LONGUEUR LARGEUR
De la partie centrale... 25 mètres de la partie centrale 9 mètres j
de chaque annexe 12m50 de chaque annexe des ex- > surface bâtie
extrémités 1 2m50 trémités 13 mètres l 549 mètres
Total.
50 mètres.
HOPITAUX ET HOSPICES
Les salles principales des étages contenant 24 lits ont 25 mètres de long, 8m40 de large, 210 mètres de surface, 5 mètres de hauteur et 1,050 mètres de capacité, soit par lit 8m70 de surface et 43m44 de capacité.
Les surfaces individuelles sont déjà faibles, et le cube d’air est d’un tiers au-dessous des rations aujourd’hui admises.
Les petites salles du rez-de-chaussée à quatre lits, sur un seul rang, sont criticables, elles pourraient être toutefois approuvées, si elles ne faisaient perdre trop d’espace. En effet, chaque lit occupe une surface bâtie de 40 mètres, tandis qu’en réalité il n’en occupe que 11 dans la salle. Les corridors et vestibules prennent à eux seuls plus du tiers de la surface bâtie.
Les combles sont occupés par les sous-employés, et les caves par les calorifères et les magasins.
Cet établissement a coûté 7 millions environ, soit 11,600 fr. par lit.
Hôpital civil et militaire de Montpellier. — L’hôpital civil et militaire de Montpellier a été inauguré le 17 mai 1890.
Mais toute une partie, réservée aux militaires (quatrième pavillon) fonctionnait déjà depuis quatre années, sur la demande du commandant en chef du XVIe corps d’armée, général Berge, qui n’avait pas voulu attendre l’achèvement complet pour soustraire les malades militaires au méphitisme de l’ancien hôpital.
Yoici d’après M. Tollet lui-même la description de cet hôpital :
Cet hôpital comprend 600 lits de malades ainsi distribués :
256 malades et blessés, hommes, civils et militaires, dans huit pavillons de 32 lits ; 160 malades et blessées, femmes, dans cinq pavillons ; 84 malades contagieux, civils et militaires et femmes, dans trois pavillons, un pour chacune des maladies contagieuses les plus caractérisées (diphtérie, variole, fièvre), comprenant chacun six salles séparées ; 10 malades à observer, dans deux pavillons contenant chacun cinq salles individuelles ; 30 lits de maternité ; 6 lits dans une infirmerie de maternité ; 54 lits de convalescents répartis dans de petites salles placées au rez-de-chaussée des galeries.
Le sixième environ de ces lits est placé dans de petites salles de 1 à 2 lits qui pourront être affectées en partie à des malades payants.
Les bâtiments forment autant de blocs ou de pavillons qu’il y a de services différents.
Les pavillons de malades ordinaires ne contiennent que 32 lits au plus ; ils ne comportent aucune superposition de dortoirs et ils n’ont entr’eux et avec les services généraux d’autres liaisons que des galeries de communication largement ouvertes.
Des surfaces de terrains sont en outre réservées :
1° Pour installer des ambulances en cas d’épidémies. Ces ambulances, conformes à celles qui ont été adoptées par le Ministre de la guerre à la
suite de PExposition universelle, seront préparées d’avance et conservées en magasin ;
2° Pour la construction des pavillons complémentaires nécessaires pour porter au besoin le nombre des lits de malades à 750.
L'orientation uniforme adoptée pour les pavillons a pour conséquence leur parallélisme. Il résulte, en*outre, de cette disposition, que le vent violent et fréquent du nord-ouest (dit mistral) aura le moins d’action
possible au point de vue de l’échange des miasmes entre les pavillons placés sur des alignements parallèles.
L’espacement entre les pavillons de malades d’un même quartier est de 19 mètres (une fois et demie la hauteur), largeur supérieure à celle des routes nationales, y compris leurs accotements et fossés.
L’espacement est de 27 mètres d’axe en axe ou entre deux faitages consécutifs, soit près de trois fois la hauteur des bâtiments ; il est de 11 mètres entre balcons, largeur égale à celle des rues entre trottoirs.
Distance des services généraux aux salles des malades les plus rapprochées, 50 mètres ; les plus éloignées, 140 ; moyenne : 95. Ce parcours horizontal moyen équivaut à peine à un travail mécanique, à une ascension de 8 mètres par 50 marches d’escalier, c’est-à-dire à un étage et demi.
HOPITAUX ET HOSPICES
La distance des pavillons de contagieux aux salles de malades les plus rapprochées est de 80 mètres.
Un chemin de ceinture intérieure de 10 mètres de large, de forme elliptique, et des jardins spacieux séparent les quartiers des contagieux, le service mortuaire, la maternité et la buanderie des autres quartiers.
Des plantations d'arbres verts résineux forment brise-vent et comme des écrans sanitaires séparatifs des divers quartiers.
Les intervalles entre les pavillons des malades sont également plantés d’arbustes et semés de pelouses.
Le terrain est perméable, suffisamment fertile pour les plantations et de surface irrégulière : la ligne de plus grande pente est inclinée de 0m,023 par mètre du N.-N.-E. au S.-S.-O.
L’altitude moyenne, par rapport aux collines voisines, est à peu près égale à celle de l’Hôtel de Ville (50 mètres) qui domine tous les quartiers, excepté la promenade du Peyrou (56 mètres). Le terrain du nouvel hôpital est élevé de 30 mètres au-dessus du thalwey de la rivière du Lez, qui coule à deux kilomètres à l’est à l’ait, de 15 mètres.
Les eaux potables y sont bonnes et abondantes ; elles proviennent d’une dérivation directe du Lez.
Des bouches d’arrosage ont été prévues pour les arrosages des plantations.
Les arbres et arbustes sont choisis parmi les essences variées convenant au terrain et au climat, ils vont en décroissant de hauteur à mesure qu’ils se rapprochent des bâtiments et sont suffisamment espacés pour ne pas intercepter l’aération générale.
Des bassins avec jets d’eau sont placés au milieu des pelouses.
Le trop plein de ces bassins ainsi que les eaux pluviales s’écouleront à l’air libre pour donner de la fraîcheur, puis par les tuyaux servant à l’évacuation des eaux sales, afin de contribuer à leur nettoiement.
La canalisation des eaux sales est formée de tuyaux à parois lisses et imperméables, dont le diamètre est calculé pour que l’écoulement se fasse à pleine section ; tous les branchements sont pourvus d’obturateurs hydrauliques ; mais par mesure d’économie on n’a pas établi de réservoirs de chasse, ni de siphons de pieds au-dessous des descentes d’eaux pluviales, et c’est une lacune à combler.
Les divers quartiers sont mis en communication par un téléphone, et reliés entre eux par un petit chemin de fer à traction d’hommes.
Toutes les parties de l’établissement seront éclairées.
On emploiera de préférence l’éclairage électrique, si d’ici à la fin des travaux ce procédé est assez perfectionné pour donner une lumière douce et économique.
Si on emploie le gaz dans les salles de malades, les becs seront surmontés de conduits évacuateurs, de façon à porter en dehors les produits de la combustion et à contribuer à la ventilation.
Un réservoir d’eau en maçonnerie de la contenance de 60 mètres cubes,
sera établi dans la partie culminante du terrain. Ce réservoir a pour but principal de parer aux cas de réparation des tuyaux de conduite extérieurs. Il sera recouvert d’une épaisse couche de terre et son radier sera placé à lra 30, au moins, au-dessus du niveau des salles les plus élevées.
Un appareil filtrant, un compteur et une vanne de nettoiement compléteront son installation.
Pavillons de malades. — Les plans, coupes et élévations montrent suffisamment la disposition des divers bâtiments, sans qu’il soit nécessaire de les décrire. Cependant il y a lieu de donner des détails plus étendus sur les pavillons de malades, qui exigent des précautions toutes particulières pour en faire de véritables instruments de guérison.
Tous les pavillons de malades ou de blessés sont établis sur un type uniforme, avec cette seule différence que, pour les blessés, il y a une salle d’opérations et une salle de repos en plus des salles prévues pour les malades.
Chaque pavillon contient 32 lits, dont :
28 dans la salle collective, placés sur deux rangs, à raison de 2 par trumeau et 4 dans des salles particulières par 2 lits, une tisannerie, une lingerie, un réfectoire,, une chambre de surveillant, un cabinet pour le médecin, une salle de bains, des water-closets, des lavabos, une trémie pour l’évacuation du linge sale, sont prévus dans chaque pavillon et de plein pied avec la salle collective, afin que chaque pavillon de malades et blessés forme comme un petit hôpital indépendant pour les services les plus fréquents.
Les salles et annexes ci-dessus sont élevées de 3m20 au-dessus du sol naturel sur des soubassements voûtés, dont une partie est utilisée, pour préau couvert, pour des magasins d’objets propres ne pouvant produire aucune émanation, pour chambre de chauffe du calorifère, dépôt de combustibles, salle de four et réfectoire des convalescents, logements de quelques personnes de service. Ces soubassements abriteront, en outre, le chemin de fer, le charriot d’attente récepteur du linge sale, et ils seront ouverts à l’air libre dans la plus grande partie de leur surface.
Les longues façades sont garnies de balcons de 3 mètres de largeur, établis au niveau des salles et destinés à recevoir des lits de malades sous toiles pendant les belles journées.
Les annexes particulières à chaque pavillon sont disposées de manière à dégager le plus possible la salle collective, pour ne pas trop masquer la vue des jardins, et pour permettre leur ventilation longitudinale naturelle par les rosaces pratiquées dans le haut des pignons. A cet effet, la hauteur des annexes les plus élevées ne dépasse pas 4m50, tandis que la salle collective a une hauteur de 7m50 sous faitage ; chaque salle a ainsi une hauteur à peu près égale à sa largeur, ce qui devrait être généralement observé.
HOPITAUX ET HOSPICES
Les water-closets, tisannerie, lavabos, tremie au linge sale sont groupés dans une même annexe, séparée de£ autres par un corridor de 2 mètres de largeur ouvert aux deux bouts et dans le vitrage qui le recouvre. En plaçant la tisannerie auprès des water-closets et des bains, le but a été de faciliter la ventilation des premiers et le chauffage des seconds.
Les pavillons accouplés dans le même alignement sont séparés par des portiques de 15 mètres dans le sens de la longueur.
