habitants, ou 1 sur
La population générale du royaume ne s’est accrue, dans la période triennale de 1877-1880, que de 1,84 p. 100; il est intéressant de voir si la population aliénée a augmenté dans la même proportion. Il faut observer que le chiffre des aliènes traités dans les asiles s’est accru par le fait même de l’augmentation du nombre de ces établissements, quatre nouveaux établissements ayant été fondés pendant la période 1877 à 1880. Néanmoins, l’accroissement de la population aliénée a subi une progression bien supérieure à celle de la population générale, puisque l’augmentation de la première a été de 15,14 p. 100 contre 1,84.
Une constatation intéressante à faire est celle du nombre des aliénés guéris qui sont retombés dans leur ancien état. Les recidivi, suivant l’expression de M. Yerga, n’étaient, lors du recensement de 1880, que dans la proportion du cinquième environ (21,45 p. 100) sur le total ; il est vrai qu’on n’a pu tenir compte que de ceux qui avaient déjà été soignés dans l’établissement où ils se trouvaient. Pour les autres, les renseignements ont manqué.
L’âge qui fournit le plus de victimes à la folie est, pour les hommes, celui de 20 à 40 ans ; pour les femmes, la période la plus dangereuse est celle de 40 à 60 ans. Les fous célibataires sont en nombre presque double des fous mariés (10,075 contre 5,623).
Dans les asiles consacrés aux malades de famille aisée, les directeurs occupent leurs pensionnaires à des passe-temps ou à des jeux plutôt qu’à des travaux productifs ; c’est ainsi qu’on utilise le goût des aliénés pour le chant, le dessin, les représentations théâtrales. Mais dans les établissements destinés aux pauvres, le travail est une ressource précieuse indépendamment des indications thérapeutiques qu’il remplit. Le produit du travail a donné dans certains asiles une somme annuelle de 20 à