, qui se trouve dans la construction basse reliant cette aile au corps principal.
Bâtiment des chaudières , buanderie lingerie, étuve à désinfection. —
Gomme dans tous les hôpitaux nouveaux, où la vapeur joue un si grand rôle, le bâtiment des chaudières est fort important, d'autant mieux que, dans ce cas particulier, on y a joint la buanderie et la lingerie.
Six générateurs fournissent la vapeur nécessaire au chauffage général, au chauffage de l’eau, à la force motrice de la buanderie, à la cuisine, aux étuves, et, dans l’avenir, fourniront la force motrice aux dynamos qui produiront la lumière électrique.
A l’entrée de la buanderie est l’étuve à vapeur sous pression. Le linge des contagieux qui arrive des pavillons est passé à l’étuve avant d’entrer dans la buanderie.
La buanderie est bien installée. Le linge y est lavé et séché mécaniquement avec l’aide d’un personnel restreint. En sortant du séchoir, un monte-charge le conduit à la lingerie située au premier étage.
Bâtiment des morts. — Le bâtiment des morts comprend une salle de repos très ventilée, une salle de dissection, une chapelle avec salle de mise en bière et sortie spéciale, et le logement du gardien.
Au premier étage se trouve trois petits laboratoires bien installés.
Chauffage. — Le chauffage de toutes les parties du bâtiment est assuré par des poêles à ailettes de formes très diverses selon les emplacements,
HOPITAUX ET HOSPICES
et alimentés par la vapeur à basse pression. Ces poêles à ailettes sont isolés du mur et simplement protégés par une sorte d’écran en tôle percé de nombreux trous. Cet écran, fixé au mur, s’enlève facilement et permet le nettoyage des tuyaux à ailettes, où la poussière s’amasse rapidement.
Une galerie souterraine de petites dimensions réunit le poste central de chauffage à tous les pavillons. Cette galerie est exclusivement réservée au service de chauffage, et des portes, toujours fermées, peuvent donner accès aux sous-sols de divers pavillons. Les chauffeurs seuls ont les clefs de ces portes.
La conduite générale de vapeur sous pression assure la ventilation par un système analogue à celui de l’hôpital d’Urban.
L’air puisé dans des prises d’air situées dans les jardins vient s’échauffer sur des serpentins de vapeur est entraîné dans les salles, où il arrive par des gaines spéciales. L’air vicié est aspiré par d’autres gaines, où le mouvement ascendant est également déterminé par des serpentins à vapeur.
Galerie souterraine. — Une galerie souterraine met en communication la cuisine et les caves du bâtiment d’administration.
Eclairage. — Actuellement, tout l’établissement est éclairé au gaz ; mais, dès que les ressources le permettront, il sera éclairé à l’électricité.
Toitures. — Tous les bâtiments sont couverts en holzcement.
Dispensaires d’enfants. — Nous avons défini les dispensaires d’enfants : Des lieux de consultation et de traitement gratuit pour les enfants malades, mais capables d’y être transportés quotidiennement (1).
Ce n’est pas là la consultation banale qui se donne un peu partout dans les hôpitaux et les bureaux de bienfaisance, se traduisant par une ordonnance écrite et par l’obtention de médicaments soit à prix réduit, soit tout à fait gratuitement ; ce qui constitue le côté original du dispensaire, c’est que la consultation est donnée, la prescription faite, le traitement exécuté, séance tenante ; et que, indépendamment des médicaments jugés utiles, tous les autres moyens de traitement comme les bains simples ou médicamenteux, les appareils d’hydothérapie et d’orthopédie, les engins nécessaires pour une gymnastique rationnelle, les moyens variés d’appliquer l’électricité à la thérapeutique, sont à la disposition des jeunes malades.
Un enfant malade trouve là, par exemple, telle opération dont il a besoin, les pansements méthodiques consécutifs, le quinquina et l’huile
(1) Rapports de l'Exposition de 1889, cl. 64. — Imprimerie Nationale, 1892,
de foie de morue qu’il doit boire chaque jour sur place, les appareils nécessaires à redresser ou développer sa taille, le massage qui doit être appliqué sur telle ou telle articulation, le bain ou la douche qui conviennent ; il trouve même, dans la plupart des dispensaires une cuisine qui lui fournit gratuitement un régime substantiel que peut-être il ne trouverait pas chez lui et sans lequel le traitement serait incomplet et la guérison retardée ou rendue impossible.
Ce mode si ingénieux de l’assistance, qui permet de substituer chez beaucoup d’enfants un traitement externe à l’hospitalisation ; qui les soustrait ainsi aux dangers de contagions que l’hospitalisation peut présenter, sans parler d’une promiscuité fâcheuse dans beaucoup de villes qui n’ont même pas de services spéciaux et qui placent les enfants pêlemêle avec les enfants malades ou les vieillards infirmes ; — ce mode si original et si heureux, qui permet en même temps de réaliser une notable économie des deniers de l’assistance publique, a été imaginé tout entier par le Dr Gibert (du Havre) en 1875.
Dispensaire du Dr Gibert. — Ce fut en effet à cette époque que le Dr Gibert s’installa dans un vaste local inoccupé, à simple rez-de-chaussée qui certes n’avait pas été construit pour cela mais qu’il distribua ingénieusement, de façon à y trouver une salle d’attente, une cuisine et un réfectoire, un cabinet pour le médecin avec cabinet noir adjacent, une pharmacie, une salle pour les pansements, des bains séparés pour les garçons et pour les filles, une salle d’hydrothérapie, une salle d’électricité, une salle de massage, un gymnase et des dépendances telles que : vestiaires, lavabos, bureau, etc... (fig. 80).
M. Gibert créa cet établissement avec ses propres ressources et grâce aux souscriptions et dons volontaires qu’il sut provoquer parmi les personnes riches de sa clientèle. Il pensa aussi qu’il serait légitime de tirer parti à de certaines heures du jour de son arsenal de gymnastique et d’hydrothérapie en les mettant à la disposition de familles plus aisées, en situation de rémunérer les services qu’elles en retireraient. Il put ainsi augmenter les ressources de l’œuvre et par conséquent traiter gratuitement un nombre plus grand d’enfants pauvres.
Le Dr Gibert a été, on peut le dire, un véritable initiateur, car s’il existait déjà en Angleterre des dispensaires gratuits pour le traitement de telle ou telle maladie, si de tout temps il a été fait dans les hôpitaux de Paris des consultations qui doivent, aux termes d’un règlement du 14 décembre 1825, comprendre la délivrance des médicaments et l’application des pansements, nulle part le traitement externe n’était fait jusqu’alors d’une façon aussi complète, avec des moyens aussi variés que dans le dispensaire du D1' Gibert et de ceux qui ont été créés depuis à son imitation.
Les statistiques de ce dispensaire ont été trop souvent publiées pour
Fig. 80. Plan du dispensaire de M. le Dr Gibert, pour enfants malades, au Havre.