La salle collective a 35 mètres de longueur, 8 mètres de largeur, et en surface 280 mètres, soit 10 mètres carrés par lit ; le reste, 357 mètres, est occupé par les annexes, y compris les balcons.
La section de la salle collective est de 35 mètres, ce qui fournit une capacité de 53 x 35 = 1,855 mètres cubes.
Les surfaces vitrées ou d’éclairement se composent de 12 croisées ou
porte-croisées de 3m60 de vitrage, ci 43m20
Une glace dans le pignon postérieur de 4"’50
Deux rosaces de pignons, ensemble 6m30
Total des surfaces vitrées 54 mètres.
Soit, par lit lm92, ou environ le 1/5 de la salle éclairée.
La surface enveloppante interne en contact avec l’air extérieur est de 800 mètres, de sorte que le rapport entre les surfaces extérieures d'aération ou d’assainissement et les surfaces intérieures d’absorption ou d’infection est 8.10, condition la plus favorable que l’on puisse obtenir pour la salubrité et la durée sanitaire d’une salle collective.
Pavillons de malades contagieux. — Les six pavillons de contagieux ne contiennent que 14 lits chacun, 10 dans une salle collective et 4 dans 2 chambres séparées ; ils sont placés deux à deux, un pour chaque sexe, et forment ainsi trois groupes bien nettement séparés pour chacune des trois maladies contagieuse (variole, fièvre typhoïde, diphtérie).
Chaque groupe a un service de tisannerie, pharmacie et lingerie commun aux deux sexes, il y a en outre des bains, toilettes, water-closets pour chaque pavillon, des chambres pour surveillants et surveillantes. Chaque couple de pavillon est séparé par un vestibule et pour les services communs.
Dimension d’un pavillon double : longueur 40 mètres, largeur 9n'(i0, surface 385 mètres carrés.
Dimension d’une salle collective pour 10 lits placés sur deux rangs, un par trumeau 15 x 7 surface 105 mètres carrés, soit par lit 10m50, hauteur 7 mètres, égale à la largeur. Section 40 mètres, capacité 600 mètres. Cube d’air par lit 60 mètres.
Système de construction . — L’enveloppe des salles est composée d’une ossature en fer de forme ogivale, qui est comme le moule de la construction et en assure la stabilité. Le remplissage des parois internes se fait Encyclopédie d’hygiène. — V. 37
en briques de 0m,05 cent,., encastrées dans les nervures des arceaux en fer.
Les pignons et façades sont en pierre pour le complément de l’épaisseur des murs, 0m,40.
La couverture des bâtiments principaux est faite en tuiles à emboîtement ; mais pour les toitures plus plates des annexes on emploie la tuile courbe, en usage dans le midi de la France.
L’imperméabilisation des parois intérieures en contact avec l’air des salles est obtenue à l’aide de trois couches de peinture à l’huile sur enduit lisse, tandis que les surfaces extérieures des matériaux laisseront leurs pores ouverts à l’influence sanitaire de l’air libre et des vents. Tous les angles intérieurs sont arrondis, Faire des salles en mosaïque imperméable aies pentes, caniveaux et gargouilles nécessaires pour faciliter les grands lavages.
La forme ogivale, comparée aux autres formes courbes, dit M. Tollet, est celle qui exerce le minimum de poussée sur les pieds droits, combinée avec une ossature en fer, elle permet d’assurer la stabilité de la construction pour les salles collectives les plus spacieuses, sans le secours des tirants encombrants, des contreforts et arcs doubles aux massifs ; les charpentes saillantes sont supprimées. Elle permet, en outre, d’employer le minimum de surface enveloppante et de matériaux, éléments d’insalubrité, pour le maximum de capacité intérieure, facteur sanitaire.
Avec sa forme élancée, l’ogive remplace le lanterneau dont on surmonte les salles collectives lorsqu’on peut les dégager d’étages supérieurs.
La ventilation naturelle se produit dans le vaisseau ogival par l’angle dièdre curviligne du faîtage qui sert de canalisation à l’air vicié en le conduisant à des échappements munis de registres répartis sur différents points du sommet. Enfin l'ossature ogivale dispense de l’emploi des cintres mobiles ordinairement nécessaires pour la construction des voûtes, et elle permet de renouveler, à des prix peu élevés, les parois internes les plus susceptibles de détérioration.
Chauffage et ventilation d'une salle oollective. — A. Chauffage et ventilation d’hiver. — Le chauffage a lieu : 1° par un calorifère avec chambre de chauffe, placé en soubassement et comportant toutes les dispositions nécessaires pour conserver à l’air ses qualités normales ; 2° par une large cheminée ventilatrice adossée à l’un des pignons et munie d’un appareil Fondet, disposé spécialement pour contribuer à volonté à augmenter le rendement calorifique et la ventilation.
Les orifices d’introduction d’air chaud, dits bouches de chaleur, au nombre de 5, ont une surface totale de 0m,80 ; ils sont munis de registres et peuvent distribuer dans toutes les parties de la salle les plus éloignées de la tête des lits 3,300 mètres cubes d’air chaud par heure, à la vitesse de 1“ 23 par seconde, soit 120 mètres cubes par lit.
L’évacuation de l’air vicié a lieu dans les mêmes proportions et à une
vitesse un peu supérieure : 1° par la cheminée ; 2° par 3 gaines d’une section suffisante et dont l’action ventilatrice ost déterminée par le passage des tuyaux de fumée de la cheminée du calorifère et par l’appareil Fondct.
B. Ventilation cl' été. — Ventilation diurne : par les ventouses inférieures, les portes et croisées de l’angle dièdre curviligne du faitage, munies de régulateurs ; — ventilation nocturne : "introduction d’air neuf par les ventouses inférieures et par les impostes des portes et des croisées ouvrant à soufflet dans leur partie supérieure, à raison de 100 mètres cubes d’air par heure et par lit. Evacuation d’air vicié dans les mêmes proportions, par l’angle dièdre curviligne du faîtage.
L’hôpital de Montpellier constitue un type intéressant de construction hospitalière moderne.
Mais il n’est pas le seul qui, dans notre pays, puisse être cité en exemple. Les hôpitaux neufs du Havre, d’Aurillac, du Mans, d’Epernay, de Vichy, de Saint-Germain, etc., réalisent des types ingénieux de divers systèmes et présentent des détails souvent très bien étudiés.
Il se trouve même des communes rurales, dans la Seine-Inférieure et dans l’Eure-et-Loir notamment, qui ont de petits établissements hospitaliers très intéressants.
Nous ne pouvons donner ici des descriptions de ces établissements et, forcés par l’espace de nous limiter, nous signalons seulement le petit hôpital dispensaire de la commune de Saint-Romain-de-Colbosc, près du Havre (fig. 85 et 86).
Ce petit hôpital comporte une partie centrale élevée d’un étage sur rez-de-chaussée et deux parties latérales à simple rez-de-chaussée.
En sous-sol sont placées les caves et la cuisine ; au rez-de-ehaussée se trouvent les salles de malades avec leurs lavabos et leur water-closets, deux salles pouvant servir toutes deux ou l’une d’elles seulement au personnel, la seconde pouvant à la rigueur être utilisée comme réfectoire. Au premier se trouvent une lingerie et deux chambres qui peuvent servir soit à l’isolement, soit au logement de malades payants.
Les deux salles réservées aux malades contiennent chacune 4 lits avec 40 mètres cubes pour chaque lit. L’une sera réservée aux hommes, l’autre aux femmes.
Nous avons dit que le prix de la construction s’élevait à un peu plus de 24,000 fr. pour 10 lits, soit 2,400 à 2,500 francs par lit, mobilier compiis.
Il va de soi qu’un semblable établissement est plutôt une infirmerie qu’un hôpital, puisqu’il n’y a qu’une seule salle pour les hommes et une pour les femmes. On continuera à envoyer à l'hôpital du Havre les malades graves, les cas chirurgicaux sérieux nécessitant des opérations importantes et un outillage que ne saurait avoir un petit établissement :
mais certains cas de fracture simple, de plaies, de contusions, si fréquents dans la population rurale, pourront être soignés là, quand les malades
Fig. 85.
HOPITAUX ET HOSPICES
ne pourront recevoir les soins à domicile. Beaucoup de petites opérations pourront aussi v être faites. .
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ÜO
Le petit dispensaire annexé à l’hôpital en est distant d’une cinquantaine de mètres. C’est une construction à rez-de-chaussée qui comprend un vestibule et un couloir de dégagement sur lesquels s’ouvrent : la salle d’attente des malades, le cabinet du médecin, la salle de pansements, une salle de bains et une salle d’hydrothérapie. Ce dispensaire a coûté, mobilier compris, 14,000 francs.
B. ALLEMAGNE. — Hôpital de Hambourg. — L’hôpital le plus important de l’Allemagne et de l’Europe même, au dire des Allemands, est l’hôpital neuf de la ville de Hambourg. Nous en empruntons la description à M. Belouet (fig. 87).
La ville libre de Hambourg, qui renferme actuellement environ 520,000 habitants, et où la population flottante est considérable, n’avait, jusqu’à ces derniers temps, qu’un hôpital général, de construction très défectueuse et quelques hôpitaux particuliers, et malgré le bon fonctionnement du service médical à domicile, en présence de l’accroissement constant de la population, de l’encombrement de l’hôpital général et de l’absence d’hospice pour les vieillards, la municipalité se décida à construire un hôpital nouveau (l’ancien hôpital devant être aménagé en hospice avec service de policlinique), et vota largement les crédits qui lui furent demandés pour créer à Hambourg un établissement modèle.
Ce nouvel hôpital, situé au nord et à cinq kilomètres environ du centre, s’étend sur une surface à peu près plane de 18 hectares 36 ares, et peut contenir 1,340 malades.
Les programmes imposant la décentralisation la plus complète, comme étant seule capable de parer aux inconvénients d’une telle agglomération, on prit le parti de grouper les services généraux et de construire pour les malades de nombreux pavillons, presque tous d’un seul étage et absolument isolés les uns des autres.
Dans chacun de ces pavillons, le personnel est peu nombreux, et les responsabilités nettement établies rendent la surveillance effective.
On a abandonné, pour la construction, les baraques légères, considérant que des constructions en matériaux denses pouvaient seules donner aux malades un abri suffisant en toutes saisons.
L’établissement comprend 83 bâtiments, dont 10 baraques, constituant actuellement un lazaret pour les épidémies.
Les 73 autres bâtiments, construits en brique de 0m 22 au minimum, se décomposent ainsi :
1 bâtiment d’admiuistralion ;
55 pavillons de malades ;
1 pavillon d’opérations ;
1 maison de bains ;
1 service des morts avec chapelle ;
1 bâtiment pourétuves à désinfection;
7 bâtiments pour les services généraux ;
2 maisons pour les médecins et chirur-
giens ;
3 bâtiments pour les employés ;
1 bâtiment pour le concierge.
Au milieu de la façade principale est le bâtiment de V Administration,
traversé perpendiculairement par une grande voie dont l’axe coïncide âvec le grand axe du plan.
Cette large voie partage le terrain en deux parties inégales : à gauche (sud-ouest) est le quartier des femmes ; à droite (nord-ouest, le quartier des hommes ;
A cheval sur ce grand axe, et desservant les deux quartiers, se trouvent les pavillons d' opérations et la maison des bains.
Sept voies perpendiculaires à ce grand axe, et aboutissant à leur extrémité sud-ouest aux bâtiments des services généraux, divisent l’ensemble des pavillons de malades en six rangées. — Les deux premières, après le bâtiment d’administration, forment la section chirurgicale ; les trois suivantes, la section médicale ; la sixième constitue, avec le lazaret déjà mentionné, la section des épidémies ;
A droite (nord-ouest), à hauteur de la quatrième rangée, est le pavillon des délirants, et au-dessus, à hauteur des cinquième et sixième rangées, le pavillon du service des morts. Ces deux derniers pavillons sont isolés par des grilles du reste de l’établissement. De plus, le pavillon des morts et de la chapelle a une sortie spéciale sur la rue, avec cour pour les convois.
Tous ces pavillons ont des axes parallèles au grand axe et ont, par conséquent, la direction demi-nord-ouest, demi-sud-est. Us sont disposés de telle façon que Taxe d’un pavillon se trouve dans le prolongement de l’axe de la cour, séparant deux pavillons de la rangée suivante.
L’intervalle entre les pavillons est de 20 mètres environ, et de 15 mètres pour les petits pavillons de la cinquième rangée. La hauteur de chacun d’eux étant d’environ 6 mètres, la proportion entre l’écartement et cette hauteur est donc de un à trois et demi.
Les quatre pavillons (dont deux pour la médecine et deux pour la chirurgie) situés entre le pavillon d’opérations et la maison des bains sont des pavillons de malade s payants. Ils sont à deux étages et déterminent avec ceux des bains et des opérations une sorte de jardin central d'une longueur moyenne de 50 mètres.
Les voies d’accès aux bâtiments sont pavées, avec double trottoir en ciment. — Les espaces entre les pavillons sont plantés en jardins avec gazon et arbustes bas. Au pourtour des bâtiments sont des chemins sablés pour la promenade des malades. Dans la partie médiane, on a planté des arbres et aménagé les jardins en parcs. Enfin, au pourtour de la section des épidémies, on a planté des arbres forestiers.
Eau. — L’eau est prise sur la canalisation générale de la ville de Hambourg. Cette eau puisée dans l’Elbe, en amont de la ville, n’est pas de fort bonne qualité. Elle subit un décantage et un filtrage sommaires dans les bassins de la ville ; aussi ne peut-elle servir qu’aux nettoyages, aux bains, etc. L’eau pour la boisson est filtrée dans chaque pavillon par un filtre à sable. Ce filtre est placé dans le comble au-dessus de la salle des bains et alimente facilement un réservoir d’une capacité de 250 litres.
Canalisations . -- Les eaux résiduaires vont directement aux égouts de la ville (système du tout-à-l’égout). Les matières infectées, crachats, etc., et les eaux de l’amphithéâtre de dissection sont désinfectées avant leur projection à l’égout.
Répartition des malades. — Cet hôpital,, placé sous la haute direction d’un chirurgien-directeur , peut contenir, comme nous l’avons dit déjà, 1,340 à 1,500 malades, soit :
HOPITAUX ET HOSPICES
1° Section de chirurgie 441
2° Section des maladies des yeux 108
3° Section de médecine 671
4° Section des épidémies 120
Total 1 . 340
Réserve en cas d’épidémie 126
Lits d’enfants en supplément 34
Soit donc au maximum. . . 1 . 500
Ce qui donne :
Lits de femmes et enfants 735
* Lits d’hommes 765
Soit au maximum 1 500
Ces malades sont répartis dans des pavillons de trois types : 33 lits, 15 lits, 6 lits.
Comme personnel, on compte en général un inspecteur pour 5 ou 6 pavillons, et un infirmier ou infirmière pour dix malades.
Pavillons. — Nous avons déjà parlé (p, 428) du pavillon type de l’hôpital de Hambourg, et nous avons indiqué (p. 420) le système de couverture en liolzcement qui se trouve dans la plupart des hôpitaux Allemands modernes. Ajoutons ici que chaque pavillon a un sous-sol très bas, qui renferme les conduits de chauffage : que le sol, sauf dans les chambres d’isolement et dans l’antichambre où il est en chêne dur, est fait d’une mosaïque qui se crevasse aisément (inconvénient déjà observé par nous à l’hôpital du Havre) ; que les murs sont enduits en chaux et ciment et que leur surface grenue retient trop aisément les poussières ; que les plafonds enduits en plâtre et peints à la chaux, suivent les pentes du toit. — Les portes des salles et dépendances sont toutes vitrées. Celles extérieures s’ouvrent à deux battants tandis que les portes intérieures des salles glissent sur des roues de suspension et tout à fait sans bruit. Les fenêtres ont lm30 de largeur et 3m75 de hauteur. Un meneau en pierre les divise en deux parties sur la hauteur. Leurs appuis sont à 95 centimètres du sol de la salle. La partie haute est vitrée de deux jalousies à lames de verre : la partie basse, sur 2m40 de haut est formée par une croisée ordinaire à deux ventaux.
Salle de malades. — La surface de la salle est de 219mri30. Le cube d’air total est de 1,096^. Ce qui donne par malade, pour un effectif de de trente malades, 7m(i31, et 36m 55.
Il est à remarquer que ces cubes et surfaces ne sont obtenus que grâce à la hauteur relativement considéiable de la salle (5m25), et que l’introduction de trente lits dans une salle de 25m50 de long n’a pu être possible qu’à la condition de supprimer effectivement les deux portes donnant
accès latéralement à cette salle, et, enfin, de ne tenir aucun compte de l’emplacement des fenêtres pour la place à donner à ces lits.
Fig. 88-89. — A, foyers à ailettes ; B, prises d'air ; C, conduites d’air ; D, chambre de chauffe ; E, bureau-toilette.
Ce ne sont pas là des conditions très recommandables et on doit regretter de les voir adoptées dans un hôpital aussi largement installé,
HOPITAUX ET HOSPICES
Nous n’insistons pas sur les dépendances des salles (Water-Clorets, salles de bains, lavabos, office).
Éclairage. — Les salles de malades sont seules, pour le moment, éclairées par des lampes à incandescence.
Les autres services sont éclairés au gaz.
Chauffage et ventilation des salles et dépendances. — Renouvelant les anciens procédés, on a voulu chauffer d’abord le sol lui même, pensant que, l’air venant s’échauffer au contact des planchers et y prenant un mouvement ascendant, il n’y avait pour lui aucune raison de stagnation.
Pavillon d’isolement
6 Lits
Fig. 90. — A, entrée (chambre du gardien) ; B. poêles ; C, chauffe-bains ; D, vidoir.
D’autre part, il n’était pas possible de compter chauffer exclusivement un cube d’air aussi considérable par la surface des planchers, et enfin il fallait assurer le renouvellement de cet air dans des conditions normales.
On est arrivé à ce résultat en combinant le chauffage par le plancher avec le chauffage par l’air chaud comprimé.
Ces deux chauffages sont assurés par des appareils à vapeur à basse pression, les calorifères à air chaud ayant été absolument rejetés.
Il est évident que le chauffage par le rayonnement du plancher présente de sérieux avantages, mais ces avantages ne paraissent pas en rapport avec les dépenses considérables auxquelles entraîne ce système.
Par contre, le chauffage par l’air comprimé, qu’il est indispensable de combiner avec le premier, pourrait suffire seul ; il est, du reste, exclusivement, installé dans d’autres hôpitaux nouveaux, où il rend les meilleurs services.
Les différents essais faits au cours de la construction des pavillon?
n'ont pas permis d’étudier l’établissement d’un générateur unique, et ont amené à munir chaque pavillon d’un système de chauffage indépendant, ce qui est, je crois, désavantageux à beaucoup de points de vue.
Un des premiers inconvénients signalés a été la multiplicité des tuyaux envoyant leur fumée dans l’atmosphère. Par les temps couverts, cette fumée plane au-dessus des pavillons. On a dû pour remédier en partie à ce désagrément, renoncer au charbon de terre et employer le coke pour le chauffage des chaudières.
Pour chaque pavillon, le chauffage est donc assuré par une chaudière à vapeur à réglage automatique et dont la pression est de 3 à 3.1/10 d’atmosphère. De cette chaudière partent une série de tuyaux assurant le chauffage par les planchers. Ces tuyaux sont suspendus dans des caniveaux en dalles de ciment et briques de 75 cent, x 75 cent, situés immédiatement au-dessous des planchers en mosaïque sur dallage en ciment, qu’ils supportent du reste. Ces caniveaux, ouvrant sur le corridor de la cave pour permettre le nettoyage et les réparations des fuites, sont hermétiquement fermés en temps ordinaire. L’air qu’il contient s’échauffe au contact des tuyaux et porte l’ensemble de ces planchers à une température qui atteint en moyenne 20 degrés à la surface. — D’autres tuyaux partant également de la chaudière se terminent, dans les chambres isolées et les dépendances (où le chauffage par le plancher a été trouvé inutile) par des foyers à ailettes, recouverts d’enveloppes en tôle, et contre lesquels l’air extérieur vient se réchauffer pour entrer dans ces localités à une température assez élevée et avec une assez grande vitesse.
Des ouvertures pratiquées dans les murs extérieurs, à la partie haute de ces foyers, et munies de registres, donnent accès à l’air frais du dehors, qui est aspiré par l’air chauffé, et se mélange avec lui en pénétrant dans la salle.
Deux foyers à ailettes enfermés dans des armoires en fer sont placés dans l’axe de la grande salle. Ils servent au chauffage lorsque celui des planchers ne fonctionne pas encore ou ne fonctionne plus (printemps et automne). En hiver, ils chauffent l’air servant à la ventilation.
Des prises d'air alimentent ces appareils de façon à amener en une heure, dans la salle, un cube d’air chaud sous pression double du cube de cette salle.
Enfin, une autre série de tuyaux sert à chauffer l’eau des réservoirs alimentant les lavabos, bains, offices, etc., etc. Ces derniers fonctionnent été comme hiver.
En dehors des avantages certains qu’on peut trouver au point dc vue hygiénique à élever la température de l’air envoyé dans les salles au moyen de parois chauffées elles-mêmes par l’eau chaude ou la vapeur, ce système permet d’avoir, à tous moments et à tous les points du pavillon, de l’eau chaude en quantité suffisante.
L’hiver, ce résultat si désirable est obtenu sans dépense appréciable,
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et l’été cotte dépense est réduite au minimum grâce au réglage de la chaudière.
Un chauffeur de profession, capable de faire les réparations courantes des appareils, suffit au service de quatre pavillons.
En résumé, ce système fonctionne dans de bonnes conditions et donne, dit-on, de forts bons résultats.
La dépense, probablement à cause du chauffage par le plancher, est malheureusement élevée. Elle est d’environ 31 centimes par malade et par jour, pour le chauffage de l’air et de l’eau.
Le* chauffage par l’air chaud comprimé a permis la suppression de toute ventilation mécanique: mais on a voulu cependant pouvoir assurer, indépendamment des fenêtres, l’évacuation facile de l’air vicié, en ménageant au plafond un lanterneau fermé à la surface même de ce plafond, et sur ses parois latérales, par 52 soupapes fonctionnant deux à deux et à ouvertures opposées.
La surface d’évacuation produite par ces 52 soupapes et par l’ensemble des jalousies à lames de verre, eitées plus haut, est de 13 mètres.
La difficulté d’ouvrir les fenêtres, devant lesquelles se trouvent des lits, a rendu ce lanterneau indispensable.
Dans une salle où les lits seraient adossés exclusivement à des trumeaux, il y aurait intérêt à supprimer ce lanterneau, qui. par sa construction même, est diflicile à nettoyer et donne souvent lieu à des rentrées d’air fort désagréables.
Mobilier. - Chaque malade a à sa disposition : un lit ; une table de nuit ; une chaise.
Le lit est en fer creux (Tube à gaz). Il est démontable et peut passer à l’étuve. Un cadre en planches mobiles (bois naturel) isole le malade du fer et donne à l’ensemble un aspect un peu plus confortable.
Sur ce lit de fer est accroché une sorte de filet en gros fil de fer tordu sur lui-même aux assemblages des mailles, et formant par conséquent ressort. Cet appareil, assez compliqué, sert de sommier; au-dessus est un matelas de laine de 10 cent, d’épaisseur au plus, le tout recouvert de deux draps et d’une couverture ayant à peu de chose près la largeur et la longueur du matelas, et agrémenté d’une sorte de plan incliné mobile, également en laine, auquel on donne le nom d’oreiller.
Quelques malades ont, en outre, un coussin de plumes en forme de cylindre de 10 à 12 cent, de diamètre.
Les Allemands trouvent cette literie confortable. Nos malades ne s’en contenteraient certes pas.
La table de nuit est bien comprise. Elle se compose de quatre montants en fer creux, reliés sur la hauteur par deux cours de traverse en fer, sur lesquelles viennent poser deux tables mobiles en tôle, lie dessus est formé d’une dalle de verre brut. Les quatre pieds de la table, ter-
minés en forme de cône s’engagent dans des trous également coniques pratiqués dans l’épaisseur de la dalle.
La chaise est en fer, avec siège en bois courbé; elle est un peu lourde et se démonte aussi.
Malheureusement, toutes ces armatures de fer sont peintes d’un ton presque noir, qui est peu agréable à l’œil.
Dans la longueur de la salle, et sur le grand axe, sont deux toilettesbureaux, disposées ainsi que suit :
Sur un cadre en fer, monté lui-même sur des pieds isolés en fonte, se trouve un meuble à deux faces. D’un côté, un lavabo avec dessus et dossier en marbre et deux cuvettes en porcelaine, avec vidange à siphon, robinets à eau chaude et eau froide.
De l’autre côté un bureau en chêne avec étagère à tiroir au-dessus pour les livres de la salle : carnets, fiches de renseignements, etc.
A proximité de ces lavabos, et toujours sur le grand axe de la salle, sont deux armoires-vitrines en fer et glace, bien fermées, et avec tablettes en glace à l’intérieur; elles sont posées sur une table en glace formant tablette au pourtour; au-dessous de cette table sont deux tiroirs en tôle vernie et peinte, et doublés en glace.
La vitrine, séparée en deux par une cloison en glace, contient, d’un côté, les instruments ; de l’autre côté^ la petite pharmacie restant à la disposition de la salle. Dans les tiroirs sont les objets de pansement.
En outre, dans chaque salle se trouvent deux tables à ustensiles, lesdites en glace polie, à coins arrondis, et montées sur pieds en fer. Sur ces tables, on dépose tout ce qui sert aux médecins pendant la visite. On y fait aussi les analyses simples.
Dans la salle de bains est une table de pansement et d’examens, à armature en fer avec dessus rembourré. Cette table est mobile.
Un système de chaise percée pour les malades est encore en usage. C’est un trépied en fer supportant un anneau en fer rond à 40 cent, du sol. Un vase à rebords, et muni d’un couvercle, vient s’emboîter sur cet anneau.
Ces trépieds sont déposés dans la pièce des water-closets.
Les pavillons de différentes dimensions sont en somme construits d’après le même type, sauf quelques points de détails.
Nous donnons ci-après le plan du pavillon des délirants. Celui-là est à 2 étages. Ce pavillon ne donne asile qu’aux cas spontanés se produisant parmi la population hospitalière (fig. 91).
Nous avons déjà parlé (p. 457) du bâtiment des opérations ; nous nous bornerons a reproduire ici les plans des pavillons d’isolement de l’hôpital de Hambourg (fig. 88-89-90), puis à parler du service des bains, du service des morts, de la buanderie et de la cuisine.
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Service des bains. — Les pavillons ayant tous leur salle de bains où les malades peuvent prendre sur place la plupart des bains prescrits, ce service ne renferme que les bains spéciaux. Les bains romains, bains turcs, hydrothérapie complète, bains électriques, etc., sont situés au rez-de-chaussée. Ils sont communs aux deux sexes et installés avec grand
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Pavillon des délirants
luxe. Partout les murs et plafonds sont revêtus de faïence et les appareils solidement et élégamment construits.
Au premier étage, on trouve l’installation des bains permanents pour hommes et femmes.
Dans deux vastes salles, à parois de grès vernissé et à sol de mosaïque, se dressent sur le sol même huit grandes cuves en maçonnerie revêtues de carreaux de grès vernissé. Dans ces cuves, remplies de liquides divers, on installe sur des fauteuils en bois conlortablement établis, des malades
qui y restent plongés pendant de longues heures. Aucun rideau ni paravent ne permet d’isoler ces cuves.
Les malades qui ne peuvent marcher sont transportés aux bains dans les brancards du service d’opérations.
Service des morts. — Le bâtiment des morts et de la chapelle est bien placé à l’angle nord-ouest du terrain et à proximité du service des épidémies (fig. 92).
Il comprend, d’une part) la chapelle, bien construite et bien décorée, avec sortie spéciale sur l’extérieur, et ayant comme annexe une salle de réunion pour les familles, une salle de mise en bière, en communication avec le sous-sol des morts, et une salle pour le pasteur.
Le mort étant exposé à la chapelle pendant la cérémonie, le visage et les mains découverts, on ne ferme la bière qu’au moment même où il va sortir de la chapelle, et on le ramène pour cette dernière opération dans la salle de mise en bière.
La seconde partie du bâtiment, de beaucoup plus importante, comprend l’institut pathologique, composé, au premier étage, d'une salle de dissection parfaitement exposée et supérieurement éclairée.
Cette salle, de 9m50 sur 15m5Q et 5 mètres de hauteur, est presque entièrement vitrée sur trois côtés. Le sol est en mosaïque, avec cuvette d’évacuation pour les eaux de lavage.
Les neuf tables de dissection sont en bois ; chacune est munie, du côté du pied, d’une cuvette en métal avec vidange à siphon recevant les liquides provenant des autopsies. Au long d’un pied de chacune de ces tables est fixé un tuyau d’eau avec robinet et tuyau de caoutchouc, avec lance pour le lavage des corps.
Les murs sont revêtus de carreaux de faïence jusqu'à la hauteur de 2 mètres. Le surplus de ces murs et toutes les autres peintures sont à l’huile au vernis. A l’un des angles de cette pièce est un treuil par lequel on monte et on descend les corps. A côté de ce treuil sont des lavabos à eau chaude et à eau froide du même type que ceux décrits.
La ventilation de cette immense salle est assurée par un lanterneau dans le plafond, par quelques conduits d’évacuation dans les murs, et enfin par des jalousies en lames de glace remplaçant les carreaux du haut dans les fenêtres.
A la suite, ouvrant sur un vaste corridor central, malheureusement peu éclairé et peu ventilé, on trouve : le cabinet des assistants, servant de musée et de dépôt de collections ; le laboratoire des élèves en médecine, vaste pièce de 16 mètres de long, bien éclairée ; les laboratoires de chimie, de bactériologie, de physiologie, et le cabinet du prosecteur. Tous ces laboratoires sont installés convenablement, mais n’ont rien de remarquable.
Deux escaliers font communiquer les laboratoires avec l’établisse-
HOPITAL de HAMBOURG Bâtiments des roorts et de la Chapelle.
fc/5
Encyclopédie d’hygiène.
ment. Un troisième escalier intérieur assure les communications avec le sous-sol.
Au sous-sol, immédiatement au-dessous de la salle de dissection, et en communication avec elle par le monte-charge déjà décrit, est le dépôt des corps ; ces corps y sont déposés sur un vaste lit de camp en ardoise. A la suite, et également sous la salle de dissection, est la salle d'habillement. Les localités suivantes sont à usage de magasins. Le sol de cet étage est en ciment. Les postes d’eau et les cuvettes d’écoulement y sont répandus à profusion. La ventilation y est bonne. Une rampe intérieure assure la communication entre ce sous-sol et la salle d’exposition des corps.
Toutes les eaux provenant de ce service se réunissent en dehors du bâtiment, dans une sorte de citerne pouvant contenir en moyenne la quantité consommée pendant une journée. Ces eaux sont désinfectées avant d’être déversées à l’égout.
Le chauffage de ce bâtiment est assuré par des poêles ordinaires et par le système employé dans les pavillons, suivant les localités.
Bâtiment cl' administration . - Ce bâtimentcontientau rez-de-chaussée, et, à gauche de l’entrée principale, les bureaux du directeur-médecin, du directeur administratif, des médecins assistants de garde et des employés. Tous ces bureaux sont reliés télégraphiquement et téléphoniquement avec tous les pavillons et bâtiments de l'hôpital et avec les services similaires de la 'Vil le. A droite de l’entrée est la pharmacie.
A la tète de ce service est un pharmacien-chef et six élèves internes, ayant à faire une moyenne de 1,000 préparations par jour.
Pour son importance, ce service occupe fort peu de place. Il se compose d’une pharmacie proprement dite, d’un laboratoire pour les préparations, d’un second laboratoire pour les préparations en grand, et de magasins dans le sous-sol.
Toutes les plantes médicinales poudres, graines, etc., sont préparées par la pharmacie, ainsi que les solutions de toutes sortes et l’eau distillée pour les services de médecine et de chirurgie. Il n’y a pas de tisanerie dans ce service, les tisanes étant à peu près inusitées dans la pratique journalière de la médecine allemande.
Dans les étages supérieurs du bâtiment logent les assistants, quelques élèves en médecine et en pharmacie et du personnel.
Buanderie. — En avant et à gauche est le bâtiment contenant la buanderie et la lingerie, au rez-de-chaussée ; les séchoirs et des logements de personnel aux premier et deuxième étages.
Dans l’axe de ce bâtiment est un arrière-corps contenant, d’un côté, l’étuve à désinfection, sans communication avec le reste du bâtiment, et, de l’autre, le local où sont les bassins d’essangeage, véritable entrée de la buanderie.
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Le local de la désinfection est divisé en deux parties, avec étuve à vapeur sous pression, à cheval sur la cloison de séparation. Un seul homme est chargé du service. 11 reçoit du côté infecté les objets qu’on lui apporte en paquet, et qui sont déposés sur le sol, charge son étuve, puis va reprendre de l’autre côté les objets désinfectés, qu'il porte luimême aux bassins d’essangeage.
Il y a loin de là aux précautions prises dans nos établissements.
Tout le linge sale des pavillons arrive, soit sur des chariots, soit à dos d’hommes, dans la pièce aux bassins d’essangeage, sauf le linge à désinfecter.
Cette buanderie est une sorte de hall élevé, dans lequel sont disposés des cuviers, deux tonneaux laveurs, bassins de rinçage, essoreuses, machines à laver lçs couvertures de laine, le tout mû par la vapeur. Une machine de vingt chevaux assure le service de la buanderie et des machines électriques.
La place'' est bien ménagée, et l’impression générale est que, pour une si grande quantité de linge traité, remplacement, le matériel et le personnel ont pu être réduits dans les proportions les plus avantageuses.
Tous les murs et plafonds de la pièce aux bassins d’essangeage et du hall de la buanderie sont revêtus de carreaux en grès cérame émaillé de différents tons, avec arêtes abattues formant bossages, et joints creux en ciment coloré en bleu. L’aspect général est très satisfaisant, et on évite avec ces produits les murs lépreux que Ton rencontre en général dans les buanderies de nos établissements.
La ventilation est obtenue au moyen de trémies situées dans le toit, et à la naissance desquelles sont des tuyaux de vapeur disposés en forme de gril. L’appel est énergique et les buées sont évacuées au fur et à mesure de leur production.
Le sol est en grès cérame strié, pour éviter des glissades; des caniveaux, avec sortie d’eau pour chacun des appareils, permettent l’évacuation directe des eaux souillées.
Au moyen de monte-charges, le linge sortant des essoreuses est envoyé aux premier et deuxième étages dans les séchoirs. Ces séchoirs occupent aux deux étages la superficie presque totale du bâtiment. Les planchers, murs et plafonds de ces pièces, hermétiquement fermées par des portes et châssis en fer et verre, sont enduits en ciment. Au long des murs passent de nombreux tuyaux de vapeur, et aux angles sont de vastes bouches de chaleur alimentées par des calorifères à air chaud. Au plafond, des trémies à ouverture facilement réglables, et dans lesquelles un violent appel est déterminé par des serpentins de vapeur, assurent l’évacuation des buées, de telle sorte que le linge est très rapidement séché et en état de retourner à la lingerie.
Par d’autres trémies ménagées dans le sol de ces séchoirs, le linge sec redescend au rez-de-chaussée dans le service de la lingerie, qui est complètement séparé de la buanderie par un mur de refend.
Ce linge tombe directement dans la salle de pliage, où il est visité et raccomodé. Il passe ensuite soit à la presse, soit à la machine à repasser, et est définitivement dirigé sur la lingerie proprement dite, où il est mis en casiers.
Il n’y a rien de particulier à signaler dans ce service, si ce n’est l’emploi d’une assez grande quantité de machines à coudre, à repriser, etc., etc., qui permettent encore la réduction du personnel.
Cuisines. — Laverie. — Symétriquement placé par rapport au précédent est le bâtiment des cuisines.
En entrant dans ce bâtiment par l’aile gauche, on trouve une assez grande salle où les légumes, les pommes de terre surtout, qui font la base de l’alimentation des Allemands, sont épluchés et lavés mécaniquement autant que possible.
A droite et à gauche sont des magasins, la boucherie et une pièce renfermant les machines à faire les saucisses.
Ces machines jouent un grand rôle, la plupart des viandes étant cousommées par les malades sous forme de saucisses.
Dans toutes ces pièces, les murs sont en partie revêtus de carreaux de grès vernissé comme ceux décrits à la buanderie. Le sol est en grès cérame, avec écoulement d’eau où cela est nécessaire.
On pénètre ensuite dans un grand hall où sont les appareils pour cuire à la vapeur. Au centre sont des marmites et sur les côtés, de vastes tables en fer avec étuves au-dessous pour maintenir chauds les aliments.
A la suite est une autre grande cuisine avec fourneau à charbon de terre.
Ces locaux, dont les parois sont entièrement revêtus de grès vernissé, ont un sol en grès cérame. Ils sont abondamment pourvus d’auges, avec eau froide et eau chaude, écoulements d’eau, etc.
L’aspect général est des plus satisfaisant.
Il y a évidemment une première mise de fonds considérable dans ces installations, mais le résultat est excellent à tous les points de vue.
En avant de la cuisine à charbon est une vaste salle de distribution.
La distribution des aliments se fait dans des marmites en fer-blanc à deux ou trois compartiments superposés. Des serviteurs attachés au service de la cuisine transportent ces marmites à chaque pavillon au moyen d’un chariot très léger et fort ingénieusement établi.
Ce chariot se compose d’un cadre, avec prolongement formant brancard, monté sur un train de roues élevé de telle façon que ce dit cadre soit à environ lm 50 du sol. Quelques traverses horizontales réunissent les montants de ce cadre. Cadre et traverses sont garnis de crochets auxquels on suspend les marmites, qui, de cette façon, ont peu à craindre des cahots et se chargent et se déchargent facilement. Au-dessus du train de roues est un plancher d’environ lm 50 de long sur lequel on peut poser les objets ne craignant pas les cahots.
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A proximité des cuisines est la laverie pour les ustensiles, marmites, etc.
Au milieu de cette pièce, dont le sol et les murs sont recouverts de grès cérame, est un grand bac 'en cuivre rouge d’environ 0m 60 de profondeur, long de 4m 50 et large de lm 50. Les bords de ce bac sont à environ 0m 80 du sol. Des cloisons en métal le divisent en douze compartiments, munis chacun d’une bonde de vidange. Chaque groupe de quatre compartiments dispose de deux robinets d’eau chaude (bouillante) et deux robinets d’eau froide, et les parois intérieures sont garnies de claies mobiles en bois, pour éviter le bruit et l’usure du métal.
Les ustensiles de cuisine, lavés à l'eau bouillante, rincés à l’eau froide ou tiède, puis essuyés, sont ensuite rangés sur des casiers à claire-voie garnissant les murs.
Après chaque service, les claies mobiles en bois sont lavées avec soin, les bassins lavés et récurés. Ils restent ainsi vides et propres jusqu’au service suivant.
Ce système fort simple remplace bien avantageusement les appareils appelés cylindres, en usage dans nos cuisines et dans lesquels on croit devoir maintenir constamment en ébullition une eau grasse d’aspect repoussant et dont les émanations empoisonnent les environs.
Dans les étages supérieurs sont disposés quelques magasins et des logements pour le personnel.
En avant de ces bâtiments, on trouve le bâtiment de l’économat et deux hangars servant de magasins à matelas et à mobilier, qui ne présentent aucune disposition à signaler.
Quelques ateliers sont disposés dans ces hangars pour des ouvriers qui assurent presque exclusivement l’entretien des bâtiments, les entrepreneurs n’étant appelés que pour les grosses réparations.
Rien de particulier n’est à signaler dans les pavillons du médecindirecteur et de l’administrateur, si ce n’est le confortable, et l’on peut même dire le luxe, avec lequel ils sont construits et aménagés. Les bâtiments du personne], situés en dehors du territoire de l’hôpital, sont aussi installés avec beaucoup de soin.
En résumé, dit M. Belouet (1), les divers éléments décrits ci dessus sont établis dans d’excellentes conditions; ils réalisent certainement un progrès considérable, et, malgré les défauts inhérents au système de décentralisation adopté, surtout pour un aussi grand nombre de malades à traiter, cet établissement fonctionne facilement et commodément.
On doit surtout ce résultat aux communications largement assurées entre la direction et le personnel par le télégraphe et le téléphone, ainsi qu’à l’éclairage électrique et au chauffage à vapeur.
Toutes ces innovations simplifient considérablement le service du personnel et lui permettent de se consacrer plus effectivement aux malades.
(1) H. Belouet, /oc. cit.
Hôpital Friedrichshain de Berlin (Hôpital civil). — L’hôpita
Friedrichshain de Berlin contient 620 lits. La construction de cel hôpital, commencée en 1868 a été achevée en 1874.
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Cet établissement est situé au milieu du beau parc de Friedrichshain, aux dépens duquel il occupe une surface de 95,500 mètres. 11 est vaste, bien aéré et présente des conditions hygiéniques qui en feront toujours un établissement remarquable.
Les hôpitaux de Hambourg et d’Urban, construits bien après, se sont inspirés des idées mises en pratique à Friedrichshain et se sont, en réalité, peu écartés de leur modèle.
Les dispositions générales sont seules intéressantes, et le plan que nous avons donné (p. 409) dispensera de plus ample description.
Le pavillon type de cet établissement peut être décrit en peu de mots.
Il se compose d’un pavillon renfermant l’escalier et des annexes de services, et élevé sur caves d’un rez-de-chaussée et de deux étages ; à la suite est la partie renfermant les salles de malades, et élevée sur caves d'un rez-de-chaussée et d’un premier étage.
Dans le pavillon est, au fezrde-chaussée, dans l’axe, un escalier ; à la suite, un vestibule en forme de croix donnant accès à la grande salle, à l’office, au cabinet de la supérieure, à une chambre d’isolement, et enfin à un laboratoire d’analyses.
La salle de 33 mètres de long, 9m 10 de large et 6 mètres de hauteur, contient 28 lits. A l’extrémité de cette salle, et de même largeur sur 6m 80 de long, est une salle de convalescents, ouvrant largement sur une vaste terrasse.
A droite et à gauche, communiquant directement avec la salle de malades, et formant avant-corps, sont deux chambres, contenant, l’une, les bains et lavabo, et l’autre, les vvater-closets, vidoirs, etc.
Le premier étage est en tout semblable au rez-de-chaussée, et le deuxième étage, au-dessus du pavillon, renferme une chambre d’isolement, le logement de l’assistant et une chambre de garde.
Hôpital municipal d’Urban (Berlin). — Cet établissement contient 000 lits. Il a été construit en 1890 au sud de la ville de Berlin, mais si on se voyait alors obligé dans cette ville dont l’extrémité est devenue considérable, de construire un nouvel hôpital, on était obligé aussi, par suite de la cherté du terrain de se contenter d’un espace restreint (30,650m) de là la nécessité regrettable et justement regrettée par les hygiénistes allemands, d’abandonner le système des pavillons isolés si heureusement mis en pratique à Hambourg (fig. 94).
On adopta cependant un système de pavillons isolés dans lesquels la partie réservée aux salles est élevée sur caves d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage, les parties au-dessus des annexes étant seules surmontées d’un étage d’attique. Un étage d’attique existe aussi dans les parties centrales des bâtiments de contagieux et d’isolement.
L’adoption de ce parti a conduit à des cours bien étroites, et, comme on peut s’en rendre compte par l’inspection faite du plan d’ensemble ci-contre, les bâtiments sont les uns sur les autres.
Ces réserves faites, on se trouve en présence d’un établissement modèle, dont tous les détails ont été étudiés avec le plus grand soin et qui, parmi les hôpitaux modernes, est certainement un des plus parfaitement outillés.
Tous les bâtiments, dit M. Belouet (1), sont construits en brique rouge apparente, de belle fabrication, fort bien traitée et relevée par endroits
Hommes. Femmes
Fig. 94. — Pavillon I el II, médecine et chirurgie ; III, IV, V et VI, chirurgie ; VII, VIII, IX et X, médecine; XI, diphtérie; A, administration; B, opérations; C, machines; D, économat ; E, concierge ; F, bains ; G, morts ; H, préaux couverts ; JJ, galerie souterraine.
de décoration en pierre, bandeaux et appuis en terre cuite et de quelques panneaux de faïence.
Quoique un peu monotone, l’ensemble de ces constructions est d’un aspect agréable. Les toits sont plats et recouverts en holzcement et terre, comme à Hambourg. Jusqu’à ce jour, ce système a donné de bons résultats.
A l’entrée, sur la place d’Urban, est le bâtiment d’administration, flanqué à droite et à gauche de deux pavillons pour malades payants et isolés ( médecine et chirurgie).
(1) H. Belouet, loe. cit
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A la suite et parallèlement à ces premiers pavillons, sont disposés les bâtiments de malades,
La séparation des sexes et le groupement des services de médecine et de chirurgie sont établis suivant les principes adoptés à Hambourg.
Le grand axe divise l’hôpital en quartier des femmes (à droite) et quartier des hommes (à gauche). Perpendiculairement à ce grand axe, les quatre premiers bâtiments forment la section de chirurgie, avec son pavillon d’opérations au centre, sur le grand axe. Les quatre suivants forment la section de médecine, avec le pavillon de diphtérie au centre et également sur le grand axe.
Tous ces bâtiments n’ont aucune communication entre eux au rez-dechaussée.
Parallèlement aux rues latérales, il existe des préaux couverts qui semblent relier entre eux les pavillons, mais ces préaux n’ont de communication qu’avec le pavillon auquel ils sont affectés. Ils ont le grand défaut de s’opposer à la venlilation de ces cours, déjà trop petites ; mais les médecins, désireux avant tout de voir les malades hors des salles le plus souvent possible et par tous les temps, ont maintenu ces préaux malgré les inconvénients signalés.
En arrière du pavillon de la diphtérie, et toujours sur le grand axe, est le bâtiment des machines, et, en arrière encore, le bâtiment des services économiques ou services généraux.
A droite est le bâtiment des bains et la cour de service. A gauche, le service des morts, avec la chapelle, et la cour spéciale des convois.
Les pavillons de la section de chirurgie comprennent 286 lits, ainsi
répartis :
Pavillon n° 3, hommes 67 lits.
— S, hommes 68 —
. i femmes 30 —
’/ enfants 29 —
— 11, femmes et enfants 16 —
— 1, hommes (payants) 8 —
— 2, femmes. .....( — ) 8 —
Total 286 lits.
Soit : pour les hommes 143 lits.
pour les femmes 98 —
pour les enfants 29 —
pour la diphtérie 16 —
Total égal 286 lits.
Les pavillons de la section de médecine comprennent 329 lits, ainsi répartis :
Pavillon n° 7, hommes . .
— 9, hommes . .
g ( femmes. . . .
’j enfants . . . .
— 10, femmes. . .
— 1, hommes . . .
66 lits.
329 lits.
Soit : pour les hommes 171 lits.
pour les femmes 129 —
pour les enfants • 29 —
Total égal 329 lits.
Dans les étages supérieurs des pavillons 1 et 2, qui sont directement ventilés par les toits, on place de préférence les phtisiques.
Nous avons déjà donné (p. 428) le plan d’un pavillon de l’hôpital d’Urban (1). Nous complétons ce renseignement par une description de la salle de malade, et nous donnons aussi quelques renseignements qui nous semblent intéressants sur le chauffage et la ventilation de ces salles et sur la disposition du bâtiment de l’économat où l’on a dû, faute de place, entasser les services.
Salle de malades. — La salle de malades, contenant en moyenne 32 lits, a 31 mètres de long sur 9m50 de large et 4m50 de haut, soit 294 U1 R- ou 9m. q. 20 par lit, et l,325')'.c.25 ou 41u'.c.4T par lit. Ce qui donne un excédent de 2 mètres de surface et de 5 mètres cubes par lit sur les quantités de même nature trouvées à Hambourg,
Le sol de cette salle est en mosaïque, comme du reste dans tout l’ensemble du bâtiment. Cette mosaïque est déjà fendue, et on regrette de n’avoir pas employé le grès cérame (2).
Le plancher n’étant pas chauffé comme à Hambourg, pour éviter le froid et le bruit, on a mis en avant des lits, et sur la longueur de la salle deux chemins en linoléum parfaitement adhérents au sol.
Cette salle est éclairée par seize grandes baies, fermées chacune par une double fenêtre.
Les appuis de ces fenêtres sont à lm50 du sol et recouverts en ardoise. Ils n’ont pas d’ébrasement. Cette hauteur de l’appui empêche les malades de profiter du peu de gaieté que pourraient leur procurer les allées et
(1) Nous avons donné aussi (p. 462) la description du pavillon d’opérations.
(2) La mosaïque, partout ou elle a été employée (le Havre, Hambourg, Berlin, etc ) a donné des mécomptes. Un bon parquet dur bien jointoyé est infiniment préférable même au grès cérame ; voir ci-dessus p. 421-4-22
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venues du personnel et des convalescents ; mais elle a sa raison d’être dans le développement nécessaire aux tuyaux de vapeur à basse pression qui échauffent l’air de la salle.
L’éclairage des salles est assuré par quatre appareils à T portant à chaque extrémité une lampe à incandescence avec réflecteur en verre opale.
Au fond de la salle, et dans l’axe, on trouve un escalier de service, destiné surtout au sauvetage, en cas d’incendie, des malades du premier étage.
A droite est une salle devant servir de salle de réunion et de salle à manger pour les convalescents. Elle communique par une porte avec le préau couvert qui est affecté au pavillon, et dont il a été question plus haut.
A gauche de la porte de l’escalier, et ouvrant directement sur la salle, est un petit vestibule donnant accès : 1° aux cabinets d’aisances, lesdits munis d’appareils à l’anglaise à réservoirs de chasse et d’un vidoir, 11e présentant aucune particularité intéressante ; 2° à une salle de bains à lavabos, dont la description ferait double emploi avec celle du pavillon type de Hambourg. Ces deux pièces sont revêtues de grès vernissé sur lmo() de hauteur.
Au point de vue pratique, on peut regretter, que les malades allant aux cabinets, au bain ou aux lavabos, soient si éloignés de l’office, où forcément le personnel est continuellement appelé à se trouver. Ils échappent de cette façon à une surveillance qui leur est souvent bien nécessaire.
Toutes les dépendances de cette salle sont éclairées au moyen de lampes à incandescence et sont chauffées par des poêles composés de tuyaux de vapeur à basse pression, disposés comme des tuyaux d’orgues, avec un soubassement et un couronnement en fonte moulée. — Le nombre des tuyaux est naturellement proportionné au cube à chauffer. Dans toutes ces pièces, il n’y a pas de ventilation, sauf cependant dans la salle de réunion. Les murs et plafonds sont peints à l’huile au vernis.
L’étage supérieur est absolument semblable. Le plafond de la salle des malades y est disposé comme ceux de Hambourg, avec lanterne de ventilation au sommet sur toute la longueur. La partie du pavillon renfermant, au deuxième étage, les logements du personnel ne présente rien de remarquable. Tous les passages et corridors sont éclairés à l’électricité. — La couverture du bâtiment est en holzcement.
Chauffage et ventilation. — Pour avoir une surface de chauffe suffisante, on a dû installer cinq cours de tuyaux sur chacun des murs latéraux de la salle. Ces tuyaux, de 0m 10 de diamètre environ, sont portés de distance en distance par des crémaillères en fonte scellées aux murs. Ils sont isolés de ces murs de 3 à 4 centimètres et y occupent une hauteur de lm50, égale à celle des appuis des fenêtres.
Ces tuyaux échauffent l’air de la salle ; mais, pour éviter la stagnation
de cet air et assurer son renouvellement, on a dû recourir à un système de ventilation assez simple permettant d’envoyer de l’air chaud à 25 degrés pour l’hiver, et pour l’été de l’air frais en de telles proportions que le cube total soit, comme à Hambourg, renouvelé environ deux fois par heure.
L’air nécessaire à cette ventilation est pris dans un puits d’air situé dans un jardin et à peu près au centre de l’hôpital. Un conduit amène cet air dans la cave du pavillon, dans une chambre à filtrer, où il se débarrasse de ses poussières en traversant des filtres en mousseline. Ainsi purifié, il se rend par un conduit souterrain à la chambre de chauffe, où, en passant sur des serpentins de vapeur, il peut s’échauffer jusqu’à 25 degrés pour la ventilation d’hiver. De cette chambre de chauffe, il est
Fig. 95. — 1, entrées; 2, réception du linge sale ; 3, raccommodage ; 4, machines; 5, buanderie; 6, séchoir à vapeur; 7, cylindrage; 8, repassage au fer; 9, pompe et ascenseur; 10, bureaux; 11, surveillance de la buanderie; 12, water-closets des femmes; 13, water-closets des hommes; 14, cuisine à vapeur ; 15, épluchage ; 16, magasins; 17, laverie; 18, distribution ; 19, boucherie ; 20, cuisinière; 21, dégagement.
amené, par des conduits en murs, dans la salle, où il arrive par des orifices placés dans les murs d’extrémités et dans les trumeaux entre fenêtres. Ces orifices sont garnis de lames inclinées vers le plafond. — Le personnel ne peut toucher aux registres qui les commandent : de cette façon, la ventilation, qui est réglée par le préposé à ce service, fonctionne toujours d’une façon satisfaisante.
Aux quatre angles des salles sont quatre grands conduits servant à l’évacuation de l’air vicié. Ces conduits descendent jusqu’en cave, mais n’ont aucune communication avec la chambre de chauffe. Des serpentins de vapeur placés à leur base y déterminent un courant d’air ascendant qui, par les ouvertures ménagées sur ces mêmes conduits dans la hauteur des salles, aspire l’air vicié, qu’il entraîne à l’extérieur.
Cette aspiration de l’air vicié fonctionne été et hiver. En hiver, l’air extrait de cette sorte est remplacé par de l’air chaud venant de la chambre de chauffe par les conduits décrits ci-dessus. En été, cet air extrait
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est remplacé par de l’air frais amené par aspiration dans ces mêmes conduits. En réglant l’extraction de l’air vicié, on règle du même coup l’admission de l’air frais.
Mobilier. — Les lits sont en fer, d’un type à peu près semblable à celui de Hambourg. Quelques-uns ont cependant des sommiers composés de lattes en bois avec attaches en fils de fer. Ils sont disposés à raison de deux par trumeau et un à chaque angle, et placés à 1 mètre des murs. Les tables de nuit sont du modèle de Hambourg. L’urinal et le crachoir sont en verre avec couvercle en métal.
Dans les services de chirurgie, plusieurs lits sont disposés pour recevoir, soit accidentellement, soit en permanence, une série d’appareils bien compris pour la suspension ou l’extension des membres, le soutien des malades dans des positions diverses, etc., etc.
Économat. — Le bâtiment de l’économat, de construction fort simple, mais toujours en brique, est élevé sur caves d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage, et d’un grenier dans la partie centrale seulement.
Au rez-de-chaussée, on trouve les bureaux de l’économat, la cuisine et la buanderie.
Au premier étage, dans la partie centrale, est la lingerie, et au grenier le magasin de la literie et des logements de personnel. Ces derniers services communiquent avec le rez-de-chaussée par un ascenseur et deux escaliers.
Cuisine. — La cuisine proprement dite est confortablement installée dans une sorte de hall largement éclairé par un lanterneau vitré et par trois grandes baies dans le mur latéral .
Au centre sont deux batteries de marmites à vapeur en deux groupes, l’un de six marmites pour le bouillon, et l’autre de quatre marmites pour les ragoûts. La contenance totale de ces marmites est de 2,000 litres. Leur installation est analogue à celle de nos établissements.
Adossé au mur de droite, et sur la presque totalité de sa longueur, est une sorte de bahut tout en fer de 0m 80 de hauteur sur autant de largeur. Une partie de ce bahut constitue un vaste bain-marie à vapeur, dans lequel des pommes de terre et différents mets usités dans la cuisine allemande peuvent être cuits. Des corbeilles en fer, portant sur des cornières également en fer, reçoivent les aliments à cuire. L’autre partie de ce bahut renferme une série de fours ou étuves sèches pour réchauffer et au besoin cuire certains aliments. — Cet appareil est chauffé par la vapeur sous pression. Le dessus est porté à une température suffisante pour tenir au chaud les mets préparés, en attendant leur distribution. A proximité, un appareil à vapeur peut donner 90 litres de café en un quart d’heure.
Adossé au mur opposé est un fourneau à charbon de terre avec grillades. Ce fourneau sert à rôtir les viandes et. à préparer les aliments des malades soumis à un régime spécial. Le fond de la nourriture allemande, la viande bouillie, les pommes de terre et les saucisses cuites à l’eau, explique le peu d’importance du fourneau à feu nu dans cette cuisine. A côté de ce fourneau est une vaste armoire en fer, chauffée à la vapeur, et dans laquelle on peut cuire en 25 minutes 500 litres de pommes de terre.
Le sol de cette cuisine est en grès cérame, avec caniveaux pour l’écoulement des eaux.
Les murs sont revêtus de grès vernissé jusqu’à 2 mètres de hauteur, le surplus est peint à l’huile au vernis.
L’éclairage est obtenu par des lampes à incandescence.
A la base du lanterneau de ventilation, c’est-à-dire au niveau du plafond, est une sorte de gril en tuyaux de fer dans lesquels circule la vapeur et qui produisent un appel d’air très énergique. Les buées et les odeurs sont de cette façon extraites au fur et à mesure de leur formation.
La laverie, ouvrant à la fois sur le vestibule et sur la cuisine môme, est installée d’une manière identique à celle de Hambourg. Aucune odeur ne s’en dégage.
A la suite est une salle de distribution communiquant avec la cuisine. Au milieu de la salle, sur une sorte de table-comptoir, on dépose les plats et marmites, qui sont ensuite transportés dans les pavillons au moyen de voitures à bras fermées par un couvercle.
Sur cette salle, et en arrière du comptoir, ouvre la boucherie, qui se trouve ainsi complètement isolée de la cuisine. Les parois de cette pièce sont aussi revêtues de grès vernissé.
Du côté opposé, on trouve, également, en communication avec la cuisine, un épluchage avec auges, eau chaude et eau froide, et à la suite deux magasins pour dépôt de provisions, dépense, etc., etc.
Dans la partie centrale du bâtiment sont les bureaux de l’économat, les logements de la cuisinière et de la buandière/et des cabinets d’aisances pour les hommes et les femmes. Tous les sols sont en grès cérame et toutes ces localités sont éclairées à la lumière électrique.
Buanderie. — La buanderie occupe l’aile gauche du bâtiment. A l’angle extrême, du côté de l’hôpital, est une pièce renfermant une machine de huit chevaux qui donne la force nécessaire à tous les appareils de la buanderie.
A la suite est la chambre de réception du linge sale, à parois revêtues de grès vernissé et sol en brique. Cette pièce, à laquelle on accède directement du dehors, communique avec la buanderie proprement dite, installée dans un hall semblable à celui de la cuisine et éclairé et ventilé de même, avec revêtement sur mur et sol semblable. Ce hall
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contient : un bassin d’essangeage, deux lessiveuses à vapeur sous pression, deux essoreuses, deux tonneaux laveurs et un appareil à rincer.
Au-dessus de la porte de communication avec la partie centrale du bâtiment sont les réservoirs d’eau froide et chaude.
De la buanderie, une porte donne accès à la chambre du séchoir à vapeur. Ce séchoir se compose d'une vaste cage en bois occupant à peu près toute la surface de la pièce. Le sol au-dessous de cette cage est presque exclusivement constitué par des tuyaux de vapeur sous pression, à travers lesquels l’air passe en s’échauffant. A la partie supérieure de la cage est un appel d’air obtenu avec de semblables tuyaux, et au-dessus une gaine d’évacuation pour les buées. — Dans cette cage ainsi établie, et traversée par un violent courant d’air très chaud, sont installées à chaque extrémité deux roues de grand diamètre, montées sur des axes parallèles, et reliées entre elles par deux chaînes sans fin munies de crochets supportant des bâtons sur lesquels on peut étendre du linge. Le tout est actionné mécaniquement.
Au sortir de l’essoreuse, le linge, chargé sur un bâton à l’une des extrémités de la cage, revient à son point de départ en quarante minutes environ. Il est alors complètement sec et peut être enlevé du rouleau. Le préposé au séchage n’a donc qu’à décharger les rouleaux au fur et à mesure qu'ils se présentent devant lui, et à les recharger aussitôt avec du linge nouveau.
De ce séchoir, le linge sec passe dans une autre chambre où il est en partie cylindré à la vapeur, et enfin dans une dernière où certaines pièces sont repassées à la main. De là, ce linge est monté à la lingerie par un ascenseur.
En face la pièce de repassage est une pièce de raccommodage munie de machines à coudre et à repriser.
Grâce aux machines employées, tout ce linge est blanchi avec peu de personnel et très économiquement, dit-on, et, de plus, la rapidité avec laquelle se font les opérations successives permet de diminuer considérablement l’approvisionnement en lingerie et, par suite, l’importance du capital engagé.
La surface totale occupée par ce service est de 292m 50.
Nous avons cru bon de reproduire ici ces détails un peu longs sur la buanderie. Il est en effet intéressant pour les administrations hospitalières un peu importantes d’avoir de bons exemples d’installations à imiter avec telles modifications qui sont nécessaires suivant les cas. 11 convient de dire en tous cas que certains de nos hôpitaux et, tout particulièrement les hôpitaux de Lyon, ont un service de buanderie très bien installé.
Nous ne dirons rien de plus en ce qui concerne l’hôpital municipal d’Urban, nous ajouterons seulement que, comme à Hambourg, les bains
sont donnés le plus souvent dans les pavillons. L’établissement spécial qui existe dans cet important hôpital ne sert aux malades que dans des cas particuliers : bains médicamenteux, hydrothérapie, bains russes, etc. La construction et l’emménagement de ce service ont été faits avec un grand luxe de revêtements de faïence et avec un outillage où se retrouvent les derniers perfectionnements.
G. ANGLETERRE. — On sait que la plupart des hôpitaux anglais sont entretenus par des souscriptions, des dons, des legs ; que ce sont en somme des œuvres privées pour la plupart. Il ne faut pas en conclure toutefois que l’assistance est fournie en Angleterre par la seule initiative privée, car l’État pourvoit aux asiles d’aliénés dans une large mesure et, d’autre part, les municipalités, par leurs commissions spéciales ( Metropolitan Asylums Board), s’occupent des hôpitaux et des asiles, créent des infirmeries, des institutions charitables de toute nature. La loi des pauvres de 1867 a autorisé un certain nombre d’unions à se syndiquer en Districts d'asiles pour la création d’hôpitaux destinés aux infectieux et aux aliénés.
La ville de Londres ne forme qu’un seul district. Elle dispose pour ses malades de plus de 20,000 lits.
Voici, en effet, d’après Lutaud et Hogg (!) la liste des principaux
hôpitaux de Londres, et en regard le nombre de lits :
1° Hôpitaux généraux.
Bartholomew’s Hospital 770 lits.
Charing Cross — 180 —
Guy’s - 690 —
King’s College — 200 —
London — 800 —
Middlesex — 310 —
Saint Georges — 353 —
Saint Mary’s — 190 —
Saint Thomas — 512 —
University College — 200 —
Westminster — 215 —
Royal Free — 150 —
Ces hôpitaux généraux donnent déjà un total de 4,570 lits.
2° Hôpitaux recevant certaines catégories de malades.
Catholic Hospital (hommes) 15 lits.
Hôpitaux pour les enfants ( Belgrave , 20 ; Cheyne , 33 ; East London, 92 ; Eoelina, 61 ; Great Ormond Street, 156 ; North Eastern, 60 ; Victoria, 65) 487 —
(I) Etudes sur les hôpitaux d’isolement en Angleterre.
HOPITAUX ET HOSPICES. 609
Maladies des voies respiratoires {City of London, 164 ; Bromp-
ton, 350 ; Nortli London , 35 ; Royal, 26) 575 lits.
Hôpitaux pour les convalescents 450 —
Hôpitaux pour les fièvres ( London Fever , 260 ; Homerton,
200 ; Stockwell, 198) 658 —
Fistula Hospital 50 —
Epilepsie ( Regent's Park, 30 ; Walbeck Street, 10 ; National, 120) 160 —
Poplar Hospital pour les accidents 484 —
Maladies de cœur . . . . 20 —
Incurables British, Home, Royal, Hip Hospital, Invalid :
ensemble 324) 324 —
Hospital Prison 208 —
Aliénés ( Betlilem , 300 ; Saint Luhe’s, 200) 500 —
Maternités ( British , 25 ; City , 40 ; General , 20 ; Queen Char-
lotte’s, 50 ; Saint John’s, 15) 150 —
Maladies des yeux {Royal London , 100 ; Royal South London, 14 ; Royal Westminster, 50 ; Western Eye, 12 ; Western
Ophthalmic, 20) 198 —
Hôpitaux orthopédiques (City, 24 ; National, 35 ; Royal, 45). 104 —
Maladies de la peau (British, 12 ; Blackfriars, 10; Saint
John’s, 12) 34 —
Variole (Higligate, 50 ; Deptford, 50 ; Fulham, 50 ; Hamps-
tead , 50 ; Homeston et Stockwell , 100). . , 300 — •
Maladies des voies urinaires Saint Peters 16 —
Maladies de la gorge (Golden Square, 21 ; Central, 20) .... 41 —
Tempérance Hospital 51 —
Women’s Hospital, and Women and Ghildren (Chelsea, 8 ;
New, 26 ; Sydenham Park, 33 : Vincent Square, 12 ; Royal,
50 ; Samaritan, 52) 181 —
Vaisseau Y Atlas 200 —
Hôpital pour les marins 300 —
Hôpital français 35 —
Hôpital allemand 125 —
Hôpitaux payants (Bolingbroke house, Fitzroy house) 100 —
Ce qui constitue un total de 5,646 qui ajouté aux 4,570 lits des hôpitaux généraux donnent un total général de 10,216 lits pour les hôpitaux de la ville de Londres.
Mais il conviendrait d’y ajouter encore les infirmeries des Workhouses qui contiennent 10,000 lits et on trouverait ainsi l’énorme total de 20,216 lits hospitaliers, qui, disons le tout de suite est encore inférieur à celui de Paris qui est de 24,000 environ (exactement 23,975 au 1er janvier 1892). Encore faut-il distinguer entre les lits des Workhouses ; et puis il faudrait Encyclopédie d’Hygiène. — V 39
Fig. 96. — Hôpital Saint-Thomas. — Plan d'ensemble.
HOPITAUX ET HOSPICES
peut-être pour établir entre Londres et Paris une comparaison équitable ne pas tenir compte des 450 lits de convalescents de Londres : les convalescents de Yincennes et du Vesinet (1,500 lits) ne sont pas compris dans les 24,000 lits dont dispose la ville de Paris puisque ces établissements appartiennent à l’Etat. Et puis il conviendrait de remarquer encore que les hôpitaux étrangers ont chez nous des équivalents qui, pas plus que les divers hôpitaux et hospices privés de Paris ne sont comptés dans les 24,000 lits cités plus haut. Il faudrait se rappeler enfin que si Paris a plus de lits hospitaliers que Londres il a en même temps une population moindre d’un tiers.
Il résulte de tout cela que l’assistance hospitalière est bien loin de pouvoir être assurée à Londres comme à Paris.
MM. Lutaud et Hogg font remarquer que cette pénurie de lits se manifeste plus encore quand on considère les conditions d’admission dans les hôpitaux anglais. 11 faut en effet, à moins qu’il s’agisse d’un blessé dont l’admission d’urgence s’impose, que le candidat à un lit d’hôpital soit porteur, pour y être admis, d’une recommandation d’un souscripteur ou d’une personne ayant le droit de disposer d’un lit. Ce n’est donc pas au malade qui a le plus besoin de soins médicaux que l’hôpital ouvre ses portes mais à celui qui a le plus grand nombre de recommandations ou les plus influentes. Ajoutons qu’en Angleterre les maternités ne reçoivent que les femmes mariées. Il n’en est pas de même en Irlande et en Ecosse.
Au point de vue de l’hygiène les hôpitaux anglais ont fait depuis 40 ans des progrès considérables. Us sont encore loin de la perfection et tandis que beaucoup d’hôpitaux anciens, en blocs, compacts existent encore, les nouveaux sont loin d’avoir renoncé aux étages superposés. Les pavillons sont ornés de tourelles aux angles ce qui n’est pas évidemment une simple conception hygiénique mais ce qui rentre dans la conception architecturale un peu compliquée et d’un goût insuffisamment apuré qu’on rencontre chez les architectes anglais.
Hôpital Saint-Thomas de Londres. — Cet établissement a été construit en 1865-1871 sur les bords dé la Tamise tout contre l’une des extrémités du pont Westminster, dans la paroisse de Lambeth. Il contient 573 lits y compris les lits payants. La surface du terrain d’assiette est de 37,800 mètres, soit 60 mètres par lit, mais la surface couverte par les bâtiments est seulement de 15,330 mètres, soit environ les 2 cinquièmes de l’étendue totale et une moyenne de 26 mètres par lit.
Le plan ci-contre indique la disposition générale des bâtiments :
Les pavillons sont orientés de l’est à l’ouest, de sorte que les fenêtres de chaque côté des salles font face au nord et au sud.
Le cube d’air pour chaque lit est d’environ 50 m. c. et la surface dans la salle de 11 mètres. Il n’y a qu’un lit par trumeau et chaque lit occupe
ainsi 2m 45 sur la longueur de la salle. Les surfaces d’éclairement sont de 2m 90 par lit.
Le chauffage est fait à la fois par des cheminées ouvertes et par un calorifère à eau chaude.
Fig. 97. — Un pavillon de l’hôpital Saint-Thomas.
Infirmerie royale d’Edimbourg. — Cet important établissement a été inauguré en 1879 (1). Il est situé à proximité de l’Université, sur une colline en pente douce, et sur un sol de grès rouge, à peu de distance du centre de la ville. Il est d’ailleurs bien isolé des habitations, se trouvant entre trois parcs et une large promenade qui le limitent de tous côtés. Ces conditions de situation lui assurent une aération très large.
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